mardi 29 décembre 2009

Je ne voudrais pas oublier

Le jour même de Noël, l'antre a reçu sa quarante millième visite. C'est fou quand même, non ? Et tellement irrationnel quand on y pense. Merci, merci, c'est du velours...

Le 24, le 25, le 27, mais pas le 29

Le 24
Le souper de la veille de Noël se prend traditionnellement en famille : Suzanne, Benjamin et moi. Cette année, nous avons fait appel à notre traiteur préféré (la Binerie) et nous nous sommes régalés de tourtière, de ragout de boulettes et de câlinnes de binnes de bonnes binnes au sirop. On a terminé le repas avec une bûche de Choux-Crème, une pâtisserie que Pat nous a fait connaître.

Le 25
Au lever, ce fut le déballage des cadeaux puisque le Père Noël était passé durant la nuit. Il avait mangé les biscuits laissés sur le comptoir - et ses rennes n'avaient rien laissé de la carotte et de la clémentine. Benjamin a eu un beau gros set de train en bois (compatible Brio), moi un manteau d'hiver et des bas, Suzanne un cadre pour photos numériques et une petite poêle pour réussir ses grilled-cheeses.

Là où le Père Noël passe, les biscuits disparaissent !


Le gros cadeau !
En après-midi, nous nous sommes dirigés chez ma nièce Alexandrine à Brossard pour le souper de Noël avec toute la famille. Tites saucisses cocktail à la sauce soya et cipâte. Plus des cadeaux en quantité industrielle.

En route !

Sous l'arbre, une multitude de cadeaux !
 
Une partie de la foule...
 
L'ensemble de la population féline.

La bûche maison !
Le 27
On se déplace encore ! Cette fois nous allons au théâtre Saint-Denis voir le spectacle Playhouse Disney on Tour ! Après, on va souper chez Da Giovanni puis on fait une visite à mamie et papi à Longueuil où on laisse le cadeau de Noël que nous leur offrons, un téléviseur où le monde a une couleur ordinaire, genre rosâtre. Retour à la maison vers 21 heures, pour nourrir les animaux et faire le train en vitesse.

Une télé où le monde est pas orange et vert !


Mais pas le 29
Mon père a invité mon frère et ma soeur pour son souper du Nouvel An. Il leur a affirmé qu'il allait m'appeler et m'inviter moi aussi. Quand j'ai su ça, le 25, j'étais super content ! J'ai attendu son appel le 25, le 26, puis ausi le 27, pis le 28. Pas d'appel. Des fois, mon père fait dur en calvaire. Pourquoi mentir à Michelle et à Claude s'il n'avait pas l'intention de m'inviter ?

Ce qui me chagrine le plus, c'est ma naïveté. J'étais si sûr que papa allait appeler et m'inviter à son souper des fêtes, avec mon frère, ma soeur et ma nièce. Une joie enfantine m'habitait. Pff... La baloune s'est dégonflé avec le passage du temps. Maudit que je suis nono des fois. J'y ai cru. Et la prochaine fois qu'il va me refaire le même coup, je vais y croire encore. On ne se corrige pas.

vendredi 25 décembre 2009

jeudi 24 décembre 2009

Je le savais que j'étais pas fou !

J'ai eu confirmation par courriel privé que mon opinion sur le roman de Chantale Mercier, A pour Alphabet, n'était pas totalement dans le champ et que ce roman n'aurait pas dû voir le jour sans être retravaillé beaucoup beaucoup. Ça fait mon Noël ! Allélouïa.

La suite et pas la fin, j'espère

Récapitulons :

Le concours littéraire Les milles mots de l'Ermite de Rigaud (titre à être approuvé) sera doté d'un seul grand prix composé de :
  1. chèque de 50 $
  2. un abonnement d'un an à la revue Brins d'éternité
  3. un livre à choisir dans la bibliographie de Mathieu Fortin
  4. un exemplaire de La Machine du Bonhomme Sept-Heures de Claude Bolduc
  5. un exemplaire du livre à paraître en 2010 de François Bélisle : Les Moufettes tirent la langue au chat
  6. deux livres à choisir dans la vente de débarras de René Beaulieu (qui contient un nombre considérable d'authentiques grandes oeuvres, voir ici.)
  7. un exemplaire du numéro Hors-Série n° 2 de Nocturne à paraître en 2010.
Espérant que le temps des Fêtes mettra tout le monde dans de bonnes dispositions, je vais faire un peu de prospection dans les revues et fanzines de la littérature générale puisque le concours s'adresse aussi à leur clientèle. On ne sait jamais !

D'autre part, je songe à aligner la fin du concours avec le congrès Boréal. Si le gagnant s'y trouve, ça me sauvera des frais de livraison !

mardi 22 décembre 2009

Concours de nouvelle * **

Continuez d'envoyer vos suggestions pour nommer le concours de nouvelle. Un autre prix vient de s'ajouter, gracieuseté de la direction de Brins d'éternité :
  • un abonnement d'un an à Brins d'éternité !
Merci à Guillaume et sa bande !

Coudon, ça s'en vient big.

*Dernière heure : François Bélisle offre une copie de son prochain roman à paraître en avril 2010 : les Moufettes tirent la langue au chat.

Dites donc, de projet individuel, ça devient un projet collectif, là. Merci au Castor déplumé

** Claude Bolduc offre un exemplaire de son livre La Machine du Bonhomme Sept-Heures !
Hé hé, c'est une vraie corne d'abondance ! Merci à Claude.

lundi 21 décembre 2009

Si quelqu'un a une idée...

Il y aura bel et bien un concours de nouvelles, je me suis décidé pour l'aventure. Advienne que pourra. Tant qu'à ne pas écrire, autant nager dans la littérature mais d'une autre manière, disons.

Je suis en train de rédiger les règlements et la charte (???). Mais j'ai besoin d'idées sur deux plans :

a) comment nommer ce concours : Le prix du blogue à l'Ermite, pff, pas fort. Si vous avez une idée à me proposer, je suis ouvert;

b) j'aimerais que les nouvelles soient transmises électroniquement, en pièce jointe de courriel. Y a-t-il un moyen fa-ci-le de transmettre un courriel de manière anonyme, de manière à ce que j'en ignore la provenance ? Si c'est impossible, alors je recevrai les textes avec pleine connaissance des expéditeurs, ce qui ne me pose pas de problème majeur - je pense être capable de faire preuve de détachement quant à l'attribution des deux prix (il y en aura peut-être trois, maintenant !). Ma subjectivité sera totalement objective.

Quelques détails :
  • le concours sera lancé au début du mois de janvier, avec le 30 avril 23h59 comme échéance;
  • tous les genres, tous les styles sont les bienvenus - sauf la poésie;
  • le concours est ouvert à toute personne habitant au Québec, ayant habité au Québec, ayant songé à habiter au Québec, ou ayant entendu parler du Québec;
  • les textes gagnants seront annoncés une quinzaine de jours après sur ce blogue;
  • longueur 1000 mots (pour un texte publié sur un blogue, ça va être assez long);
  • premier prix : 50 $ gracieuseté de moi-même;
  • second prix : un livre à choisir dans sa bibliographie, gracieuseté de Mathieu Fortin;
  • le jury, c'est moi pour l'instant.

Pour l'instant, c'est ça qui est ça. Soyez vigilants, l'annonce officielle se fera ici et sur Facebook en janvier.

PS Si quelqu'un souhaite participer à la commandite de ce concours, n'hésitez pas à m'en faire part à richard.suzanne@gmail.com.

vendredi 18 décembre 2009

Oyez, oyez !

(Musique, s'il-vous-plait, pompeuse de préférence)

Taratatam tatam tsoin tsoin tataaaaamm !

Oyez, oyez !

Par la présente, l'ermite de Rigaud annonce la création d'un prix littéraire dont les modalités restent à venir; parce qu'il a beaucoup à réfléchir encore.

Mais, grosso modo, ça va comme ça :

Condition : nouvelle inédite
Genre : tous les genres sont acceptés, sauf la poésie (gardez ça pour vous)
Longueur : à déterminer, mais assez court, genre 1000 mots (l'ermite ne veux pas se fatiguer les yeux)
Prix : 50 $
Date : à déterminer, mais l'automne 2010 est dans la cible
Droits : à part une publication sur le blogue de l'ermite, l'auteur retient tous les droits sur son texte.
Jury : l'ermite.

Voilà. Comme c'est une initiative personnelle, la subjectivité du jury sera totale, pleinement assumée et irrévocable. Mais avant de partir en peur, il faut faire qq petites vérifications avec la Régie des bla bla bla, voir si tout ça est kosher ou non.

On s'en reparle.

mercredi 16 décembre 2009

La danse du Père Noël

C'est Noël pour :

Benjamin
Suzanne

Ho ho ho !

(Merci Françoise de nous avoir fait bien rigoler !)

Résolutions pour 2010**

Cette année, que des résolutions que je suis certain de tenir. Ah ha ! Et si je les brise... ;-)

Je ne participerai pas au concours Solaris 1010 (oupse 2010)

Je ne soumettrai pas de nouvelles à Brins d'éternité, Horrifique et Clair-Obscur
Je ne perdrai pas de poids

Voilà le programme.

**Et puis j'ajoute que je ne soumettrai pas textes non plus à Katapulpe ni à Biscuit chinois. Qu'on se le dise, je ne reviendrai pas là-dessus !

lundi 14 décembre 2009

Miscellanée

Quelques petites affaires :

Dimanche, nous sommes allés tous les trois au théâtre l'Illusion voir la pièce Pain d'épice, une charmante pièce pour les deux ans et plus. Trente minutes d'émerveillement et de rigolade, autant pour les enfants que pour les parents. La comédienne, Claire Voisard, est merveilleuse et tout le monde a eu un bon moment.

Juste avant, nous avions fait un arrêt au Archambault de la rue Berri où j'ai utilisé mes cartes cadeaux gagnées sur Côté Blogue pour me payer le coffret des cd remastérisés des Beatles. Aah... Après l'intégrale Brel, celle des Bidules, il ne me manque que celle de Schubert (à l'exception du répertoire vocal) et je pourrai dire que la vie valait la peine d'être vécue.

(Tiens, parlant d'Archambault, j'ai gagné une carte cadeau de 50 $ cinq mois d'affilée, de juin à octobre avec des bourrées de 20-25 billets par mois. Je gagnais par la quantité. En novembre, je signe seulement trois billets et je ne gagne pas. Normal. Aujourd'hui, je reçois un petit courriel familier d'Archambault m'annonçant que je gagne une carte cadeau de 50 $ pour le mois de décembre... alors que je n'ai encore rien envoyé !!! Ben coudon, je la prends quand même.)

Dans la dernière semaine, j'ai reçu (et accepté) une demande privée pour lire un texte destinée à publication. C'est la cinquième personne depuis un an qui me demande un pareil service, et je crois que je deviens meilleur avec le temps. Disons que ça me fait un petit velours à chaque fois.

Sunny, notre vieux cheval prend du mieux. Son œil valide est encore gonflé par l'infection mais ça semble se résorber leeeeeentement...

Un de mes deux oncles préférés, Yves, est atteint d'un cancer à la gorge et devra subir des traitements à Montréal, lui qui déteste la grande ville. La prognose semble bonne, heureusement. Il a seulement une dizaine d'années de plus que moi, et c'est moche parce que c'est un sacré bon gars. On va aller le voir avec Benjamin à Maisonneuve-Rosemont.

J'ai plus le gout de lire, je suis fatigué, j'arrive pas à écrire deux mots sensés l'un par derrière l'autre. C'est un début de dépression... Hastie, c'est bien le temps, juste avant Noël.

vendredi 11 décembre 2009

Musicman

Jeudi soir, hier donc, Suzanne et moi sommes allés voir le nouveau spectacle de Gregory Charles, Musicman, au théâtre St-Denis. Dire que j'y allais de gaieté de coeur serait une affirmation proche du mensonge, mais qu'est-ce qu'un gars ne ferait pas pour la femme qu'il aime toujours après 25 ans.

Pour la petite histoire, j'ai participé il y a une douzaine d'années (peut-être un peu plus, ma mémoire défaille) à l'émission Que le meilleur gagne, animé par Gregory Charles. Pulvérisant les autres participants, j'avais gagné le gros lot de l'émission : 2500 $ et des billets d'avion pour les Pays-Bas (voyage que nous n'avons pas pu prendre). À la fin de l'émission, Gregory (nous sommes intimes depuis qu'il m'a serré la main) m'avait demandé si  c'était par chance que j'avais répondu correctement à la question musicale. Manifestement, il ne pouvait croire qu'un crétin de mon espèce pouvait faire la différence entre une pièce de Beethoven, Haydn, Schubert et Liszt... Depuis ce temps, j'éprouve des sentiments ambivalents envers mon ami Gregory...

Brèfle. Avant le show, on va porter Benjamin chez mamie pour y coucher. On n'abuse pas beaucoup du service de gardiennage Lise & Serge, c'est à peu près la quatrième ou cinquième fois qu'il se fait garder en quatre ans. Il n'est pas totalement enchanté de cette idée (lui qui adore mamie et papi) parce qu'il pré-fé-re-rait venir voir le spectacle avec nous. Une fois le garçon déposé chez ses grands-parents, hop au centre-ville !

Spectacle complètement différent de Noir & Blanc que nous avions vu il y a quelques années au centre Bell. D'abord le St-Denis est plus intime, on voit bien l'artiste et ses musiciens et Charles est un entertainer de première. (Encore qu'il a grossi un peu, je trouve.) Au fond, il s'agit d'un récapitulatif de grands succès depuis une cinquantaine d'années. C'est fait avec énergie et entrain, dans une atmosphère festive animée avec brio. Bravo. On a été subjugué tous les deux du début à la fin. Il y a une toute petite partie très émouvante quand Gregory parle de l'Alzheimer dont sa mère est atteinte et comme quoi la musique est un lien qui les unit encore très fort tous les deux, qui leur permet de garder espoir malgré tout.

Le spectacle qui commence à 20 h 00 se termine à 23 h00. Ce qui est une mesure de la grande générosité de l'artiste. Un excellent spectacle de pur divertissement à voir pour tous les publics (sauf les très jeunes enfants) et recommandé par moi et super-hyper-méga-recommandé par ma tendre et douce, qui retournerait le voir n'importe quand, y compris ce soir même. C'est dire.

Après un coup de fil, nous sommes allés rechercher Benjamin chez mamie : il ne voulait vraiment pas coucher là, il voulait coucher dans sa maison. Benjamin a du Ménard en lui (50 %), une méchante race de têtes de cochons, si vous voulez mon avis (mon avis est gratuit aujourd'hui, profitez-en), des gens dont la flexibilité se mesure sur une échelle de granit et qu'il s'avère impossible de faire changer d'avis même devant l'évidence la plus indéniable – mais je déborde du sujet, là, je m'emporte...

Une très très bonne soirée. Merci Gregory.

jeudi 10 décembre 2009

L'horreur, un jeudi matin

On se lève un matin et voilà l'état dans lequel on trouve un de nos chevaux, Sunny, le plus âgé à plus de 25 ans, borgne et arthritique. Il saignait abondamment, couché dans la neige sans pouvoir se relever.

Nous nous perdons en conjecture sur le comment du pourquoi... Il s'est probablement tapé le visage contre un arbre ou un poteau de clôture en courant. Mais on ne trouve aucune trace de sang nulle part.

Lacérations multiples au visage et au membre postérieur droit. Il est maintenant debout, sonné, sous antibiotique, et refuse de s'alimenter pour le moment. Le pronostic est bon, mais c'est juste moche et inquiétant.





114. Météo surprise - Anne-Michèle Lévesque


À cause du froid polaire de la semaine de relâche, les projets de Jade et Mégane sont annulés. Pour s'amuser, elles décident de réclamer du temps plus chaud à MétéoMédia par courriel. Elles ne se doutent pas qu'elles vont ainsi déclencher plusieurs événements mystérieux. (4e de couverture)

Quoi demander de plus à un livre pour jeunes enfants que des personnages sympathiques dans une histoire pas ordinaire et bien ficelée ? Ce livre-là réussit bien sa mission. Il y a tout ça, plus un chien, de l'amitié, des événements bizarres : Pourquoi la température autour de la maison de Jade s'élève-t-elle alors qu'elle en a exprimé le souhait ? Qu'est-ce qui se cache sous ce mystère ? La réponse n'est pas banale et pourtant tout à fait adéquate. Un joli petit roman plein de sourires et de soleil. Recommandé par ce lecteur-ci.

Fait que je tiens à souligner, l'auteure écrit un français sans faute. C'est pas rien dans le monde actuel de l'édition au Québec où certaines maisons (les Z'ailées, entre autres) ne semblent pas connaître – ni utiliser – le plus courant des logiciels de correction de texte : Antidote.

Cote jeunesse 8 / 10
Ferais-je lire ce livre à Benjamin s'il en avait l'âge ? Oui.

Météo surprise
Anne-Michèle Lévesque
Z'ailées, 2008
87 pages

mardi 8 décembre 2009

113. Brins d'éternité n° 25

La direction annonce des changements importants au format du fanzine, passage à la reliure dite allemande, augmentation du nombre de pages et réduction de quatre à trois numéros par année. Égoïstement, j'espère qu'on va garder le rabat de couverture qui sert aussi de signet, une caractéristique très intéressante de Brins d'éternité.

La légende de Marie Dupuy de Benoît Bourdeau. Ayant mis la main sur un anneau ancien, un homme est hanté par le fantôme d'une femme extraordinairement belle. Le seul bémol à ce texte, c'est la rapidité avec laquelle le gars tombe amoureux de la fille. La tension dramatique aurait gagné à ce que ne soit pas si rapide. Il faut signaler le progrès important fait par cet auteur depuis que j'ai commencé à le lire. Cette fois la nouvelle est vraiment bonne, il y a de l'action, de la romance; ce lecteur-ci aurait simplement souhaité que l'auteur donne à son texte l'espace nécessaire pour se déployer adéquatement. 7 / 10

Mère apprétée de Mathieu Fortin. On ne peut pas résumer ce petit bijou de texte : insolite et totalement inattendu, drôle, bâti sur une prémisse à peine esquissé mais tout à fait satisfaisante. 10 / 10

Mon père est plus fort que le tien de Dave Côté. Dans la classe de Mario et Mélanie, il y a le fils de Satan. Un petit être gâté-pourri qui terrorise tout le monde et ses profs. Les textes de Dave Côté sont déconcertants et remarquables. Je pense à La loi du plus fort déjà parue dans Brins d'éternité, et à celui qu'il fera publier dans Solaris (dont j'ai pu lire une version préliminaire). Léger, insolite, parfaitement logique, d'une écriture maitrisée, qui va droit au but avec aisance. 9 / 10

Abyssale partie de pêche de Phil Becker. Le capitaine Ted Naiko ratisse les mers pour y trouver du poisson sauvage. Lorsque son équipage tend ses filets dans l'océan, il fait une bouleversante découverte... Réussite complète que cette nouvelle originale, où des choix amoraux se font dans l'intérêt commun ou individuel. 10 / 10

Nulle part de François Lambert. Prenez un homme solitaire dont personne ne va regretter la disparition, mettez-le dans un manoir/domaine/château/maison où se produisent des phénomènes inexpliqués, et vous avez les ingrédients pour une histoire conventionnelle, correctement faite, pas ennuyeuse pour un sou, mais peu mémorable. Par moment, les tours de phrase sont plutôt curieux et sonnent forcés, par ex. :« il toussa pour épurer ses bronches », « il utilisa ses oreilles... »  5,5 / 10

Ce numéro se termine sur une entrevue (une autre !) de Patrick Sénécal et un article savant sur Stephen King. Je n'en ai lu aucun.

Somme toute, une très bonne livraison de Brins d'éternité. Avec un texte-phare (Becker) et deux réussites (Fortin, Côté).

7,5 / 10

mercredi 2 décembre 2009

Ceinture blanche à barre jaune

Lundi soir dernier, Benjamin a réussi son examen de taekwondo. Il est maintenant ceinture blanche à barre jaune, le niveau le plus junior de cette discipline (ce n'est pas exact, voir les commentaires de Geneviève), certes, mais c'est quand même mieux que son papa qui n'a qu'une ceinture brune en simili-cuir à se mettre autour de la taille, mais moins bon que sa maman qui a fait du karaté pendant deux ans.

Après un début difficile, les choses se sont replacées un peu quand l'instructrice s'est rendue compte que Benjamin est un de ces enfants qu'il faut constamment inviter à participer aux jeux et autres exercices sinon il reste planté comme un piquet. Et puis, il y a eu les courses, ce que fiston adore. (À un point tel que je pense que nous allons lui offrir de faire du soccer l'été prochain.)

En revenant à la maison, je lui ai demandé s'il voulait continuer ses cours de taekwondo après Noël. Il a dit oui. Nous allons donc le réinscrire.


Patate ! a dit le photographe. (J'en vois un qui ne sourit pas !)
**Merci à Daniel**


La classe à l'écoute !?


Courir, courir, courir... la gazelle de Rigaud en pleine action !



Le redoutable coup de pied, hei !


Comme le Dalaï Lama, Benjamin est capable de léviter.


Ze irréfutable proof !

dimanche 29 novembre 2009

Elle est si fragile...

Maman et Serge sont venus à la maison aujourd'hui. Ils voulaient voir Benjamin à la piscine, puisqu'il s'agissait de son avant-dernier cours de natation de 2009.

Ce fut une journée formidable. Il y a une chimie réelle, puissante, entre Benjamin et sa mamie; ils se taquinent, plaisantent ensemble, jouent à des jeux, s'amusent et se chamaillent comme s'ils avaient tous les deux quatre ans. Il faut  rendre grâce à ma mère, qui s'abandonne littéralement à son petit-fils...

Et puis, juste après souper, maman a été prise d'un léger étourdissement. Ça lui arrive de temps en temps, dit-elle, mais elle n'en parle jamais. Il faut la surprendre dans ces moments-là. Ça m'a fait comprendre à quel point elle est de plus en plus vulnérable et qu'il faut tout faire en son possible pour lui faciliter la vie...

Ces étourdissements, ce sont peut-être des pics d'hypertension, selon le diagnostic de ce lecteur-ci. Son docteur à elle y voit un signe atypique de vieillissement sans qu'il y ait une raison de s'inquiéter outre-mesure. Moi si.

Reste que c'est une femme de 75 ans, souffrant d'hypertension et d'asthme.

J'avais commencé avec elle la rédaction de ses mémoires il y a quelques années, avant l'arrivée de Benjamin, car je croyais que ce serait un cadeau formidable à faire à Benjamin et à la famille.

Parce que certains des ses souvenirs sont encore trop intenses pour être éveillés même 50 ans après les faits, nous avions mis sur la glace ces séances de réminiscence. Va falloir qu'on reparle de ça, maman, et qu'on s'y remette si tu veux.

samedi 28 novembre 2009

112. Katapulpe n° 8


Notons d'abord que la couverture de ce huitième numéro de Katapulpe est la chose la plus laide que j'aie jamais vu. Ça semble pas si mal sur la photo ci-contre, mais dans la réalité, c'est affreux en pas pour rire. D'autant plus que le fanzine a été imprimé sur des feuillets colorés simili-fluo : rose nanane, jaune vif, vert pomme, écarlate, et même noir ! Tous les gouts sont dans la nature, certes, mais je n'aurais pas voulu être surpris à lire ce Katapulpe dans les transports en commun ;-)   Sans compter que la même mise en page des textes, avec ses faux alignements, ses ruptures de paragraphes, etc, bien que placé sous le signe de la ludicité, m'a laissé sceptique.


Bonbons acidulés de Hans Delrue. L'inspecteur Thompson est sur les dents, des bonbons ont tué une centaine de personnes et le secret menace de se rompre. Si on arrive à croire qu'une centaine de morts puisse passer inaperçue dans la presse, ça va; autrement la prémisse est bancale. Pourtant, tout le reste est exemplaire, les personnages, la tension, les dialogues. Ce lecteur-ci a été incapable de l'incrédulité nécessaire à la bonne réception de ce texte. 6 / 10

Mardi soir d'Anny Bussières. Un tout petit événement vient ne pas bouleverser la vie propre et rangée de Léopold et Gisèle. Une remarquable nouvelle, la meilleure du numéro, avec quelque chose de retenue dans la manière qui est le gage d'un auteur véritable. 9 / 10

Gare aux papilles ! de Marie-Ève Caron. Un homme (magicien ? savant fou ? thaumaturge ?) invente le bonbon qui donne l'euphorie et le bonheur... En plus d'être trop chargée (ah ce besoin d'accoler un qualificatif à chaque nom et cette abondance de détails inutiles), cette histoire ne va nulle part, elle se termine d'ailleurs sur un paragraphe moralisateur, et elle est écrite par une jeune femme qui en est manifestement à ses premières armes. Comme tel, c'est un texte raté, mais l'auteure montre de belles promesses, notamment au niveau d'une certaine dérision narrative.  3 / 10

Obsèques, ou la mort de ce qui était du bonbon de Catherine Mathis. Ouille. Dans une revue consacrée à la nouvelle littérature (sous toutes ses formes), y a toujours un texte si poétiquement obscur et répétitif que je n'y comprends rien. C'est lui, ici. J'ai franchement hais ça, je cite : Je suis tout. Tout. Mais pas le caillou dans la chaussure, ni le sable sur le légume qui titille la dent et agresse le moi profond lorsque cette dernière, innocente, se laisse aller au plaisir de la mastication. Hein ? Quoi, quoi quoi ? Pour moi, lecteur qui aime se faire raconter quelque chose, une histoire par exemple, ou un simple moment de vie, Mathis est une de ces auteures qui aime s'écouter parler. Non-coté, parce que j'hésite à mettre zéro à un texte dont le sens m'échappe complètement.

Bonbon le moustique de Valérie Bonenfant. Un conte. C'est cute. Le lien avec le thème est ténu (si le thème avait été les pyramides, le moustique se serait appelé Chéops, voilà) mais c'est ok. Sans plus. On aurait vu ça dans Lurelu, plutôt que Katapulpe.  4 / 10

Le baiser de Réjean d'Anne-Marie Bouchard. Sur le chemin du retour à la maison, Réjean se fait attaquer par des petits malfrats. Il se défend et prend le dessus. Puis survient un malentendu... Le thème du bonbon est repris avec originalité, on dirait un bonbon acidulé. Jolie réussite. 8 / 10

Le jongleur de panache d'Eden Turbide. Un homme jongle avec des bonbons Panache sur le coin des rues. Il en mange autant qu'il peut... L'histoire semble pendre une direction au départ (conte lumineux), prend ensuite une tangente plus réaliste (au dépanneur) puis se termine sur une fin très facile. Un léger ré-alignement narratif aurait été nécessaire, à mon avis. Mais, mise à part une tendance à l'excès d'épithètes, l'auteure mène bien sa barque. 5 / 10

Jubilé de cannelle de Pierre H. Charron. Une série d'événements plus ou moins tragiques s'enchaîne lors du spectacle anniversaire du centenaire de Fontaine des Bois. La nouvelle la plus ambitieuse du lot, qui demande une lecture soutenue et même, dans le cas de ce lecteur-ci, une relecture pour bien tout saisir. Charron fait montre d'un réel talent dans la construction de son histoire et de beaucoup de vivacité pour emmêler tout ça bien proprement, sans laisser dépasser une ficelle. C'est charmant et agréable. Bémols : quelques emplois fautifs de vocabulaire (plaidoyer, par ex.) et une concordance des temps qui mériterait d'être plus soignée. 8,5 / 10

Drama d'Alexandre Dumont. En bref : un homme se transforme en paparmenthe. Aussi simple que ça, mais l'auteur fait montre de talent et nous propose une espèce de petite fable sur le monde moderne, ses excès, sa frilosité, qui m'a beaucoup plu. 7 / 10

Saveur nanane de Jessie Lepage. Une nouvelle qui parle de manière poétique et onirique d'inceste (je crois). La manière est roborative, elle crée un mouvement doux et curieux auquel j'ai cédé. Ce n'est pas totalement maîtrisé, mais c'est impressionnant en diable. À vrai dire, je ne sais pas si j'ai vraiment aimé ce texte, mais il m'a laissé sur une ambiguïté qui fait son chemin en moi, sans doute en raison du mélange entre la légèreté (les nananes) et le drame de l'inceste. 7,5 / 10

Quelques bémols : ce lecteur-ci a noté un certain nombre d'emplois fautifs de vocabulaire, c'est ce qui l'a le plus agacé, parce que c'est le travail de la rédaction du fanzine d'y voir et de les signaler aux auteurs. Ce n'est pas mineur. On note aussi une tendance à surcharger les textes de détails qui n'ajoutent rien...

Cote 6,5 / 10. Un excellent numéro avec quatre bons textes. Mais prenez garde à la présentation visuelle, enfilez vos lunettes de soleil.

mardi 24 novembre 2009

Tag !

Un gros merci à Isabelle qui pense que ce blogue mérite qu'on s'y arrête de temps en temps. Et qui me décerne ce prix. Merci.

Les conditions d'attribution du prix sont celles-ci : remercier la personne qui l'attribue, mettre un lien vers son blogue, afficher le logo, révéler sept choses sur soi-même et attribuer soi-même le prix à sept autres blogueurs. Comme presque tous les blogues que j'aime vraiment ont déjà été taggés, je vais me limiter à quatre : Pat, François, Ariane et Loïc.

Sept choses sur moi, plus une fausse, celui ou celle qui la trouve partagera un pichet de bière, de Pepsi diète ou de sangria avec moi au prochain Boréal (ou ailleurs) :

1.
I've never met a lasagna I didn't like. Ah, la lasagne même quand elle n'est pas réussie, ça reste bon au-delà de tout. La plus belle invention de l'humanité.

2.
Un jour, au primaire, j'ai mis mes bottes d'hiver par-dessus mes pantoufles en phentex pour aller à l'école. J'ai dû passer la journée avec aux pieds mes bottes d'hiver brunes avec une clippe sur le côté.

3.
Mon trente minutes de gloire : j'ai remporté 2500 $ et un voyage au Pays-Bas en gagnant une émission de Que le meilleur gagne... J'ai même serré la main de Grégory Charles. Il m'a demandé en fin d'émission si c'était par chance que j'avais répondu à la question musicale, il ne croyait pas que j'aie pu savoir la différence entre Beethoven, Schubert, Liszt et Haydn ! C'est mon air nono qui l'a fourvoyé.

4.
Ça fait longtemps, mais en envoyant des cartes de Noël, on allait tellement vite, Suzanne et moi, que j'ai avalé un timbre.

5.
Je suis toujours surpris qu'on se rappelle de moi. Y me semble que si je me rencontrais, je m'oublierais rapidement.

6.
On m'a confondu deux fois avec Michel Tremblay (l'auteur, pas le plombier), une fois dans une épicerie de St-Lambert, une fois dans une librairie. Bizarrement, lors d'un spectacle en plein air en 1992, je me suis retrouvé sans le savoir assis devant lui sur une estrade, c'est Suzanne qui me l'a dit après.

7. Je suis fidèle. Suzanne et moi sommes ensemble depuis plus de 25 ans. Et j'ai rencontré mon meilleur ami en première année, on se connait maintenant depuis 48 ans.

8. Nous avons sept chats, nous avons eu jusqu'à quatre chiens, une dizaine de poules, trois chevaux, des canards, des cochons vietnamiens, et nous vivons en pleine forêt. Je suis allergique aux chats, aux chiens, aux chevaux, aux plumes de volatiles, aux arbres, pis je fais de l'asthme. J'aime vivre dangereusement...

Bon voilà. (Éventuellement, la réponse demain.)

vendredi 20 novembre 2009

Pourquoi faut-il que chaque fois...

J'ai reçu ce mot de l'attaché de presse des éditions JKA à propos de mon commentaire sur A pour Alphabet qu'on peut lire ici. La réponse de Jean-Luc Doumont est intégrale (elle apparait aussi sur le lien précédent), je n'ai omis que son adresse courielle.
Monsieur Tremblay,

Nous vous faisons part de nos commentaires suite à l’article paru sur Côté Blogue en ce 27 octobre 2009, concernant le roman « A pour alphabet » de l’auteure Chantale Mercier.

Nous avons été surpris par la violence de vos propos sans fondement. Derrière votre clavier d’ordinateur, bien caché au sein de votre bureau, vous avez écrit une chronique littéraire – si nous pouvons appeler cela une chronique – sur un livre dont je pense que vous n’avez pas saisi complètement la teneur des propos qu’il véhiculait.
Caché, vraiment ? Ce blogue n'est pas secret, tout le monde peut le consulter, tout le monde peut commenter, je n'ai jamais censuré ni éliminé un seul message à l'exception de ceux lancés par un troll exécrant Sarkozy; je ne me cache sous aucune fausse identité, ma photo est là, idem mon nom, ainsi que le lieu où j'habite. Avec ces renseignements n'importe qui peut trouver mon adresse sans problème et même connaitre mon numéro de téléphone (qui est d'ailleurs dans le titre d'un de mes billets). J'assume ce que je dis et ce que j'écris, même si ce sont des balivernes.

Quant à dire que je fais une « chronique », je te renvoie à ton dictionnaire, tu verras que c'est justement ce que je ne fais pas.

Jean-Luc, tu suggères que je n'ai pas saisi la teneur des propos que le roman véhiculait. Je dis : éclaire-moi !

En tant qu’attaché de presse de la maison d’édition JKA, une maison d’édition qui aime ces auteurs, je me dois de donner une réponse cinglante à la hauteur de votre « talent » de chroniqueur littéraire. La maison d’édition JKA est naturellement ouverte aux critiques. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, nous acceptons largement cette règle de la libre expression. Mais cette chronique littéraire est d’un amateurisme qui est rare de nos jours.
Réponse cinglante à la hauteur de mon talent ? Hélas, je dois constater que mon talent doit être bien insignifiant pour mériter une réponse si molle.
Nous ne comprenons pas encore de quel droit vous accusez ouvertement et sans aucune preuve à l’appui l’auteure Chantale Mercier de plagiat. De notre côté, nous avons établi plusieurs vérifications et aucune preuve de plagiat ne fut révélée. Permettez-moi de vous dire que « Wikipedie » se nomme « Wikipedia » et que ce site est une encyclopédie gratuite pour l’ensemble des internautes. La règle est simple : « Wikipédia est une encyclopédie multilingue, universelle, librement diffusable, disponible sur le web et écrite par les internautes grâce à la technologie wiki. Elle a été créée en janvier 2001 et est devenue un des sites web les plus consultés au monde. Elle est hébergée par une association sans but lucratif américaine, la Wikimedia Foundation. Les mêmes principes fondateurs sont partagés par toutes les différentes versions linguistiques mais les pratiques d'écriture sont convenues indépendamment par les internautes pour chacune d'elle. La page principale en anglais de ce site affirme qu’il s’agit d’une « content free encyclopedia that anyone can edit » (« une encyclopédie sans-contenu que tout le monde peut changer ») en faisant un jeu de mots sur l’expression "free content" (qui peut se traduire par contenu libre) », source : site Internet Wikipedia.
En ce qui regarde le plagiat, c'est une accusation sérieuse que je n'ai pas faite à la légère. Lis ceci, tiré de la Wiki, à la page sur Dakar :

Même s'il est désormais très contesté, le Rallye Dakar a fait connaître la ville aux équipages et aux téléspectateurs du monde entier.
Les Dakarois eux-mêmes ne sont pas en reste : il n'est pas rare de les voir courir ou taquiner le ballon sur les plages.
La musique, la danse et la fête font partie du paysage dakarois
.

Et maintenant, à la page 156 du roman de Chantale Mercier :

Malgré qu'il soit très contesté, le Rallye Dakar a fait connaître la ville aux équipages et aux téléspectateurs du monde entier. Les Dakarois eux-mêmes ne sont pas en reste, car il n'est pas rare de les voir courir ou taquiner le ballon sur les plages. Côté loisirs, la musique, la danse et la fête font partie du paysage dakarois.

Dois-je en rajouter ?

Lorsque vous écrivez : « Enfin, le vocabulaire est souvent enfantin, parfois erroné (perpétuer, pour perpétrer un meurtre) », l’auteure ne pouvait-elle pas jouer avec un mot de la langue française en changeant une lettre ? Je vous pose la question ?
Calvaire, es-tu en train de me faire croire que Chantale Mercier et Raymond Queneau = même combat ? Parce que pour toi « perpétuer un meurtre », c'est la même chose que le perpétrer, enfin presque pareil, y a juste quelques lettres qui changent après tout, c'est pas bien grave, on va pas en faire un plat pour si peu, hein, c'est rien que la littérature après tout. Contrairement à ce que tu as pu apprendre au cegep, Jean-Luc, les mots ne sont pas interchangeables simplement parce qu'ils se ressemblent.
En tant qu’auteur devenu par l’entremise de Côté Blogue, un « chroniqueur littéraire », à la recherche d’un bon d’achat de leur part pour avoir écrit une chronique, je me demande si derrière vos écrits sanglants, ne se cache pas une certaine frustration de votre part pour n’avoir pas trouvé un éditeur pour diffuser vos propres romans qui sont restés dans le fond de vos tiroirs ?
Jean-Luc, connais-tu l'histoire des Newfies qui marchent dans les rues de Montréal ? Soudain il y en a un qui arrête l'autre, pointe un tas par terre, et dit : Orgarde, on dirait de la marde. L'autre se penche et dit : Ben oui, ça a l'air de la marde. Le premier s'approche et renifle : Heille, ça sent la marde. L'autre se penche itou : Ben oui, ça sent la marde. Le premier passe son doigt dans le tas et le liche : Pis ça goute la marde. L'autre y goute aussi : Ben oui, ça goute la marde; coudon, ça doit être de la marde. Ils se redressent tous les deux, fiers comme des attachés de presse travaillant chez un éditeur qui publie de la marde : Une chance qu'on a pas pilé dedans. Ça a pas rap', tu vas dire, ça a beaucoup rap', mon vieux. La question subsidiaire étant : lis-tu les livres que ton employeur publie, les renifles-tu ?


Aussi, pourquoi faut-il que chaque fois qu'on dit du mal d'un mauvais roman, il se trouve un fin psychologue pour s'écrier : ah la la, mon bon monsieur, on comprend votre aigreur, vos romans à vous n'ont pas été publié ! Tiens, je me demandais d'où me venais cette lourdeur humorale, je dois avoir l'amertume contrariée.
Pour terminer, sachez cher Monsieur Tremblay, que toutes vos accusations gratuites sont sans fondement.
Bien sûr que si des accusations sont gratuites, c'est qu'elles sont sans fondement. Et vice versa. Jean-Luc, si tu peut écrire ça sans sourciller, sans te rendre compte que tu dis n'importe quoi, alors je comprends que la prose de Chantale Mercier t'apparaisse défendable.
Cordialement,
Jean-Luc Doumont
Attaché de presse – Les Éditions JKA

Qu'on me traite d'amateur, c'est une question d'opinion personnelle que je ne débattrai pas, mon cher Jean-Luc. C'est ton opinion, c'est sans doute celle de Chantale Mercier, et de quelques autres personnes. On m'a aussi traité de vieux con et de frustré. Basta.

Que tu m'accuses de me cacher ou de mentir sciemment, non, ça ne passe pas. Ça, ça ne relève pas de l'opinion personnelle mais du domaine du fait. Et là-dessus, tu te trompes.

Finalement, oui, j'ai été sévère avec ce roman. Mais il m'a couté 16,75 $. Ça me fait chier royalement de m'être fait fourrer comme ça.

jeudi 19 novembre 2009

111. Luna Park - Laurent Chabin

Élise et Jappy arrivent sur la Lune y monter un spectacle pour commémorer le 20e anniversaire de l'indépendance du Québec. Le caractère férocement bestial de cette entreprise artistique sera le prétexte pour enfermer Jappy à Luna Park, la prison d'où on ne sort pas. Mais Élise n'entend pas abandonner son homme.

Luna Park est une espèce de suite à Élise, le premier roman de cette maison d'éditions. Je dis « espèce de suite » car, ici, la présence d'Élise et de Jappy est périphérique à l'action. En fait, le lecteur est convié à suivre le train de pensées d'un individu condamné à rester à jamais sur la Lune et qui est comme le Big Brother de la place.

Quand je dis suivre le train de pensées de cet individu, il faudrait dire le train de ses récriminations incessantes. Ce gars-là, c'est le Rogatien Dubois de la Lune, l'humour en moins : il a ses idées sur toutte, il chiale contre toutte, il hait toutte, il paranoïe sur toutte, et en plus, il sait toutte toutte toutte car il est branché - politiquement et électroniquement. Certes, le personnage possède faconde et truculence, mais ce lecteur-ci doit admettre qu'il s'est très vite lassé de ce narrateur peu inspirant.


Chabin est un artisan compétent qui peine à rendre l'aigreur de son personnage. Il en met trop, constamment.
Luna Park est un pamphlet virulent qui tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge, mais dont l'âme est inexistante. Cette virulence est désincarnée. La réflexion sombre dans les lieux-communs. Ça s'étire. Le gars fulmine et digresse, mais l'action ne survient pas.

La truculence lasse à la fin. La prose est extrêmement maniérée et étudiée. D'autant que les arguments et le vocabulaire sont lourdement datés; parce qu'au fond, qui donc, en tout sérieux, oserait en 2009 parler du lumpenproletariat et bâtir conséquemment une grille d'analyse socioéconomique marxisante ?

Luna Park est un roman au développement très lent où il ne se passe à peu près rien.
Les choses y sont dites et déclamées, mais pas ressenties le moins du monde. Il n'y a rien qui soit vécu de l'intérieur. Idem pour les coups de gueule, où l'on sent l'habileté d'une technique qui n'empêche pas le léger tirage à la ligne. En fait, ce roman ressemble au canevas d'un plus gros roman que l'auteur n'aurait pas écrit.

Et la révélation finale au sujet de PARC est une sacrée couleuvre ad hoc, mes aminches. Et les couleuvres ad hoc sont les plus difficiles à avaler...

Brèfle, comme disait Bérurier, un roman longuet, qui m'a ennuyé pas mal (9 jours pour lire 114 pages, ouille), fait avec la compétence d'un bon artisan mais sans l'émotion d'un vrai artiste.

Une chose correcte sans plus, lue et oubliée dans le même élan.
Pas recommandé par ce lecteur-ci.

Cote 3,5 / 10

Luna Park
Laurent Chabin
Coups de tête, 2009
114 pages

mercredi 18 novembre 2009

Le capitaine et son moussaillon

Cet après-midi, nous sommes allés au Musée des enfants à Laval. Pour s'y rendre, on a pris le traversier entre Oka et Hudson, une croisière de dix minutes à peine, mais qui suscite toujours beaucoup de curiosité pour Benjamin. Suzanne a pris les clichés.

On fait le tour voir si le bâtiment est en état de naviguer.


On spotte les équipements de sauvetage.

L'horizon rien que pour Benjamin...

lundi 16 novembre 2009

110. Maudits ! - Édouard H. Bond

Dans Maudits !, Sergio est armé d'une manchette, d'un harpon et d'une haine profonde de l'humanité. Ça tombe bien, une bande d'ados en limousine croise son chemin en s'en allant à l'après-bal. Ils sont souls, stones, gonflés de poutine et de désir. Édouard les avait pourtant avertis de ne pas prendre la route 343... (Extrait de la 4e de couverture) Toute la manière, toute la saveur de Bond est dans ce « Ça tombe bien »

J'ai bien l'impression d'être le dernier à venir parler de ce bouquin-là, sorti il y a quelques petits mois. Mais si les premiers volent la vedette, les derniers n'ont pas toujours torts, et vogue la galère des métaphores mélangées qui vient s'échouer ici.

Car il est bon, ce roman, à mon avis supérieur à Prison de poupées dont j'avais pourtant pensé le plus grand bien. L'histoire c'est celle d'un écrivain, Édouard Bond, qui met en garde un groupe d'ados en goguette de ne pas emprunter la route 343. Les jeunes n'écoutent pas la voix de l'auteur; entre en scène Sergio, prototypique héros de slashers, qui va leur en faire voir de toutes les couleurs.

L'action est non-stop, la psychologie sommaire comme il se doit, mais Bond est un sacré écrivain et il arrive à créer des personnages crédibles, indépendants, à bien les développer dans les limites du genre. On rigole aussi, malgré la violence qui se manifeste, le récit est riche en gags de toutes sortes.

Au final, ça donne un roman extraordinairement divertissant, parfaitement maîtrisé, écrit dans une langue qui n'est pas de bois, au contraire, mais bien en chair, humide, léchante, rose de désir et rouge de sang...

Seul petit bémol, les intercalaires ont laissé ce lecteur-ci complètement indifférent. Ils sont inutiles, arbitraires et le roman aurait trouvé une plus grande cohérence sans cet inutile rappel à la réalité. Une peccadille.

Édouard Bond est un formidable écrivain.

Cote 9 / 10

Maudits !
Édouard H. Bond

Coups de tête, 2009
141 pages

jeudi 12 novembre 2009

Youhou, papa, un zéro zéro

Il connait ses chiffres et il s'intéresse depuis quelques semaines aux panneaux de signalisation routière avec un enthousiasme qui ne fléchit pas.

Les nombres au-delà de quatorze lui causent des problèmes, et c'est par l'épellation qu'il arrive à les nommer. Ainsi, vingt-et-un se dit : deux un, soixante, six zéro, et cent, un zéro zéro.

Sur la route, il me signale TOUS les panneaux de limite de vitesse en claironnant : Neuf zéro, un zéro zéro, quatre zéro, selon le cas...

Il n'en rate pas un !

Comme de son siège installé au milieu de la banquette arrière il a une vue imprenable sur l'odomètre, il est en mesure de claironner : « Youhou, papa, maximum un zéro zéro », ou plus impérativement : « Heille, un zéro zéro », quand il voit que le cadran indique 110 (ma vitesse fétiche) et que le maximum est un zéro zéro.

De deux chose l'une. Ou je continue de rouler à 110 en balayant ses admonestations du revers de la main, ou alors je réduis la vitesse de façon à respecter la limite ainsi que les imprécations de fiston. Et à quatre ans, dieu sait si les enfants sont impérieux.

J'ai pris le parti de respecter les limites de vitesse. Quand je suis au volant, j'ai le meilleur régulateur de vitesse au monde.

mardi 10 novembre 2009

109. Mangez-moi - Agnès Desarthe

Myriam est une femme qui cherche à ancrer sa vie, à lui donner de la stabilité. Elle est seule, elle n'a pas revu son fils depuis des années, le cirque pour lequel elle travaillait a dû la remercier. Elle ouvre donc un petit restaurant. Chez moi est un lieu discret, pas annoncé, où elle habite car elle n'a pas d'autre chez-soi, et où l'on sert de la cuisine inspirée et réconfortante. De fil en aiguille, la clientèle afflue, pourtant Myriam ressent toujours une profonde insatisfaction.

Comment résister à un titre pareil ? Écrit par une femme, en plus ! Mais ce n'est pas du tout ce qu'on pense, ou si peu.

Il y a dans ce roman d'indéniables bonheurs d'écriture. C'est allègre, léger, ça effleure parfois des vérités simples et profondes sans les toucher. Et il y a derrière tout ce bonheur, ce plaisir, ces personnages étranges et attachants, un drame sous-jacent, une blessure profonde qui revient périodiquement hanter Myriam.

Tout est dans le ton et la manière de l'auteure. Car elle écrit bien, Mme Desarthe, elle le sait, et elle aime bien montrer ce dont elle est capable, un peu d'esbrouffe littéraire peut-être, du gongorisme à la limite, ce qui parfois nous vaut un petit air de flûtiau, genre : «
Nous nous rencontrons sur le terrain de jeu de l'amitié, ce terrain vague, insoupçonné derrière la palissade qui gondole à peine sous le vernis social ». Une palissade qui gondole sous le vernis social ! Merdouille, mon Jacquouille ! On appelle ça s'écouter parler, madame, monsieur. Heureusement, il y a peu de ces scories élégantes même si on les remarque de sorte que l'ouvrage est généralement bien contrôlé.

Ce lecteur-ci a bien aimé ce livre-là. Entre autre parce qu'on y cause bouffe sur un mode sympathique. Le drame sous-jacent est joliment résolu à la toute fin pour la plus grande joie de tous et toutes.

Une agréable lecture qui a peu de poids, certes, mais dont on reprendrait volontiers. Comme de la meringue.
Le site de l'auteure est ici.

Cote 6,5 / 10

Mangez-moi

Agnès Desarthe
Olivier, 2006
308 pages

jeudi 5 novembre 2009

Dire qu'il va falloir y retourner...

Accompagné de son « papa d'amour », Benjamin s'est fait vacciner ce soir à Vaudreuil. On a été chanceux puisqu'on a pu se faufiler sans problème à la fin de la journée de travail. Nous sommes arrivés 15 minutes avant la fermeture et on a passé tout de suite vu qu'il n'y avait plus personne. (Quand je dis « on », il faut comprendre Benjamin tout seul...)

Dans ce court billet, Pat Isabelle résume bien – et dit mieux que je ne le pourrais le faire – le dilemme des parents, la douleur et le retour pour le second vaccin...

Je dois dire que l'infirmière qui nous a été assigné était bête comme ses pieds : fin de journée ou air naturel ??? On est mal tombé, vu que les trois qui restaient étaient souriantes.

mercredi 4 novembre 2009

C'était tellement triste

Benjamin ne parle pratiquement jamais de son expérience à la Boîte à surprises. Il s'agit d'un atelier, genre garderie, qui est une initiation à la maternelle et à la socialisation, avec des activités, des jeux, des bricolages, des acquisitions d'habiletés diverses, etc.

Il y va deux avant-midis par semaine, mardi et jeudi, de 9 heures à 13 heures, et il dine là avec ses camarades. Sa classe regroupe une douzaine d'enfants de son âge (4 ans) et elle est animée par deux jeunes femmes admirables, Nathalie et Ann, que Benjamin aime beaucoup, ça, je le sais.

Quand je tente de lui tirer délicatement les vers du nez, comment ça a été, ce qu'il a fait, à quoi il a joué, il m'oppose constamment une forme d'omerta en se mettant à parler d'autre chose... Je ne force jamais ses confidences. Lorsqu'il voudra parler de ces choses-là, il trouvera le moyen de le faire. Il n'a que quatre ans, faut laisser aller un peu et ne rien brusquer.

Mercredi soir dernier (il y a une semaine), j'ai mis Benjamin au lit, je me suis couché contre lui et je lui ai lu une histoire. Normalement, c'est Suzanne qui s'occupe de cette partie des activités, étant donné qu'elle travaille toute la journée loin de la maison et qu'elle est une formidable tragédienne du livre de contes. Faut l'entendre conter des histoires ! C'est son temps à elle, seule avec fiston. Mais mercredi, elle avait un souper d'affaires et n'était pas de retour à 21 heures.

Donc, je lis l'histoire à Benjamin... C'est une très bonne histoire dont le titre est Destructotor et ça raconte les péripéties d'un petit bébé qui casse tout sur son passage, s'il faut en croire sa sœur aînée. Il la redemande. Je la lis une autre fois, j'y mets tout ce que je peux, mimant Destructotor, sa soeur, son papa inventeur; je fais les sons, les bidibang bidiboung quand tout tombe par terre, on rigole, on regarde les illustrations, la chambre est toute chaude, à peine éclairée par la lampe de chevet.

Fin de l'histoire, je ferme la lumière. Je lui dis : Bonne nuit, mon beau Benjamin, à demain.
- Papa, qu'est-ce qu'on fait demain ? demande-t-il doucement.
- Demain c'est jeudi, c'est la Boîte à surprises, puis après dîner je vais aller te chercher. On va construire la petite la remise de jardin puis on va aller chercher maman au travail, comme d'habitude.
- Ça finit quand la Boîte à surprises ?
(Oh.)
- À Noël. Quand il va y avoir de la neige partout. On va avoir des vacances ensemble, toi, moi et maman. Pourquoi tu demandes ça ?
- J'aime pas beaucoup beaucoup ça la Boîte à surprises, dit-il vraiment très doucement.
(Oh oh.)
- Pourquoi, mon ti-tchou ? Il y a beaucoup d'amis à la Boîte à surprises, ça doit être le fun.
- J'ai pas d'amis.
- Ben voyons, Keira est ton amie. Marc-Antoine est ton ami.
- Keira est pas mon amie. Marc-Antoine est pas mon ami. Tous les autres y jouent, y mangent ensemble. Ils font des plaisanteries...

Il exagérait, bien sûr. Tout le monde participe aux jeux, lui aussi, mais il le fait toujours un peu à contrecoeur. Et tout le monde mange ensemble pour dîner... Pour ce qui est des plaisanteries et d'avoir du plaisir ensemble, c'est une autre paire de manches, puisque là il faut participer activement, et Benjamin est généralement en retrait (bien qu'il y ait eu de l'amélioration cette année...)...

Et, soudain, les images de ma propre enfance, de mes jours d'école me sont déboulé dans la face avec la force d'une avalanche; ces longues journées d'ennui, d'exclusion, coincé entre le désir d'être avec les autres et mon inhabileté à entrer en contact avec eux...

Étendu contre mon fils, lui aussi condamné (je ne l'espère pas, mais j'en ai peur) à vivre la même expérience que son père, les larmes me sont montés aux yeux. C'était juste d'une tristesse infinie.

mardi 3 novembre 2009

Appel de textes, pour ceux que ça leur tente

Objet : Appel de textes pour le numéro « DEUX »

Le Somnambule

Appel de textes pour le numéro « DEUX »

L’œuvre soumise peut être une suite poétique, un ensemble de poèmes, un récit, une nouvelle ou une pièce de théâtre. Elle ne doit pas correspondre à un essai ou à un texte informatif. Les textes doivent tenir entre 3 à 10 pages et être écrits à double interligne.

Aucun thème n’est imposé ; il est donc libre à vous de choisir un sujet. Cependant, il convient de connaître la direction artistique des Éditions du Somnambule, qui privilégient l’expression critique et expérimentale, soit sur le plan de la narration, de l’esthétique, de la forme, de l’histoire, des personnages et/ou du style.

Il convient de soumettre votre œuvre avant le 18 décembre 2009. N’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées afin que l’on puisse vous joindre pour discuter de votre texte, s’il est sélectionné.

Au plaisir de vous lire !

Les Somnolents (Louis Gobeille, Edith Paré-Roy et Dominic Thibault)

Pour toutes informations
ou pour soumettre un texte :

leseditionsdusomnambule@hotmail.comA

Merci PKP !

Pour un cinquième mois en ligne, je gagne un certificat cadeau de 50 $ sur Archambault suite à mes petits commentaires sur Côté Blogue.

Je ne peux résister au plaisir de citer :

Tu figures parmi les 20 meilleurs blogueurs de Côté Blogue.ca pour le mois d Octobre 2009. Les gagnants ont été sélectionnés en fonction de la qualité d’écriture de leurs billets ainsi que de leur fréquence de participation.

Tu as donc gagné une carte-cadeau Archambault de 50 $. Cette carte est valide dans les magasins Archambault, sur Archambault.ca et zik.ca

Elle te sera envoyée au courant de la semaine.

Alors, merci encore pour ta participation, et continue! On aime te lire et on n'est pas les seuls! Côté Blogue.ca reçoit en moyenne plus de 20 000 visiteurs uniques par mois!

C'est quand même gentil. Mis à part le tutoiement intempestif et le généreux saupoudrage de points d'exclamation, j'ai pris gout à lire ce petit message chaque mois.

Merci PKP ! Fais la bise à Julie !

lundi 2 novembre 2009

108. Voyeurs, s'abstenir - François Gravel

La Passion selon Charles Pellerin est le quatrième roman du narrateur, et son plus grand succès. La raison en est qu'il a bâti son personnage principal sur Carl Vaillancourt, ce self-made man québécois, milliardaire, laid comme un pou, mystérieux, et constamment dans la mire populaire. Suite à ce grand succès de librairie, le narrateur (innommé) a reçu de nombreux commentaires qui l'amènent à réfléchir sur le personnage qu'il a recréé dans son roman. De cette réflexion, il tire un autre ouvrage, Voyeurs, s'abstenir, où il tente de départager le vrai du faux, la réalité de la légende bâtie autour de Carl Vaillancourt...

En dépit d'une carrière commencée en 85 et marquée d'une cinquantaine de romans (dont 14 pour les adultes), Gravel est un écrivain encore assez peu connu, je trouve. Il a pourtant trois très grandes œuvres derrière lui, et quelques autres devant encore, sans aucun doute. Ses incontournables sont Bonheur fou (1990), Ostende (1994)
et Fillion et frères (2000). Et il faut ajouter que le reste de sa production pour les adultes n'est pas banale non plus, à l'exception peut-être de Vous êtes ici (2007) qui était un pari fou celui de faire de la littérature sur de bonnes intentions et conséquemment raté.

Voyeurs, s'abstenir est un très bon roman encore qu'éloigné par la forme des romans auxquels l'auteur nous a habitué, lui plutôt traditionnel. Mais si la forme est inhabituelle, la manière, elle, c'est du Gravel pur fruit. L'histoire ? Cette fois, il n'y en a pas; ou si peu. Il y a juste le narrateur qui tente de reconstituer la vérité autour du financier et industriel Carl Vaillancourt, une énigme baignant dans le mystère comme on dit, un homme insaisissable qui n'est pas sans rappeler Pierre Péladeau (ne serait-ce que pour la laideur, l'amour des Laurentides et son attirance pour les femmes). C'est un fil romanesque ténu puisqu'il ne s'agit que de ça : la reconstruction d'un personnage à propos duquel les témoignages varient
et se contredisent.

L'auteur aime les personnages qu'il crée. Il y a dans ses livres, même dans les moments les plus durs, une tendresse qui traverse tout. C'est ce que j'aime, c'est ce qui fait que je reviens toujours à Gravel et que je le tiens pour un des meilleurs auteurs au pays.

Recommandé par ce lecteur-ci. 7,5 / 10

Voyeurs, s'abstenir
François Gravel
Québec Amérique, 2009
240 pages

C'était pas un référendum...

Cet individu note vos textes. Soyez donc rassuré quant à vos 2 sur 10.
(Merci à Benjamin pour la photo.)

C'était pas un référendum, mais je remercie vraiment sincèrement ceux et celles qui ont commenté sur mon atermoiement au sujet du système que j'utilise pour noter les textes que je lis. C'était ici.

Cachottier comme je suis, je n'avouais pas que mon attirance pour la notation à étoiles venait aussi de son esthétisme si sobre, tel qu'on peut le voir sur le blogue de Phillipe Guillaume, Ce que je lis. Phil est sur Wordpress, moi sur Blogger.

Blogger n'offrant pas ce système, voilà une raison supplémentaire qui fait que l'auteur de ses lignes demeure (et comment, si on en juge la photo) pour le moment fidèle à une notation simili-scolaire.

dimanche 1 novembre 2009

Un jour dans une revue près de chez vous

Je travaille actuellement sur les textes suivants, avec une énergie renouvelée dont je vous expliquerai la source bientôt. Ce sont des titres provisoires, mais je les aime bien.
  • Je suis la somme de mes sœurs (presque de la hard sf)
  • L'assassinat du juif Hitler (une uchronie)
  • À Laval, dans' marde jusqu'au cou (mon Coup de têtes)
Deux nouvelles et un romanticule. Je compte faire 2000 mots ce mois-ci. C'est pas Nanowritimomo, je sais, mais quand même, je me pince. Ça roule !

Go, mon coco !

L'Halloween à Rigaud

Avec un air à la Jerry Lewis, le soldat Benjamin se prépare à prendre d'assaut les rues de Rigaud.







Ce fut une fête magnifique.
Bravo à tous ceux et celles qui ont pris le temps de se déguiser et de créer des décors sensationnels. Benjamin était vraiment enthousiaste, jusqu'à ce qu'il fasse pipi dans ses culottes; ce qui a mis un terme à la chasse aux friandises.

À l'an prochain, Rigaud.