samedi 28 juin 2008

3. Ainsi parle le Saigneur -- Claude Forand

Un tueur en série frappe la petite ville de Chester, dans les Cantons de l'Est. Le sergent Roméo Dubuc, de la Sûreté du Québec, ses deux acolytes, Lucien Langlois et Bob Rivard, de même que la journaliste Manon Pouliot, sont sur le cas. Après quatre meurtres à nature religieuse hautement théâtralisée, parviendront-ils à stopper le psychopathe ?

La réponse est ben oui. Ce court roman (à peine plus de 200 pages) est fort bon même si le coupable ne surprendra personne. L'intrigue est menée de manière trépidante, pas un mot de trop, des dialogues qui sonnent vrais, de courtes scènes qui font avancer l'action.

Les personnages sont bien développés, tout spécialement le sergent Roméo Dubuc : un flic trop gros, plus très jeune, amateur de roues de tracteur Tim Horton et de poutine italienne. Bien rendu dès le départ, il dégage finalement un mélange de sympathie (il aime la poutine italienne !) et de répulsion car il n'hésite pas à se servir de son physique imposant pour intimider les témoins. L'enquête est simple et directe, avec quelques bons suspects ayant chacun ses raisons d'avoir commis les crimes. Il y a d'excellents moments dans cette histoire. Et ce lecteur-ci en redemande.

PS Ce lecteur-ci va être servi car Ainsi parle le Saigneur est la deuxième enquête de Roméo Dubuc; la première étant Le cri du chat chez Triptyque. Roman que je mets sur ma wish list amazonienne.

Cote 7 / 10

jeudi 26 juin 2008

Le Nobel 2438

Ce qui suit n'est ni une nouvelle, ni un conte, c'est rien du tout à vrai dire. Ça devait faire partie de quelque chose de plus costaud, un genre de roman style Tous à Zanzibar, ce qui n'aura pas lieu (il fut un temps où j'avais ce genre d'ambitions). Donc ce texticule (marque déposé, merci) en forme d'hommage est offert aux deux ou trois lecteurs de ce blog. (Tous à Zanzibar, aie, aie, ça ne nous rajeunit pas !)

Le Nobel 2438

Élisabeth V. a reçu hier à l'unanimité le prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son oeuvre. Fait unique sur lequel la presse a beaucoup insisté, c'est la troisième fois que l'illustre écrivaine reçoit le Nobel, qu'elle avait déjà accepté en 2032, puis en 2277.

C'est le clone 128 qui a prononcé le discours de réception à la Nouvelle-Stockholm, sur la quatrième de Bételgeuse. Un discours fleuve de seize heures et demie tout à fait dans la manière de la récipiendaire. L'œuvre d'Élisabeth V. et de ses 128 clones (dont six sont encore fonctionnels, tous auteurs prolifiques, de romans, d’essais, de chansonnettes et de jingles quantiques très recherchés en astronavigation) atteint maintenant plus de six mille titres. Au total, son œuvre a été lue, vue, perçue, consommée, ingurgitée, ou généralement assimilée, par plus de cent quarante milliards d'individus.

Le 128e clone de l'illustre écrivaine, née, rappelons-le, au 20e siècle, c'est-à-dire avant les Catastrophes, les Sept migrations et le Dernier spasme, a souligné les grandes qualités de générosité, d'humanisme et d'intelligence dont elle assurait la lignée. Le clone 128 affirme que le clone 129 sera bel et bien le dernier de la lignée directe. En effet, à l’origine, Élisabeth V. avait choisi un clonage vertical, dit protohéréditaire. Une légère rectification génétique viendra corriger certaines anomalies esthétiques et d'ordre social encore vivaces de l'original.

Le clone 129 est déjà en bouturage et devrait voir le jour d'ici deux années standard.

mercredi 25 juin 2008

Eau de boudin

À ce jour, j'ai publié quatre nouvelles (voir note), toutes dans Solaris : L'accident, n° 25 (1979); The lark ascending, 31 (1980); Le jardin de roses, 40 (1981) et Maternité noire, 98 (1991)

De ces quatre textes, il semble que deux d'entre eux auraient pu se retrouver dans des anthologies si les dieux de l'édition en avaient décidé ainsi. En effet, Norbert Spehner en avait choisi un pour publication dans Aurores boréales (L'accident, je crois), mais devant son incapacité à entrer en contact avec moi, il avait dû renoncer à cette idée. Il faut dire qu'à l'époque dont il est question, on parle ici du milieu ou de la fin des années 80, je n'avais pas renouvelé mon abonnement à la revue que Spehner dirigeait, j'avais déménagé, et comme je n'ai aucun contact avec le monde de la sffq (pas plus à l'époque que maintenant), j'étais dans les faits in communicado. (À noter que les dieux de l'édition --ou d'ailleurs-- n'ont rien à voir avec ce cafouillage personnel, mais ça fait chic de les invoquer quand même.)

Récemment j'ai appris qu'un auteur québécois avait préparé une anthologie de nouvelles fantastiques pour les éditions du Préambule et avait retenu Maternité noire. Malheureusement le projet a été annulé quand le directeur de collection a choisi de ne pas y donner suite (les textes étaient bons, semble-t-il, mais pas assez fantastique). C'était dans les années 90 et Le Préambule allait de mal en pis financièrement, avant de fermer pour de bon.

Et voilà, c'est tout. Même si ça a viré en eau de boudin les deux fois, je trouve ça plutôt bon pour mon moral et ma confiance. Dans tous les cas, ça me fera de la belle anecdote à raconter à fiston quand il aura l'âge de comprendre.

NB J'ai aussi publié un tout petit bidule dans le n° 4, spécial Brèves, de Requiem (ancêtre de Solaris), il s'agit de La belle à l'astéroïde charmant paru sous les noms d'Alain Tremblay et de Richard Tremblay (aucun lien). Alain, un ami de l'époque, avait eu l'idée, moi j'avais écrit la chose.

Parce que j'aime bien, c'est tout

Y a pas de raison à cette image sauf que j'aime les Beatles et Mutts. Dans l'ordre : Woofie, Mooch, Shtinky Puddin et Earl.

mardi 24 juin 2008

Les comédies musicales filmées et moi

La comédie musicale ! Voilà un genre que je cherche à éviter le plus possible, voire à fuir. Déjà que je suis un cinéphobe avéré, je ne vais au cinéma que pour faire plaisir à ma tendre et douce; alors là, très peu merci en ce qui a trait à la comédie musicale, ce genre de cinéma où les gens poussent la chansonnette pour un oui ou pour un non : Passe-moi la saaalière, chéééééérie !!! Et l'autre, en virevoltant au-dessus de la table de cuisine : Laaa voaaaaalà, mon aaaamouuuur !

Cinéphobe, assumé, oui, mais averti. Il y a quelques comédies musicales qui m'ont plu et me font encore siffler le petit air : Cabaret, Sweet Charity et Thoroughly Modern Millie. Le reste ? Bof, bof et re-bof.

Hier j'ai écouté Hairspray à la télé puisque Suzanne avait le contrôle de la télécommande ;-) Et je me suis surpris à trouver ça pas pire. Bon, les chansons ne sont guère mémorables, les choréographies sont à la limite du ridicule (ça ressemble à de la danse country en ligne, avec le petit peton qui se fait aller en diable de tous bords tous côtés), mais le film est un tourbillon d'énergie et de prestations amusantes. Nikki Blonsky fait un malheur et John Travolta est adorable en maman. Christopher Walken est pas mal non plus, rappelant Blast from the Past, Amanda Bynes est à croquer, tout le reste est d'un excellent niveau. Y compris Michelle Pfeiffer dans un rôle de vilaine qui lui sied vraiment, mais vraiment bien.

Hairspray reste une oeuvre mineure, mais d'un entrain quétaine absolument irrésistible.

lundi 23 juin 2008

L'ordinateur au beurre

Me voyant à l'ordinateur, Benjamin, mon fils de pas tout à fait trois ans, s'insinue entre moi et l'écran, et demande, fasciné par les balles colorées d'Inca Ball : Tu zoues, papa ? Il tend un doigt, puis la main complète vers l'écran. Horreur de ma mère ! Ses mains sont barbouillés de la margarine et du beurre de pinottes de la tartine qu'il n'a pas terminé. Et poc ! un doigt sur l'écran, puis quatre doigts, la paume itou, papa qui réprime quelque chose comme un pleur, et bébé qui se retourne avec un beau grand sourire : Tu zoues, papa ?

Comment se mettre en rogne devant tant d'innocence ? J'ai fermé Inca Ball, je lui ai fait un bisou retentissant, passé une main-chatouille sur la bedaine et nous sommes allés zouer avec nos petits camions.

samedi 21 juin 2008

Ce que je lis



Ainsi parle le Saigneur, Claude Forand
Aqua TM, Jean-Marc Ligny
War Made New, Max Boot

vendredi 20 juin 2008

2. Jihad - Jean-Marc Ligny



Comme j'ai l'intention de limiter drastiquement la longueur de mes impressions de lecture (100-200 mots), je ne vous résumerai pas Jihad. Ça se trouve assez facilement sur un des sites nationaux d'Amazon, ou autres librairies du genre.

Jihad est un thriller de politique-fiction énergique et trépidant, dont l'action se situe dans une France contemporaine où le Parti national a pris le pouvoir. Les racistes et les xénophobes ont le chemin libre. Ligny a créé un monde parfaitement reconnaissable et si légèrement décalé de la réalité qu'on y adhère d'emblée. Le lecteur suspend sa crédulité au vestiaire.

Bémol 1 : Ligny n'évite pas totalement le manichéisme. Il y a les bons et il y a les mauvais, et si les bons ont des zones grises, les méchants, alors là, sont méchants sans rémission.

Bémol 2 : la fin laisse à désirer, l'auteur souhaitait terminer et il a bâclé un tantinet. L'espoir soulevé par les derniers chapitres est démesuré... Mais peut-être est-ce que ce sont les personnages qui prennent leurs lubies pour des lanternes ? Je ne sais pas... Ce que je sais par contre c'est que Jihad est un roman divertissant et prenant, qui empoigne à bras le corps des sujets full hot (le terrorisme, l'islamisme radical, les sociétés divisées, la droite montante, le journalisme de complaisance...) et que Ligny est un formidable auteur.

Cote : 8 / 10

jeudi 19 juin 2008

Ce qui me fait rêver


Sur cette photo prise au début du siècle, on voit un dirigeable de type LZ (Lufschift Zeppelin, littéralement : aéronef Zeppelin) et son hangar d'assemblage sur les eaux du lac de Constance près de Friedrichshafen, tout au sud du Bade-Wurtemberg en Allemagne. Le hangar flottant facilitait les manœuvres de sortie et d'entrée du dirigeable, en lui permettant de s'aligner face au vent.

Une image comme celle-ci m'attire et me fait immanquablement rêver. Les grands vaisseaux aériens sont magiques, et les dirigeables ont ceci de particulier d'être désuets par-dessus le marché. Ce qui m'amène à l'écriture, où j'ai l'impression d'être un peu comme ce Zeppelin, joli dans le lointain, désuet et oublié. J'ai connu ma minute de gloire en 91 avec le
prix Solaris pour Maternité noire. Depuis je n'ai rien publié et très peu écrit. Dix-sept ans plus tard, je reviens à l'écriture, et ce blog fait partie intégrante d'une démarche d'écriture la plus quotidienne possible.

Écrire, c'est comme le vélo; ça ne s'oublie pas, il faut juste se donner le temps de retrouver son équilibre--et les vieux réflexes pour le garder.

mercredi 18 juin 2008

Le saviez-vous ? Rubrique pédagogique absolument gratuite...

À proprement parler, la grande majorité des yaks qu'on trouve dans l'Himalaya sont des dzopkyo, c'est-à-dire des mâles issus d'un croisement de yaks et de vaches, ou des dzom, c'est-à-dire des femelles issues du même croisement. Les yaks femelles non croisées sont appelées des naks. Mais la plupart des Occidentaux, ayant du mal à distinguer toutes ces grosses bêtes, les appellent indistinctement des yaks.
(Tragédie à l'Everest, Jon Krakauer)

Il existe une race de yaks blancs, dont voici quelques représentants et représentantes : Pour susciter l'intérêt touristique, les Mongols ont innové et créé en 2000 une variation sur un sport bien connu : le polo à dos de yak (sargalan polo). Autre fait fascinant, le yak est incapable de meugler, il grogne. De façon générale, le yak est un animal au caractère placide et doux, sauf quand on le déguise comme ça : Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais faut quand même fermer la boutique. À la prochaine !

mardi 17 juin 2008

1. Brins d'éternité 19, les fictions seulement.

Brins d'éternité

Très jolie présentation, couverture couleur, brochée, trois nouvelles.

Par les beaux yeux d'Émilie d'Alexandre Lemieux. De cet auteur, je ne connaissais que l'excellent Le prix de l'ambassadrice, paru dans Solaris 166. Par les beaux yeux d'Émilie est une nette coche en-dessous. 1° : les personnages ne sont pas très convaincants, ils sont mis dans des situations où ils n'ont pas su emporter l'adhésion de ce lecteur-ci. 2°: le rythme est inégal et certaines scènes donnent l'impression d'être trop longues ou trop courtes (malgré la brièveté de la nouvelle). 3° : le français fait couac couac par moment, et ça, ça ne pardonne pas.

Quatre étoiles au firmament de Romain Lucazeau. Amusante pochade, vulgaire et drôle dans sa partie sf, avec une fin en partie télégraphiée. Mais j'ai bien aimé.

Silence et oubli de Dominic Bellavance. Une nouvelle rudement bien écrite, feutrée et subtile. Mais il faut sans doute être familier avec l'univers d'Alégracia pour en apprécier toute la finesse.

Cote : 5,5 / 10

lundi 16 juin 2008

Ce que je lis

Jihad de Jean-Marc Ligny, terminé (commentaire à venir)
Tragédie à l'Everest de Jon Krakauer, terminé (commentaire à venir)
War Made New de Max Boot
Les territoires du Nord-Ouest de Laurent Chabin
Brins d'éternité 20 (reçu aujourd'hui, très jolie revue)

Retour à l'écriture

Après quelques faux départs dans les derniers mois, je sens que je suis en mesure de me remettre sérieusement à l'écriture. La confiance nécessaire revient peu à peu, c'est bon signe. Les idées aussi, ce qui est encore mieux. Le malheur, en ce moment, c'est que je suis incapable de centrer mon attention et mon énergie sur un texte en particulier.

Il y a trois nouvelles assez prometteuses sur mon portable, titrées: TD, APAV et LZ (ce sont des noms de code donnés par un écrivain frileux qui a peur de se faire piquer ses idées).

Je
suis tiraillé dans tous les sens. Ces trois textes, proches de la sf (concept que je demande charitablement au lecteur éventuel de ne pas me demander de clarifier), partagent un univers, une thématique et une synchronicité similaires. D'une certaine manière, travailler sur un c'est aussi travailler sur les deux autres. J'essaie de voir ça positivement, mais je ressens quand même une certaine forme de dispersion molle.

J'y reviendrai.

Du bonbon pour les yeux

Posted by Picasa

Lui, c'est Benjamin, mon fils. Il a 2 ans et dix mois. Il est beau comme sa mère et intelligent comme elle. De son père, il a la timidité.

samedi 14 juin 2008

Ce que je lis

Bon, bon, bon. Après avoir tergiversé plusieurs jours, je plonge finalement. À quoi ça sert de créer un blog si on n'y écrit pas ? Alors voici.

Ce que je lis en ce moment :

1. Jihad de Jean-Marc Ligny, que j'ai terminé ce midi et sur lequel je me permettrai un commentaire d'ici peu
2. Tragédie à l'Everest de Jon Krakauer, v.f. de Into Thin Air, après avoir vu Storm Over Everest sur PBS et m'être fait recommander le livre par mon vieux chum Robert
3. War Made New de Max Boot

How about that ! Un billet sans douleur.