Dans le prochain Brins d'éternité, il y aura un petit commentaire signé par moi-même sur le dernier projet de la Maison des viscères : Bizarro. Avant-goût.
Mais d'abord, qu'est-ce que le bizarro ? Qu'est-ce que ce nouveau genre littéraire mange en hiver ? Dans sa préface à l'anthologie, Frédéric Raymond reste évasif. Le lecteur n'est pas plus avancé après l'avoir lu. Moi, j'aime bien cette définition d'un auteur américain dont j’oublie le nom, et que je n'hésite pas à paraphraser : Le bizarro c'est une littérature sans métaphore.
On en déduit que si un auteur raconte l'histoire d'un gars qui se rentre un butt-plug à l'effigie de Jésus dans le cul, il n'y a pas de méta-texte. C'est à prendre au premier degré. Point. Je mets donc ça dans ma besace.
La première nouvelle est de Dave Côté. Ummgrang. Une super cool idée qui mêle démonologie et horticulture. La partie des démons est excellente, la partie terrestre est triviale et franchement ratée. Note : 5 / 10
La nouvelle d'Éric Gauthier, Fine Stay Inn, est animée par une prose coulante, pleine de sourires en coin. Du pur bizarro, si une telle chose existe. Seule la fin n'a pas obtenu mon adhésion à cause du revirement assez inattendu du personnage principal. Quand même : 7,5 / 10
Un long texte de Guillaume Voisine clôt le livre. Le contraste de l'éternité. Gros coup de cœur pour cette nouvelle complexe, riche de son arrière-plan et de ses personnages, tout ça parfaitement maîtrisé. Voisine écrit vraiment trop peu. Bémol : ce texte appartient à la sf. Mis à part une bonne dose de gore, ce n'est pas du bizarro. Note : 8,5 / 10
Bizarro
Frédéric Raymond, anthologiste
Maison des viscères, 2015
284 pages