mercredi 31 décembre 2008

Pirouette, cacahuète...

Creuser des trous dans la neige à l'aide des pépines de Benjamin et y cacher des cacahuètes pour les écureuils fut notre dernière activité extérieure de 2008.

On se retrouve en 2009 pour les souhaits de bonne année.

mardi 30 décembre 2008

Allô, papa, mon numéro, c'est le 450-451-6294

Papa,

Encore une fois, tu as invité Claude et Michelle pour un souper chez toi, et tu as oublié de me lancer une invitation. C'est la quatrième fois cette année, et pour Noël qui plus est. Ça me déçoit un peu et tu comprendras que j'en conçoive un peu d'amertume; d'autant plus que, pour être honnête, cette situation dure depuis pas mal d'années, on ne se le cachera pas...

Mais, après une intense séance solo de remue-méninges, j'en suis venu à la conclusion qu'il ne peut y avoir que deux raisons pour lesquelles tu ne nous as pas invité (moi, Suzanne, ainsi que Benjamin, seul héritier des Tremblay pour le moment) à un souper réunissant tous tes enfants :

a) tu ne veux pas me voir,

b) tu n'as pas mon numéro de téléphone.

Voilà, ô mon papa, la situation est dorénavant corrigée. N'oublie pas de faire le « 1 » avant, c'est un interurbain. Au plaisir de.

Ton aîné,

richard

lundi 29 décembre 2008

Quand on y pense bien...

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dimanche 28 décembre 2008

Bilan de santé

2008 fut l'année de tous les dérèglements.

Bon, ça a débuté avec une bronchite pas piquée des vers (traitée aux antibiotiques). Elle s'est poursuivie avec une tendinite récurrente, de l'aponévrosite plantaire à mes deux petits petons (merci la douleur), deux solides entorses à la même cheville en dix jours (saleté de terrain), et elle s'est terminée sur un rhume bizarroïde qui a pris tour à tour une allure d'otite (ostite que ça fait mal) puis de sinusite, rhume qui s'est incrusté cinq semaines jusqu'à la mi-décembre et qu'il a fallu combattre avec deux antibiotiques consécutifs. « Surveillez les symptômes, m'a dit mon médecin, deux antibiotiques forment un terreau fertile pour la bactérie C. difficile ! » Merci, docteur, vous me rassurez. Heureusement, le mal est parti; mais je dois surveiller mes selles pendant encore une dizaine de semaines car c'est par là que se manifestent les premiers symptômes d'une infection à la C. difficile.
...
Quand même, l'année se termine comme elle avait commencé : avec des antibiotiques.

Ont été découverts ou se sont manifestés en 2008 :
  • une ischémie mineure (c-à-d un léger blocage coronarien)
  • des épines de Lenoir à chaque pied
  • de l'arthrose à une phalange distale
  • une hernie hiatale
  • sans compter que j'attends les résultats de mes tests d'apnée du sommeil – ce qui est plus que probable.
Ceci sans oublier mes vieilles permanentes : asthme, hypertension, hypertriglycéridémie.
...
Vieillir, c'est mourir un peu, dit-on. Je viens d'en faire un sacré bout sur la pente descendante, là.

Jacques Côté dans le Journal de Montréal

En page 11 du Journal de Montréal aujourd'hui, un article sur l'opération chirurgicale que vient de subir Rose Côté, six ans, pour la guérir de sa scoliose grave. Il y aura d'autres opérations, semble-t-il, mais au moins ça lui permettra de vivre mieux et plus longtemps. Rose est la fille de Jacques Côté, l'auteur de romans policiers. On peut d'ailleurs le voir sur la photo, en compagnie de sa conjointe et de leurs deux très mignonnes fillettes.

Jacques Côté est le meilleur auteur de polars au Québec. Ce qui me rappelle que je n'ai pas encore lu son dernier.

Pour l'instant je lis Si l'oiseau meurt de Francine Pelletier, un roman dont je ne pense pas que du bien.

samedi 27 décembre 2008

Bilan 2008

Je vais mettre plein de choses dans ce bilan question de lui donner de l'épaisseur, mais c'est factice. La réalité, c'est une nouvelle complétée, soumise et rejetée, puis soumise ailleurs.

À tout seigneur tout honneur. Comfort Food : commencée et complétée en un mois, soumise à Biscuit chinois, refusée par eux (les salauds !) et soumise au concours de nouvelles XYZ juste à temps pour le 31 décembre.

Plusieurs textes ont été amorcés ou augmentés au point où je suis en mesure de croire que certains vont être complétés en 2009 : Armer le chien, Le divertissement du roi, La montée, L'oeuf du chat, William, Treblinka Dancing, Prokorovkha, Le Zeppelin, Nos maîtres, Que c'est beau, c'est beau la vie !, La ville immortelle, L'Assassin des chats, Ahmadinejad et la bombe, Le prisonnier et l'Inspecteur Gronnk.


À ça, j'ajoute les quelques 22 ou 24 milles mots publiés sur ce blogue. C'est pas rien. Compte tenu que ma production annuelle depuis des lustres ne devaient pas dépasser quelques centaines de mots en moyenne, je suis étonné de ce renouveau. D'autant que le blogue a vu le jour à la fin de juin, idem pour ma poussée d'écriture de fiction.

Maigre bilan sur le plan production, mais grosse poussée d'adrénaline.

mercredi 24 décembre 2008

90 minutes avant Noël

Une heure et demie avant Noël. Le cadeau de Benjamin est finalement emballé. La maison est chaude et tranquille, j'entends seulement le bruit de la pluie contre la porte-fenêtre arrière et le sifflement du vent qui se lève par intermittence. Si je fermais les lumières de la cuisine, je ne verrais que le noir de la forêt tout autour.

Benjamin et Suzanne dorment en haut. Que font les félins ? Joséphine est couchée au pied du comptoir de cuisine, B-3 et Margo sont affalés sur le canapé, Krusty est en boule sur le fauteuil. Cricri fait un brin de toilette sur son banc de bois préféré. Chinook est dans la cave, peut-être dort-il ou chasse-t-il un petit rongeur ?  Pogo est lui aussi en haut, couché au pied du lit des maîtres, privilège du chien.

Joyeux Noël à tous ceux et celles qui viennent de temps en temps jeter un coup d'oeil sur mes petites inepties.

dimanche 21 décembre 2008

La lumière Sophie

J'avais un problème avec une nouvelle amorcée il y a quelques années. Un problème qui me créait énormément de frustrations parce qu'il m'empêchait de continuer à écrire ce texte (qui s'appelle La montée) quel que soit l'angle sous lequel je l'approchais.

Le fait est que je pensais écrire une nouvelle de sf - pas pure et dure, pas franche comme on semble dire maintenant, mais qui incorporait des éléments indubitablement sf et qui, à mes yeux du moins, la faisait appartenir à ce genre. Mais j'éprouvais un malaise...

Cette semaine, la lumière Sophie, pardon, la lumière se fit. Le problème c'est qu'alors que je tentais de développer ma nouvelle dans un cadre sf, en réalité elle n'appartient pas du tout au genre en dépit d'une parenté certaine. La montée est une nouvelle absurde. Ah ha, mais ça change tout.

Les idées de développement que je rejetais, elles fonctionnent maintenant. C'est fou quand même. Problème de sémantique anodin pour la majorité, mais gros bloc rédhibitoire pour bibi.

Maintenant, on with the show, comme disait Bugs Bunny.

samedi 20 décembre 2008

34. Envoyé spécial - Michel Jean


Après la publication en 2006 de l'excellent Russie des illusions, un livre de Michel Cormier, correspondant de la SRC, voici un autre livre d'un journaliste qui a longtemps travaillé à la SRC avant d'aller au réseau TVA. Voilà un champ littéraire bien peu exploité au Québec, j'espère qu'on va désormais le développer.
Alors que Cormier, partant de son expérience de terrain, fait un travail d'analyse sur la situation en Russie, Michel Jean se contente plutôt de raconter les aléas souvent limite de la vie d'un envoyé spécial aux quatres coins du monde lors d'évènements ou de crises. C'est absolument passionnant. La plume de Jean est alerte, il a le sens du détail accrocheur et de l'anecdote porteuse de sens. Son portrait de la pauvreté à Haïti, du climat de violence et de corruption permanente qui y règne est magistral,right on the button.

Michel Jean a couvert la tragédie des Éboulements en 97, l'invasion de l'Irak en mars 2003, la guerre du Liban en 2006, le départ du président Aristide et le tsunami au Sri Lanka. Une vie mouvementée, voire dangereuse, que l'auteur rend avec brio.

Ce lecteur-ci a littéralement dévoré ce livre.

Cote 7 / 10

Envoyé spécial
Michel Jean
Stanké
299 pages

mercredi 17 décembre 2008

J'cours les concours...

Voilà donc les appels à texte qui m'intéressent pour le premier trimestre de 2009. Je vais tenter de participer à quelques-uns assurément - ceux marqués par des astérisques, entre autres.

15 janvier
L'inconvénient n° 35
« Le sens du combat »
Longueur maximale indéterminée

15 janvier
Zinc 17
« Environnement et surconsommation »
10 pages

**1er février
Biscuit chinois 11
« Moustaches »
3000 mots

20 février
Prix Alibis
10 000 mots

28 février
Katapulpe 8
« Bonbon »
1250 mots

1er mars
Virages 48
« Hypocondriaque, moi ? »
4000 mots

**10 mars
Clair-obscur 4
« Zombi »
Longueur maximale indéterminée

**20 mars
Prix Solaris
7500 mots

En outre les revues suivantes n'ont pas vraiment de thèmes et sont donc en appel permanent de textes :

**Solaris, Alibis, **Brins d'éternité...


mardi 16 décembre 2008

Maudite cochonnerie à marde

L'an dernier, l'abri utilitaire que nous avions acheté s'est lui aussi effondré, mais faut dire qu'il y avait à peu près 3 pieds de neige par-dessus. On peut comprendre. Il nous avait duré quand même quatre ans, ce qui n'est pas rien.

Pour le remplacer, nous avons acheté et installé cette splendide cochonnerie, en solde chez Canadian Tire à 299 $. L'abri ShelterLogic n'aura même pas fait deux mois sur le terrain, terrassé par moins de six pouces de neige. La toile est déchirée et les montants sont cassées. On va nous revoir chez Canadian Tire pour un remboursement - ça c'est certain.

En attendant nous allons devoir trouver un endroit pour entreposer la rippe de l'écurie et les quelques bidules qui y étaient entreposés.

Déjà des emmerdements et l'hiver est même pas commencé. Osti de cochonnerie à marde...
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vendredi 12 décembre 2008

33. Clair-obscur n° 4

La couverture du quatrième numéro de Clair-obscur est superbe, très claire et dynamique. Le numéro ne compte que deux fictions (et des reprises par-dessus le marché); je ne sais pas si ce petit nombre de textes est la norme ou pas, c'est la première fois que je lisais ce fanzine, on verra avec les prochains parutions.

La goutte qui fait déborder le vase de Benoît Dutrizac. (Texte paru en 1996 dans la revue Stop). Une nouvelle plutôt insipide qui m'a laissé incrédule. Dutrizac peut être un auteur assez performant si on lui laisse la place pour développer ses idées et les mettre en action (Kafka Kalmar, kelkun ?). Dans la nouvelle ultra-courte, les faiblesses de sa manière sont criantes: personnages de carton-pâte, motivations bidon, psychologie abrupte, etc. Ce texte méritait-il d'être sorti des limbes où il croupissait ? Pas selon ce lecteur-ci. Cote 2,5 / 10

Mort subite... et bien fraîche de François-Bernard Tremblay. (Texte paru en 2003 dans la revue Alibis). Une autre histoire alambiquée, mais mieux réussie que la précédente. Pas facile d'être à la fois concis, créer des personnages crédibles, des motivations béton, une histoire intéressante et originale, tout ça en 5 pages. Pari pas tout à fait tenu, mais bel effort quand même. 5 / 10

Clair-obscur 4 offre un très satisfaisant mini-dossier sur Jacques Côté : une brève interview, une critique de son dernier roman et une assez longue pièce dans laquelle l'auteur explique comment il a réussi à écrire son premier polar. Une entrevue avec Norbert Spehner (toujours intéressant) et quelques commentaires sur des parutions récentes viennent clore le numéro.

En somme, un numéro avec des fictions désapointantes, mais, bon, on verra à l'usage. Cote 5 / 10

mercredi 10 décembre 2008

32. Solaris n° 144


Volvox de Marie-Josée L'Hérault. Cette nouvelle absolument géniale de MJL est de celle qui nous renvoie à notre propre médiocrité. On lit ce texte et on se dit qu'on serait bien mieux de se recycler dans la culture des patates plutôt que de tenter d'écrire encore un seul mot. Quel texte ! C'est drôle, fin, mémorable, prenez une gerbe d'épithètes et déposez-la au pied de la page 78, où se termine la nouvelle. Marie-Josée L'Hérault nous propose la suite de Volvox dans les Tatouages d'humeur, parue dans le Solaris 161, tout aussi géniale. Une auteure majeure est née (et son recueil de fiction canonique, en demi-teinte fantastique, Tokyo Express ne se compte pas pour des prunes, si vous voulez mon avis.) Cote 10 / 10

Outcast de Gauillaume Ferber. Après trois pages ce texte n'avait toujours pas su capter mon intérêt. J'ai abandonné. Non-coté.

La tentation d'Adam de Mehdi Bouhalassa. Ben dîtes donc, la direction littéraire de Solaris tient vraiment à me montrer le chemin de la culture des tubercules. L'histoire est ici moins forte et originale que chez L'Hérault, mais elle est dense, maîtrisée et écrite dans une langue irréprochable. Il n'y a que vers la fin où l'auteur précipite un peu trop les choses, où la très grande qualité de l'écriture cède un tout petit peu, la fin apparaît aussi un peu précipitée, mais le chemin pour s'y rendre est envoûtant. Bouhalassa est un auteur à suivre attentivement. 9 / 10

Un des meilleurs numéros de Solaris que j'aie lu, sinon le meilleur toutes catégories. 8 / 10

dimanche 7 décembre 2008

31. Brins d'éternité n° 21


Le robot qui parlait dans le vide de Pat Isabelle. Les short-short sont d'habitude des histoires à chute, souvent rigolotes, cabotines ou provocatrices. La nouvelle de Pat Isabelle n'est rien de cela, c'est au fond l'histoire infiniment triste d'un être inachevé à la recherche éternelle de quelqu'un avec qui entrer en contact. Sur un ton qui se révèle optimiste, on a là une métaphore sur l'homme moderne. 7 / 10

À la limite d'Alamo St-Jean. Autre constat de la condition humaine, ce court texte, mais constat dur, violent, ne proposant pas d'espoir. Une excellente première nouvelle pour ce jeune auteur. 6,5 / 10

Le loi du plus fort de Dave Côté. Étonnante histoire que j'ai beaucoup aimé. Ce gendre qui regarde avec délectation son futur beau-papa est un délice (gastronomique). 8 / 10

La malédiction de McNeil de Jonathan Reynolds. Là, je dois avouer ma déception. Pouquoi ? Je ne sais pas. Je ne suis généralement pas amateur de fantastique, mais cette histoire compliquée en forme de serpent qui se mord la queue ne m'a pas beaucoup plu. J'imagine que le lecteur plus familier avec les nouvelles du cycle de McNeil va l'apprécier mieux que celui qui l'aborde avec cette nouvelle riche en auto-références. 5 / 10

Un excellent numéro. Tout est bon. More, more, more... Cote générale 7 / 10

samedi 6 décembre 2008

Le marché du carbone pour les nuls

Simple et efficace :
© The Onion 2008

jeudi 4 décembre 2008

Son tour de chant...

Depuis son 3e anniversaire, Benjamin s'est découvert une passion pour l'art vocal. Chaque semaine son répertoire s'élargit, et bientôt, je crois, humblement, Bruno Pelletier n'aura qu'à bien se tenir.

Pour le moment, voici de quoi se compose son tour de chant :

Mon pays bleu
La bizoune en l'air 1
La bizoune en l'air 2
Sur le pont d'Avignon
Un Chinook à moto
Ma pépine shake à Chibougamau
Père Noël, emporte des bébelles
plus quelques ritournelles d'émissions de télé : Lunar Jim, Little Einsteins, Handy Manny, etc.

Il a une très jolie voix de ténor léger, très léger même à 29 livres, et beaucoup d'enthousiasme. Benjamin Tremblay, prenez note de ce nom.

mercredi 3 décembre 2008

Bolt


Après Beverly Hills Chihuahuas, voici la nouvelle comédie canine de Hollywood, Bolt, un long-métrage animé. Un chiot, vedette à son insu de la télé, se croit investi de super-pouvoirs. Suite à un quiproquo, le chiot, Bolt, s'évade de sa prison dorée et est confronté au monde réel dans le but de « sauver » sa jeune maîtresse. Il va faire la rencontre d'un chat, Mittens, et d'un hamster, Rhino, qui deviendront ses meilleurs amis après quelques conflits de caractère.

Rien de bien original, mais l'action est menée tambour battant et on ne s'ennuie pas. C'est plutôt violent, et Benjamin, qui a trois ans et quatre mois, a eu quelques reculs devant certaines scènes, surtout au début où l'humour est du genre absent. L'animation est absolument irréprochable, la texture des fourrures et des truffes est particulièrement bien rendue. On applaudit.

J'ai été déçu par la parcimonie de l'humour. Il n'y en a pas tant que ça. C'est d'abord un film d'action, avec deuxbuddies disparates (pensons à tous ces films policiers avec les deux partenaires qui ne s'entendent pas). En somme : c'est conventionnel, pas très remarquable, mais c'est un divertissement correct. Seul bémol pour moi, Travolta comme voice actor est un choix assez faible avec sa voix somme toute monocorde.

Cote 6 / 10

lundi 1 décembre 2008

Mon système de santé est meilleur que le tien...

Le système de santé est malade au Québec. On attend des heures, des heures et des heures aux urgences qui sont bondées. Ben, moi, môssieu, j'ai été voir ailleurs, oui, môssieu. J'ai été hier soir à l'urgence de l'hôpital de Hawkesbury, qui se trouve en Ontario, en pays quasiment étranger, au point que je me demande toujours s'ils vont accepter mes devises canadiennes là-bas (c'est idiot mais j'ai tou-jours cette petite pensées insidieuse qui me trotte dans le cerveau dès que j'entre en Ontaria-ria-rioooo).

Oui, môssieu, j'ai été dans une urgence en Ontario. J'ai attendu sept heures, môssieu, sept heures, je dis, sept, et je le répète. Sept. Et l'urgence était même pas bondée. On était quatre pélerins au départ. C'est déplorable. It is franchement dégueulasse. Partout, ça craque, partout, ça s'écroule...

Sept heures d'attente pour voir un médecin qui m'a prescrit en cinq minutes un gargarisme (!!!!!) pour ce que je croyais être une maladie mortelle mais qui s'est révélé être une infection virale qui s'amusait à pasticher la gastro-entérite, l'otite, la sinusite et la toux bronchitique.

En sortant de là, à deux heures et demie du matin, il tombait une merde verglaçante à pleins tombereaux et l'entrée de l'autoroute 40 était barrée. Pour revenir, il m'a fallu manoeuvrer dans un arrière-pays plat sur des chemins de campagne longs, droits et ennuyeux comme des Anglais. Il a neigé-plu-grêlé-chiassé comme ça de Hawkesbury jusqu'à la frontière du Québec où ça s'est transformé en crachin. Authentique. Je vous le dis, l'Ontario, c'est pas accueillant.

Bon, là, ça va mieux. La 'tite montée de lait est passée. Ouf, on respire par le nez.

30. Alibis n° 28

12 minutes, 28 secondes de Frédéric Hardel. La nouvelle gagnante du prix Alibis 2008. Fort bonne. À l'exception de la fin qui est télégraphiée très, très tôt dans le texte, c'est une nouvelle intéressante avec une protagoniste narcissique et antipathique. Cote 7,5 / 10

Sang d'encre et Changer le monde un mot à la fois de Jean-Jacques Pelletier. Desux nouvelles mettant en vedette le détective Nazaire Lebienommé, un Noir baraqué comme un char d'assaut, oeuvrant dans la belle ville toute blanche de Québec. C'est amusant dans les deux cas, et maîtrisé. Cote 8 / 10

Peluche Freluche de Dennis Richard Murphy. Ici, le problème que j'ai eu, c'est avec la traduction qui n'arrive pas à se brancher entre le québécois de bon aloi et le franchouillard agaçant : « Espèce de foutu connard de foutu Newfie. T'es aussi épais qu'un foutu poisson, ouais.» Ouais ? Désolé, personne ne parle comme ça sur cette planète. Et par un choix de traduction assez bizarre : traduire Fuzzy Wuzzy par Peluche Freluche c'est génial; ne pas traduire Christopher Robin par Jean-Christophe, c'est poche. J'ai constamment décroché, et le texte est lourd (est-ce la traduction ou l'original, la question se pose) et plein d'obstacles au plaisir (faible) de lecture. Cote 1 / 10

La prise de Saipan de Maxime Houde. Bonne nouvelle en soi, mais qui n'a rien à voir avec le polar ou la nouvelle noire ou de mystère. Le mystère, en fait, c'est de savoir ce qu'elle fait là exactement. C'est une nouvelle de guerre. Assez réussie, avec quelques erreurs dans le détail, mais ce lecteur-ci aurait aimé une meilleure caractérisation des Japonais, un peu de couleur locale si on veut. Autrement, j'ai aimé, parce que je suis preneur de ce genre littéraire. 7 / 10

Finalement un bon numéro, grevé par une boulette. Cote 5 / 10

jeudi 27 novembre 2008

Tirer la plogue d'un blogue

R.I.P. La face cachée de la mécanique
Après y avoir longuement réfléchi, je tire la plogue sur un blogue qui n'aura jamais vécu ailleurs que dans mon imagination. Dans mon cerveau survolté, j'imaginais La face cachée de la mécanique comme un lieu où les auteurs pouvaient venir parler de l'aspect mécanique de leurs textes, des boulons et des écrous. Les auteurs d'ici sont plutôt discrets sur leurs oeuvres, même sur leurs blogues, timidité ou gêne, allez savoir. Mais cet aspect-là est extrêmement intéressant, et peu abordé.

Ce même cerveau survolté avait même imaginé un appendice pour le blogue, un centre de ressources sur les éditeurs et leurs pratiques. Il semble que certains ne soient pas tout à fait scrupuleux, et ce fait mérite d'être porté à l'attention des auteurs qui cherchent à se faire publier. Éviter untel, c'est un crosseur; lui, il paie rubis sur ongle, etc. On aurait aussi pu y discuter de la stricte portion financière de la publication : qu'est-ce qu'un contrat d'édition, qu'est-ce que l'auteur doit revendiquer, combien paient les éditeurs, etc., etc. L'aspect délicat, c'est le libel, mais bon, comme nous sommes des écrivains, on aurait pu trouver une manière de dire les choses sans se mettre un pied dans la bouche et l'autre dans la merde.

Mais bon, ça ne se fera pas. Non pas que je crois qu'il s'agisse de mauvaises idées, au contraire... C'est juste moi qui suis la mauvaise personne pour mener à terme ce projet. Je suis d'une timidité qui me limite énormément, un vrai handicap.

La face cachée de la mécanique aura vécu le temps d'un soupir. Je vais envoyer un courriel à Shirley-Carol pour qu'elle désactive la patente quand elle aura le temps.

mercredi 26 novembre 2008

Biscuit chinois - viandes

Ma nouvelle, Comfort Food, n'a pas été retenu. C'est la vie.

Chèrre DPji

À ventièrre mon pappa a dis que sétait moi le responssable de s'est prroblaimes informattiques. Comm sous vent pappa sé tromper. Pasqu'ojourdhui çon furreteur Krôme y viens deux planter lui aussi. Hé j'ai touché à rien. Doncques cé pa moi. Vilain pappa. DPji protéger-moi sivouplè.

bainjamain tramblé

lundi 24 novembre 2008

Benjamin Hyde et Benjamin Jekyll

Un peu comme le Dr Jekyll et Mr Hyde, Benjamin a deux personnalités quand il s'assit devant le portable de son papa. Le bon fils obéissant qui manipule la souris avec une dextérité ahurissante (il n'a que trois ans et trois mois quand même), qui reconnaît les touches de lettres (il connaît son alphabet jusqu'à M), les chiffres, Enter, Caps Lock...  Il adore pitonner et insiste pour que nous le faisions ensemble.

Il y a aussi l'autre Benjamin, l'explorateur des mondes nouveaux, l'aventurier du clavier, qui lui aime pitonner sur toutes les touches, spécialement quand je dis Non. Ce fils-là a fait quelque chose de mystérieux et d'improbable samedi soir en fermant l'appareil; il a réussi à bousiller le fureteur Firefox.

Faut quand même le faire, bousiller Firefox. Plus capable de l'ouvrir. L'écran gèle à tous les coups. Je l'ai désinstallé et réinstallé à plusieurs reprises, l'écran gèle toujours. J'ai restaurer, restaurer, restaurer jusqu'à plus-faim (jeu de mots sophistiqué ici, ha ha ha) pour un résultat toujours aussi merdouilleux. Saperlipopette de gamin !!!

J'ai donc éliminé Firefox. Me voici avec Chrome. Pour le moment, Mr Hyde dort, j'en profite pour faire mes trucs.

samedi 22 novembre 2008

Songes d'une nuit d'automne...

Avec un titre comme celui-là, le lecteur ou la lectrice qui s'attend à un billet shakespearien de style ou de contenu va voir son attente sérieusement mise à mal. C'est juste qu'hier j'ai été incapable de m'endormir après m'être couché. Tourne d'un bord, pis tourne de l'autre. Mes pensées, elles, tournaient autour de ce dilemne : si je gagnais 15 millions de dollars à la loto, comment le diviserais-je ? Ah quand même, certains réfléchissent au sort du monde, d'autres se préoccupent des enfants pauvres, des animaux maltraités, de la planète polluée, moi, je fais dans le futile et dans la splendeur sordide (bravo, un oxymoron)... Ayant quand même passé deux heures à cogiter à ça, et étant d'une nature généreuse, je vous fais part de mes réflexions, tant pis pour vous.

Here goes :

mon papa (que j'aime tant), ma maman que j'adore, le père de Suzanne, mon frère Claude, ma sœur Michelle et Luc, le frère de Suzanne : chacun million,

ma nièce Alexandrine, nos filleuls Antoine et Matthew, mon meilleur ami Robert, MC (on ne peut pas la nommer), la meilleure amie de Suzanne, plus une part pour diverses oeuvres de charité : chacun demi-million,

le reste, c-à-d 6 millions de dollars, pour moi, Suzanne et Benjamin (la part de Benjamin étant sécurisé dans un trust ou un fonds ou tout autre bidule bancaire jusqu'à sa majorité).

Si je gagne 30 millions, partage identique, j'en garde plus pour moi et je pars une maison d'éditions (Les éditions du chat qui dort, c'est cute) et je bâtis des ponts d'or pour mes auteurs, ainsi qu'une compagnie de fabrication de figurines de plastique à l'échelle 1/72 de très haute qualité.

Voilà. Vous êtes prévenus : ne me souhaitez pas d'insomnie pour la nuit prochaine. Merci.

jeudi 20 novembre 2008

Appel à tous

Pour une nouvelle qui en est au stade de la recherche préliminaire, j'ai besoin d'information sur la guerre Iran-Irak de 1980-88. Surtout de ce qui se passait au niveau du terrain, c'est-à-dire témoignages de combattants iraniens ou de journalistes qui auraient couvert ce long conflit. Je suis assez au fait des enjeux politiques et des grandes stratégies; ce dont j'ai besoin, c'est de savoir comment vivait le simple troufion, ses rapports avec les officiers, les Gardiens de la révolution islamique, etc. Ce qu'il mangeait, tout et n'importe quoi.

Les références peuvent être en anglais, français, ou en allemand (je me débrouille un tout petit peu), livresques ou internet, mais pas de wiki parce que j'ai épuisé le filon. Merci à ceux et celles qui pourront m'aider ou m'aiguiller.

mardi 18 novembre 2008

Benjamin et ses bottes de sept lieux



Saperlipopette, j'arrive pas à replacer cette vidéo dans le bon sens, ça m'apprendra à vidéographier avec la caméra à 90° degré. Mais je travaille là-dessus et j'espère y arriver dans pas trop longtemps.

dimanche 16 novembre 2008

Magada-Madaga-Macada... et puis zut

En fin d'avant-midi, Benjamin, Suzanne et moi sommes partis voir Madagascar Back 2 Africa. Nous sommes arrivés à Kirkland avec un retard de 15 minutes pour la représentation de midi trente. On se disait qu'au pire on aurait raté les bandes annonces... Ben non. Lorsque nous sommes entrés pour prendre nos places, l'écran était noir et la salle éclairée. Il y avait de l'agitation dans la salle de projection, on y voyait des gens dérouler mystérieusement des bandes de film. Ah bon. Après une dizaine de minutes d'attente, le film commence.

On se bidonne car le film est vraiment bon. Graphismes de premier ordre et scénario inventif, signé Ethan Cohen. Une quarantaine de minutes après le commencement, tchaacc, le film pète encore. Les lumières se rallument, on nous promet un délai de dix minutes, ça en prendra une trentaine. Tout le monde en profite pour aller aux toilettes et se ravitailler en pop corn.

Et ça repart, pas tout à fait où ça s'était arrêté, on a perdu du temps de film, là, c'est évident, mais personne ne songe à se plaindre.

Il y a une belle progression de l'intrigue, avec une jouissive parodie de la série Survivor. On approche de la fin, on la sent venir quand, craaac, l'écran s'obscurcit d'un seul coup et les lumières reviennent. On entend quelques huées, les enfants sont déçus. Là, tout le monde se lève et va réclamer les billets de courtoisie que le Colisée Kirkland distribue pour apaiser la foule.

Grosse déception donc, la mécanique nous a laissé tomber. Je ne saurai pas comment fini Madagascar Back 2 Africa avant quelques mois quand le film se fraiera un chemin sur mon petit écran via le satellite. C'est dommage, c'était un très bon film.


samedi 15 novembre 2008

29. Voyez comme on danse - Jean d'Ormesson

Avec d'Ormesson, tout est dans la manière. Son style est gracieux, frais, léger, souvent marqué par de brusques chutes tragiques, brèves et sans conséquences. L'auteur est doué pour le bonheur. Par ailleurs, ses romans ne sont que prétextes à pérégrinations historiques et autres souvenirs insouciants dont il est généralement l'acteur principal. De l'auto-fiction avant la lettre pourrait-on dire, mais faite avec talent, ce qui est rarissime.

D'Ormesson, c'est vraiment une affaire de goût. Moi j'aime bien ce vieil aristocrate. Il a publié deux formidables livres : Le juif errant, un nouvelle mouture de cette légende médiévale et, surtout, La gloire de l'Empire, un livre absolument étonnant, riche d'une fausse érudition, bâti comme un vrai livre d'histoire, avec références et bibliographie, c'est magnifique, magique, et ce livre a complètement emporté mon adhésion..

Avec Voyez comme on danse, c'est un d'Ormesson moins en forme qu'on retrouve. Qui marche sur l'erre d'aller, un d'Ormesson qui fait du d'Ormesson, et qui, de cette imposture, perd de sa légèreté, de sa gaieté, au profit d'un alignement de scènes plus ou moins allongées et de petits détournements historiques. Le roman met en scène un SS musulman (ils ont existé) assistant aux dernières heures d'Hitler, à son mariage avec Eva Braun, à la rédaction de son testament politique, puis de son suicide. Or, d'Ormesson commet un grand nombre de bourdes sur des faits avérés, erreurs qu'une recherche historique un peu approfondie lui auraient certainement évitées. À mes yeux, c'est une négligence impardonnable.

Et le roman s'étire, s'étire, sans donner l'impression de mener quelque part. Comme dit le proverbe : Ennui poli... demeure ennui.

Voyez comme on danse
Jean d'Ormesson
379 pages

Cote 4,5 / 10

vendredi 14 novembre 2008

28. Plusieurs excuses - Stéphane Ranger

J'avais lu avec enthousiasme Les plus belles filles lisent du Asimov de Simon Charles. C'est ce qui m'a poussé à acheter Plusieurs excuses, me disant que les éditions de Ta Mère ne publiait que du bon. Que de naïveté ! Ah, me suis-je bien fourrer le doigt dans l'œil, et profondément par-dessus le marché... On m'y reprendra.

«J'aime mieux me masturber», avoue le narrateur d'une des nouvelles. Quand l'autofiction rejoint la masturbation solo, ça donne un livre d'un intérêt assez ténu. On peut toujours faire comme l'auteur, y mettre du style et reculer modestement les barrières de la syntaxe pour camoufler l'indigence du propos, l'autofiction/masturbation reste, au bout du compte, un spectacle tristounet à regarder. Donnez un clavier à un jeune auteur impétueux et il risque de passer la journée à zigner dessus comme un chiot sur une patte de chaise, imaginant que son nombril est si fichtrement intéressant que le monde ne peut littéralement se passer de le savoir... On voit où ça mène. À Plusieurs excuses, par exemple. Avec la multiplicité des maisons d'éditions et des micro-éditeurs, il est plus facile que jamais pour un jeune auteur de trouver preneur pour le livre qu'il vient d'achever. Le lecteur qui achète doit être prudent.

La masturbation en forme d'auto-fiction est un péché de jeunesse
encore que... Mais on ne va pas s'acharner sur un jeune auteur pour ça.

D'autant que Ranger a de belles qualités et il les montre dans deux nouvelles complètement réussies : Histoire de Piard et Partir. La première expose l'obsession d'un homme pour les nombres
π et e. Une histoire érudite et mystérieuse prenant place dans un monde futuriste. Originale, tout à fait excellente. La seconde raconte un épisode de la vie ordinaire d'un gars qui l'est tout autant. C'est simple, contemporain, extrêmement touchant.

Plusieurs excuses
Stéphane Ranger
Éditions de Ta Mère

95 pages


Cote 3,5 / 10

jeudi 13 novembre 2008

Mon fils, le comédien

Je lui demande de faire un sourire pour la photo, il me fait une baboune.

27. Les vacances de Maigret - Georges Simenon

Les vacances de Maigret de Simenon.Dans ma pauvre tête ignare, le commissaire Maigret c'est Jean Gabin (chiant, sinistre et emphysémateux) ou encore Jean Richard (prolo et convivial). Trop de télé, manifestement.

À peine arrivé aux Sables d'Olonne, une petite station balnéaire, Mme Maigret est hospitalisée pour une appendicite aigüe. En attendant le rétablissement de sa femme, Maigret s'installe dans une routine assez confortable qui le mène de bars-tabacs en bistrots en troquets y avaler un petit blanc... Dieu qu'il boit, le commissaire, en fait, toute la France buvait, mes amis. Puis il y a un accident mortel très louche, et Maigret décide de s'inviter dans l'enquête.

C'est Pat Isabelle qui m'a fait découvrir Simenon, curieusement en parlant sur son blogue de sa (relative) déception à la lecture de ses romans. Étant un émule de saint Thomas, j'ai décidé d'aller voir de mes propres yeux.

La société que décrit Simenon n'existe plus, le roman a été écrit en 47. Cette France-là est révolue. On s'ennuie poliment dans cette histoire plutôt ordinaire. J'avais beaucoup entendu parler de la grisaille du style de Simenon, je ne croyais pas que c'était si juste. L'intrigue est assez ordinaire, Maigret sait qui est le coupable assez tôt dans le roman et il ne lui reste plus qu'à découvrir ses motifs et à le confondre. Du policier psychologique, en somme. C'était peut-être tout simplement un Maigret moyen.

Les vacances de Maigret
Georges Simenon
187 pages

Cote 6,5 / 10

mercredi 12 novembre 2008

Ça ne fera pas un pli à personne, mais quand même...

Depuis le 1er octobre, je n'ai pas écrit une seule ligne conséquente, côté fiction. Ce silence suivait la complétion de Comfort Food, une nouvelle pour Biscuit chinois qui, dans l'éventualité où elle paraîtra, va créer un certain émoi, voire un tollé, chez les marchands de smoked-meat. Ce silence était une petite déprime post-partum, disons, ou encore un moment de morosité et une quête intérieure pour le texte qui devait suivre.

Bla bla bla, bref, me voici de retour en selle. Je me remets à l'écriture et concentre mon énergie sur deux projets simultanés, jusqu'à ce que l'un balaie l'autre : TB et ALC, le premier est un texte de sf et le second une nouvelle noire. Si tout va bien, TB irait pour le prix Solaris et l'autre pour le prix Alibis tout simplement parce que ma fantaisie numero uno est de gagner les deux prix la même année ! Tu parles d'une ambition !

On se tient au courant. À plus.

Ce que je lis

Moscow 1941 de Rodric Brathwaite.










Voyez comme on danse de Jean d'Ormesson.









Une fêlure sur le flanc du monde
d'Éric Gauthier.











Under his very windows de Susan Zuccotti.

vendredi 7 novembre 2008

De beaux grands yeux bruns

Posted by PicasaC'est une jolie photo, je trouve. En plus, c'est le modèle qui en est l'auteur. L'artiste est âgé de 3 ans et 1 mois.

Note à moi-même : mon coco, il faut créer une galerie avec les photos -innombrables- que Benjamin a prises en jouant avec la caméra.

26. Zinc n° 15

Mettons que ça commence mal. Cette bourde en couverture, Ariane Voisine, puis en liminaire Élizabeth plutôt qu'Élisabeth Vonarburg. On sent la négligence dès le départ. Cette première impression va se concrétiser à la lecture des nouvelles.

L'art de la laque, de Zengzi Labarre-Wu. Cette histoire chinoise est mystérieuse, exotique et parfaitement maîtrisée. Quelques coquilles, négligence, négligence. Reste que la nouvelle est très bonne. 8 / 10

L'aïeule du monde, de Sorine Arnaud. Là, ça commence à déraper. L'histoire est correcte et assez bien menée, mais elle est desservie par un vocabulaire approximatif, une grammaire claudicante et une absence de rigueur dans les appellations (par ex., les îles Sentinelles deviennent l'île Sentinelle sans qu'on sache pourquoi). Le texte aurait bénéficié d'une relecture avant parution, ce que la direction littéraire aurait dû assurer. 3 / 10

La robe rose, d'Elsa Dupré. Ça dérape plus sérieusement. Une banale nouvelle fantastique (dans le sens genre littéraire, pas dans le sens de l'enthousiasme qu'elle crée chez le lecteur). Nombreuses fautes de syntaxe, c'est pourtant la base du français, merdouille. Où se cachait la directrice littéraire ? 2 / 10

, de Guillaume Baribeau. J'aime l'idée sur laquelle ce texte s'appuie : un objet extraterrestre vient bouleverser une communauté pendant quelques semaines, puis disparaît sans qu'on sache qui que quoi dont où. C'est porteur. L'auteur a le sens de la péripétie qui anime le récit, ainsi qu'un certain savoir-faire pour les dialogues, rien n'est perdu pour lui. Parce qu'autrement, c'est vraiment, mais vraiment n'importe quoi. Quelqu'un a-t-il lu ce texte avant de l'accepter ? Si la grammaire claudiquait dans les textes précédents, ici elle est carrément unijambiste; tout, absolument tout, la syntaxe, le vocabulaire, la mise en scène, la psychologie des personnages, tout est d'un niveau secondaire II faible. Chou à Mélanie Vincelette !!! Pour avoir inclus cette boulette, on devrait la forcer à rembourser ceux qui ont acheté la revue. En plus, c'est très malheureux pour ce jeune auteur, et ce n'est pas lui rendre service que de publier ce texte dans cet état. 0 / 10

Le sang des prédateurs, de Vincent Saint-Aubin Émard. Une nouvelle fantastique avec un caniche-garou. Tiens, tiens. Correctement faite, bien écrite, avec de l'humour par-dessus le marché. Quelques coquilles, qui montrent que le travail de la direction ne s'est pas poursuivi au-delà de la réception des textes. Mais quand même, c'est bien. 5 / 10

Tous les échos, de Guillaume Voisine. Le meilleur des trois textes phares du numéro, avec ceux de Labarre-Wu et de Côté. Une excellente nouvelle, superbement écrite et racontée, où la psychologie des personnages sert de moteur à l'histoire. 10 / 10

Les feuilles mortes, de Josée Lepire. Je ne ferai pas de commentaire sur ce texte parce que je n'y ai rien compris. Ça arrive. La fatigue, sans doute. Non-coté.

Avant l'aube, d'Ariane Gélinas. J'aime bien l'écriture de Gélinas et les thèmes qu'elle privilégie. Ici, l'aliénation. Le résultat est un texte dense, qui ne souffre que d'être trop court. 6,5 / 10

L'assassin, d'Alexandre Lemieux. Une bonne histoire, bien ficelée, sans grande surprise car on s'imagine bien dès le départ que l'auteur dirige le lecteur vers ce genre d'entourloupette. C'est efficace. Mais il y a un bémol (qui s'applique ici, ainsi qu'à beaucoup d'oeuvres relevant de la ssfq), c'est l'emploi constant du nom propre accompagné d'un titre au long (ex., madame Durivage) dans toutes les circonstances et quelque soit le rapport du narrateur au personnage ainsi désigné. À force de l'utiliser, l'auteur affaiblit son texte. Il existe quelque chose qui s'appelle le pronom personnel (elle) qui fait merveille quand on l'emploie. 6 / 10

L'homme de Reims, de Mathieu Fortin. Objectivement c'est une nouvelle très réussie, avec un punch final bien amené. On ne sera pas saisi par la beauté du style ou la profondeur de la psychologie, mais le lecteur reste subjugué par la maîtrise du récit dont fait montre Fortin. (NB À la toute fin, le lecteur substituera capitulation à capitalisation pour la bonne compréhension du texte.) 7 / 10

Entre chien et loup, de Pascale Raud. De façon générale, les jeunes auteurs présentés ici semblent moins préoccupés par la création d'une voix personnelle, d'un style, que par la parfaite efficacité de l'histoire. Ce n'est pas le cas avec Raud. Un texte onirique et bizarre qui m'a beaucoup plu. 7 / 10

Sac
rés touristes, d'Isabelle Piette. Curieux mélange d'excursion touristique qui tourne à la révélation pour les touristes et à l'épiphanie pour les guides. Ça n'a pas fonctionné pour moi, hélas, tout simplement parce l'humour des situations m'a semblé gros et borderline cliché, ce qui donne une première partie tombant à plat. 4 / 10

La mort blanche, d'Empereur Ghoule. Les Premières Nations dans l'espace ! Pourquoi pas. Une idée géniale. C'est une nouvelle à chute, dans le mauvais sens du terme, c-à-d qu'au-delà de la joke finale, il n'y a rien. 3 / 10

Terrible Aliénor, de Danie Blais. Ô, lecteur, lectrice, tu aimes les adjectifs, épithètes et autres qualificatifs ? Il n'y en a jamais assez à ton goût. Ben là, tu vas être comblé... C'est le carnaval ! Faudrait dire à l'auteure que les adjectifs, c'est comme la crème fouettée, un peu, c'est bon, trop, ça écoeure. 4 / 10

L'enfant des dieux, d'Héloïse Côté. Un texte supérieur d'une auteure qui a du métier, et ça parait. Pas de fausse note, une histoire simple, fine, riche, avec une finale pas piquée des vers. 9 / 10

Il ne faut pas que je dorme, de Claude Bolduc. La présence de Bolduc et de son texte fantastique (impeccable, au demeurant) fait doublement tache dans un numéro spécial consacré aux nouvelles voix de la science-fiction. C'est une excellente nouvelle, par ailleurs. 7 / 10

L'élite des rêveurs, de Matin Blois et Sébastien Lévesque. Un très quelconque court extrait du prochain roman d'une série. Beaucoup de bruit et de fureur, tout ça incompréhensible parce que garroché sans repère. Chou à la direction littéraire ! Difficile à juger, mais ça ressemble à du produit jeunesse taylorisé. 3 / 10

En somme, un numéro extrêmement décevant avec quelques textes vraiment poches, et de rares réussites. Ce qui aurait pu être une vitrine pour le genre et les auteurs qui l'écrivent s'avère être une douche qui refroidira les ardeurs des lecteurs aventureux qui voudraient s'initier à la sf québécoise moderne.

Outre sa négligence, je reproche à la direction littéraire son absence de jugement dans le choix de certains textes, et son inaptitude à aider les auteurs à produire de meilleures nouvelles. La direction littéraire, ce n'est pas qu'émettre des accusés de réception. On lui reprochera aussi le mélange des genres. Nouvelles voix de la science-fiction... Pourtant, Bolduc et Côté ont une oeuvre littéraire assez considérable derrière la cravate... Et les textes relèvent aussi bien de la sf que du fantastique, de la fantaisie ou de la fantasy. Bref, c'est l'auberge espagnole.

Gros spleen pour ce lecteur-ci.

Cote 4 / 10

mercredi 5 novembre 2008

Trois nouvelles : une bonne, une moche, une poche

La bonne : l'élection d'Obama hier. Qui l'eût cru ?

La moche : la mort de Michael Crichton dont j'ai aimé presque tous les romans, les bons comme les poches.

La poche : on s'en va voter le 8 décembre, grr...

lundi 3 novembre 2008

Nature vivante : Chat avec bébé

Benjamin avec Chinook, un vrai de vrai Siamois, capable de supporter les transports d'affection un peu brutaux de bébé avec une patience infinie.

C'est le seul chat de race que nous ayons jamais eu en 25 ans de vie commune. Le félin nous a été donné par des amis de Suzanne qui n'étaient plus capables de le garder.

Chinook a un caractère affectueux avec les humains, mais vindicatif et acariâtre avec les autres félins de la maison. C'est un chef, les autres n'ont qu'à suivre.

Chinook est aussi appelé Nooknook.

samedi 1 novembre 2008

L'Halloween avec Benjamin

À trois ans, c'était le premier vrai Halloween pour Benjamin. L'an dernier, on l'avait déguisé dans le même costume que cette année et on avait fait deux maisons. Ça avait été plus ou moins agréable car il était fatigué, on était parti trop tard.

Cette année, Suzanne est revenue tôt du travail et nous avons déguisé Benjamin en souris. Hop dans l'auto, direction le village de Rigaud via la rue Bourget où il y a cette formidable maison décorée aux stéroïdes. Chaque année, les Nadeau distribuent 300 à 400 sacs de gourmandises (dont du chocolat maison, fort bon) aux petits monstres qui viennent sonner à la porte. On vient de loin pour y goûter, j'ai vu hier deux plaques ontariennes (et la frontière est à une vingtaine de kilomètres).

On a couru l'Halloween environ deux heures. Benjamin a trouvé ça fabuleux, pas tant pour les bonbons, que pour les citrouilles qu'il décoiffait systématiquement pour regarder l'ampoule ou la chandelle à l'intérieur.

Faux prophète ou moron ?

Pourquoi pas les deux ?
La neige a l'a fondu, toute, toute, toute.
Ça m'apprendra à faire des prédictions...

jeudi 30 octobre 2008

Le premier qui dit que c'est féérique, je le mords

Aujourd'hui, chez nous, à Rigaud, à 40 km à peine de l'île de Montréal, sur le plus haut sommet du Suroît. Et elle est là pour rester! En octobre!






































































mardi 28 octobre 2008

25. Solaris n° 168

L'évasion d'Alexandre Babeanu. Une nouvelle atmosphérique et évocatrice... Pas facile de faire passer autant d'informations sans rendre le texte indigeste. Et malgré quelques petites longueurs où l'auteur aurait pu resserrer son propos, on ne s'ennuie pas une seconde. Les subtilités de l'univers imaginé par Babeanu apparaissent par dévoilement successifs et l'intérêt est maintenu jusqu'à la fin. Joli réussite. 7,5 / 10

Sa vie au bout du pinceau de Philippe-Aubert Côté. C'est cute, mais malheureusement anodin. Une nouvelle écrite en une heure (je crois) dans le cadre d'un concours d'écriture. J'imagine que le texte a dû être remanié quelque peu entretemps, mais les contraintes du concours affaiblissent une idée qui a pourtant du mérite. 3 / 10

Le premier de sa lignée de Philippe-Aubert Côté. Si on lui donne la place pour s'exprimer, Côté sait y faire. Une très, très bonne nouvelle de sf apprêtée à la sauce polar noir. La construction est sans reproche, le rythme haletant, en dépit d'une psychologie plutôt conventionnelle. Le talent de l'auteur est indéniable. Un léger bémol, qu'on peut mettre sur le compte de l'inexpérience : manifestement l'auteur est fasciné par le monde qu'il a créé (on parle d'une série de textes à venir) mais c'est comme s'il tentait de tout dire au lecteur, de tout lui montrer. À mon avis, ça aurait gagné à être resserré un tout petit peu. Très bon, on a hâte aux prochains textes de la série. 7 / 10

Voici l'âge de glace de Claude Lalumière. Ici, l'écriture est carrée, raboteuse, sèche, elle donne des coups; à la limite, elle est déplaisante; en tous cas, elle n'a pas plu à ce lecteur-ci. Ce mélange de sf et de fantastique avec la fin qui relève du mythe ou du rêve, on repassera. 3 / 10

La fin du conte de Pascale Raud. Moi qui ne raffole pas du fantastique, j'ai été happé par ce texte. Cette histoire d'écrivain et d'inspiration surnaturelle, on l'a lu des dizaines de fois et la fin ne surprendra pas le lecteur le moindrement aguerri. Pourtant, ça fonctionne : la magie, c'est l'écriture, très achevée, et le rythme et l'atmosphère qu'elle parvient à créer. 7 / 10

Zeitnot d'Ariane Gélinas. La meilleure nouvelle du numéro. Un texte lent, atmosphérique et, en même temps, froid et sans émotions. Un monde détaché, où les gens rêvent à leurs petites passions en privé, mais sont inexorablement broyés s'ils sont surpris à tenter de les vivre. J'ai aimé énormément. 8 / 10

L'affaire de la pension astronomique d'André-François Ruaud. Dans un premier temps, la nouvelle part dans une direction, très sf (qui n'est pas sans rappeler Mercuriale de K.S. Robinson), extrêmement attrayante, pour bifurquer abruptement et donner sa pleine mesure dans une veine plus fantastique et aussi plus, hum, ordinaire. Ce changement de cap est bien fait, mais, pour moi, la première partie était vraiment si bonne que j'aurais préféré que l'auteur y bâtisse toute son intrigue. Sans tout révéler ni trop appuyer, l'auteur esquisse en arrière-plan de sa nouvelle un intéressant portrait géopolitique du monde
et je ne demande pas mieux que de lire d'autres textes situés dans cet univers. 6 / 10

Une nouvelle tête... ou un nouveau corps ? de Sylvie Bérard. Ce n'est pas une nouvelle, c'est un spin-off sur la publicité. Et si c'est complètement réussi dans le genre parodique, je dois admettre n'en avoir saisi ni l'intérêt ni la raison. Ça ressemble à un extrait de roman, à la manière de ceux que John Brunner écrivait dans le temps, Tous à Zanzibar, par exemple. Une réussite, mais qui ne convainc pas : 4 / 10

Dans l'ensemble, un excellent numéro qui nous fait connaître une pléthore de jeunes auteurs. Les textes souffrent un peu de cette jeunesse, mais on ne va pas se plaindre.

Cote : 7 / 10

Ça n'a rien à voir, mais ce billet est le 100e que j'affiche sur mon blogue. Permettez que je me fasse une petite accolade, j'aurais jamais cru me rendre là. Merci à tous ceux et celles qui viennent faire un tour de temps en temps. Vos commentaires sont toujours appréciés.