Côté lecture, les six dernières semaines auront été difficiles, marqués par un grand nombre de livres commencés et abandonnés : AquaTM, Last Jews in Berlin, Tous à Zanzibar, Phaos, Le poids des illusions, Premier de cordée, Les vacances de Maigret, Les habits de glace, deux Solaris, un Alibis, Fondation foudroyée... Sans doute quelques autres dont je ne me rappelle plus parce que je n'en ai même pas lu dix pages.
Ce désaveu de la lecture, cette incapacité à lire, c'est un signe que je suis (ou plutôt, que j'étais, car sinon je m'aurais pas pu rédiger ce billet) dans un autre épisode de dépression majeure, une maladie dont je souffre depuis toujours – cadeau de ma mère, qui est super fine et que j'adore, mais qui m'a refilé en héritage (je dis ça comme ça, parce qu'elle est toujours bien vivante) l'hypertension et la dépression majeure récurrente plutôt qu'un million de dollars et une villa à Bora-Bora. Il y a de nombreux traitements pour cette maladie; je suis, quant à moi, traité avec l'antidépresseur Paxil depuis une douzaine d'années et globalement les choses vont très bien.
Même traitée, la dm reste une maladie extraordinairement résiliente qui aime venir faire un petit coucou de temps en temps. Ce qu'il y a de terrible quand la dépression s'installe, c'est ce dérapage de la réalité vers le confus et l'absence de désir; ça se fait assez subitement, quelques jours à peine et là où on se sentait bien et heureux et plein de joie de vivre, on se sent maintenant alourdi, insignifiant et indifférent.
La pente est une glissade électrisante, je le sais, je suis passé par là des dizaines de fois, comme l'irruption subite d'une volée de nuages noirs et roux dans un ciel jusque-là d'une pureté sans partage. La perception de la réalité change, on n'y peut rien, c'est comme d'assister à un spectacle dont on est le héros involontaire.
Bon, reste que là, en ce moment, je suis sur la pente ascendante, le creux de la vague a été atteint il y a qq jours, une certaine sérénité se réinstalle, et avec elle un petit rayon de soleil. (Décidément je fais dans la métaphore météorologique aujourd'hui...)
On se laisse là-dessus. C'était ma minute d'épanchement. Ça ne se reproduira pas.
Un blogue qui parle de lectures et d'écriture, sans oublier Benjamin, Suzanne et moi
dimanche 31 août 2008
vendredi 29 août 2008
17. Brins d'éternité n° 20
Le nouveau numéro de Brins d'éternité est arrivé, avec sa jolie couverture à la Elle-Québec, les oreilles en plus.Le bon vieux temps, de V.K. Valev. La nouvelle qui ouvre la revue souffre d'un problème assez costaud : l'incohérence gênante des agissements du protagoniste principal. Un homme veut soulager la femme qu'il aime de la maladie qui la mine. Elle se porte volontaire pour un traitement révolutionnaire, dont les 12 premières heures sont critiques. Que fait cet individu une fois le traitement administré ? Le gars ne trouve rien de mieux à faire que d'aller pointer au travail comme si rien n'était, laissant sa femme seule à la maison ! Beau trou de cul, si vous voulez mon avis. Et le médecin, pas plus fin, qui laisse retourner chez elle la patiente pendant cette même période critique, sans surveillance, une volontaire pour mener des tests, au mépris de tout espèce de protocole expérimental ! Bravo la médecine ambulatoire ! On a ici affaire à un absence de crédibilité (voire de sens commun) dans les agissements des personnages qui vient gruger la base même de l'histoire. On se dit : ou bien l'auteur a tenté de créer des personnages amoraux aux comportements fichtrement discutables (dans ce cas, c'est réussi) ou il a tenté d'en passer une petite vite à ses lecteurs (chou!). Au-delà de ça, l'histoire est pas mal, et la fin prenante, mais pour moi ça a parti tellement tout croche que je n'ai pas été capable de me raccrocher. 4 / 10
Racines, d'Émilie C. Lévesque. Une bien meilleure nouvelle que la précédente, malgré une fin qui est faxée dès le titre. Par bonheur, l'écriture est riche et parfaitement contrôlée. Le texte baigne dans une ironie amusée, et la métaphore est suffisamment limpide pour que le lecteur le plus bête (moi) puisse la saisir sans l'aide d'un guide. La fin est cute, bien que sans surprise. Une thématique solidement assumée de bout en bout. 7,5 / 10
Le passeur, de Georges Boulevard. Pas capable. L'écriture est formidable, on peut lire les phrases une à une, les réciter à voix haute, et les trouver magnifiquement bien tournées, mais je n'ai pas accroché et me rendre à la fin ne s'est pas fait sans peine. 2 / 10
Le crépuscule de Baby, de Josée Boudreau. Il y a dans cette nouvelle deux très bonnes choses, un univers riche décrit à travers une réflexion sur la solitude et les apparences, et un personnage qui a une véritable résonnance humaine. Par contre, l'écriture demeure appliquée tout au long, les phrases sont sages, trop pleines de mots (lisez, vous comprendrez)... De plus, le texte est alourdi par une gaucherie un peu empesée qu'il faut simplement mettre sur le compte de l'inexpérience. Le fait est que Boudreau a déjà une voix personnelle, ce n'est pas rien, c'est une promesse... 6,5 / 10
On notera que Brins d'éternité passe dorénavant à la nouvelle orthographe. Hum, ce n'est que mon opinion, mais goût, sans accent circonflexe, ça n'a pas de gout.
Un numéro qui m'a laissé sur mon appétit.
Cote 5 / 10
jeudi 28 août 2008
Saka
Benjamin, Suzanne et moi sommes allés voir Saka - Le cirque à cheval dimanche après-midi. Ce spectacle est une création de Gilles Ste-Croix, à qui on doit Cheval-Théâtre en 2001. À l'époque, Cheval-Théâtre, en tournée nord-américaine, s'était trouvé au cœur d'une série de problèmes (le plus sérieux étant le contrecoup des événements du 11 septembre) qui avait entraînée la fin abrupte de la tournée et des pertes personnelles de 1,5 $ million pour Ste-Croix. Depuis ce temps, l'homme rêvait de revenir avec un autre spectacle équestre.On ne devrait pas comparer Saka à Cavalia ou même à Cheval-Théâtre, même si c'est inévitable. Les spectacles mettant en vedette des chevaux sont si rares – trois en sept ans – que le spectateur ne peut résister à la tentation d'établir des parallèles entre les performances. Saka est une petite production, avec un nombre limité de chevaux et d'artistes. L'idée étant de pouvoir promener le spectacle dans des centres urbains plus petits, ce qui est impossible pour un mastodonte comme Cavalia.
Ce qui frappe de prime abord, c'est la brièveté d'un très grand nombre de numéros. Les artistes viennent souvent faire une acrobatie, jongler sur un cheval avec du feu et sauter dans un cerceau enflammé, par exemple, puis se retirer à la faveur d'une autre artiste. Le rythme est trépidant et le spectacle, qui fait 90 minutes sans entracte, passe sans qu'on ne s'ennuie une seule seconde.
Il faut ajouter que certains numéros ne font appel aux chevaux que comme élément de décor. Il y a un très beau numéro de danse aérienne, très réussi, avec une huitaine de chevaux dans le cercle de l'arène... Mais, voilà, ce n'est que ça, une danseuse virevoltant dans les airs au-dessus de chevaux qui ont un peu l'air de de demander ce qu'ils font là. Au grand amusement de la foule, deux chevaux, qui n'avaient cure du spectacle, se sont mis à faire les guignols et à se rouler sur le dos dans le sable pour se gratter la couenne...
Cavalia était un spectacle gigantesque et merveilleux qui éclairait la relation homme-cheval d'une manière totalement nouvelle. Cheval-Théâtre avait le mérite d'ouvrir la voie, mais c'était aussi un spectacle d'une extraordinaire originalité, avec des numéros puissants (je me rappelle encore la campagne de Russie par l'armée napoléonienne évoquée avec une sobriété sidérante). Saka est le moins fort des trois spectacles, car ici on joue moins sur l'émotion ou sur la subtilité des liens qui nous unissent au cheval que sur la prouesse athlétique de l'animal et de l'homme - ce qui nous ramène aussi à une définition plus traditionnelle du cirque.
Comme dit ma tendre et douce : C'est un spectacle à voir, mais pas à revoir.

mercredi 27 août 2008
Grosses bêtes vues de près
Nous sommes allés au zoo à Hemmingford mardi après-midi, alors que Suzanne devait exceptionnellement pointer pour un quart de nuit. Il semble que cette destination vacance soit tendance cet été, après tout Pat Isabelle (Parc-Safari) et Caroline Lacroix (Granby) y sont allés eux aussi. Ça faisait un sacré bail que je n'avais pas mis les pieds dans un zoo, idem pour Suzanne (encore que pour la petite histoire nous ayons visité les trois principaux zoos du Québec). Pour Benjamin, c'était une première.
La particularité du Parc-Safari, c'est justement ce safari automobile qu'on peut prendre au milieu de quelques troupeaux d'herbivores plus ou moins connus de la planète. Les premiers qui nous ont abordés furent les zèbres. Très jolis, quoi que déconcertant pour qui est habitué aux robes habituelles des chevaux (je sais, le zèbre n'est pas un cheval, mais il en a l'air et la familiarité).
On ne va pas tous les énumérer ici, mais j'ai particulièrement aimé le très placide rhinocéros, insensible aux appels des visiteurs et qui avait franchement l'air de s'emmerder tout seul dans l'enclos, et les vaches des Highlands, sociables comme ces charmantes matantes de nos familles qui passent leur temps à offrir du sucre à la crème au salon et costaudes comme icelles.
On a manqué de temps, quatre heures ce n'est pas suffisant, surtout que nous voulions profiter des manèges et des jeux d'eau. On a été dans deux manèges seulement, puis on s'est dépêché pour voir les lions et les tigres, ma caméra a rendu l'âme juste là, au moment où nous étions dans le corridor vitré, sous les félins, et on a tout juste pu se mettre un pied dans l'eau (littéralement) alors que le parc fermait.
Quand même quelques photos :
Zèbre vu de près
La particularité du Parc-Safari, c'est justement ce safari automobile qu'on peut prendre au milieu de quelques troupeaux d'herbivores plus ou moins connus de la planète. Les premiers qui nous ont abordés furent les zèbres. Très jolis, quoi que déconcertant pour qui est habitué aux robes habituelles des chevaux (je sais, le zèbre n'est pas un cheval, mais il en a l'air et la familiarité).
On ne va pas tous les énumérer ici, mais j'ai particulièrement aimé le très placide rhinocéros, insensible aux appels des visiteurs et qui avait franchement l'air de s'emmerder tout seul dans l'enclos, et les vaches des Highlands, sociables comme ces charmantes matantes de nos familles qui passent leur temps à offrir du sucre à la crème au salon et costaudes comme icelles.
Quand même quelques photos :
lundi 25 août 2008
Ça tombe pile...
Je me palpais le ciboulot en me demandant ce que j'allais lire ce soir - les livres amorcés n'arrivant pas à m'intéresser... Quand soudain le 20e numéro de Brins d'éternité arrive. Coïncidence ? Il n'y a pas de coïncidence.Belle soirée de lecture en perspective. On s'en reparle.
samedi 23 août 2008
L'apprentissage de la propreté
J'avais, par-devers moi, une petite crainte en regard de cette phase particulière de l'éducation des enfants qui est celle de l'apprentissage de la propreté. Mon imagination s'enflammait rien que d'y penser et je nous voyais, Suzanne et moi, en pleurs, à bout de ressources, subissant l'opprobre que vivent les mauvais parents, mis au ban de la société et vouer aux gémonies par nos familles et amis, aux prises avec un bébé n'ayant pas le contrôle de ses boyaux et ne maîtrisant pas l'art délicat de la défécation contrôlée qui est un des traits qui distinguent l'adulte de l'enfant. D'autant plus que les garçons acquièrent cette dextérité plus tard que les filles, vers quatre ans semble-t-il, et Benjamin vient juste d'avoir trois ans.Je nous voyais, Suzanne et moi, traînant un sac à couches pour un enfant de cinq, six, sept ans, et pourquoi pas au-delà... Veut veut pas, les parents vivent toujours dans le regard des autres.
La seule tactique que nous avons adopté, c'est de ne pas mettre de couche à Benjamin après le lever, de simplement l'encourager à dire pipi caca selon le cas - advienne que pourra... Et des encouragements, beaucoup d'encouragements, surtout pas de coercition, de menaces directes ou voilées, d'emportements ou de gros soupirs, etc.
Il y a eu quelques écarts. Très rares. Deux pipis incontrôlés qui ont innondé le plancher du salon et que nous avons accueilli de façon très zen. Puis...
Lundi dernier, Benjamin est allé sur le pot de lui-même, sans dire un mot pour annoncer l'événement. Il est venu me montrer son pipi (dans le pot) avec beaucoup de fierté. On a fait youkaïdi youkaïda ensemble. On a valsé, on a dansé le mambo (don't ask), on a ri, on s'est chatouillé.
Plus tard dans la même journée, il s'est réinstallé de lui-même sur le pot et a fait son premier caca - tout seul ! Il s'est lavé les mains, s'est essuyé les fesses (sa technique laisse à désirer) et est venu me faire admirer son dépôt de bilan. Youkaïdi encore et bis youkaïda ! Ben là, ben là, on était fiers tous les deux.
Depuis c'est la propreté totale quand il est nu-fesses, ce qui lui arrive plus souvent qu'autrement à la maison. Nous sommes bien contents, Suzanne et moi.
(La photo a pas rap'. Elle date de l'année dernière, elle est floue, mais il est tellement mignon !)
jeudi 21 août 2008
Une nouvelle que je n'écrirai pas...
Trouvé dans de très vieilles notes :
Les treize prépuces du prince Odomar
Un texte initiatique et sauvage, inspiré par A Man Called Horse.
C'est tout, rien de plus. Non-daté, mais sûrement une idée de mon adolescence tardive et survoltée. Soit dit en passant, je n'ai jamais vu le film en question.
Voilà une idée qu'on devrait me remercier de ne pas développer.
Les treize prépuces du prince Odomar
Un texte initiatique et sauvage, inspiré par A Man Called Horse.
C'est tout, rien de plus. Non-daté, mais sûrement une idée de mon adolescence tardive et survoltée. Soit dit en passant, je n'ai jamais vu le film en question.
Voilà une idée qu'on devrait me remercier de ne pas développer.
16. Les couteaux à pain trouent les seins comme rien - Sofia Benyahia
Qu'on me permette de commencer par une petite montée de lait. Malgré la prétention de l'éditeur, les textes réunis ici NE SONT PAS des nouvelles. Ce sont des pensées, des atmosphères, de la poésie, il y a même une devinette et quelques (très rares) nouvelles en bonne et due forme. Mais bon... ce n'est pas parce que c'est court et sur papier que ça fait d'un texte une nouvelle. Grr, j'haguis cette confusion des genres.Les nouveaux auteurs font dans l'abrégé et le micro-récit. Des textes de quelques dizaines de paragraphes, de quelques douzaines de lignes, il y en a un ici qui contient un seul mot ! Quand ils ont fait deux pages ils sont à bout de ressources, ils ont tout dit, leur souffle épique s'éteint. Damned ! bientôt les nouveaux auteurs vont bientôt cesser d'utiliser les mots et ne publier que des pages blanches...
Ouf, le méchant est sorti; le bien que ça fait, ça se dit pas.
Ce recueil de 38 nouvelles (sur 82 pages petit format) va satisfaire la fringale (on ne peut pas parler d'appétit dans le cas qui nous occupe) des amateurs d'atmosphères et de poésie. Le titre est magnifique, accrocheur, c'est ce qui m'a décidé à l'achat. Il y a de l'érotisme et de la cruauté dans ces textes-là, une brutalité passionnelle, religieuse, sociale, des interdits que les narratrices (ce sont le plus souvent des femmes) tentent de tourner ou de vivre avec. Il s'agit d'un très beau recueil de textes qui restent longtemps en mémoire.
Une lecture que je recommande. Vivement le prochain livre de Sofia Benyahia.
Les couteaux à pain trouent les seins comme rien
Sofia Benyahia
Leméac 2007
82 pages
Cote 7 / 10
mercredi 20 août 2008
15. Night of the Caribou - Douglas How
Un épisode méconnu de la seconde guerre mondiale s'est déroulé dans les eaux du fleuve et du golfe Saint-Laurent. À partir de mai 42, la Kriegsmarine envoya des sous-marins dans le golfe pour perturber les convois alliés vers le Royaume-Uni. Cet épisode est connu sous le nom de bataille du Saint-Laurent. Une bataille qui s'étendra jusqu'à la toute fin de la guerre, puisque le dernier bâtiment coulé par un U-Boot l'est le 16 avril 1945.Le 10 octobre 1942, le traversier SS Caribou, affecté à la navette entre la Nouvelle-Écosse et Port-aux-Basques à Terre-Neuve, fut coulé par le U-69, emportant dans son naufrage 49 civils (dont dix enfants de moins de dix ans), 57 militaires et 31 membres d'équipage.
Ce naufrage suscita une grande indignation à Terre-Neuve, alors dominion indépendant, tant au regard des pertes humaines (barbarie teutonne !) qu'au chapitre des conditions dans lesquelles la traversée fut faite et sur la protection que la marine canadienne avait accordé au traversier. Ce dernier point fut l'objet d'une controverse alimentée par une des dernières réflexions connues du capitaine du Caribou ( « Je ne vois pas mon escorte ») juste avant le torpillage et par le mutisme des forces militaires canadiennes qui se contentèrent des boniments habituels, qui se voulaient rassurants, plutôt que de répondre aux interrogations de la population. Il faut dire, à la décharge des autorités militaires, que celles-ci ne souhaitaient pas donner le moindre indice à l'ennemi, en révélant la nature véritable de l'escorte, sa manière de procéder ou les opérations subséquentes au torpillage.
Un demi-siècle après le naufrage, la controverse existe toujours. Douglas How tente d'y mettre un terme en faisant un compte-rendu à la minute près des événements depuis l'embarquement des passagers jusqu'au torpillage du traversier et au sauvetage en mer des survivants quelques heures après le naufrage.
La lecture de l'ouvrage est assez ardue, tout spécialement au début, car l'auteur fait entrer les personnages dans le récit par wagons entiers. Comme le Caribou plus tard, le lecteur est vite submergé. Les choses s'améliorent dans la seconde partie, constituée par la traversée et le torpillage. L'auteur est ici à son mieux. Il arrive à faire vivre le chaos et l'urgence d'un naufrage grâce à un découpage serré et une panoplie de témoignages le plus souvent contradictoires.
Night of the Caribou n'est pas un livre sans faille. Mais il y a suffisamment de bon pour que ce lecteur-ci y ait pris un grand intérêt, et le recommande chaudement.
Cote 7,5 / 10
Night of the Caribou
Douglas How
Lancelot Press
153 pages (avec des photos)
dimanche 17 août 2008
Progrès
J'ai pas le guts de Mathieu Fortin, aussi vous ne verrez pas apparaître des statistiques quotidiennes sur mes progrès en écriture.
Par contre :
Nos maîtres : 417 mots (environ 10 %)
William : 201 mots (peut-être 20 %, avec une échéance pour la fin du mois)
Yowzie ! ça bouge. Ça avance pioum pioum mais ça va vers devant.
Par contre :
Nos maîtres : 417 mots (environ 10 %)
William : 201 mots (peut-être 20 %, avec une échéance pour la fin du mois)
Yowzie ! ça bouge. Ça avance pioum pioum mais ça va vers devant.
vendredi 15 août 2008
L'insomnie profitable
Dans la nuit d'hier, j'ai été tenu éveillé très, très longtemps par une idée ayant germé dans mon cerveau en fin de soirée. L'insomnie a ceci de particulier qu'elle favorise le lateral thinking, qu'elle embellit les idées qui nous viennent et, partant, suscite un enthousiasme qui, au réveil, se révèle parfois injustifié. Nombre d'idées nées dans l'insomnie ne sortent pas indemnes d'une analyse à froid.
Mais pas cette idée-là. C'est une idée PPP : pas pire pantoute. Et jusqu'à date elle survit sans respirateur articifiel. J'en ai même amorcé l'écriture à partir d'un embryon de plan. Avoir du culot, je ferais comme Mathieu Fortin pour son protocole Reston, m'imposer une discipline quotidienne avec un bilan sur le blogue, question de m'auto-motiver ou de souffrir une vive humiliation si je flanchais ! Je me donne qq jours pour réfléchir à ça.
Ça voudrait dire que je mets de côté les textes sur lesquels je travaille par intermittence : TD, AP, ALC et LZ. Et ça va vouloir dire mettre le blogue en veilleuse, car depuis que j'ai commencé L'ermite de Rigaud, je n'ai pas beaucoup écrit encore que j'aie cogité en masse. Au lieu d'un billet par jour, disons un aux trois jours.
La nouvelle a un titre Provisoir (parce que ça dépanne) : Nos maîtres. C'est une nouvelle de sf, mais de cette sf dont s'offusquait Philippe-Aubert Côté sur sffq : Est-ce qu'on peut considérer ça explicitement comme de la science-fiction ou est-ce une autre histoire "mainstream" qui se permet de piger dans les autres genres au nom de la métaphore ou d'une certaine liberté créatrice ? Oui, exactement, c'est cela...
Mais pour le moment : On with it, mon coco...
Mais pas cette idée-là. C'est une idée PPP : pas pire pantoute. Et jusqu'à date elle survit sans respirateur articifiel. J'en ai même amorcé l'écriture à partir d'un embryon de plan. Avoir du culot, je ferais comme Mathieu Fortin pour son protocole Reston, m'imposer une discipline quotidienne avec un bilan sur le blogue, question de m'auto-motiver ou de souffrir une vive humiliation si je flanchais ! Je me donne qq jours pour réfléchir à ça.
Ça voudrait dire que je mets de côté les textes sur lesquels je travaille par intermittence : TD, AP, ALC et LZ. Et ça va vouloir dire mettre le blogue en veilleuse, car depuis que j'ai commencé L'ermite de Rigaud, je n'ai pas beaucoup écrit encore que j'aie cogité en masse. Au lieu d'un billet par jour, disons un aux trois jours.
La nouvelle a un titre Provisoir (parce que ça dépanne) : Nos maîtres. C'est une nouvelle de sf, mais de cette sf dont s'offusquait Philippe-Aubert Côté sur sffq : Est-ce qu'on peut considérer ça explicitement comme de la science-fiction ou est-ce une autre histoire "mainstream" qui se permet de piger dans les autres genres au nom de la métaphore ou d'une certaine liberté créatrice ? Oui, exactement, c'est cela...
Mais pour le moment : On with it, mon coco...
mercredi 13 août 2008
14. Comme un poisson sans eau - Pierre Richard
Contrairement à ce que laisse entendre la quatrième de couverture, Comme un poisson dans l'eau n'est pas une autobiographie ou des mémoires. Il s'agit du texte du spectacle Détournement de mémoires donné par Richard en 2006 et écrit en collaboration avec Christophe Duthuron. En revanche, c'est inspiré de la vie de l'auteur-acteur. Donc des simili-ou quasi-mémoires.Quoi que cette bête livresque soit, c'est extrêmement drôle. Il y avait longtemps que je n'avais pas ri autant en lisant; si l'acteur est un comique burlesque, comme auteur il a le génie du comique de situation et des traits de personnalités. C'est court malheureusement, aux alentours de 200 pages avec une typographie assez aérée. Mais enfin, j'ai ri...
Le site officiel de Pierre Richard se trouve juste ici. C'est là que j'ai appris qu'il a écrit un autre livre, Le petit blond dans un grand parc, qui semble être une autobiographie en bonne et due forme de ses années de jeunesse. C'est à voir. On s'en reparle puisque j'ai commandé l'ouvrage que j'attends avec une certaine fébrilité.
Cote 7,5 / 10
mardi 12 août 2008
Un mot écrit par Benjamin lui-même
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(Je n'ai ajouté que des sauts de ligne ici et là, car Benjamin aime les lignes continues de lettres ou de chiffres. Voilà un futur écrivain. Remarquez qu'il fait presque autant de sens que son géniteur...)
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(Je n'ai ajouté que des sauts de ligne ici et là, car Benjamin aime les lignes continues de lettres ou de chiffres. Voilà un futur écrivain. Remarquez qu'il fait presque autant de sens que son géniteur...)
13. La brèche - Christophe Lambert
« 2060. Un grand network privé relance le concept de télé-réalité en envoyant des reporters dans le passé filmer des événements marquants du XXe siècle. Le choix se porte sur le débarquement de Normandie afin de raviver la flamme patriotique des téléspectateurs. »On imagine la suite facilement : nos deux reporters vont modifier le passé, créer un univers alternatif, puis ils vont tenter de réintégrer le cours temporel normal mais se buteront à des surprises, etc.
Ce qu'il y a de bon dans ce roman : l'action. C'est un peu lent à démarrer, avec une longue séquence sur la mort de Marilyn Monroe, mais passé cet obstacle, la machine démarre et ne stoppe plus. Lambert sait y faire...
Ce qu'il y a de moins bon : les clichés, une recherche historique qui fait pic-pic (on ne compte plus les erreurs militaires), le français qui laisse vraiment à désirer par moment. Aussi, détail qui m'agace suprêmement, toutes les références culturelles des personnages, et celles de la narration quand elle est objective, sont datées des années 1950-1980, les nôtres en somme, alors que le roman se déroule en 2060. Ridicule. C'est comme si toute nos références culturelles en ce moment n'allaient pas au-delà de 1930. Quand même...
Pourtant, La brèche demeure un livre étonnamment lisible, le lecteur est aspiré par le dynamisme de la narration et n'est relâché qu'à la toute fin. C'est du bon Fleuve Noir de ma jeunesse. Je ne vais pas renier le plaisir que j'ai pris à ce livre, malgré ses insuffisances.
Une dernière chose: Le roman se termine sur une phrase d'un cynisme prodigieux, à la fois réjouissante (quelle idée !) et révoltante (quelle idée...)
Cote 6 / 10
La Brèche
Christophe Lambert
Pocket Science-fiction
326 pages
lundi 11 août 2008
Ce que je lis
dimanche 10 août 2008
Un deuxième party d'anniversaire pour Benjamin
En après-midi, c'était au tour de la famille de venir à la maison fêter le troisième anniversaire de Benjamin. Ce fut un beau moment, ponctué par un gâteau au chocolat – il faut comprendre que Benjamin est un Ménard à 50 %, et les Ménard de ma connaissance ont une religion : le chocolat.


1. Un objet de vénération, fabriquée par ma soeur Michelle. 2. Parlant de Ménard, on en voit deux et demi là-dessus, Suzanne et son frère Luc, pendant que Benjamin fait la passe au chaton en pâte d'amandes.


3. Mon frère Claude, parrain de Benjamin, et Luc. 4. Ma maman, ma nièce Alexandrine, marraine de Benjamin, et son chum Stéphane. La cigogne visitera Alexandrine et Stéphane en mars 2009.


5. Ma soeur Michelle qui ne se contente pas seulement de faire de la bouffe extraordinaire, mais aussi une imitation pas piquée des vers de Madonna. 6. Michelle et son chum Cyrice entoure un enfant non identifié (mais je travaille là-dessus...)

7. Benjamin et son papi Serge.
Ben voilà. Grosse fin de semaine de gâteau au chocolat et de glace à la vanille.
1. Un objet de vénération, fabriquée par ma soeur Michelle. 2. Parlant de Ménard, on en voit deux et demi là-dessus, Suzanne et son frère Luc, pendant que Benjamin fait la passe au chaton en pâte d'amandes.
3. Mon frère Claude, parrain de Benjamin, et Luc. 4. Ma maman, ma nièce Alexandrine, marraine de Benjamin, et son chum Stéphane. La cigogne visitera Alexandrine et Stéphane en mars 2009.
5. Ma soeur Michelle qui ne se contente pas seulement de faire de la bouffe extraordinaire, mais aussi une imitation pas piquée des vers de Madonna. 6. Michelle et son chum Cyrice entoure un enfant non identifié (mais je travaille là-dessus...)
7. Benjamin et son papi Serge.
Ben voilà. Grosse fin de semaine de gâteau au chocolat et de glace à la vanille.
samedi 9 août 2008
Benjamin a trois ans aujourd'hui !
Aujourd'hui, Benjamin a eu trois ans ! Wow ! Tous les parents disent : Mon Dieu comme ça passe vite. Je ne serai pas l'exception... C'est vrai que ça passe vite, et que cette vitesse fait peur.
Pour l'occasion, quelque-uns de ses amis sont venus dîner à la maison. Y avait du bon spaghetti, sauce à la viande, mijotée par Suzanne; puis du gâteau au chocolat avec une décoration en forme de chantier de construction, avec boutoir et excavation en prime.

Ci-haut, Benjamin s'apprête à souffler ses trois grosses bougies avec l'aide de maman. À gauche, on voit Matthew pour qui la scène est insoutenable et qui préfère regarder ailleurs. À droite, dans les bras de sa mère, Vincent calcule mentalement la part de gâteau qui lui revient.

Dans le sens des aiguilles d'une montre, Matthew, Benjamin, Suzanne, Sarah, Vincent, ma mère et grande complice de Benjamin (en faisant le guignol avec lui, elle va se fouler légèrement une cheville dans l'après-midi), et le bout du nez de Turner.

Isabelle et ses deux flos, Taylor et Turner, Sarah et Vincent; derrière, on voit le tapis d'exercice que je n'utilise jamais, non merci...

Sarah mangeant la part de gâteau de Vincent qui élève une protestation, Matthew qui plonge la cuillère vers la crème glacée avec dans son dos Robert, son paternel, tenant dans ses bras Ethan.

Les beaux yeux bleus d'Ethan.
Ce fut une bien belle petite fête, sous le thème des camions et de Bagnoles (le film). Merci à tout le monde d'avoir répondu à l'appel de Benjamin.
Demain on reçoit la famille...
Pour l'occasion, quelque-uns de ses amis sont venus dîner à la maison. Y avait du bon spaghetti, sauce à la viande, mijotée par Suzanne; puis du gâteau au chocolat avec une décoration en forme de chantier de construction, avec boutoir et excavation en prime.
Ci-haut, Benjamin s'apprête à souffler ses trois grosses bougies avec l'aide de maman. À gauche, on voit Matthew pour qui la scène est insoutenable et qui préfère regarder ailleurs. À droite, dans les bras de sa mère, Vincent calcule mentalement la part de gâteau qui lui revient.
Dans le sens des aiguilles d'une montre, Matthew, Benjamin, Suzanne, Sarah, Vincent, ma mère et grande complice de Benjamin (en faisant le guignol avec lui, elle va se fouler légèrement une cheville dans l'après-midi), et le bout du nez de Turner.
Isabelle et ses deux flos, Taylor et Turner, Sarah et Vincent; derrière, on voit le tapis d'exercice que je n'utilise jamais, non merci...
Sarah mangeant la part de gâteau de Vincent qui élève une protestation, Matthew qui plonge la cuillère vers la crème glacée avec dans son dos Robert, son paternel, tenant dans ses bras Ethan.
Les beaux yeux bleus d'Ethan.
Ce fut une bien belle petite fête, sous le thème des camions et de Bagnoles (le film). Merci à tout le monde d'avoir répondu à l'appel de Benjamin.
Demain on reçoit la famille...
vendredi 8 août 2008
12. Le modèle occidental de la guerre - Victor Davis Hanson
Pour Hanson, les Grecs de l'époque classique ont inventé un modèle de combat qui a survécu jusqu'à notre époque, du moins en Occident, et c'est incrusté dans l'esprit des gens. Ce modèle, c'est celui de la bataille décisive. « Les batailles d'hoplites étaient des luttes entre petits propriétaires fonciers qui, d'un commun accord, cherchaient à limiter la guerre et, partant, la tuerie en un affrontement unique, bref et cauchemardesque. »Pour les Grecs, la bataille était une affaire sérieuse, qu'ils ne cherchaient nullement à rendre romantique. L'iconographie de l'époque abonde d'images réalistes d'hoplites blessés, de fantassins aux flancs percés, agonisants ou morts...
Ce qui est absolument fascinant dans ce livre magistral, c'est qu'au-delà de l'omniprésent propos philosophique et historique (auquel on ne peut échapper et qui donne tout son poids à l'ouvrage), Hanson arrive à décrire l'intensité de l'affrontement des phalanges selon le point de vue de l'hoplite.
Elles sont absolument saisissantes les descriptions qu'il fait de ce que le fantassin pouvait éprouvé, de ce qu'il voyait du champ de bataille (ou de ce qu'il n'en voyait pas – car pour les soldats des rangs situés au-delà du troisième ou quatrième, il n'y avait rien à voir sinon le dos du camarade qui poussait devant et sur le dos duquel il poussait lui aussi), les cris, la sueur, la montée d'adrénaline, le choc de l'engagement, ce choc terrible de deux phalanges lancées l'une contre l'autre au pas de course, les hommes courant derrière leurs boucliers de bronze, la lance portée sous le bras avec un angle remontant pour atteindre l'ennemi à l'aine ou à la cuisse, l'unité de la phalange, sa cohésion militaire qui relevait tant de la cohésion sociale. Tout ça est aussi bon que le meilleur des romans, mais ici totalement documenté par les poètes et historiens de l'époque, l'analyse des fresques, des vases et des poteries. On reste ébahi par l'art du conteur et par l'érudition du maître.
L'avant-dernier chapitre, qui porte sur les blessures subies à la bataille, demande un cœur solidement accroché. Moi qui ai pourtant l'habitude de ce genre de littérature, je n'ai pu m'empêcher de ressentir un frisson aux multiples types de blessures que les hoplites pouvaient subir et décrites avec un luxe de minutie par les médecins du temps.
Cote 10 / 10
Le Modèle occidental de la guerre (The Western Way of War)
Victor Davis Hanson
Tallandier - Texto
288 pages
jeudi 7 août 2008
Le plus fou des deux, c'est bébé
Yowzie, me suis-je dit en aparté (que je parle couramment), je ne me sauce pas, mais alors pas du tout, pas aujourd'hui, je ne suis pas fou, c'est hors de question... Seulement, Benjamin ne comprend pas l'aparté. Il a insisté comme seul un enfant peut insister; avec des sourires et des « Viens papa, viens papa, viens papa », auxquels je n'ai pas su résister. Résultat, nous nous sommes baignés avant dîner une dizaine de minutes alors que l'eau était à 58°. En après-midi, nous sommes restés dans l'eau une demi-heure, mais l'eau était super-chaude à 60° !!!
Vivement l'automne.
mardi 5 août 2008
11. C'est dans la poche ! - Jacques Sadoul
L'influence de Jacques Sadoul sur le dévelopement et la reconnaissance de la sf en France est indubitable. Il a écrit un important ouvrage d'introduction au genre, Histoire de la science-fiction moderne, à la fois populiste et fouillé.Comme directeur littéraire, il était passionné de littérature de genre, tout spécialement de sf dont il était friand. Il a joué un rôle central aux Éditions J'ai lu. (Je mets tout ça au passé car Sadoul a pris sa retraite de l'édition en janvier 1999. Depuis il semble se consacrer à l'écriture.)
Il a écrit ici un court livre de mémoires truffé d'anecdotes sur les grands et les moins grands de la sf (surtout américaine). Sadoul, qui écrit aussi des romans, est un prosateur habile qui sait comment divertir son public. Il manie l'auto-dérision avec bonheur, ce qui est bien, car manifestement il ne se compte pas pour des prunes, avec raison sans doute, mais bon. Par moment on frisotte l'outrecuidance (10 points à moi pour avoir utiliser ce mot, depuis le temps), encore que l'auteur a sufisamment de bagout pour ne pas céder à la suffisance. Il sait faire la part belle à la chance dans son métier d'éditeur et de directeur de collections.
C'est dans la poche se lit en deux ou trois heures Gros-Max (comme dit ma tendre et douce), et si ça ne survolte pas les neurones, ça ne les taxe pas outre mesure non plus et, au bout du compte, c'est du plaisir assuré...
Cote 7 / 10
C'est dans la poche !
Jacques Sadoul
J'ai lu
285 pages (avec photos)
lundi 4 août 2008
Déménagement de la succursale
Pour en améliorer l'accessibilité et la notoriété, j'ai déménagé la succursale La face cachée de la mécanique à cet endroit-ci. Elle est aussi facile d'accès qu'avant et il ne reste que des détails d'aménagement intérieur et de décorations à arranger pour que tout soit tiguidou.
Le blogue est hébergé sur le site de la science-fiction et du fantastique québécois – sffq.org – tenu avec autant d'enthousiasme que de vigueur par Shirley-Carol Landry.
Le blogue est hébergé sur le site de la science-fiction et du fantastique québécois – sffq.org – tenu avec autant d'enthousiasme que de vigueur par Shirley-Carol Landry.
Alexandre Soljenitsyne 1918-2008

Il y a pléthore de Soljenitsyne barbu dans les journaux aujourd'hui. En voici un imberbe, chevelu et plus jeune.
Soljénitsyne a écrit trois romans magistraux qui m'ont profondément marqué: Une journée d'Ivan Denissovitch, Le premier cercle et surtout, surtout, Le pavillon des cancéreux.
Son influence n'a pas été aussi déterminante sur moi que celle de Disch, de Robert Merle ou de mon duo italien préféré, Calvino et Buzzati, mais Le pavillon des cancéreux, c'est quelque chose de très grand – qu'il faut lire.
samedi 2 août 2008
10. Alibis n° 24
Emballe-moi, de Natasha Beaulieu. Cette nouvelle-là, qui n'est pas policière, m'a complètement soufflé. Tout y est bon, l'idée, les personnages, le traitement et la finale. Beaulieu s'y révèle (pour moi, bien entendu, les autres savaient déjà) une remarquable nouvelliste avec sa voix bien à elle. 10 / 10Petit feu, d'André Marois. Un texte noir, très atmosphérique. Superbement écrit, un peu desservi par une fin adéquate mais sans surprise. Il faut se laisser porter par l'ambiance, goûter l'écriture pleine de finesse. 8 / 10
Cest écrit, de Marc Simard Nataren. Texte sur le pouvoir de l'écriture, ou l'écriture du pouvoir dans ce cas-ci. C'est correctement fait, mais sans plus. Dès le départ, l'hameçon est faible et le poisson (moi) n'a pas bien mordu. La fin est prévisible en diable (pas dans le détail, mais on sent que ça ne peut se terminer que comme ça). 4 / 10
Le poids de la culpabilité, de Ricardo Codina. J'ai aimé cette nouvelle noire malgré que la lecture en ait été parfois ardue en raison d'une narration qui a du mal à bien identifier l'une et l'autre des deux narratrices. J'ai dû relire quelques passages pour aplanir les difficultés. Il y a aussi confusion entre mi-temps et mitan. 6,5 / 10
...en suspens, de François Lévesque. La faiblesse de ce texte réside dans le fait que les émotions du protagoniste sont plus démontrées que vécues. L'auteur voulait trop bien faire en soulignant à grands traits l'accablement dont son personnage est la victime. Ce lecteur-ci n'a vraiment pas marché. Le second et ultime pic de la finale m'a semblé un peu précipité. 3 / 10
Meurtres mortels, de Peter Sellers. Très bonne nouvelle, avec des personnages bien campés, une mise en scène parfaite gâchée par une fin totalement aberrante. Quoi, un gars qui simule sa mise en bière pour éliminer son comparse, hum ! 4 / 10
Le cavalier de l'éclair, de Rick Mofina. Pas mal, celle-là, encore que le pay-off soit décevant. Une mise en scène qui prend son temps, des personnages de carton-pâte mais bien faits si le lecteur accepte ces limites-là; puis une cassure, un crime, on se dit que ça va devenir super intéressant. Si le crime est parfait, il y a quand même un petit prix à payer. Mais, bon, l'héroïne va s'en sortir. 6 / 10
Un numéro moyen, avec des textes plutôt noirs que policiers. Une réussite hors du commun, la nouvelle de Beaulieu.
Cote 5,5 / 10
vendredi 1 août 2008
Rencontre avec un demi-dieu de la sf québécoise
J'ai croisé ce soir, dans un resto de Vaudreuil, Jean-Louis Trudel qui y mangeait. Avec un petit trémolo dans la gorge, parce c'est pas tous les soirs qu'on rencontre un demi-dieu en chair et en os, je suis allé me présenter. C'est tout, je ne voulais pas m'imposer. Ça a duré une petite minute mais je suis très content de moi, d'avoir outrepassé ma timidité maladive pour dire un petit bonjour. Il savait même qui j'étais, ou en tous cas il savait que je venais de Rigaud (ce qui m'a réellement stupéfié – quoi, moi ?!)
Jean-Louis (notez que je passe en mode intimité assez rapidement, là) est la première personnalité de la sffq que je rencontre depuis un atelier d'écriture à Chicoutimi en 1985, marrainé par Élisabeth Vonarburg, où j'avais rencontré Élisabeth (futur Nobel 2438), bien sûr, mais aussi Francine Pelletier et Daniel Jetté; ainsi qu'André, Micheline, Charles et Philippe qui semblent, eux, avoir quitté la planète sffq...
Tout ça pour dire que le monde est bien petit, ou encore que les humains y prennent trop de place.
Jean-Louis (notez que je passe en mode intimité assez rapidement, là) est la première personnalité de la sffq que je rencontre depuis un atelier d'écriture à Chicoutimi en 1985, marrainé par Élisabeth Vonarburg, où j'avais rencontré Élisabeth (futur Nobel 2438), bien sûr, mais aussi Francine Pelletier et Daniel Jetté; ainsi qu'André, Micheline, Charles et Philippe qui semblent, eux, avoir quitté la planète sffq...
Tout ça pour dire que le monde est bien petit, ou encore que les humains y prennent trop de place.
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