mercredi 20 août 2008

15. Night of the Caribou - Douglas How

Un épisode méconnu de la seconde guerre mondiale s'est déroulé dans les eaux du fleuve et du golfe Saint-Laurent. À partir de mai 42, la Kriegsmarine envoya des sous-marins dans le golfe pour perturber les convois alliés vers le Royaume-Uni. Cet épisode est connu sous le nom de bataille du Saint-Laurent. Une bataille qui s'étendra jusqu'à la toute fin de la guerre, puisque le dernier bâtiment coulé par un U-Boot l'est le 16 avril 1945.

Le 10 octobre 1942, le traversier SS Caribou, affecté à la navette entre la Nouvelle-Écosse et Port-aux-Basques à Terre-Neuve, fut coulé par le U-69, emportant dans son naufrage 49 civils (dont dix enfants de moins de dix ans), 57 militaires et 31 membres d'équipage.

Ce naufrage suscita une grande indignation à Terre-Neuve, alors dominion indépendant, tant au regard des pertes humaines (barbarie teutonne !) qu'au chapitre des conditions dans lesquelles la traversée fut faite et sur la protection que la marine canadienne avait accordé au traversier. Ce dernier point fut l'objet d'une controverse alimentée par une des dernières réflexions connues du capitaine du Caribou ( « Je ne vois pas mon escorte ») juste avant le torpillage et par le mutisme des forces militaires canadiennes qui se contentèrent des boniments habituels, qui se voulaient rassurants, plutôt que de répondre aux interrogations de la population. Il faut dire, à la décharge des autorités militaires, que celles-ci ne souhaitaient pas donner le moindre indice à l'ennemi, en révélant la nature véritable de l'escorte, sa manière de procéder ou les opérations subséquentes au torpillage.

Un demi-siècle après le naufrage, la controverse existe toujours. Douglas How tente d'y mettre un terme en faisant un compte-rendu à la minute près des événements depuis l'embarquement des passagers jusqu'au torpillage du traversier et au sauvetage en mer des survivants quelques heures après le naufrage.

La lecture de l'ouvrage est assez ardue, tout spécialement au début, car l'auteur fait entrer les personnages dans le récit par wagons entiers. Comme le Caribou plus tard, le lecteur est vite submergé. Les choses s'améliorent dans la seconde partie, constituée par la traversée et le torpillage. L'auteur est ici à son mieux. Il arrive à faire vivre le chaos et l'urgence d'un naufrage grâce à un découpage serré et une panoplie de témoignages le plus souvent contradictoires.

Night of the Caribou n'est pas un livre sans faille. Mais il y a suffisamment de bon pour que ce lecteur-ci y ait pris un grand intérêt, et le recommande chaudement.

Cote 7,5 / 10

Night of the Caribou
Douglas How
Lancelot Press
153 pages (avec des photos)

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