Côté lecture, les six dernières semaines auront été difficiles, marqués par un grand nombre de livres commencés et abandonnés : AquaTM, Last Jews in Berlin, Tous à Zanzibar, Phaos, Le poids des illusions, Premier de cordée, Les vacances de Maigret, Les habits de glace, deux Solaris, un Alibis, Fondation foudroyée... Sans doute quelques autres dont je ne me rappelle plus parce que je n'en ai même pas lu dix pages.
Ce désaveu de la lecture, cette incapacité à lire, c'est un signe que je suis (ou plutôt, que j'étais, car sinon je m'aurais pas pu rédiger ce billet) dans un autre épisode de dépression majeure, une maladie dont je souffre depuis toujours – cadeau de ma mère, qui est super fine et que j'adore, mais qui m'a refilé en héritage (je dis ça comme ça, parce qu'elle est toujours bien vivante) l'hypertension et la dépression majeure récurrente plutôt qu'un million de dollars et une villa à Bora-Bora. Il y a de nombreux traitements pour cette maladie; je suis, quant à moi, traité avec l'antidépresseur Paxil depuis une douzaine d'années et globalement les choses vont très bien.
Même traitée, la dm reste une maladie extraordinairement résiliente qui aime venir faire un petit coucou de temps en temps. Ce qu'il y a de terrible quand la dépression s'installe, c'est ce dérapage de la réalité vers le confus et l'absence de désir; ça se fait assez subitement, quelques jours à peine et là où on se sentait bien et heureux et plein de joie de vivre, on se sent maintenant alourdi, insignifiant et indifférent.
La pente est une glissade électrisante, je le sais, je suis passé par là des dizaines de fois, comme l'irruption subite d'une volée de nuages noirs et roux dans un ciel jusque-là d'une pureté sans partage. La perception de la réalité change, on n'y peut rien, c'est comme d'assister à un spectacle dont on est le héros involontaire.
Bon, reste que là, en ce moment, je suis sur la pente ascendante, le creux de la vague a été atteint il y a qq jours, une certaine sérénité se réinstalle, et avec elle un petit rayon de soleil. (Décidément je fais dans la métaphore météorologique aujourd'hui...)
On se laisse là-dessus. C'était ma minute d'épanchement. Ça ne se reproduira pas.
1 commentaires:
Bonne remontée Richard, en espérant que les descentes soient bien espacées.
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