Dire que ça m'a étonné est un euphémisme. En partant, mon garçon n'est pas fou de la lecture et, jusqu'ici, chaque fois qu'il avait à faire une production écrite pour l'école, c'était la croix et la bannière.
Pourtant, c'était peut-être un signe avant-coureur, lors du concours des 1000 mots à l'automne 2014, il m'avait « aidé » à sélectionner le texte gagnant. À sa demande, je lui avais fait lire les trois meilleurs textes et il me les avait commenté en conversant. Il a un goût très sûr, puisqu'il avait aussi choisi la nouvelle de Caroline Lacroix.
Depuis, il m'a beaucoup parlé des 1000 mots, mais sans donner suite à quoi que ce soit.
Surprise ! Il y a quelques semaines, Benjamin m'annonce qu'il a commencé à écrire une histoire de son cru sur son ordi dans ses périodes d'étude. Il grappillait quelques minutes ici et là et jetait des mots dans son histoire. La première fois il m'avait annoncé fièrement avoir atteint 106 mots.
Wow ! J'étais déjà impressionné. Je me suis dit que ça n'allait pas durer. Je me mettais le doigt dans l’œil, pas à peu près, mon ami.
Il a persévéré et continué à écrire dans ses temps libres à l'école (mais uniquement à l'école,jamais à la maison, c'était son jardin secret). Son texte grossissait à chacune de nos conversations : 200 mots, 320, 410, 440... Benjamin était terriblement fier. On causait d'écriture, de mouvements, de rebondissements, de personnages, en fin connaisseurs comme les auteurs que nous sommes.
À six cents et quelques mots, il a mis fin à son histoire... Puis il en a commencé une deuxième !... And so on, and so forth, comme écrit Vonnegut.
Maintenant, l'école est fini et son projet terminé. Il a écrit six histoires et un grand total de plus 2000 mots. Deux milles mots de fiction ! Calvinsse, c'est plus que son père en un an.
Toutefois je n'ai pas le droit de les lire tout de suite, il les dévoilera à la famille à la St-Valentin de l'an prochain. Pourquoi la St-Valentin, c'est obscur mais ce n'est pas négociable.
S'il ne me permet pas de lire ses histoires, j'ai la primeur des titres, que voici :
- À la boule de plasma
- Le monde des carottes stupides
- La tortue créative
- Au bascettebal (1)
- La vie d'une tortue
- La partie
Je ne sais rien d'autre de ses textes. Par contre, j'ai le goût de repartir les 1000 mots cette année juste pour lui permettre de participer. Ha !
Elle, elle court; lui, il écrit. Et moi, et moi, et moi ?
(1) Orthographe fantaisiste de basketball, je crois.

