mardi 30 septembre 2008

Là où je perds mon temps

Depuis quelques jours, je joue à Risk en ligne, juste ici. C'est gratuit, mais on peut s'abonner pour jouer à un plus grand nombre de parties simultanées.

Very interesting, beaucoup de variations sur le tableau de jeu, ainsi que quelques variantes de règles. Ça faisait un bail que je n'avais pas joué, et je m'aperçois que je suis un très mauvais joueur (3 victoires en 20 parties, ça dit tout). Je m'emporte trop souvent, je ne suis pas la doctrine napoléonienne de la concentration des forces, je me divise, je vise tout ce qui bouge, je me disperse... et je me fais ramasser.

Qu'importe, je m'amuse comme un fou.

Lecteur, lectrice, tu veux affronter un adversaire au style échevelé ? Joue contre rich2810, je suis ton homme !

samedi 27 septembre 2008

Fiente de poule

Mardi 23, à 23 h 45 je termine le premier jet de Comfort Food. Je suis fier de moi, je suis content de ma nouvelle – petit billet jubilatoire sur le blogue.

Mercredi 24, je relis la nouvelle à tête reposée. La mâchoire m'en décroche : quelle merde ! Comment ai-je pu écrire ça ? C'est pire que tout. C'est mal écrit, mal foutu, mal ficelé, ennuyeux, les mots manquent pour en dire toute la suintante médiocrité.

Jeudi 25, la mort dans l'âme, je la révise avec l'idée de la rendre minimalement potable, moins moronne en tous cas, et de la soumettre quand même à Biscuit chinois, juste pour mener le processus à son terme (c-à-d participer à l'appel de textes). Je l'envoie à mon lecteur. Ses commentaires sont positifs, avec des réflexions pertinentes et bien senties, plus un mot d'encouragement. (Merci, Pat.)

Vendredi 26, je vais à Ottawa passer une tomographie à émission de positrons (TEP ou petscan) pour le cœur. Une fois installé dans la machine, j'ai d'abord fait une crise d'angoisse qui a interrompu brièvement la séance, puis une crise d'asthme et finalement l'infirmière a préféré me donner de l'oxygène pour qu'on en finisse. Ça a été une très dure journée. Mais le long chemin de retour m'a permis de réfléchir à mon texte et d'arriver à cette conclusion : oui, Comfort Food, c'est probablement de la fiente de poule, mais en quoi est-ce différent de ce que je pense de tous mes autres textes publiés ? J'ai la même opinion sur tout ce que j'écris, autant vivre avec.

Samedi 27, je n'ai revisé CF ni hier ni aujourd'hui. C'est une pause qui me fait du bien.

Demain je revise et corrige en essayant d'intégrer les suggestions de mon lecteur. Autant rendre la nouvelle moins poche. À noter, pour la très petite histoire, que ma lectrice n'a pas eu le temps d'y jeter un coup d'œil, mais vu qu'il s'agit de ma tendre et douce, je fais semblant de ne pas en être affecté...

Je vais soumettre CF le 29 septembre. Hasta la vista, baby !

mercredi 24 septembre 2008

C'est fait !

À minuit moins quart ce soir (mardi 23), j'ai terminé le premier jet de Comfort Food. 2345 mots. Dès demain je commence la révision, je n'ai pas le choix et tant qu'à avoir le nez dedans !

Je vais avoir deux lecteurs, ce qui est un luxe avec une échéance aussi serrée. Merci à tous les deux.

J'aime autant distribuer les remerciements immédiatement; parce qu'après lecture du texte, je vais peut-être perdre une conjointe et un ami.

Un blogueur tout à fait jubilant vous laisse le bonsoir.

lundi 22 septembre 2008

Une annonce pas trop prématurée, j'espère

Comfort food va être la première nouvelle que je termine depuis très longtemps, dix-huit ans en fait. Il ne me reste qu'une seule scène à écrire, l'épilogue est canné depuis deux jours, et ça va y être. Je pense que demain ou après-demain, je mettrai un terme au premier jet de CF.

La révision devra se faire prestissimo, l'échéance de Biscuit chinois est fixé au 1er octobre, mais je reste content de mon effort, dût-il mené à un rejet (ce qui est le cadet de mes soucis pour le moment).

Bon, on se recause quand le texte sera terminé.

samedi 20 septembre 2008

22. Le loup du sanatorium - Mathieu Fortin

Adrien et quatre de ses copains décident d'aller passer la nuit au sanatorium désaffecté du village de St-Édouard. Une bien mauvaise idée, car le sanatorium n'est pas vraiment abandonné !

Le roman commence sur les chapeaux de roues et l’auteur a le pied sur l’accélérateur tout du long. C’est de la mécanique réglée au quart de tour. C’est brutal, violent, sanglant, punché… et impossible à mettre de côté une fois commencé.

Le loup du sanatorium est un roman d’horreur qui s’adresse aux ados. Il faut donc l’aborder dans cette perspective. Mais reste que ce lecteur-ci – dont l’adolescence est un lointain souvenir – y a pris un plaisir qu’il ne renie pas (c’est quand même chic de parler de soi à la troisième personne, j’y prends goût).

La fin est assez conventionnelle, avec le bien triomphant du mal, encore que ce ne soit pas aussi simple, l’auteur nous réservant une surprise. La chute en forme d'épilogue m'a jeté sur le cul, absolument. Ça se termine sur une très jolie ambiguïté (voulue par l’auteur) qui jette une lumière sombre sur l’histoire qui vient après le roman… et dont on aimerait en savoir plus.

Le seule bémol que j'émets, c'est la manière un peu tarabiscotée avec laquelle l’histoire est racontée. Les quelques lignes temporelles parallèles ont fait faire de la surchauffe à mes deux neurones encore actifs, et les démarcations auraient gagné à être plus franches par moment. C’est mineur, pourtant une fois le roman terminé, j'ai dû réfléchir à ce que je venais de lire afin d’en trouver la logique temporelle. À la décharge de l'auteur, il faut admettre que cette structure en parallèle lui permet de dynamiser le récit d'une manière saisissante. Pas de temps mort, pas même de ralentissement; l’engin est lancé et il fonce à vitesse grand V.

Mathieu Fortin est aussi l’auteur, entre autres, de deux nouvelles parues dans Solaris, dont l’excellente Cancer.

Le loup du sanatorium
Mathieu Fortin
Six Brumes

72 pages

Cote 6,5 / 10

mardi 16 septembre 2008

Deux plogues

Les livres des éditions de Ta Mère sont disponibles sur internet chez Le Pressier. Ça fait maintenant deux fois que je commande là et le service est absolument impeccable et ultra-rapide. Les frais d'expédition sont justes et Le Pressier accepte les paiements via Paypal, ce qui est merveilleux. Le Pressier aime les zines (Katapulpe, entre autres), les maisons d'éditions obscures et la BD. Les auteurs peuvent mettre en vente leurs livres-là si j'ai bien compris.

René Beaulieu vend une tonne (voire plus) de livres sur son site, le Geai bleu. C'est à voir. C'est un peu bordélique et quelques livres annoncés ne sont plus disponibles, mais il y a des occasions à saisir : beaucoup de sf, beaucoup de fantastique, beaucoup de tout, des raretés, etc. Ce sont des livres usagés pour la plupart.

Ce que je lis (bis)

Puisqu'ils sont arrivés tous deux hier, je les ajoute immédiatement à la liste des livres à lire ipso facto. Ce sont :

Le loup du sanatorium, de Mathieu Fortin.
À noter, l'image ci-contre est en grandeur presque réelle ;-)





Plusieurs excuses, de Stéphane Ranger

dimanche 14 septembre 2008

Ce que je lis

Fatal Decision - Anzio and the battle for Rome, de Carlo D'Este.









Red Storm Rising, de Tom Clancy. Je risque d'abandonner celui-là assez vite, merci. C'est le 3e Clancy que je tente de lire, les deux autres (Le Cardinal du Kremlin et Clear and Present Danger) me sont tombés rapidement des mains. Là, je suis rendu à la page 50 et ça me tente de continuer. On verra mais on reste prudent.

vendredi 12 septembre 2008

21. Katapulpe 5 - spécial Terrasse

Il me faut avouer une petite déception après la lecture de ce fanzine de la relève littéraire. Il semble que la relève purement littéraire ne soit pas tout à fait au niveau de la relève en sff, par exemple. Les textes de Brins d'éternité, une revue équivalente, sont considérablement supérieurs, mieux construits et mieux écrits aussi.

Évidemment, la nouvelle littérature fait dans le micro, c'est dans l'air du temps, et Katapulpe 5 ne fait pas exception. On retrouve dix nouvelles sur une cinquantaine de pages (avec des illustrations). Les textes sont très inégaux, il y en a quelques bons, un très très bon, la plupart sont assez moyens.

Ce que j'ai vraiment apprécié, par contre, c'est que Katapulpe ne s'embarrasse pas d'un appareil critique en fin de numéro. Pas d'analyse, pas de recensement, pas de critiques ni de commentaires. Que des textes de fiction
et je suis 100% d'accord avec cette approche.

C'est aussi ça la vie, d'Audrey Ducharme. Un gars traverse la ville, observe la vie autour de lui, se fait assommer par des ambulanciers et, dans son coma, s'interroge sur le sens de la mort. Prose poétique sur fond vaguement absurde. Ennuyeux. 2 / 10


Deux deux et un un, de Joanie Lemieux. Antoine mange une soupe à la terrasse et laisse un pourboire minable au serveur. C'est court et efficace mais dieu que c'est mince. Très joli titre, par contre. 3 / 10

Dry Gin, de Myriam Saint-Pierre. Le temps d'un drink à la terrasse, un gars se rêve une vie meilleure. Microrécit, deux paragraphes, pas inintéressant mais tellement bref qu'on reste sur son appétit. 3,5 / 10

Ils reviendront..., de Noëlla Deschênes. Serveur, Vidal doit s'occuper d'individus qui ont buté son jeune frère et fait basculer sa propre vie dans le sordide. Une nouvelle noire et très mélo, mais assez bien réussie, ma foi. 5 / 10

La terrasse, de Pierre Gévrard. Jonathan invite un couple de connaissances à dîner chez lui. Ils feront connaissance avec sa fascination pour l'océan... Plutôt bien, mais la fin est télégraphiée de loin. 6 / 10

Laterrasse.com, de Benoît Bourdeau. Chloé recherche sa meilleure amie, disparue mystérieusement. Elle la retrouve dans un bar louche. Une nouvelle fantastique, à l'écriture moyenne, mais bien construite et avec un punch bien amené. 6 / 10

Petite culotte sur la terrasse, de Dany Larivée. Maureen attend quelqu'un à la terrasse. Elle est hot, elle ne se peut plus et se masturbe au vu et au su de tous. Fantasme adolescent, psychologie de pacotille, ç'aurait pu être sensuel, c'est moche et, même court, ça s'étire. 2 / 10

Post-partum, de Claudine Paquet. Une jeune maman regarde des ouvriers lui bâtir une terrasse à l'arrière de la maison. Les gars sont beaux, musclés, elle est en plein post-partum. Excellente nouvelle, évocatrice et sensuelle. 10 / 10

Une blonde au creux de la main, de Jonathan Lemieux-Cyr. Assis avec ses chums, John écoute une jeune chanteuse et en tombe amoureux. Il lui donne rendez-vous, viendra-t-elle ? Prose poétique et écriture maladroite, l'auteur a un bon sens du dialogue cependant. 2 / 10

La serveuse, d'Anthony Charbonneau-Grenier. Un gars tombe amoureux de la serveuse sur la terrasse. Quand il la voit avec son chum, il retient le pourboire qu'il voulait lui donner. C'est presque réussi, mais à trop forcer ses images, à vouloir trop faire cool, l'auteur rate un tout petit peu son coup. 6 / 10

Un numéro inégal, avec des auteurs aguerris et d'autres qui le sont moins. C'est ça un fanzine.

Cote 4,5 / 10

jeudi 11 septembre 2008

Le point de résistance de fiston

Aujourd'hui, comme hier, comme avant-hier, Benjamin a insisté pour se baigner. Je suis résigné depuis plusieurs semaine à ce que cette piscine soit mon calvaire personnel. En début d'après-midi, la température de l'eau atteignait à peine 48 degrés, et on parle de degrés Farenheit ici, pas Celsius. 48 Farenheit, c'est 9 Celsius, si on veut savoir, ça rappelle plus la Finlande que les îles Fidji.

Comme Benjamin insistait et que je me soumets à mon destin, j'ai mis le premier les pieds dans l'eau. J'ai beau n'en avoir que jusqu'aux mollets, quand même ça m'a glacé la jambe et soudé le service trois-pièces. Puis, ô miracle, fiston, d'habitude si entreprenant, avait à peine mis le pied dans l'eau qu'il décidait qu'elle était trop froide pour lui et qu'il ne se baignait plus. On peut donc dire que son point de résistance se situe à 9° C.

Puisque c'était quand même une belle journée ensoleillée, je nous ai installé des chaises de jardin directement au milieu de la piscine et chacun de notre côté nous avons passé une grosse demi-heure à contempler les nuages, à lire (moi) et à jouer avec le thermomètre (lui).

mercredi 10 septembre 2008

Il pleut des séries jeunesse

J'ai acheté aujourd'hui les premiers romans de deux nouvelles séries de littérature jeunesse, tous les deux offerts à bas prix.

Sylvie-Catherine De Vailly propose le premier tome des Enfants de Poséidon, La malédiction des Atlantes, aux Éditions La Semaine.

Quant à elle, Brigitte Marleau nous offre le premier tome de la série Asclé, La promesse, chez Boomerang jeunesse.

Décidément, il fait bon être auteur jeunesse au Québec à l'heure actuelle. Les collections abondent, les séries pullulent.

Auteurs, auteures, à vos claviers !

mardi 9 septembre 2008

Le goût des chips au vinaigre

Il m'est revenu hier le goût des chips au vinaigre que nous nous faisions dans la cuisine, tard le soir, à la maison. J'avais peut-être une dizaine d'années et nous habitions Anjou sur une rue un peu déserte et sombre. Les chips assaisonnées étaient quelque chose comme une nouveauté, et maman nous avait montré comment s'en faire nous-même. C'est une recette toute simple. Elle prenait un petit bol de Tupperware rose, y déposait une grosse poignée de chips ordinaires (comme on disait à l'époque), y déversait un peu de vinaigre et du sel. C'est tout. Après, on se régalait. On, c'était maman, moi, mon jeune frère et ma petite soeur.

Je me rappelle surtout le goût extraordinairement piquant des remugles de chips molles, imbibées de vinaigre, qui traînaient au fond du bol. Le bonheur, c'est des chips gorgées de vinaigre et de sel qu'on ramasse en traînant le bout de l'index dans le fond d'un Tupperware rose. C'est se sucer le bout du doigt qui goûte longtemps l'âcre et le sel. Encore aujourd'hui, cette odeur et ce goût sont toujours vifs.

Maman travaillait. Les repas qu'on prenait n'était pas toujours exemplaires, faute de temps pour les préparer et faute d'argent. On mangeait du baloney sur une base assez régulière; on aimait ça au moins... Pas sa mautadine de sauce blanche !
On mangeait mal, mais c'était l'époque. Nos parents fumaient, c'est épouvantable; on ne savait pas encore à quel point c'était dangereux.

On parle du milieu des années soixante. Nous n'étions pas bien riches parce que papa ne laissait que la moitié de sa paie régulière à maman pour payer le loyer, l'épicerie, le chauffage, l'électricité, les fournitures, tout, tout, tout... Sans vergogne, il
en gardait l'autre moitié, plus son supplémentaire, pendant qu'il allait fourrer sa greluche toute la semaine et vivre une belle vie parallèle : parce que, outre le demi-salaire qu'il amenait, sa pétasse travaillait et ramenait un plein salaire d'infirmière. C'était la nouba pour eux deux, la galère pour maman qui travaillait à des petits boulots minables pour arriver...

C'était l'époque des hommes sans courage. C'était les années soixante. Belle époque, vous dîtes ? Non, pas tant que ça, surtout quand on la regarde par le petit bout de la lorgnette. 'Scusez le dérapage.

lundi 8 septembre 2008

C'est limite, vais-je y arriver ?

J'ai découvert l'appel de textes suivant des Éditions de Ta Mère

19 août 2008

Livre noir, dernier appel.

Salut à tous.
On le promet, c'est le dernier appel de texte pour le livre noir de ta mère.
La date de tombée est le premier octobre.
C'est toujours les mêmes contraintes:
-Ça parle de près ou de loin de maternité.
-C'est pas de la poésie.
-Le format est raisonnablement court.

En attente de vos textes, (edtamere@gmail.com)
Amours et ludisme,
Ta Mère

Damned ! Ça ne me laisse pas énormément de temps, mais comme j'ai déjà qq chose qui fitte, on va s'y mettre, parole de procrastinateur qui tente de se réformer !

dimanche 7 septembre 2008

Arvo Pärt - Spiegel im spiegel

Une des plus belles mélodies que j'aie entendu depuis longtemps. J'ai découvert ça en regardant le court-métrage Milo 55160 de David Ostry.

(La musique accompagne de vieilles photos des pays baltes...)

20. Les plus belles filles lisent du Asimov - Simon Charles

Si vous avez vu ce livre dans une des rares librairies à le tenir en magasin (le réseau de distribution des éditions de Ta Mère est minuscule), vous ne l'aurez sans doute pas remarqué. C'est un tout petit livre, à la couverture blanc-gris, avec un titre écrit dans une police de caractères à peine plus grande que celle utilisée pour le corps du texte. Il est discret en plus d'être petit, et la maquette de la couverture n'a rien de particulièrement attirant. Vous aurez manqué quelque chose cependant...

L'histoire est banale, celle d'un gars qui aime boire, qui perd sa blonde et qui rêve beaucoup à ce que aurait pu être sa vie s'il avait été écrivain (cette vie rêvée donne les deux passages les plus longs du roman, et les plus touchants). Tout est dans la manière de raconter. L'art du romancier, c'est cela : s'approprier une histoire connu et en faire quelque chose de neuf.

Quel merveilleux roman (car c'en est un). Guillaume Voisine a déjà dit le bien qu'il en pensait ici; c'est lui qui me l'a fait découvrir et j'abonde dans le même sens et avec le même enthousiasme. C'est moderne, drôle et, en même temps, émouvant (calvaire, j'ai eu les larmes aux yeux en lisant le chapitre intitulé Le cahier vert)... Simon Charles est un jeune auteur extrêmement doué dont il va falloir suivre la trajectoire. Il réussit ici son entrée en littérature canonique, et on dit qu'il est pas mal en fantastique. C'est à mettre sur sa liste.

Recommandé sans hésitation par ce lecteur-ci


Les plus belles filles lisent du Asimov

Simon Charles
Éditions de Ta Mère

approx. 55 pages


Cote 8 / 10

samedi 6 septembre 2008

19. Tragédie à l'Everest - Jon Krakauer

Tragédie à l'Everest, de Jon Krakauer. Avec un remarquable sens de l'humilité et de la compassion, Jon Krakauer raconte les événements qui ont mené, le 10 mai 1996, à la pire catastrophe d'escalade de l'Everest. Ce jour-là, quatre expéditions en route vers le sommet furent surprises par une violente tempête; des trente-quatre alpinistes qui tentaient d'atteindre le sommet, huit ont péri et quelques autres ont subi des amputations suite à des engelures.

Les causes de la catastrophe sont nombreuses. Au premier chef, la commercialisation de l'Everest. En effet, les fenêtres d'accès pour atteindre le sommet sont, somme toute, assez courtes et les expéditions se mettent généralement en marche à peu près au même moment, convergent et créent un embouteillage au sommet. (Au début de mai 96, il y avait environ 350 grimpeurs, guides et sherpas sur les pistes du plus haut sommet du monde.) Et dans la mesure où les membres ont payé souvent plus de 50 000 $ pour arriver au sommet, il y a une pression sur les guides pour mener leur troupe au sommet
au mépris de la prudence et du bon sens. C'est ce qui s'est produit le 10 mai 96.

Si les guides avaient usé de prudence et préparé la descente dans les meilleures conditions, le sommet aurait été évacué dès 11 heures le matin; or, à 15 heures, des grimpeurs montaient encore et attendaient leur tour pour atteindre le sommet. Quand la tempête (chute des températures accompagnée de blizzard) a frappé vers 17 heures, la noirceur avait envahi les lieux et la catastrophe était inévitable.

De plus, les grimpeurs sont de plus en plus des amateurs en mal d'exploit (grimper le plus haut sommet de chaque continent, très populaire) ou de sensations fortes. Ils sont en forme physiquement (encore que pas toujours) mais ils ne sont pas aguerris pour une ascension aussi difficile que celle-là. Finalement les bouteilles d'oxygène, qui permettent aux expéditions de monter plus vite, sans procéder aux périodes d'adaptation au manque d'oxygène, créent un faux sentiment de sécurité chez les grimpeurs.

Ajoutez là-dessus une tempête imprévue d'une rare violence... (Depuis 1996, il semble que les autorités népalaises aient changé pour le mieux les conditions d'émission des permis d'ascension.)

Jon Krakauer était du nombre de l'équipe la plus touchée. Le récit de cette tragédie est haletant. Une des choses qui m'a troublé, c'est l'absence de moralité des alpinistes, ou plutôt le retour à une moralité de survie. Par exemple, au moins trois des personnes décédées lors de cet événement, ont été abandonnées vivantes à leur sort parce que l'effort nécessaire pour les ramener au camp mettaient en péril la survie de ceux qui tentaient de leur porter secours. (La vraie amoralité, ou moralité rustique, disons, est démontrée par cette équipe japonaise qui, montant au sommet la journée après la catastrophe, est passée devant deux alpinistes pakistanais en perdition, mais toujours vivants, sans arrêter leur ascension. Les Japonais ont continué à grimper et, lors de leur descente, ont retrouvé le cadavre d'un des Pakistanais tandis que l'autre avait disparu...)

Ce qui élève ce récit au-delà de l'anecdote, c'est bien évidemment la participation active de Krakauer à l'expédition, de l'ascension, à la catastrophe, à la descente. Son comportement n'est pas sans reproche. Il a abandonné des gens à la mort, c'est un fardeau qui le hante.

Un livre dur qui parle de la folie des hommes, de l'attrait de l'exploit, du pouvoir de l'argent, de la moralité confrontée à la réalité. Fortement recommandé.

Tragédie à l'Everest (Into thin air)
Jon Krakauer
Presses de la cité
310 pages

Cote 9 / 10

mardi 2 septembre 2008

18. Le petit blond dans un grand parc - Pierre Richard

Avec ce livre et Comme un poisson sans eau, j'aurai lu toute l'œuvre littéraire de Pierre Richard. Car, ma foi, il sait écrire l'acteur, joliment et drôlement. Richard raconte ici son enfance tiraillée entre son vrai père qu'il n'a pas vraiment connu, un beau-père toujours à la recherche d'un coup fumant pour faire fortune, et ses deux grand-pères aussi différents que possible, l'un aristocrate, chef d'industrie, droit et de vieille lignée française, l'autre, l'immigré, chef d'une petite entreprise, près de ses employés et, malgré cela, plutôt Front populaire qu'extrême-droite.

Richard évoque les années de guerre, il a 6 ans lors de la chute de la France en 40. Pour un enfant, les soldats, les véhicules, les avions, tout ça a quelque chose de fascinant, surtout quand on est loin du front comme le sera sa famille. Il raconte ses premières années à l'école, au théâtre, l'annonce de sa vocation à ses parents et surtout à ses grands-pères. C'est mené de main de maître, avec compassion et drôlerie, sans aucune méchanceté pour les imbéciles qui lui ont fait la vie dure quand il était jeune.

Le livre se termine sur une évocation extrêmement touchante de la présence de son père réel dans sa vie. Une présence désirée, toujours fugace, et le désir du père qui l'aura marqué toute sa vie.

Le petit blond dans un grand parc
Pierre Richard
Olivier Orban
163 pages

Cote 8 / 10