Ô mon lecteur, ma lectrice, tu vas avoir chaud, c'est promis. Ton front, tes aisselles, ton entrejambe vont devenir moites. Ta libido va s'embraser.
Le dernier Solaris, tu vas le tenir d'une seule main, comme une revue cochonne, quand tu liras Je voudrais tant lui lécher la p..., un texte qui fait la preuve que même les morts-vivants trippent sur les belles filles, et qui fournit enfin une explication à la jambe raide des zombies.
Prépare-toi à vivre un moment de qualité. Ça va être les tropiques dans ta tête et la mousson dans tes culottes. Un mot d'avertissement : ne pas lire ce texte dans l'autobus, ou alors porte des vêtements amples.
Bon, trêve de billevesées, comme disait le Capitaine. Ben oui j'ai une micro-nouvelle dans le dernier Solaris. Ce qui est amusant (pas du tout, mais c'est tout de même étrange) c'est que pour la deuxième fois de ma vie, je place ma nouvelle juste avant un texte de Daniel Sernine, qui est mon idole à moi. D'abord dans Exodes, puis ici.
Dans Solaris c’est le privilège de l'ancienneté : en effet, les auteurs sont présentés par ordre historique d'apparition dans la revue. J'y ai publié ma première nouvelle dans le quatrième numéro de Requiem, Daniel dans le cinquième. Comme on voit, ça a rien à voir avec le talent, plutôt avec la vieillesse infâme qui nous taraude les organes par l'intérieur.
Un blogue qui parle de lectures et d'écriture, sans oublier Benjamin, Suzanne et moi
mardi 28 octobre 2014
jeudi 2 octobre 2014
Les Mille mots : bilan
Vingt-et-un auteurs ont soumis vingt-trois textes, deux en ayant proposé deux. Treize femmes et huit hommes ont participé, ce qui fait des Mille mots un concours parfaitement mixte. Je ferai valoir ça l'année prochaine au Conseil du statut de la femme en quémandant une petite subvention. Si seulement. Tous les textes ont été envoyés du Québec, il n'y a eu aucun envoi de l'étranger, mais un du Yukon et un de l'Ontario.
Pour les genres, il y a eu six textes relevant de la sf, quatre du fantastique, quatre de la littérature générale, trois de l'insolite et deux chacun de l'horreur, de l'humour et du polar.
Deux thèmes se sont démarqués cette année, celui de la mémoire défaillante et de l'amnésie, et la naissance et le développement des enfants. Tiens, tiens.
Un merci tout spécial à Daniel Sernine, Dave Côté et François Bélisle. Sans eux, il n'y aurait tout simplement pas eu de concours cette année.
Et on se donne rendez-vous dans un an avec l'échéance fixé au 8 septembre 2015.
Pour les genres, il y a eu six textes relevant de la sf, quatre du fantastique, quatre de la littérature générale, trois de l'insolite et deux chacun de l'horreur, de l'humour et du polar.
Deux thèmes se sont démarqués cette année, celui de la mémoire défaillante et de l'amnésie, et la naissance et le développement des enfants. Tiens, tiens.
Merci donc aux auteurs, auteures, auteuses et autrices (choisissez le terme qui vous plaît) :
Federico Alonso
François Bélisle
Geneviève Blouin
Marie-Ève Boucher
Marie Bulle
Patrice Cazeault
Pierre H. Charron
Sébastien Chartrand
Dave Côté
Lily Faure
Céline Jodoin
Colombe Jourdain
Caroline Lacroix
Pierre-Luc Lafrance
Marie Lathuilère
Isabelle Lauzon
Gabrielle Syreeni
Anne-Michèle Lévesque
Ève Patenaude
Annie Perrault
Guillaume Voisine
François Bélisle
Geneviève Blouin
Marie-Ève Boucher
Marie Bulle
Patrice Cazeault
Pierre H. Charron
Sébastien Chartrand
Dave Côté
Lily Faure
Céline Jodoin
Colombe Jourdain
Caroline Lacroix
Pierre-Luc Lafrance
Marie Lathuilère
Isabelle Lauzon
Gabrielle Syreeni
Anne-Michèle Lévesque
Ève Patenaude
Annie Perrault
Guillaume Voisine
JUSTE AVANT DE FINIR :
Un merci tout spécial à Daniel Sernine, Dave Côté et François Bélisle. Sans eux, il n'y aurait tout simplement pas eu de concours cette année.
Et on se donne rendez-vous dans un an avec l'échéance fixé au 8 septembre 2015.
vendredi 26 septembre 2014
Les Mille mots : la première place
Roulement de tambour... Par petites touches délicates, c'est tout l'art de l'auteure, Caroline Lacroix arrive à faire d'un scénario catastrophe quelque chose de plus grand que le seul désespoir de l'ultime survivante. Enjoy !
Aliya appuie sur le bouton qui commande l’ouverture de la porte coulissante. Le bruit de l’air évacué du sas est le dernier son. Tous les volumes sont à zéro pour profiter du silence de la planète rouge, brisé seulement par le sifflement de sa respiration. À l’intérieur et dans son scaphandre, tous ces bips-bips l’agressent, lui donnent l’impression que l’endroit est surpeuplé. Le cratère n’est pas loin, juste au-delà des dunes. Son refuge. Où elle s’isolait, trouvait un peu de tranquillité. Avant. Quand il était difficile d’être seule dans la station exiguë. Une centaine de longues foulées bondissantes la mènent au bord du trou. Elle s’assoit, les pieds pendants dans le vide. Son regard se perd sur l’horizon rouge. Le vide se fait dans son esprit. Enfin.
La tempête s’est finalement calmée. Un mois emprisonnée à l’intérieur. L’extérieur lui a manqué. Même si sa combinaison ajustée lui comprime le corps, c’est dehors qu’elle se sent libre. Elle tourne la tête et peut voir à des kilomètres dans tous les sens; la bulle de son casque n’entrave en rien sa vision. À droite, la plaine à perte de vue qui embrasse l’horizon, loin, très loin, là-bas. Derrière, en avant-plan, les sept modules de la station, de moins en moins blancs à mesure que la poussière rouge s’y colle. À gauche, la navette, leur aller simple vers Mars, couverte de sable. Combien de temps avant qu’elle ne soit plus qu’une dune? Et, loin devant, le mont Olympe. Olympus Mons. Plus grand encore qu’il n’en a l’air à cette distance. Ils n’avaient pas eu le temps de s’y rendre. Mais ça faisait partie de leurs plans. Dès qu’ils avaient posé le pied sur le sol, ils avaient commencé à en parler. Maintenant, le temps, ce n’est pas ce qui lui manque.
Une lumière rouge clignote, à gauche, sur la visière de son casque. Elle fixe la plaine, le temps que la lumière s’éteigne. Une grande inspiration, l’odeur inimitable de l’oxygène en tube, différente de celle de la station. Puis elle sort la boîte de son sac, la dépose sur ses genoux. Ses yeux sont secs, mais il y a comme un creux dans son estomac. Le couvercle s’ouvre sans résistance, elle fixe les cendres qui remplissent la boîte. Une pause, comme une hésitation, comme si libérer toute cette poussière grise allait changer quoi que ce soit. Puis, d’un geste sec, elle renverse le contenant. Les cendres tournoient dans la brise, tombent vers le fond du cratère. Un nuage gris qui se mêle aux ocres tout en bas. Jack rejoint les autres.
Il y avait eu Félix, le premier. Un accident bête, une chute, sa combinaison déchirée. Ils l’avaient entendu mourir. L’agonie de leur ami en direct dans leurs oreilles. Ils avaient récupéré son corps, puis l’avaient incinéré avant de répandre ses restes dans le cratère tel qu’il l’avait souhaité. Après, lorsque le virus avait fait sa première victime, il avait semblé normal de répandre les cendres de Sofia au même endroit. Puis une troisième victime, puis tous les sept. Tous, sauf elle. C’était devenu leur cimetière. Mais elle, qui la réduira en cendre? Qui viendra les répandre avec celles de ses compagnons? Elle sera seule. Pour l’éternité. Ses restes même pas mêlés à ceux de ses amis. Et si elle répondait enfin à l’appel d’Olympus Mons? Son regard se durcit, sa décision se raffermit.
Elle se lève et contourne le cratère par la gauche. Elle fixe la haute montagne, au loin. Elle passe à côté du vaisseau sans s’arrêter, à coup de longues enjambées.
La lumière clignote de nouveau à la gauche de son champ de vision. Elle soupire et active le message.
L’image, de mauvaise qualité, s’affiche en transparence sur sa visière. Le visage de Steve se superpose au paysage. Mais Olympus est toujours là, en arrière-plan.
Salut Ali! On n’a pas reçu ton rapport hier (l’image s’arrête quelques secondes, le son coupe)… silence m’inquiète. Tout va bien? J’ai examiné les résultats à nouveau, je confirme que tu es immunisée. Mais, rassure-moi quand même, toujours pas de signe d’infection? (le message s’arrête encore, puis reprend)… n’as pas non plus contacté le docteur Lefrançois. Tu sais, on est conscient que la solitude peut te peser. Mais c’est important d’en parler. (coupure)… la prochaine vague d’immigration est toujours en suspens, mais du nouvel équipement partira finalement d’ici une semaine. Bon, c’est rien à court terme pour toi, je sais, mais, d’ici à ce que le matériel arrive, on s’attelle à redéfinir ta mission pour les neuf prochains mois. On pense qu’il faut continuer l’exploration. Et tu as besoin de buts. Les grands bonzes n’ont pas été faciles à convaincre. (coupure)… mais, ils incluent un rover (silence)… au cas où il n’y aurait plus personne à l’arrivée du vaisseau. Écoute, j’aimerais vraiment entendre ta voix. Tu me réponds rapidement, d’accord? Au minimum, un message vocal, s’il te plaît.
Un grésillement emplit son casque avant que le silence ne reprenne la place. Elle avance toujours vers la montagne, mais ses foulées se font moins bondissantes. Steve a raison, elle a besoin d’un but. Mourir en allant vers la montagne ou voir la suite des choses? Si elle va chercher le rover, elle pourra s’approcher plus près d’Olympus qu’ils ne l’ont jamais été. Puis, ouvrir son casque et en finir. Seule. Mais près du but. Près d’un but. Elle peut aussi retourner à la station, continuer à tout faire fonctionner, préparer la prochaine vague de colons. Se convaincre qu’il y aura une prochaine vague. Elle tourne lentement le dos à Olympus, sa décision balance avec chaque foulée : aller chercher le rover, attendre une prochaine vague, aller chercher le rover...
© Caroline Lacroix
Poussières sur Mars
Caroline Lacroix
Aliya appuie sur le bouton qui commande l’ouverture de la porte coulissante. Le bruit de l’air évacué du sas est le dernier son. Tous les volumes sont à zéro pour profiter du silence de la planète rouge, brisé seulement par le sifflement de sa respiration. À l’intérieur et dans son scaphandre, tous ces bips-bips l’agressent, lui donnent l’impression que l’endroit est surpeuplé. Le cratère n’est pas loin, juste au-delà des dunes. Son refuge. Où elle s’isolait, trouvait un peu de tranquillité. Avant. Quand il était difficile d’être seule dans la station exiguë. Une centaine de longues foulées bondissantes la mènent au bord du trou. Elle s’assoit, les pieds pendants dans le vide. Son regard se perd sur l’horizon rouge. Le vide se fait dans son esprit. Enfin.
La tempête s’est finalement calmée. Un mois emprisonnée à l’intérieur. L’extérieur lui a manqué. Même si sa combinaison ajustée lui comprime le corps, c’est dehors qu’elle se sent libre. Elle tourne la tête et peut voir à des kilomètres dans tous les sens; la bulle de son casque n’entrave en rien sa vision. À droite, la plaine à perte de vue qui embrasse l’horizon, loin, très loin, là-bas. Derrière, en avant-plan, les sept modules de la station, de moins en moins blancs à mesure que la poussière rouge s’y colle. À gauche, la navette, leur aller simple vers Mars, couverte de sable. Combien de temps avant qu’elle ne soit plus qu’une dune? Et, loin devant, le mont Olympe. Olympus Mons. Plus grand encore qu’il n’en a l’air à cette distance. Ils n’avaient pas eu le temps de s’y rendre. Mais ça faisait partie de leurs plans. Dès qu’ils avaient posé le pied sur le sol, ils avaient commencé à en parler. Maintenant, le temps, ce n’est pas ce qui lui manque.
Une lumière rouge clignote, à gauche, sur la visière de son casque. Elle fixe la plaine, le temps que la lumière s’éteigne. Une grande inspiration, l’odeur inimitable de l’oxygène en tube, différente de celle de la station. Puis elle sort la boîte de son sac, la dépose sur ses genoux. Ses yeux sont secs, mais il y a comme un creux dans son estomac. Le couvercle s’ouvre sans résistance, elle fixe les cendres qui remplissent la boîte. Une pause, comme une hésitation, comme si libérer toute cette poussière grise allait changer quoi que ce soit. Puis, d’un geste sec, elle renverse le contenant. Les cendres tournoient dans la brise, tombent vers le fond du cratère. Un nuage gris qui se mêle aux ocres tout en bas. Jack rejoint les autres.
Il y avait eu Félix, le premier. Un accident bête, une chute, sa combinaison déchirée. Ils l’avaient entendu mourir. L’agonie de leur ami en direct dans leurs oreilles. Ils avaient récupéré son corps, puis l’avaient incinéré avant de répandre ses restes dans le cratère tel qu’il l’avait souhaité. Après, lorsque le virus avait fait sa première victime, il avait semblé normal de répandre les cendres de Sofia au même endroit. Puis une troisième victime, puis tous les sept. Tous, sauf elle. C’était devenu leur cimetière. Mais elle, qui la réduira en cendre? Qui viendra les répandre avec celles de ses compagnons? Elle sera seule. Pour l’éternité. Ses restes même pas mêlés à ceux de ses amis. Et si elle répondait enfin à l’appel d’Olympus Mons? Son regard se durcit, sa décision se raffermit.
Elle se lève et contourne le cratère par la gauche. Elle fixe la haute montagne, au loin. Elle passe à côté du vaisseau sans s’arrêter, à coup de longues enjambées.
La lumière clignote de nouveau à la gauche de son champ de vision. Elle soupire et active le message.
L’image, de mauvaise qualité, s’affiche en transparence sur sa visière. Le visage de Steve se superpose au paysage. Mais Olympus est toujours là, en arrière-plan.
Salut Ali! On n’a pas reçu ton rapport hier (l’image s’arrête quelques secondes, le son coupe)… silence m’inquiète. Tout va bien? J’ai examiné les résultats à nouveau, je confirme que tu es immunisée. Mais, rassure-moi quand même, toujours pas de signe d’infection? (le message s’arrête encore, puis reprend)… n’as pas non plus contacté le docteur Lefrançois. Tu sais, on est conscient que la solitude peut te peser. Mais c’est important d’en parler. (coupure)… la prochaine vague d’immigration est toujours en suspens, mais du nouvel équipement partira finalement d’ici une semaine. Bon, c’est rien à court terme pour toi, je sais, mais, d’ici à ce que le matériel arrive, on s’attelle à redéfinir ta mission pour les neuf prochains mois. On pense qu’il faut continuer l’exploration. Et tu as besoin de buts. Les grands bonzes n’ont pas été faciles à convaincre. (coupure)… mais, ils incluent un rover (silence)… au cas où il n’y aurait plus personne à l’arrivée du vaisseau. Écoute, j’aimerais vraiment entendre ta voix. Tu me réponds rapidement, d’accord? Au minimum, un message vocal, s’il te plaît.
Un grésillement emplit son casque avant que le silence ne reprenne la place. Elle avance toujours vers la montagne, mais ses foulées se font moins bondissantes. Steve a raison, elle a besoin d’un but. Mourir en allant vers la montagne ou voir la suite des choses? Si elle va chercher le rover, elle pourra s’approcher plus près d’Olympus qu’ils ne l’ont jamais été. Puis, ouvrir son casque et en finir. Seule. Mais près du but. Près d’un but. Elle peut aussi retourner à la station, continuer à tout faire fonctionner, préparer la prochaine vague de colons. Se convaincre qu’il y aura une prochaine vague. Elle tourne lentement le dos à Olympus, sa décision balance avec chaque foulée : aller chercher le rover, attendre une prochaine vague, aller chercher le rover...
© Caroline Lacroix
jeudi 25 septembre 2014
Les Mille mots : la deuxième place
Dans ce récit aux allures un peu journalistiques se cache quelque chose de profond sur les apparences, c'est-à-dire que même dans un milieu qui peut nous sembler abject et inquiétant, il y a toujours une part d'humanité. Il suffit d'ouvrir les yeux.
Mes pieds avaient des allures de vieille poterie. La route rouge et aride s’arrêtait un peu plus loin à l’entrée du dépotoir. Déjà les odeurs nauséeuses de la décharge se rendaient jusqu’à moi par les échappements des colonnes de fumée, expressions fétides de détritus calcinés. Les piliers noirs découpaient sur le paysage comme des gratte-ciel grotesques. Après des mois passés à sillonner Dakar pour une recherche sur les artisans du recyclage, un voyage à M’beubeusse flanquée de Malik, mon guide devenu assistant de recherche, s’imposait. M’beubeusse c’était la plus grande décharge à ciel ouvert du Sénégal, une étendue montagneuse de déchets de plusieurs kilomètres et le lieu de résidence de celui que je devais rencontrer. Les têtes voilées se retournaient vers moi, curieuses. J’avais l’habitude. Une toubab dans les quartiers éloignés, ça intriguait toujours un peu. Malik prit le petit sac à dos de mes épaules et le déposa sur les siennes.
-Il y a beaucoup de criminels qui ne savent plus où aller après leur sortie de prison, les gens ne veulent plus d’eux. Alors ils viennent habiter M’beubeusse. Et il y a les sorcières aussi…
-Super Malik, merci pour le pep talk, soufflais-je.
-Le quoi?
-Non rien, laisse faire… Allons-y!
Je réajustai ma chemise par-dessus la ceinture contenant passeport et porte-monnaie. Nous pénétrâmes au royaume des ordures. Sur les côtés du talus trônaient des abris de fortune. D’énormes pneus servaient de base pour ces refuges. En guise de toit, des structures recouvertes d’un patchwork éclectique soutenues par des perches construites d’un assortiment improvisé. Assis en tailleur en petits groupes, de jeunes hommes nous regardaient passer. Tandis que certains arboraient un sourire en coin, d’autres semblaient moins amusés par notre présence. Quelques un nous tournèrent carrément le dos. Un malaise grimpant m’agrippa. Et comme s’il avait lu ma pensée, Malik me souffla tout à trac :
-Tu sais Emmy, c’est comme ailleurs, il faut saluer les gens… On est chez eux ici.
L’anthropologue que je suis le savait, mais l’endroit était à ce point déstabilisant que j’en avais temporairement oublié mes bonnes manières. Aussitôt, mon inconfort fut camouflé par des As Salaam Alaikum bien prononcés. Malgré un degré varié d’entrain et de sincérité, tous répondirent. On demanda même à Malik à quelques reprises: « Combien pour ta blanche? » Heureusement, Malik résista à la tentation de vendre « sa blanche » et nous pûmes continuer ensemble… Allahmdoulilah.
Soudain, deux fillettes aux vêtements défraîchis émergèrent d’un tas de pneus, tout sourire. Elles s’approchèrent de nous pour les salutations et s’empressèrent de complimenter Malik sur ma beauté. Je leur retournai le compliment dans mon wolof approximatif, ce qui les fit éclater d’un rire franc et cristallin. Les fillettes aux yeux pétillants d’intelligence nous accompagnèrent ensuite le long du chemin bordé d’immondices en jacassant comme des pipelettes, jusqu’à ce que nous rejoignions l’endroit où nous devions descendre dans la vallée de débris.
En enjambant le bas-côté, le sol s’enfonça sous mes pas comme un tapis épais et caoutchouteux. L’instabilité du sol n’eut d’égal que la vision surréaliste de sa composition. Un amalgame de vieux vêtements, de chaussures amochées, de sandales brisées, de sacs usés et de tissus déchirés était éparpillé sur le sol, pêle-mêle. À travers tous les restants de la consommation bon marché, les peluches éventrées et les poupées décapitées et démembrées firent prophétiques les menaces maternelles de mon enfance sur le futur de ma chambre à coucher. Des touffes de cheveux artificiels, vestiges capillaires des coiffures élaborées des Sénégalaises, ajoutaient au glauque de ce sol étrange.
Après avoir serpenté à travers le labyrinthe du village construit à même le dépotoir, le domaine de Baba le recycleur nous apparut, cours clôturée d’énormes panneaux de métal rouillé. Baba, un homme au visage sillonné par les années, nous accueillit sur son territoire. Installée à l’ombre d’un arbre sur une montagne de débris, je pu poser mes questions sur le travail de recycleur. Baba me parla de sa vie à M’beubeusse, incluant la montée inquiétante de la criminalité au village. Après l’entrevue, Baba nous offrit de partager son repas. Difficile de dire non, impossible en fait, sans offusquer.
Je mangeais du bout des lèvres en bavardant dans le bruit ambiant de la décharge lorsqu’une odeur fétide surpassa soudainement toutes les autres. Une épave en putrescence dans la canicule. Notre hôte nous expliqua alors que c’était les camions en provenance du port qui dégageaient cette odeur nauséabonde en se déversant. Vu l’intensité de l’odeur, je fus choquée d’apprendre que certaines femmes du village ramassaient les restes de poisson encore utilisables pour les laver, les fumer et les préparer à la vente et à la consommation. Comme dans le plat que nous partagions.
Je prétextai une envie pressante afin de m’éloigner un peu du plat commun. Baba m’indiqua la bécosse à quelques pas de là. Mais à peine avais-je tourné le coin hors de la cours qu’un petit groupe d’hommes m’entoura. Leurs regards n’auguraient rien de bon. Avant que je ne puisse réagir, ils se ruèrent sur moi. Je sentis des mains le long de ma taille. Affolée, je poussai un cri qui alerta des gens dans les cours avoisinantes et fit détaler les malfaiteurs. Malik et Baba apparurent, effarés. Je touchai ma ceinture.
-Merde! Mon passeport, mon porte-monnaie!
Malik fit mine de partir à la poursuite des malfrats mais Baba l’attrapa par l’épaule.
-Trop dangereux.
Frustrée de la tournure des évènements, je voulus rentrer à Dakar aussitôt. Maintenant sans-papier, une montagne de problèmes m’attendait, spectre pénible. Je remerciai Baba de son hospitalité et nous repartîmes.
Aux abords du dépotoir une petite main m’attrapa par derrière. Une des fillettes qui nous avaient escortés plus tôt me tendit mes affaires. Je la regardai, surprise.
-J’ai des doigts de fée, dit-elle simplement, et si je vous avais offert de surveiller vos affaires, vous auriez refusé.
J’étais sans mot. Je me penchai pour sortir des sous de mon porte-monnaie en guise de remerciement, mais lorsque je relevai la tête, les petites fées du dépotoir avaient disparu.
© Marie-Ève Boucher
Les fées du dépotoir
Marie-Ève Boucher
Mes pieds avaient des allures de vieille poterie. La route rouge et aride s’arrêtait un peu plus loin à l’entrée du dépotoir. Déjà les odeurs nauséeuses de la décharge se rendaient jusqu’à moi par les échappements des colonnes de fumée, expressions fétides de détritus calcinés. Les piliers noirs découpaient sur le paysage comme des gratte-ciel grotesques. Après des mois passés à sillonner Dakar pour une recherche sur les artisans du recyclage, un voyage à M’beubeusse flanquée de Malik, mon guide devenu assistant de recherche, s’imposait. M’beubeusse c’était la plus grande décharge à ciel ouvert du Sénégal, une étendue montagneuse de déchets de plusieurs kilomètres et le lieu de résidence de celui que je devais rencontrer. Les têtes voilées se retournaient vers moi, curieuses. J’avais l’habitude. Une toubab dans les quartiers éloignés, ça intriguait toujours un peu. Malik prit le petit sac à dos de mes épaules et le déposa sur les siennes.
-Il y a beaucoup de criminels qui ne savent plus où aller après leur sortie de prison, les gens ne veulent plus d’eux. Alors ils viennent habiter M’beubeusse. Et il y a les sorcières aussi…
-Super Malik, merci pour le pep talk, soufflais-je.
-Le quoi?
-Non rien, laisse faire… Allons-y!
Je réajustai ma chemise par-dessus la ceinture contenant passeport et porte-monnaie. Nous pénétrâmes au royaume des ordures. Sur les côtés du talus trônaient des abris de fortune. D’énormes pneus servaient de base pour ces refuges. En guise de toit, des structures recouvertes d’un patchwork éclectique soutenues par des perches construites d’un assortiment improvisé. Assis en tailleur en petits groupes, de jeunes hommes nous regardaient passer. Tandis que certains arboraient un sourire en coin, d’autres semblaient moins amusés par notre présence. Quelques un nous tournèrent carrément le dos. Un malaise grimpant m’agrippa. Et comme s’il avait lu ma pensée, Malik me souffla tout à trac :
-Tu sais Emmy, c’est comme ailleurs, il faut saluer les gens… On est chez eux ici.
L’anthropologue que je suis le savait, mais l’endroit était à ce point déstabilisant que j’en avais temporairement oublié mes bonnes manières. Aussitôt, mon inconfort fut camouflé par des As Salaam Alaikum bien prononcés. Malgré un degré varié d’entrain et de sincérité, tous répondirent. On demanda même à Malik à quelques reprises: « Combien pour ta blanche? » Heureusement, Malik résista à la tentation de vendre « sa blanche » et nous pûmes continuer ensemble… Allahmdoulilah.
Soudain, deux fillettes aux vêtements défraîchis émergèrent d’un tas de pneus, tout sourire. Elles s’approchèrent de nous pour les salutations et s’empressèrent de complimenter Malik sur ma beauté. Je leur retournai le compliment dans mon wolof approximatif, ce qui les fit éclater d’un rire franc et cristallin. Les fillettes aux yeux pétillants d’intelligence nous accompagnèrent ensuite le long du chemin bordé d’immondices en jacassant comme des pipelettes, jusqu’à ce que nous rejoignions l’endroit où nous devions descendre dans la vallée de débris.
En enjambant le bas-côté, le sol s’enfonça sous mes pas comme un tapis épais et caoutchouteux. L’instabilité du sol n’eut d’égal que la vision surréaliste de sa composition. Un amalgame de vieux vêtements, de chaussures amochées, de sandales brisées, de sacs usés et de tissus déchirés était éparpillé sur le sol, pêle-mêle. À travers tous les restants de la consommation bon marché, les peluches éventrées et les poupées décapitées et démembrées firent prophétiques les menaces maternelles de mon enfance sur le futur de ma chambre à coucher. Des touffes de cheveux artificiels, vestiges capillaires des coiffures élaborées des Sénégalaises, ajoutaient au glauque de ce sol étrange.
Après avoir serpenté à travers le labyrinthe du village construit à même le dépotoir, le domaine de Baba le recycleur nous apparut, cours clôturée d’énormes panneaux de métal rouillé. Baba, un homme au visage sillonné par les années, nous accueillit sur son territoire. Installée à l’ombre d’un arbre sur une montagne de débris, je pu poser mes questions sur le travail de recycleur. Baba me parla de sa vie à M’beubeusse, incluant la montée inquiétante de la criminalité au village. Après l’entrevue, Baba nous offrit de partager son repas. Difficile de dire non, impossible en fait, sans offusquer.
Je mangeais du bout des lèvres en bavardant dans le bruit ambiant de la décharge lorsqu’une odeur fétide surpassa soudainement toutes les autres. Une épave en putrescence dans la canicule. Notre hôte nous expliqua alors que c’était les camions en provenance du port qui dégageaient cette odeur nauséabonde en se déversant. Vu l’intensité de l’odeur, je fus choquée d’apprendre que certaines femmes du village ramassaient les restes de poisson encore utilisables pour les laver, les fumer et les préparer à la vente et à la consommation. Comme dans le plat que nous partagions.
Je prétextai une envie pressante afin de m’éloigner un peu du plat commun. Baba m’indiqua la bécosse à quelques pas de là. Mais à peine avais-je tourné le coin hors de la cours qu’un petit groupe d’hommes m’entoura. Leurs regards n’auguraient rien de bon. Avant que je ne puisse réagir, ils se ruèrent sur moi. Je sentis des mains le long de ma taille. Affolée, je poussai un cri qui alerta des gens dans les cours avoisinantes et fit détaler les malfaiteurs. Malik et Baba apparurent, effarés. Je touchai ma ceinture.
-Merde! Mon passeport, mon porte-monnaie!
Malik fit mine de partir à la poursuite des malfrats mais Baba l’attrapa par l’épaule.
-Trop dangereux.
Frustrée de la tournure des évènements, je voulus rentrer à Dakar aussitôt. Maintenant sans-papier, une montagne de problèmes m’attendait, spectre pénible. Je remerciai Baba de son hospitalité et nous repartîmes.
Aux abords du dépotoir une petite main m’attrapa par derrière. Une des fillettes qui nous avaient escortés plus tôt me tendit mes affaires. Je la regardai, surprise.
-J’ai des doigts de fée, dit-elle simplement, et si je vous avais offert de surveiller vos affaires, vous auriez refusé.
J’étais sans mot. Je me penchai pour sortir des sous de mon porte-monnaie en guise de remerciement, mais lorsque je relevai la tête, les petites fées du dépotoir avaient disparu.
© Marie-Ève Boucher
mercredi 24 septembre 2014
Les Mille mots : la troisième place
Le gagnant de l'an dernier revient avec un texte puissant, plein d'une fureur incapable de s'exprimer.
Parle
Patrice Cazeault
Deux bicyclettes dévalent la côte. Sur la première, il y a Laurence, les
bras en croix, la tignasse blonde offerte au vent. La nuit lui fouette la peau
et la fraîcheur de septembre lui pique le visage. Le dérailleur de sa monture
grince à chaque coup de pédale. Derrière suit David, les mains sur les poignées
et les yeux sur sa roue d'en avant.
Des lampadaires éclairent leur chemin à coup de taches orange sur le bitume
craquelé. Leurs freins émettent un long crissement alors qu'ils ralentissent
pour abandonner leurs bicyclettes contre le dépanneur du village
.
Laurence gravit les marches la première, en quelques enjambées. David doit
appuyer ses mains sur ses genoux pour la suivre. À l'intérieur, la vieille Vietnamienne
les salue d'un sourire et d'un hochement de tête. Son regard ne monte pas plus
haut que le menton des deux jeunes gens.
Ceux-ci font le plein de provisions: chips crème sûre et oignon, canettes
de liqueurs à quatre-vingt-dix-neuf cents, paquet de saucisses à hot-dog et un
sac de réglisses.
Quand Laurence passe à la caisse, quelque chose fait clink sous sa chemise à carreaux, mais la vieille dame est à peu
près sourde. Grand sourire et une main ridée qui remet une poignée de change.
Dehors, les bicyclettes ont glissé sur le bardeau blanc et gisent par
terre. Laurence et David contournent le tas de ferraille. Ils marchent sur un
sentier creusé par leurs fréquents passages. Les feuilles sont humides sur les
arbres. En suivant le sillon tracé sur le sol meuble, ils atteignent un petit
ruisseau qui s'écoule presque sans bruit. Les grillons chantent plus fort que
le courant.
David s'installe à sa place habituelle et plonge la main dans le sac de
croustilles. Quant à elle, Laurence se déchausse, remonte le bord de ses jeans
jusqu'à ses genoux et pose les pieds sur les pierres qui luisent au milieu du
cours d'eau. Des ecchymoses parsèment ses tibias. Petites taches d'une
constellation plus grande, invisible. En équilibre sur une grosse roche, elle
trempe le bout de ses orteils.
— Ouh! C'est froid!
Le garçon l'ignore. Il mange, le nez dans son sac. Il ramasse les chips par
pelletées. Une après l'autre. Crounch
crounch crounch. La constellation s'étire jusque sous ses vêtements à lui
aussi. Quand le sac est vide, il ouvre le paquet de réglisses, se décapsule une
liqueur, hoquète entre deux gorgées. Le sucre lui mord les dents qu'il n'a pas
brossées depuis le matin.
— Tu me laisses quelque chose, cette fois? demande Laurence.
Elle allonge les bras, comme quand elle descendait la pente en vélo. David
ne répond pas. Il attaque une nouvelle réglisse et noie les morceaux avec une
autre rasade de liquide pétillant. Laurence ferme les yeux, puis bondit sur une
nouvelle pierre. Pieds nus, elle manque de déraper. On entend encore des bruits
de verre quand elle se déplace.
— C'est parce que tu te laisses faire que c'est toi qui mange le plus de
volées, affirme-t-elle.
David porte la canette à sa bouche.
— Faut que tu te défendes. Ça le choque que tu ne répliques pas. T'as l'air
d'un lâche.
Laurence tournoie sur elle-même. Elle se souvient de la toute première fois
qu'elle a osé le griffer, écoeurée des cris et des claques. Elle se rappelle de
la main qui lui agrippe les cheveux, de la poigne de fer et de ses pieds qui
quittent le sol alors qu'elle vole à travers le salon pour atterrir dans le
mur.
— Oui, la première fois, c'est rough. Mais il va finir par te laisser
tranquille.
En trois sauts, elle rejoint la berge.
— Au moins, réponds-lui. Laisse-toi pas faire.
David passe une main graisseuse dans ses cheveux denses. Laurence s'assoit
à ses côtés et ouvre le paquet de saucisses avec son canif. Elle en offre une
et trouve tout de suite preneur.
— Au moins, répète-t-elle, parle-moi. J'suis là, tsé. Faut pas que ça reste
en dedans.
Comme seule réponse, David cueille un autre bâtonnet de viande qu'il se
dépêche d'engloutir. Laurence soupire, déboutonne sa chemise et y pêche deux
bouteilles de bière. Le garçon réagit enfin. Il secoue son gros menton trois
fois.
Laurence les débouche toutes les deux et ne lui laisse pas le choix.
— Faut pas que ça reste en dedans... Bois, pis parle.
Pour l'encourager, elle prend une longue lampée. David met une éternité à
l'imiter. Quand il penche la tête vers l'arrière, la lune s'accroche à son
regard mouillé.
— Parle, astheure. Tu sais que je comprends.
Au lieu, David ramène les mots vers l'intérieur. Il mange une autre
saucisse, avale une autre gorgée.
— Ostie, David, dis quelque chose. Ça va te faire du bien! Cris, varge,
fais de quoi!
Il fait non de la tête. Tout ce qui sort de sa bouche est aussi laid que ce
qui y entre. Il n'a rien à dire. Ça ne lui a jamais rien apporté de bon.
— Parle, criss!
Le feu brûle dans les yeux de Laurence tandis que la mer envahit ceux de
David.
— Envoye, parle, gros épais! J'suis là pour t'aider. Je vis la même chose
que toi.
Par réflexe, David tend la main vers la nourriture, mais Laurence envoie
valser le paquets dans les airs. Les saucisses décrivent un arc grotesque avant
de disparaître dans le ruisseau. Plouf...
— Parle, ostie de gros bébé, à la place de toujours t'empiffrer!
Fâchée, Laurence le bouscule. Pourquoi tu te tiens pas comme un homme, lui
assène-t-elle, pourquoi tu dis jamais rien, pourquoi tu le laisses faire,
pourquoi tu te défends pas?
Pourquoi tu me défends pas quand
il rentre complètement saoul...
Quand elle se rend compte qu'elle secoue son frère par les épaules,
Laurence relâche sa prise. Elle tente de retrouver son visage derrière ses
traits tordus par les sanglots.
— Ou braille... Braille, David...
Elle l'enlace malgré le mouvement de recul de celui-ci. Elle serre entre
ses bras les chairs qui retiennent toutes ces larmes...
— Faut que ça sorte... Braille. Ça va te faire du bien...
© Patrice Cazeault
lundi 22 septembre 2014
Les Mille mots : la courte liste
Le crescendo du suspense est invivable, non ? Un vrai film d'Hitchcock.
Voici les cinq textes retenus avant le dévoilement de la nouvelle gagnante :
Demain, on passe aux choses sérieuses !
Voici les cinq textes retenus avant le dévoilement de la nouvelle gagnante :
- Bicéphale
- L'arbre dans la maison
- Les fées du dépotoir
- Parle
- Poussières sur Mars
Demain, on passe aux choses sérieuses !
samedi 20 septembre 2014
Les Mille mots : la longue liste
Voilà la première liste des finalistes. Dans deux jours, suspense suspense, la courte liste.
2012 a appelé
Bicéphale
Carapace
Cernée par la vie
L'arbre dans la maison
Les fées du dépotoir
Lorsqu'ils s'éveillent
Parle
Poussières sur Mars
Tous des faits divers
Bicéphale
Carapace
Cernée par la vie
L'arbre dans la maison
Les fées du dépotoir
Lorsqu'ils s'éveillent
Parle
Poussières sur Mars
Tous des faits divers
En plus, l'équipe de Brins d'éternité nous offre un exemplaire de l'anthologie Dix ans d'éternité, fraîchement parue aux Six Brumes. Merci à tout le monde !
vendredi 19 septembre 2014
Les Mille mots : la cagnotte mange ses émotions
Les Mille mots : le seul concours dont la cagnotte augmente après l'échéance !
L'anthologiste, maître d’œuvre et sympathique barbu Luc Dagenais offre un exemplaire du livre 6, chalet des brumes (encore chaud de l'imprimerie, le livre pas Luc) au gagnant du concours.
La cagnotte continue de prendre du poids !
Demain, la longue liste des finalistes !
L'anthologiste, maître d’œuvre et sympathique barbu Luc Dagenais offre un exemplaire du livre 6, chalet des brumes (encore chaud de l'imprimerie, le livre pas Luc) au gagnant du concours.
La cagnotte continue de prendre du poids !
Demain, la longue liste des finalistes !
mercredi 10 septembre 2014
Les Mille mots : les textes
Cette année, vingt-trois textes ont été soumis. Vingt-trois ! C'est méga ! Voici la liste alphabétique des titres :
Là, je rentre dans un court ermitage. Il y a pas loin de vingt milles mots à lire, et, menoum, menoum, je me régale d'avance.
On se retrouve très bientôt avec les gagnants !
- 13 noir
- 2012 a appelé
- À la fin, seuls les mots restent
- À la folie
- Ailleurs
- Bicéphale
- Carapace
- Cernée par la vie
- Handicap
- Heureux qui comme Ulysse...
- J'ai tué Maigret
- La maison carrée
- La page blanche du grimaud
- L'arbre dans la maison
- Les fées du dépotoir
- L'Ordre royal des Mousquetaires
- Lorsqu'ils s'éveillent
- Parle
- Pomona
- Poussières sur Mars
- Silence
- Tous des faits divers
- Tu rêves !
Là, je rentre dans un court ermitage. Il y a pas loin de vingt milles mots à lire, et, menoum, menoum, je me régale d'avance.
On se retrouve très bientôt avec les gagnants !
mardi 2 septembre 2014
Les Mille mots : une petite prolongation
Mea culpa.
Mea culpa.
Mea maxima culpa.
C'est par ma très grande faute, mais je ne suis si peu occupé du concours (et du blogue) cette année que j'ai décidé par Décret simili-royal (eh !) de prolonger d'une semaine l'échéance des Mille mots.
Vous avez donc jusqu'au 8 septembre à minuit pour envoyer votre texte, en envoyer quelques autres (maximum : trois, je le rappelle) ou encore retravailler celui que vous avez déjà soumis.
Je présente mes excuses à ceux et celles qui ont respecté la première échéance, mais dites vous qu'à vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Plus la compét' sera féroce, meilleur sera le goût de la victoire.
Mea culpa.
Mea maxima culpa.
C'est par ma très grande faute, mais je ne suis si peu occupé du concours (et du blogue) cette année que j'ai décidé par Décret simili-royal (eh !) de prolonger d'une semaine l'échéance des Mille mots.
Vous avez donc jusqu'au 8 septembre à minuit pour envoyer votre texte, en envoyer quelques autres (maximum : trois, je le rappelle) ou encore retravailler celui que vous avez déjà soumis.
Je présente mes excuses à ceux et celles qui ont respecté la première échéance, mais dites vous qu'à vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Plus la compét' sera féroce, meilleur sera le goût de la victoire.
mercredi 27 août 2014
Les Mille mots : le dernier droit !
Encore quelques jours pour participer.
Allumez vos écrans, piochez vos claviers.
Le 1er septembre s'en vient.
mercredi 20 août 2014
Les Mille mots : encore onze jours
Il reste encore onze jours avant la fin du concours de cette année. Le temps passe inexorablement et ne reviens pas, le paradis à la fin de nos jours, etc.
Une nouvelle géniale : grâce à trois généreux donateurs, il y aura un prix monétaire aux Mille mots cette année. C'est fou, non ? Un matin, tu crois tout perdu, puis, tels les rois mages à l'étable, arrivent trois excellentes personnes (une seule que je connais en personne, soit dit en passant), les bras chargés d'or, de myrrhe et d'encens, et voilà que le prix monétaire des Mille mots est non seulement rescapé, mais augmenté. Cette année le premier prix sera de 125 $.
Qui aurait cru ça ? Je suis tellement sidéré que je n'ai remercié correctement aucun d'entre eux. Qu'ils considèrent donc ces quelques mots comme l'expression de ma gratitude la plus sincère.
Comme je disais, encore onze jours !
Une nouvelle géniale : grâce à trois généreux donateurs, il y aura un prix monétaire aux Mille mots cette année. C'est fou, non ? Un matin, tu crois tout perdu, puis, tels les rois mages à l'étable, arrivent trois excellentes personnes (une seule que je connais en personne, soit dit en passant), les bras chargés d'or, de myrrhe et d'encens, et voilà que le prix monétaire des Mille mots est non seulement rescapé, mais augmenté. Cette année le premier prix sera de 125 $.
Qui aurait cru ça ? Je suis tellement sidéré que je n'ai remercié correctement aucun d'entre eux. Qu'ils considèrent donc ces quelques mots comme l'expression de ma gratitude la plus sincère.
Comme je disais, encore onze jours !
mardi 12 août 2014
Transformer une faiblesse en avantage
Pour toutes sortes de raisons, et certains d'entre vous connaissez le fond de la vérité, Benjamin est un garçon réservé et timide, qui ne se mêle pas facilement aux autres.
Cet été, il a décider de se remettre au soccer. Il avait tenté l'expérience il y a trois ou quatre ans et, surchargé d'émotions inquiétantes et agressantes, avait abandonné après trois petites séances. Durant la dernière année scolaire, il a recommencé à jouer avec ses copains de troisième année, y a pris du plaisir, et, donc, puisqu'il le souhaitait, nous l'avons inscrit à un cours estival de ballon rond.
Les jeunes du groupe de fiston ont huit et neuf ans. Si quelques-uns ont vraiment du talent et le sens du jeu, d'autres en ont moins et certains quasiment pas. Par contre, talentueux ou non, ils sont tous obnubilés par la balle.
Le ballon se promène sur le terrain entouré d'une nuée de joueurs et de joueuses qui tentent avec enthousiasme et une belle énergie de le pousser vers les buts adverses.
Benjamin, lui, parce que c'est lui, avec ses idiosyncrasies, se tient généralement en retrait de la grappe de joueurs, et placé entre le ballon et ses buts.
Et quand le ballon est propulsé hors de la nuée, comme la navette spatiale de son pad de lancement, qui est-ce qui est là, fin prêt à mettre un terme à la menace adverse ? Benjamin !
C'est un pur défenseur défensif. Il faut pratiquement le fouetter pour lui faire traverser le milieu de terrain. Mais son jeu à la défense fait des flammèches, je vous le jure; c'est un père immodérément fier qui vous le dit. Dans le premier match, il a interrompu 12 attaques adverses alors que son équipe a été outrageusement dominé à l'offensive. Dans les deuxième et troisième, il a bloqué cinq et six attaques, ce qui est pas mal.
De temps en temps, j'entends des : « Wow ! Quel beau jeu ! » admiratifs chez des spectateurs que je connais pas et je suis tout heureux. Même que, lors du dernier match, il a réussi quelques autres beaux jeux défensifs qui lui ont valu des woup-woup de félicitations de son entraîneur et de l'arbitre aussi.
Lors du match de ce soir, un coéquipier de Benjamin, un jeune gars de neuf ans quand même, lui a dit à quel point il le trouvait bon en défense. Et à la fin du match, l'entraîneur-chef de la ligue m'a personnellement signalé que mon fils était un excellent défenseur. Ouf.
Personne ne peut imaginer à quel point c'est bon pour son moral, sans parler du mien !
Reportage-photo:
Cet été, il a décider de se remettre au soccer. Il avait tenté l'expérience il y a trois ou quatre ans et, surchargé d'émotions inquiétantes et agressantes, avait abandonné après trois petites séances. Durant la dernière année scolaire, il a recommencé à jouer avec ses copains de troisième année, y a pris du plaisir, et, donc, puisqu'il le souhaitait, nous l'avons inscrit à un cours estival de ballon rond.
Les jeunes du groupe de fiston ont huit et neuf ans. Si quelques-uns ont vraiment du talent et le sens du jeu, d'autres en ont moins et certains quasiment pas. Par contre, talentueux ou non, ils sont tous obnubilés par la balle.
Le ballon se promène sur le terrain entouré d'une nuée de joueurs et de joueuses qui tentent avec enthousiasme et une belle énergie de le pousser vers les buts adverses.
Benjamin, lui, parce que c'est lui, avec ses idiosyncrasies, se tient généralement en retrait de la grappe de joueurs, et placé entre le ballon et ses buts.
Et quand le ballon est propulsé hors de la nuée, comme la navette spatiale de son pad de lancement, qui est-ce qui est là, fin prêt à mettre un terme à la menace adverse ? Benjamin !
C'est un pur défenseur défensif. Il faut pratiquement le fouetter pour lui faire traverser le milieu de terrain. Mais son jeu à la défense fait des flammèches, je vous le jure; c'est un père immodérément fier qui vous le dit. Dans le premier match, il a interrompu 12 attaques adverses alors que son équipe a été outrageusement dominé à l'offensive. Dans les deuxième et troisième, il a bloqué cinq et six attaques, ce qui est pas mal.
De temps en temps, j'entends des : « Wow ! Quel beau jeu ! » admiratifs chez des spectateurs que je connais pas et je suis tout heureux. Même que, lors du dernier match, il a réussi quelques autres beaux jeux défensifs qui lui ont valu des woup-woup de félicitations de son entraîneur et de l'arbitre aussi.
Lors du match de ce soir, un coéquipier de Benjamin, un jeune gars de neuf ans quand même, lui a dit à quel point il le trouvait bon en défense. Et à la fin du match, l'entraîneur-chef de la ligue m'a personnellement signalé que mon fils était un excellent défenseur. Ouf.
Personne ne peut imaginer à quel point c'est bon pour son moral, sans parler du mien !
Reportage-photo:
Haro sur le ballon !!!
Saperlipopette, ils ne viennent plus ?!
La langue sortie, l'Andréi Markov des Jaunes attend l'adversaire.
« Return to sender. »
« Another one bites the dust ! »
Il fallait bien un corner pour voir Benjamin si près du but adverse.
La grâce du mouvement, la déception de l'adversaire !
Et toc, une autre attaque qui ne va nulle part, et vite...
Benjamin au-delà de la ligne du centre, ça vaut bien une photo.
« Me, I'm just a lawnmower - you can tell me by the way I walk. »
Dans ses yeux, la même flamme qui animait le regard du Rocket (je trouve en tous cas)
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