mercredi 2 décembre 2009
Ceinture blanche à barre jaune
dimanche 29 novembre 2009
Elle est si fragile...
samedi 28 novembre 2009
112. Katapulpe n° 8
Bonbons acidulés de Hans Delrue. L'inspecteur Thompson est sur les dents, des bonbons ont tué une centaine de personnes et le secret menace de se rompre. Si on arrive à croire qu'une centaine de morts puisse passer inaperçue dans la presse, ça va; autrement la prémisse est bancale. Pourtant, tout le reste est exemplaire, les personnages, la tension, les dialogues. Ce lecteur-ci a été incapable de l'incrédulité nécessaire à la bonne réception de ce texte. 6 / 10
Cote 6,5 / 10. Un excellent numéro avec quatre bons textes. Mais prenez garde à la présentation visuelle, enfilez vos lunettes de soleil.
vendredi 27 novembre 2009
mardi 24 novembre 2009
Tag !
Un gros merci à Isabelle qui pense que ce blogue mérite qu'on s'y arrête de temps en temps. Et qui me décerne ce prix. Merci.Les conditions d'attribution du prix sont celles-ci : remercier la personne qui l'attribue, mettre un lien vers son blogue, afficher le logo, révéler sept choses sur soi-même et attribuer soi-même le prix à sept autres blogueurs. Comme presque tous les blogues que j'aime vraiment ont déjà été taggés, je vais me limiter à quatre : Pat, François, Ariane et Loïc.
Sept choses sur moi, plus une fausse, celui ou celle qui la trouve partagera un pichet de bière, de Pepsi diète ou de sangria avec moi au prochain Boréal (ou ailleurs) :
1. I've never met a lasagna I didn't like. Ah, la lasagne même quand elle n'est pas réussie, ça reste bon au-delà de tout. La plus belle invention de l'humanité.
2. Un jour, au primaire, j'ai mis mes bottes d'hiver par-dessus mes pantoufles en phentex pour aller à l'école. J'ai dû passer la journée avec aux pieds mes bottes d'hiver brunes avec une clippe sur le côté.
3. Mon trente minutes de gloire : j'ai remporté 2500 $ et un voyage au Pays-Bas en gagnant une émission de Que le meilleur gagne... J'ai même serré la main de Grégory Charles. Il m'a demandé en fin d'émission si c'était par chance que j'avais répondu à la question musicale, il ne croyait pas que j'aie pu savoir la différence entre Beethoven, Schubert, Liszt et Haydn ! C'est mon air nono qui l'a fourvoyé.
4. Ça fait longtemps, mais en envoyant des cartes de Noël, on allait tellement vite, Suzanne et moi, que j'ai avalé un timbre.
5. Je suis toujours surpris qu'on se rappelle de moi. Y me semble que si je me rencontrais, je m'oublierais rapidement.
6. On m'a confondu deux fois avec Michel Tremblay (l'auteur, pas le plombier), une fois dans une épicerie de St-Lambert, une fois dans une librairie. Bizarrement, lors d'un spectacle en plein air en 1992, je me suis retrouvé sans le savoir assis devant lui sur une estrade, c'est Suzanne qui me l'a dit après.
7. Je suis fidèle. Suzanne et moi sommes ensemble depuis plus de 25 ans. Et j'ai rencontré mon meilleur ami en première année, on se connait maintenant depuis 48 ans.
8. Nous avons sept chats, nous avons eu jusqu'à quatre chiens, une dizaine de poules, trois chevaux, des canards, des cochons vietnamiens, et nous vivons en pleine forêt. Je suis allergique aux chats, aux chiens, aux chevaux, aux plumes de volatiles, aux arbres, pis je fais de l'asthme. J'aime vivre dangereusement...
Bon voilà. (Éventuellement, la réponse demain.)
vendredi 20 novembre 2009
Pourquoi faut-il que chaque fois...
Monsieur Tremblay,Caché, vraiment ? Ce blogue n'est pas secret, tout le monde peut le consulter, tout le monde peut commenter, je n'ai jamais censuré ni éliminé un seul message à l'exception de ceux lancés par un troll exécrant Sarkozy; je ne me cache sous aucune fausse identité, ma photo est là, idem mon nom, ainsi que le lieu où j'habite. Avec ces renseignements n'importe qui peut trouver mon adresse sans problème et même connaitre mon numéro de téléphone (qui est d'ailleurs dans le titre d'un de mes billets). J'assume ce que je dis et ce que j'écris, même si ce sont des balivernes.
Nous vous faisons part de nos commentaires suite à l’article paru sur Côté Blogue en ce 27 octobre 2009, concernant le roman « A pour alphabet » de l’auteure Chantale Mercier.
Nous avons été surpris par la violence de vos propos sans fondement. Derrière votre clavier d’ordinateur, bien caché au sein de votre bureau, vous avez écrit une chronique littéraire – si nous pouvons appeler cela une chronique – sur un livre dont je pense que vous n’avez pas saisi complètement la teneur des propos qu’il véhiculait.
Quant à dire que je fais une « chronique », je te renvoie à ton dictionnaire, tu verras que c'est justement ce que je ne fais pas.
Jean-Luc, tu suggères que je n'ai pas saisi la teneur des propos que le roman véhiculait. Je dis : éclaire-moi !
En tant qu’attaché de presse de la maison d’édition JKA, une maison d’édition qui aime ces auteurs, je me dois de donner une réponse cinglante à la hauteur de votre « talent » de chroniqueur littéraire. La maison d’édition JKA est naturellement ouverte aux critiques. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, nous acceptons largement cette règle de la libre expression. Mais cette chronique littéraire est d’un amateurisme qui est rare de nos jours.Réponse cinglante à la hauteur de mon talent ? Hélas, je dois constater que mon talent doit être bien insignifiant pour mériter une réponse si molle.
Nous ne comprenons pas encore de quel droit vous accusez ouvertement et sans aucune preuve à l’appui l’auteure Chantale Mercier de plagiat. De notre côté, nous avons établi plusieurs vérifications et aucune preuve de plagiat ne fut révélée. Permettez-moi de vous dire que « Wikipedie » se nomme « Wikipedia » et que ce site est une encyclopédie gratuite pour l’ensemble des internautes. La règle est simple : « Wikipédia est une encyclopédie multilingue, universelle, librement diffusable, disponible sur le web et écrite par les internautes grâce à la technologie wiki. Elle a été créée en janvier 2001 et est devenue un des sites web les plus consultés au monde. Elle est hébergée par une association sans but lucratif américaine, la Wikimedia Foundation. Les mêmes principes fondateurs sont partagés par toutes les différentes versions linguistiques mais les pratiques d'écriture sont convenues indépendamment par les internautes pour chacune d'elle. La page principale en anglais de ce site affirme qu’il s’agit d’une « content free encyclopedia that anyone can edit » (« une encyclopédie sans-contenu que tout le monde peut changer ») en faisant un jeu de mots sur l’expression "free content" (qui peut se traduire par contenu libre) », source : site Internet Wikipedia.En ce qui regarde le plagiat, c'est une accusation sérieuse que je n'ai pas faite à la légère. Lis ceci, tiré de la Wiki, à la page sur Dakar :
Même s'il est désormais très contesté, le Rallye Dakar a fait connaître la ville aux équipages et aux téléspectateurs du monde entier.
Les Dakarois eux-mêmes ne sont pas en reste : il n'est pas rare de les voir courir ou taquiner le ballon sur les plages.
La musique, la danse et la fête font partie du paysage dakarois.
Et maintenant, à la page 156 du roman de Chantale Mercier :
Malgré qu'il soit très contesté, le Rallye Dakar a fait connaître la ville aux équipages et aux téléspectateurs du monde entier. Les Dakarois eux-mêmes ne sont pas en reste, car il n'est pas rare de les voir courir ou taquiner le ballon sur les plages. Côté loisirs, la musique, la danse et la fête font partie du paysage dakarois.
Dois-je en rajouter ?
Lorsque vous écrivez : « Enfin, le vocabulaire est souvent enfantin, parfois erroné (perpétuer, pour perpétrer un meurtre) », l’auteure ne pouvait-elle pas jouer avec un mot de la langue française en changeant une lettre ? Je vous pose la question ?Calvaire, es-tu en train de me faire croire que Chantale Mercier et Raymond Queneau = même combat ? Parce que pour toi « perpétuer un meurtre », c'est la même chose que le perpétrer, enfin presque pareil, y a juste quelques lettres qui changent après tout, c'est pas bien grave, on va pas en faire un plat pour si peu, hein, c'est rien que la littérature après tout. Contrairement à ce que tu as pu apprendre au cegep, Jean-Luc, les mots ne sont pas interchangeables simplement parce qu'ils se ressemblent.
En tant qu’auteur devenu par l’entremise de Côté Blogue, un « chroniqueur littéraire », à la recherche d’un bon d’achat de leur part pour avoir écrit une chronique, je me demande si derrière vos écrits sanglants, ne se cache pas une certaine frustration de votre part pour n’avoir pas trouvé un éditeur pour diffuser vos propres romans qui sont restés dans le fond de vos tiroirs ?Jean-Luc, connais-tu l'histoire des Newfies qui marchent dans les rues de Montréal ? Soudain il y en a un qui arrête l'autre, pointe un tas par terre, et dit : Orgarde, on dirait de la marde. L'autre se penche et dit : Ben oui, ça a l'air de la marde. Le premier s'approche et renifle : Heille, ça sent la marde. L'autre se penche itou : Ben oui, ça sent la marde. Le premier passe son doigt dans le tas et le liche : Pis ça goute la marde. L'autre y goute aussi : Ben oui, ça goute la marde; coudon, ça doit être de la marde. Ils se redressent tous les deux, fiers comme des attachés de presse travaillant chez un éditeur qui publie de la marde : Une chance qu'on a pas pilé dedans. Ça a pas rap', tu vas dire, ça a beaucoup rap', mon vieux. La question subsidiaire étant : lis-tu les livres que ton employeur publie, les renifles-tu ?
Aussi, pourquoi faut-il que chaque fois qu'on dit du mal d'un mauvais roman, il se trouve un fin psychologue pour s'écrier : ah la la, mon bon monsieur, on comprend votre aigreur, vos romans à vous n'ont pas été publié ! Tiens, je me demandais d'où me venais cette lourdeur humorale, je dois avoir l'amertume contrariée.
Pour terminer, sachez cher Monsieur Tremblay, que toutes vos accusations gratuites sont sans fondement.Bien sûr que si des accusations sont gratuites, c'est qu'elles sont sans fondement. Et vice versa. Jean-Luc, si tu peut écrire ça sans sourciller, sans te rendre compte que tu dis n'importe quoi, alors je comprends que la prose de Chantale Mercier t'apparaisse défendable.
Cordialement,
Jean-Luc Doumont
Attaché de presse – Les Éditions JKA
Qu'on me traite d'amateur, c'est une question d'opinion personnelle que je ne débattrai pas, mon cher Jean-Luc. C'est ton opinion, c'est sans doute celle de Chantale Mercier, et de quelques autres personnes. On m'a aussi traité de vieux con et de frustré. Basta.
Que tu m'accuses de me cacher ou de mentir sciemment, non, ça ne passe pas. Ça, ça ne relève pas de l'opinion personnelle mais du domaine du fait. Et là-dessus, tu te trompes.
Finalement, oui, j'ai été sévère avec ce roman. Mais il m'a couté 16,75 $. Ça me fait chier royalement de m'être fait fourrer comme ça.
jeudi 19 novembre 2009
111. Luna Park - Laurent Chabin
Élise et Jappy arrivent sur la Lune y monter un spectacle pour commémorer le 20e anniversaire de l'indépendance du Québec. Le caractère férocement bestial de cette entreprise artistique sera le prétexte pour enfermer Jappy à Luna Park, la prison d'où on ne sort pas. Mais Élise n'entend pas abandonner son homme.Luna Park est une espèce de suite à Élise, le premier roman de cette maison d'éditions. Je dis « espèce de suite » car, ici, la présence d'Élise et de Jappy est périphérique à l'action. En fait, le lecteur est convié à suivre le train de pensées d'un individu condamné à rester à jamais sur la Lune et qui est comme le Big Brother de la place.
Quand je dis suivre le train de pensées de cet individu, il faudrait dire le train de ses récriminations incessantes. Ce gars-là, c'est le Rogatien Dubois de la Lune, l'humour en moins : il a ses idées sur toutte, il chiale contre toutte, il hait toutte, il paranoïe sur toutte, et en plus, il sait toutte toutte toutte car il est branché - politiquement et électroniquement. Certes, le personnage possède faconde et truculence, mais ce lecteur-ci doit admettre qu'il s'est très vite lassé de ce narrateur peu inspirant.
Chabin est un artisan compétent qui peine à rendre l'aigreur de son personnage. Il en met trop, constamment. Luna Park est un pamphlet virulent qui tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge, mais dont l'âme est inexistante. Cette virulence est désincarnée. La réflexion sombre dans les lieux-communs. Ça s'étire. Le gars fulmine et digresse, mais l'action ne survient pas.
La truculence lasse à la fin. La prose est extrêmement maniérée et étudiée. D'autant que les arguments et le vocabulaire sont lourdement datés; parce qu'au fond, qui donc, en tout sérieux, oserait en 2009 parler du lumpenproletariat et bâtir conséquemment une grille d'analyse socioéconomique marxisante ?
Luna Park est un roman au développement très lent où il ne se passe à peu près rien. Les choses y sont dites et déclamées, mais pas ressenties le moins du monde. Il n'y a rien qui soit vécu de l'intérieur. Idem pour les coups de gueule, où l'on sent l'habileté d'une technique qui n'empêche pas le léger tirage à la ligne. En fait, ce roman ressemble au canevas d'un plus gros roman que l'auteur n'aurait pas écrit.
Et la révélation finale au sujet de PARC est une sacrée couleuvre ad hoc, mes aminches. Et les couleuvres ad hoc sont les plus difficiles à avaler...
Brèfle, comme disait Bérurier, un roman longuet, qui m'a ennuyé pas mal (9 jours pour lire 114 pages, ouille), fait avec la compétence d'un bon artisan mais sans l'émotion d'un vrai artiste.
Une chose correcte sans plus, lue et oubliée dans le même élan. Pas recommandé par ce lecteur-ci.
Cote 3,5 / 10
Luna Park
Laurent Chabin
Coups de tête, 2009
114 pages
mercredi 18 novembre 2009
Le capitaine et son moussaillon
lundi 16 novembre 2009
110. Maudits ! - Édouard H. Bond
Dans Maudits !, Sergio est armé d'une manchette, d'un harpon et d'une haine profonde de l'humanité. Ça tombe bien, une bande d'ados en limousine croise son chemin en s'en allant à l'après-bal. Ils sont souls, stones, gonflés de poutine et de désir. Édouard les avait pourtant avertis de ne pas prendre la route 343... (Extrait de la 4e de couverture) Toute la manière, toute la saveur de Bond est dans ce « Ça tombe bien »J'ai bien l'impression d'être le dernier à venir parler de ce bouquin-là, sorti il y a quelques petits mois. Mais si les premiers volent la vedette, les derniers n'ont pas toujours torts, et vogue la galère des métaphores mélangées qui viennent s'échouer ici.
Car il est bon, ce roman, à mon avis supérieur à Prison de poupées dont j'avais pourtant pensé le plus grand bien. L'histoire c'est celle d'un écrivain, Édouard Bond, qui met en garde un groupe d'ados en goguette de ne pas emprunter la route 343. Les jeunes n'écoutent pas la voix de l'auteur; entre en scène Sergio, prototypique héros de slashers, qui va leur en faire voir de toutes les couleurs.
L'action est non-stop, la psychologie sommaire comme il se doit, mais Bond est un sacré écrivain et il arrive à créer des personnages crédibles, indépendants, à bien les développer dans les limites du genre. On rigole aussi, malgré la violence qui se manifeste, le récit est riche en gags de toutes sortes.
Au final, ça donne un roman extraordinairement divertissant, parfaitement maîtrisé, écrit dans une langue qui n'est pas de bois, au contraire, mais bien en chair, humide, léchante, rose de désir et rouge de sang...
Seul petit bémol, les intercalaires ont laissé ce lecteur-ci complètement indifférent. Ils sont inutiles, arbitraires et le roman aurait trouvé une plus grande cohérence sans cet inutile rappel à la réalité. Une peccadille.
Édouard Bond est un formidable écrivain.
Cote 9 / 10
Maudits !
Édouard H. Bond
Coups de tête, 2009
141 pages
jeudi 12 novembre 2009
Youhou, papa, un zéro zéro
Il connait ses chiffres et il s'intéresse depuis quelques semaines aux panneaux de signalisation routière avec un enthousiasme qui ne fléchit pas.Les nombres au-delà de quatorze lui causent des problèmes, et c'est par l'épellation qu'il arrive à les nommer. Ainsi, vingt-et-un se dit : deux un, soixante, six zéro, et cent, un zéro zéro.
Sur la route, il me signale TOUS les panneaux de limite de vitesse en claironnant : Neuf zéro, un zéro zéro, quatre zéro, selon le cas...
Il n'en rate pas un !
Comme de son siège installé au milieu de la banquette arrière il a une vue imprenable sur l'odomètre, il est en mesure de claironner : « Youhou, papa, maximum un zéro zéro », ou plus impérativement : « Heille, un zéro zéro », quand il voit que le cadran indique 110 (ma vitesse fétiche) et que le maximum est un zéro zéro.
De deux chose l'une. Ou je continue de rouler à 110 en balayant ses admonestations du revers de la main, ou alors je réduis la vitesse de façon à respecter la limite ainsi que les imprécations de fiston. Et à quatre ans, dieu sait si les enfants sont impérieux.
J'ai pris le parti de respecter les limites de vitesse. Quand je suis au volant, j'ai le meilleur régulateur de vitesse au monde.
mardi 10 novembre 2009
109. Mangez-moi - Agnès Desarthe
Myriam est une femme qui cherche à ancrer sa vie, à lui donner de la stabilité. Elle est seule, elle n'a pas revu son fils depuis des années, le cirque pour lequel elle travaillait a dû la remercier. Elle ouvre donc un petit restaurant. Chez moi est un lieu discret, pas annoncé, où elle habite car elle n'a pas d'autre chez-soi, et où l'on sert de la cuisine inspirée et réconfortante. De fil en aiguille, la clientèle afflue, pourtant Myriam ressent toujours une profonde insatisfaction. Comment résister à un titre pareil ? Écrit par une femme, en plus ! Mais ce n'est pas du tout ce qu'on pense, ou si peu.
Il y a dans ce roman d'indéniables bonheurs d'écriture. C'est allègre, léger, ça effleure parfois des vérités simples et profondes sans les toucher. Et il y a derrière tout ce bonheur, ce plaisir, ces personnages étranges et attachants, un drame sous-jacent, une blessure profonde qui revient périodiquement hanter Myriam.
Tout est dans le ton et la manière de l'auteure. Car elle écrit bien, Mme Desarthe, elle le sait, et elle aime bien montrer ce dont elle est capable, un peu d'esbrouffe littéraire peut-être, du gongorisme à la limite, ce qui parfois nous vaut un petit air de flûtiau, genre : « Nous nous rencontrons sur le terrain de jeu de l'amitié, ce terrain vague, insoupçonné derrière la palissade qui gondole à peine sous le vernis social ». Une palissade qui gondole sous le vernis social ! Merdouille, mon Jacquouille ! On appelle ça s'écouter parler, madame, monsieur. Heureusement, il y a peu de ces scories élégantes – même si on les remarque – de sorte que l'ouvrage est généralement bien contrôlé.
Ce lecteur-ci a bien aimé ce livre-là. Entre autre parce qu'on y cause bouffe sur un mode sympathique. Le drame sous-jacent est joliment résolu à la toute fin pour la plus grande joie de tous et toutes.
Une agréable lecture qui a peu de poids, certes, mais dont on reprendrait volontiers. Comme de la meringue. Le site de l'auteure est ici.
Cote 6,5 / 10
Mangez-moi
Agnès Desarthe
Olivier, 2006
308 pages
jeudi 5 novembre 2009
Dire qu'il va falloir y retourner...
Accompagné de son « papa d'amour », Benjamin s'est fait vacciner ce soir à Vaudreuil. On a été chanceux puisqu'on a pu se faufiler sans problème à la fin de la journée de travail. Nous sommes arrivés 15 minutes avant la fermeture et on a passé tout de suite vu qu'il n'y avait plus personne. (Quand je dis « on », il faut comprendre Benjamin tout seul...)Dans ce court billet, Pat Isabelle résume bien – et dit mieux que je ne le pourrais le faire – le dilemme des parents, la douleur et le retour pour le second vaccin...
Je dois dire que l'infirmière qui nous a été assigné était bête comme ses pieds : fin de journée ou air naturel ??? On est mal tombé, vu que les trois qui restaient étaient souriantes.
mercredi 4 novembre 2009
C'était tellement triste
Il y va deux avant-midis par semaine, mardi et jeudi, de 9 heures à 13 heures, et il dine là avec ses camarades. Sa classe regroupe une douzaine d'enfants de son âge (4 ans) et elle est animée par deux jeunes femmes admirables, Nathalie et Ann, que Benjamin aime beaucoup, ça, je le sais.
Quand je tente de lui tirer délicatement les vers du nez, comment ça a été, ce qu'il a fait, à quoi il a joué, il m'oppose constamment une forme d'omerta en se mettant à parler d'autre chose... Je ne force jamais ses confidences. Lorsqu'il voudra parler de ces choses-là, il trouvera le moyen de le faire. Il n'a que quatre ans, faut laisser aller un peu et ne rien brusquer.
Mercredi soir dernier (il y a une semaine), j'ai mis Benjamin au lit, je me suis couché contre lui et je lui ai lu une histoire. Normalement, c'est Suzanne qui s'occupe de cette partie des activités, étant donné qu'elle travaille toute la journée loin de la maison et qu'elle est une formidable tragédienne du livre de contes. Faut l'entendre conter des histoires ! C'est son temps à elle, seule avec fiston. Mais mercredi, elle avait un souper d'affaires et n'était pas de retour à 21 heures.
Donc, je lis l'histoire à Benjamin... C'est une très bonne histoire dont le titre est Destructotor et ça raconte les péripéties d'un petit bébé qui casse tout sur son passage, s'il faut en croire sa sœur aînée. Il la redemande. Je la lis une autre fois, j'y mets tout ce que je peux, mimant Destructotor, sa soeur, son papa inventeur; je fais les sons, les bidibang bidiboung quand tout tombe par terre, on rigole, on regarde les illustrations, la chambre est toute chaude, à peine éclairée par la lampe de chevet.
Fin de l'histoire, je ferme la lumière. Je lui dis : Bonne nuit, mon beau Benjamin, à demain.
- Papa, qu'est-ce qu'on fait demain ? demande-t-il doucement.
- Demain c'est jeudi, c'est la Boîte à surprises, puis après dîner je vais aller te chercher. On va construire la petite la remise de jardin puis on va aller chercher maman au travail, comme d'habitude.
- Ça finit quand la Boîte à surprises ?
(Oh.)
- À Noël. Quand il va y avoir de la neige partout. On va avoir des vacances ensemble, toi, moi et maman. Pourquoi tu demandes ça ?
- J'aime pas beaucoup beaucoup ça la Boîte à surprises, dit-il vraiment très doucement.
(Oh oh.)
- Pourquoi, mon ti-tchou ? Il y a beaucoup d'amis à la Boîte à surprises, ça doit être le fun.
- J'ai pas d'amis.
- Ben voyons, Keira est ton amie. Marc-Antoine est ton ami.
- Keira est pas mon amie. Marc-Antoine est pas mon ami. Tous les autres y jouent, y mangent ensemble. Ils font des plaisanteries...
Il exagérait, bien sûr. Tout le monde participe aux jeux, lui aussi, mais il le fait toujours un peu à contrecoeur. Et tout le monde mange ensemble pour dîner... Pour ce qui est des plaisanteries et d'avoir du plaisir ensemble, c'est une autre paire de manches, puisque là il faut participer activement, et Benjamin est généralement en retrait (bien qu'il y ait eu de l'amélioration cette année...)...
Et, soudain, les images de ma propre enfance, de mes jours d'école me sont déboulé dans la face avec la force d'une avalanche; ces longues journées d'ennui, d'exclusion, coincé entre le désir d'être avec les autres et mon inhabileté à entrer en contact avec eux...
Étendu contre mon fils, lui aussi condamné (je ne l'espère pas, mais j'en ai peur) à vivre la même expérience que son père, les larmes me sont montés aux yeux. C'était juste d'une tristesse infinie.
mardi 3 novembre 2009
Appel de textes, pour ceux que ça leur tente
Le Somnambule
Appel de textes pour le numéro « DEUX »
L’œuvre soumise peut être une suite poétique, un ensemble de poèmes, un récit, une nouvelle ou une pièce de théâtre. Elle ne doit pas correspondre à un essai ou à un texte informatif. Les textes doivent tenir entre 3 à 10 pages et être écrits à double interligne.
Aucun thème n’est imposé ; il est donc libre à vous de choisir un sujet. Cependant, il convient de connaître la direction artistique des Éditions du Somnambule, qui privilégient l’expression critique et expérimentale, soit sur le plan de la narration, de l’esthétique, de la forme, de l’histoire, des personnages et/ou du style.
Il convient de soumettre votre œuvre avant le 18 décembre 2009. N’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées afin que l’on puisse vous joindre pour discuter de votre texte, s’il est sélectionné.
Au plaisir de vous lire !
Les Somnolents (Louis Gobeille, Edith Paré-Roy et Dominic Thibault)
Pour toutes informations
ou pour soumettre un texte :
leseditionsdusomnambule@
Merci PKP !
Je ne peux résister au plaisir de citer :
Tu figures parmi les 20 meilleurs blogueurs de Côté Blogue.ca pour le mois d Octobre 2009. Les gagnants ont été sélectionnés en fonction de la qualité d’écriture de leurs billets ainsi que de leur fréquence de participation.
Tu as donc gagné une carte-cadeau Archambault de 50 $. Cette carte est valide dans les magasins Archambault, sur Archambault.ca et zik.ca
Elle te sera envoyée au courant de la semaine.
Alors, merci encore pour ta participation, et continue! On aime te lire et on n'est pas les seuls! Côté Blogue.ca reçoit en moyenne plus de 20 000 visiteurs uniques par mois!
C'est quand même gentil. Mis à part le tutoiement intempestif et le généreux saupoudrage de points d'exclamation, j'ai pris gout à lire ce petit message chaque mois.
Merci PKP ! Fais la bise à Julie !
lundi 2 novembre 2009
108. Voyeurs, s'abstenir - François Gravel
La Passion selon Charles Pellerin est le quatrième roman du narrateur, et son plus grand succès. La raison en est qu'il a bâti son personnage principal sur Carl Vaillancourt, ce self-made man québécois, milliardaire, laid comme un pou, mystérieux, et constamment dans la mire populaire. Suite à ce grand succès de librairie, le narrateur (innommé) a reçu de nombreux commentaires qui l'amènent à réfléchir sur le personnage qu'il a recréé dans son roman. De cette réflexion, il tire un autre ouvrage, Voyeurs, s'abstenir, où il tente de départager le vrai du faux, la réalité de la légende bâtie autour de Carl Vaillancourt...En dépit d'une carrière commencée en 85 et marquée d'une cinquantaine de romans (dont 14 pour les adultes), Gravel est un écrivain encore assez peu connu, je trouve. Il a pourtant trois très grandes œuvres derrière lui, et quelques autres devant encore, sans aucun doute. Ses incontournables sont Bonheur fou (1990), Ostende (1994) et Fillion et frères (2000). Et il faut ajouter que le reste de sa production pour les adultes n'est pas banale non plus, à l'exception peut-être de Vous êtes ici (2007) qui était un pari fou – celui de faire de la littérature sur de bonnes intentions – et conséquemment raté.
Voyeurs, s'abstenir est un très bon roman encore qu'éloigné par la forme des romans auxquels l'auteur nous a habitué, lui plutôt traditionnel. Mais si la forme est inhabituelle, la manière, elle, c'est du Gravel pur fruit. L'histoire ? Cette fois, il n'y en a pas; ou si peu. Il y a juste le narrateur qui tente de reconstituer la vérité autour du financier et industriel Carl Vaillancourt, une énigme baignant dans le mystère comme on dit, un homme insaisissable qui n'est pas sans rappeler Pierre Péladeau (ne serait-ce que pour la laideur, l'amour des Laurentides et son attirance pour les femmes). C'est un fil romanesque ténu puisqu'il ne s'agit que de ça : la reconstruction d'un personnage à propos duquel les témoignages varient – et se contredisent.
L'auteur aime les personnages qu'il crée. Il y a dans ses livres, même dans les moments les plus durs, une tendresse qui traverse tout. C'est ce que j'aime, c'est ce qui fait que je reviens toujours à Gravel et que je le tiens pour un des meilleurs auteurs au pays.
Recommandé par ce lecteur-ci. 7,5 / 10
Voyeurs, s'abstenir
François Gravel
Québec Amérique, 2009
240 pages
C'était pas un référendum...
(Merci à Benjamin pour la photo.)
C'était pas un référendum, mais je remercie vraiment sincèrement ceux et celles qui ont commenté sur mon atermoiement au sujet du système que j'utilise pour noter les textes que je lis. C'était ici.
Cachottier comme je suis, je n'avouais pas que mon attirance pour la notation à étoiles venait aussi de son esthétisme si sobre, tel qu'on peut le voir sur le blogue de Phillipe Guillaume, Ce que je lis. Phil est sur Wordpress, moi sur Blogger.
Blogger n'offrant pas ce système, voilà une raison supplémentaire qui fait que l'auteur de ses lignes demeure (et comment, si on en juge la photo) pour le moment fidèle à une notation simili-scolaire.
dimanche 1 novembre 2009
Un jour dans une revue près de chez vous
Je travaille actuellement sur les textes suivants, avec une énergie renouvelée dont je vous expliquerai la source bientôt. Ce sont des titres provisoires, mais je les aime bien. - Je suis la somme de mes sœurs (presque de la hard sf)
- L'assassinat du juif Hitler (une uchronie)
- À Laval, dans' marde jusqu'au cou (mon Coup de têtes)
Go, mon coco !
L'Halloween à Rigaud
Bravo à tous ceux et celles qui ont pris le temps de se déguiser et de créer des décors sensationnels. Benjamin était vraiment enthousiaste, jusqu'à ce qu'il fasse pipi dans ses culottes; ce qui a mis un terme à la chasse aux friandises.
À l'an prochain, Rigaud.
samedi 31 octobre 2009
L'Halloween de l'Atelier
Vendredi 30, c''était le party d'Halloween à la Salle de l'amitié de Rigaud. Tous les amis y étaient, de tous les groupes, avec parents et frères et soeurs. En tout, selon mon radar personnel (qui est vachement bian aiguisé puisque pendant 12 ans j'ai fait de l'estimation d'achalandage pour la STM), nous devions être pas loin de 60 ou 70 personnes.
Les déguisements étaient de rigueur, avec le clown comme thème cette année. Pour le buffet, chacune des familles avait contribué avec entrain et il y avait tellement de bouffe que ma salade de springs (lire : rottini) n'a pu être déployé sur la table; et voilà-tu pas qu'en conséquence, Suzanne, Benjamin et moi, nous nous retrouvons avec 2 bons kilos de salade de pâtes à la mayo à manger cette semaine. Moi qui n'aime pas ça.
J'y suis allé avec Benjamin. Nous avions chacun un nez lumineux, mais il n'a pas voulu mettre le sien. Il a mis beaucoup de temps à se réchauffer, il restait constamment près de moi et ne s'est pas mêlé aux autres, ce qui est un peu dommage car c'est une activité de socialisation. J'ai fait un suprême effort pour parler à quelques mamans autour de moi, mais, moi aussi, j'aurais besoin d'activités de socialisation !
Le party s'est terminé par une cueillette de friandises tout autour de la grande salle, ce qui était emballant et de bon aloi. Bravo aux bénévoles !
mardi 27 octobre 2009
107. Épitaphes - Jonathan Reynolds
Tous les textes de ce recueil ont parus dans diverses revues, à l'exception d'Épitaphes qui est original.Blondes. Rousses. Noires. Confidences de bar qui se terminent par une entourloupette typique du fantastique. Bonne nouvelle avec des dialogues solides. 8 / 10
Saison de lilas. Une histoire de vengeance, de magie et d'adultère. Enlevée et ironique. 6,5 / 10
Cornes en moins. Maison hantée et jeunes qui veulent tenir un pari ne vont jamais de pair. Côté structure, il y a des failles, et même si cette nouvelle n'est pas tout à fait réussie, c'est une de mes préférées. 8 / 10
Elle, sous la pluie. Une femme utilise un sortilège pour ramener à la vie son amant assassiné. Reynolds offre ici son meilleur texte. L'histoire trouble et troublante d'un destin à jamais malheureux. La meilleure du recueil. 10 / 10
L'autre surface. Un jeune homme vit dans le remords constant pour avoir détruit la vie de celle qu'il aime. Joli travail d'écriture dans ce texte : prose rapide et syncopée, mais le rythme rapide, s'il crée une tension, nuit à crédibilité de la phase remords du personnage principal. 5,5 / 10
Fragments. Un écrivain, sa fille, une nouvelle maison, une poupée dans le grenier. Quatre ingrédients pour créer un bon climat d'horreur. Une excellente nouvelle, vraiment très réussie. 8 / 10
Huit, comme le temps qui file... Ah, l'internet, le rêve, le sexe, une belle voisine mystérieuse. Cette nouvelle détonne par son ton ironique, sa sexualité exacerbée. Pas complètement réussie, mais elle a plu à ce lecteur-ci. 7,5 / 10
Épitaphes. Un fou qui vit dans un cimetière et fait des expériences sur des morts, ça n'augure rien de bon pour sa sœur et l'amoureux de celle-ci. Une nouvelle facette du talent de l'auteur fait son apparition, le lyrisme. Vraiment bien. 7,5 / 10
Il y a encore de petites imperfections dans l'écriture de Reynolds. Un manque de fini, à peine une touche. Pas grand chose à vrai dire : une phrase ratée, un choix de mot bizarre (précieux ou archaïque) qui vient créer une rupture de ton... Juste assez pour faire décrocher ce lecteur-ci et briser le charme.
Cote 7,5 / 10
Il ne faut pas confondre ce recueil avec un recueil à la présentation absolument identique (même auteur, même titre, même couverture), paru aux mêmes éditions, mais qui comprend en moins les deux nouvelles les plus explicites (Elle, sous la pluie et Huit, comme le temps qui file) et qui s'adresse donc à un public plus jeune.
Épitaphes
Jonathan Reynolds
Z'ailées, 2008
132 pages
lundi 26 octobre 2009
106. A pour alphabet - Chantale Mercier
À Sainte-Bonté, des jeunes filles sont tuées, puis tatouées, par un tueur en série. Rosalie, la tante d'une des victimes, mène sa propre enquête et, surprise, surprise, découvre le coupable avant les forces policières.Ce roman est d'un amateurisme affligeant. L'auteure commet toutes les erreurs qu'une débutante peut faire sans en omettre une seule. Mais il y a pire que l'amateurisme en littérature, comme on verra à la fin de ce billet.
En vrac : Les dialogues manquent cruellement de naturel, les personnages s'expriment comme des tragédiens sans talent qui lisent des lignes bidon.
Le point de vue, lui, est hors de contrôle, passant d'un personnage à l'autre inopinément et de manière incohérente. La narration souffre aussi d'un manque de maîtrise : les descriptions sont appuyées, répétitives, et l'auteure s'emberlificote avec régularité dans des détails non-pertinents pour l'histoire, mais qui font « jolis » dans un roman. La chronologie de l'action est pour le moins approximative et la manière dont Rosalie mène l'enquête, risible.
Qui plus est, l'auteure n'hésite pas à donner ses impressions sur la situation en cours et à passer des opinions sur les personnages dans la narration. Quelle horreur.
Enfin, le vocabulaire est souvent enfantin, parfois erroné (perpétuer, pour perpétrer un meurtre), et certains mots très importants sont mis en majuscules pour montrer leur IMPORTANCE. C'est tellement poche que ce n'en est plus drôle du tout.
(Parait-il que l'auteure a bénéficié d'un coach d'écriture pour la rédaction de ce roman. Je n'ose imaginer ce que ça aurait donner sans.)
On nage dans la niaiserie tout du long de ce roman. Mais la niaiserie, l'insipidité, l'infantilisme sont des valeurs personnelles que chacun définit pour lui-même, selon son histoire, ses convictions, son éducation, ses lectures. Ce n'est certainement pas tous les lecteurs qui partageront mon point de vue. (Il n'y en aura peut-être même pas un...) Par contre, ce qui est inadmissible, c'est le plagiat. Il y a dans un chapitre hautement touristique de ce roman des phrases entières qui sont tirées de la Wikipédie, telles quelles, sans mention de source, rien; elles sont données comme l'œuvre de l'auteure, mais le style correct est si loin de ce que Chantale Mercier est capable de produire que la supercherie est tout de suite découverte. Honte.
Tout n'est cependant pas perdu : le livre lui-même est un bien bel objet. La couverture est magnifique et la police de caractères qui a été utilisée est un vrai régal pour l'œil.
Cote 1,5 / 10
A pour alphabet
Chantal Mercier
JKA, 2009
256 pages
Manger de la pizza chez maman
dimanche 25 octobre 2009
105. Horrifique n° 66 - Spécial Jonathan Reynolds
Eux, du crépuscule. Des créatures malveillantes rôdent autour d'une ferme. Un texte rongé par la culpabilité et l'horreur. 5,5 / 10Alex. Une histoire d'amitié, de jeunesse perdue, d'imagination un peu trop débordante et de culpabilité. 5,5 / 10
Une partie de monopoly. Une partie de Monopoly réunit ensemble des amis, mais une créature guette. Do not pass Go. Encore une fois le thème de la perte de l'enfance, de la vie qui balaie individus et destins. Un bon fond d'histoire mais c'est beaucoup, beaucoup trop court. 6,5 / 10
Le dernier coup de circuit. Martine accompagne son frère jouer au baseball. Il y a une malédiction sur le coup de circuit qu'elle frappe. Alors, là, chapeau à l'auteur. Voilà une excellente histoire, qui prend son temps pour arriver à son dénouement. C'est le texte le plus abouti du numéro. 8,5 / 10
Le chien de McNeil. Reynolds avoue dès le départ que ce texte n'est pas vraiment bon, mais qu'il est fondateur de la saga. La nouvelle a une valeur historique, elle montre aussi à quel point le talent de l'auteur s'est affirmé depuis. 3,5 / 10
Une bd de Harry Villeneuve, d'après la nouvelle « Le doute ». Moi et la bd sérieuse, c'est comme un dîner Kraft et des épinards, ça ne va pas ensemble. Si le dessin est très beau et atmosphérique, la bd elle-même semble souffrir d'un problème de mise en page, ce qui ne m'a pas incité à déployer l'effort nécessaire pour la lire.
Une entrevue avec Jonathan Reynolds et sa bibliographie complètent ce gros numéro de 90 pages.
L'imagination, chacun la porte en soi et y est sensible d'une manière différente. Les textes de Reynolds ne m'ont pas semblé débordant d'idées neuves, nouvelles ou novatrices, mais je connais si peu de choses au fantastique et à l'horreur que je suis certainement dans l'erreur. De toute façon, ce que je recherche dans un texte, ce n'est ni l'innovation, ni l'inédit, c'est le plaisir d'une bonne histoire mettant en scène des personnages intéressants. De ce point de vue, Reynolds y est presque. Là où le bât blesse, ce sont les dialogues qui manquent de naturel. Ils sont souvent plaqués dans la bouche des protagonistes pour amener inconfortablement des informations cruciales pour le récit.
À noter que certaines des nouvelles auraient gagné à être plus étoffées. Eussent-elles été plus longues (admirez en passant le passé du conditionnel, chic, suranné, très vieille France, merci), ces nouvelles n'auraient pas nécessité de dialogues aussi informatifs. Mon grain de sel.
À noter aussi, beaucoup de fautes de français. Conjugaison à surveiller.
Cote 6,5 / 10
