Il me faut avouer une petite déception après la lecture de ce fanzine de la relève littéraire. Il semble que la relève purement littéraire ne soit pas tout à fait au niveau de la relève en sff, par exemple. Les textes de Brins d'éternité, une revue équivalente, sont considérablement supérieurs, mieux construits et mieux écrits aussi.Évidemment, la nouvelle littérature fait dans le micro, c'est dans l'air du temps, et Katapulpe 5 ne fait pas exception. On retrouve dix nouvelles sur une cinquantaine de pages (avec des illustrations). Les textes sont très inégaux, il y en a quelques bons, un très très bon, la plupart sont assez moyens.
Ce que j'ai vraiment apprécié, par contre, c'est que Katapulpe ne s'embarrasse pas d'un appareil critique en fin de numéro. Pas d'analyse, pas de recensement, pas de critiques ni de commentaires. Que des textes de fiction – et je suis 100% d'accord avec cette approche.
C'est aussi ça la vie, d'Audrey Ducharme. Un gars traverse la ville, observe la vie autour de lui, se fait assommer par des ambulanciers et, dans son coma, s'interroge sur le sens de la mort. Prose poétique sur fond vaguement absurde. Ennuyeux. 2 / 10
Deux deux et un un, de Joanie Lemieux. Antoine mange une soupe à la terrasse et laisse un pourboire minable au serveur. C'est court et efficace mais dieu que c'est mince. Très joli titre, par contre. 3 / 10
Dry Gin, de Myriam Saint-Pierre. Le temps d'un drink à la terrasse, un gars se rêve une vie meilleure. Microrécit, deux paragraphes, pas inintéressant mais tellement bref qu'on reste sur son appétit. 3,5 / 10
Ils reviendront..., de Noëlla Deschênes. Serveur, Vidal doit s'occuper d'individus qui ont buté son jeune frère et fait basculer sa propre vie dans le sordide. Une nouvelle noire et très mélo, mais assez bien réussie, ma foi. 5 / 10
La terrasse, de Pierre Gévrard. Jonathan invite un couple de connaissances à dîner chez lui. Ils feront connaissance avec sa fascination pour l'océan... Plutôt bien, mais la fin est télégraphiée de loin. 6 / 10
Laterrasse.com, de Benoît Bourdeau. Chloé recherche sa meilleure amie, disparue mystérieusement. Elle la retrouve dans un bar louche. Une nouvelle fantastique, à l'écriture moyenne, mais bien construite et avec un punch bien amené. 6 / 10
Petite culotte sur la terrasse, de Dany Larivée. Maureen attend quelqu'un à la terrasse. Elle est hot, elle ne se peut plus et se masturbe au vu et au su de tous. Fantasme adolescent, psychologie de pacotille, ç'aurait pu être sensuel, c'est moche et, même court, ça s'étire. 2 / 10
Post-partum, de Claudine Paquet. Une jeune maman regarde des ouvriers lui bâtir une terrasse à l'arrière de la maison. Les gars sont beaux, musclés, elle est en plein post-partum. Excellente nouvelle, évocatrice et sensuelle. 10 / 10
Une blonde au creux de la main, de Jonathan Lemieux-Cyr. Assis avec ses chums, John écoute une jeune chanteuse et en tombe amoureux. Il lui donne rendez-vous, viendra-t-elle ? Prose poétique et écriture maladroite, l'auteur a un bon sens du dialogue cependant. 2 / 10
La serveuse, d'Anthony Charbonneau-Grenier. Un gars tombe amoureux de la serveuse sur la terrasse. Quand il la voit avec son chum, il retient le pourboire qu'il voulait lui donner. C'est presque réussi, mais à trop forcer ses images, à vouloir trop faire cool, l'auteur rate un tout petit peu son coup. 6 / 10
Un numéro inégal, avec des auteurs aguerris et d'autres qui le sont moins. C'est ça un fanzine.
Cote 4,5 / 10
4 commentaires:
Le gros problème, en littérature générale, ça semble vraiment être la direction littéraire : alors que c'est ce qui demande le plus de temps chez Brins d'éternité, les autres revues ont plutôt l'air de se contenter de tout ce qui est passable pour le foutre dans leur contenu, sans suggérer de modifications aux auteurs, sans commenter. Katapulpe fonctionne aussi sur le principe de quantité (d'auteurs) avant qualité: des textes de 5 pages max, c'est rarement excellent et développé, s'entend...
Je ne crois pas par contre que la relève en SFF soit meilleure que la relève en litt. générale, au contraire: il semble y avoir beaucoup de trippeux d'Anne Robillard qui, parce qu'ils n'ont pas d'amis, ne trouvent pas d'autre loisir que de gribouiller des historiettes convenues. Par chance, leurs textes restent impubliés faute de support. En litt. générale, par contre, il y a trop de revues et fanzines pour le nombre de bons auteurs, alors quoi, on accepte tout... Fonder une revue est à la base un gros trip égocentrique, je crois. C'est pas comme s'il y avait une nécessité pour ça...
Enfin, ça m'empêche pas d'être au prochain sommaire, mais j'ai aussi mes réserves quant à Katapulpe. On verra comment ça évoluera...
Et j'aurais tort de cracher dans la soupe, parce que j'ai l'intention de leur soumettre un texte en 2009.
Mais tu as raison sur le fond, tout est dans la direction littéraire.
Je viens de découvrir votre blog et je suis très heureux de lire une critique complètement neutre de ma toute première nouvelle publiée. 6/10, c'est pas un mauvais début, merci!
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