jeudi 28 août 2008

Saka

Benjamin, Suzanne et moi sommes allés voir Saka - Le cirque à cheval dimanche après-midi. Ce spectacle est une création de Gilles Ste-Croix, à qui on doit Cheval-Théâtre en 2001. À l'époque, Cheval-Théâtre, en tournée nord-américaine, s'était trouvé au cœur d'une série de problèmes (le plus sérieux étant le contrecoup des événements du 11 septembre) qui avait entraînée la fin abrupte de la tournée et des pertes personnelles de 1,5 $ million pour Ste-Croix. Depuis ce temps, l'homme rêvait de revenir avec un autre spectacle équestre.

On ne devrait pas comparer Saka à Cavalia ou même à Cheval-Théâtre, même si c'est inévitable. Les spectacles mettant en vedette des chevaux sont si rares
trois en sept ans que le spectateur ne peut résister à la tentation d'établir des parallèles entre les performances. Saka est une petite production, avec un nombre limité de chevaux et d'artistes. L'idée étant de pouvoir promener le spectacle dans des centres urbains plus petits, ce qui est impossible pour un mastodonte comme Cavalia.

Ce qui frappe de prime abord, c'est la brièveté d'un très grand nombre de numéros. Les artistes viennent souvent faire une acrobatie, jongler sur un cheval avec du feu et sauter dans un cerceau enflammé, par exemple, puis se retirer à la faveur d'une autre artiste. Le rythme est trépidant et le spectacle, qui fait 90 minutes sans entracte, passe sans qu'on ne s'ennuie une seule seconde.

Il faut ajouter que certains numéros ne font appel aux chevaux que comme élément de décor. Il y a un très beau numéro de danse aérienne, très réussi, avec une huitaine de chevaux dans le cercle de l'arène... Mais, voilà, ce n'est que ça, une danseuse virevoltant dans les airs au-dessus de chevaux qui ont un peu l'air de de demander ce qu'ils font là. Au grand amusement de la foule, deux chevaux, qui n'avaient cure du spectacle, se sont mis à faire les guignols et à se rouler sur le dos dans le sable pour se gratter la couenne...

Cavalia était un spectacle gigantesque et merveilleux qui éclairait la relation homme-cheval d'une manière totalement nouvelle. Cheval-Théâtre avait le mérite d'ouvrir la voie, mais c'était aussi un spectacle d'une extraordinaire originalité, avec des numéros puissants (je me rappelle encore la campagne de Russie par l'armée napoléonienne évoquée avec une sobriété sidérante). Saka est le moins fort des trois spectacles, car ici on joue moins sur l'émotion ou sur la subtilité des liens qui nous unissent au cheval que sur la prouesse athlétique de l'animal et de l'homme - ce qui nous ramène aussi à une définition plus traditionnelle du cirque.

Comme dit ma tendre et douce : C'est un spectacle à voir, mais pas à revoir.

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