lundi 16 novembre 2009

110. Maudits ! - Édouard H. Bond

Dans Maudits !, Sergio est armé d'une manchette, d'un harpon et d'une haine profonde de l'humanité. Ça tombe bien, une bande d'ados en limousine croise son chemin en s'en allant à l'après-bal. Ils sont souls, stones, gonflés de poutine et de désir. Édouard les avait pourtant avertis de ne pas prendre la route 343... (Extrait de la 4e de couverture) Toute la manière, toute la saveur de Bond est dans ce « Ça tombe bien »

J'ai bien l'impression d'être le dernier à venir parler de ce bouquin-là, sorti il y a quelques petits mois. Mais si les premiers volent la vedette, les derniers n'ont pas toujours torts, et vogue la galère des métaphores mélangées qui viennent s'échouer ici.

Car il est bon, ce roman, à mon avis supérieur à Prison de poupées dont j'avais pourtant pensé le plus grand bien. L'histoire c'est celle d'un écrivain, Édouard Bond, qui met en garde un groupe d'ados en goguette de ne pas emprunter la route 343. Les jeunes n'écoutent pas la voix de l'auteur; entre en scène Sergio, prototypique héros de slashers, qui va leur en faire voir de toutes les couleurs.

L'action est non-stop, la psychologie sommaire comme il se doit, mais Bond est un sacré écrivain et il arrive à créer des personnages crédibles, indépendants, à bien les développer dans les limites du genre. On rigole aussi, malgré la violence qui se manifeste, le récit est riche en gags de toutes sortes.

Au final, ça donne un roman extraordinairement divertissant, parfaitement maîtrisé, écrit dans une langue qui n'est pas de bois, au contraire, mais bien en chair, humide, léchante, rose de désir et rouge de sang...

Seul petit bémol, les intercalaires ont laissé ce lecteur-ci complètement indifférent. Ils sont inutiles, arbitraires et le roman aurait trouvé une plus grande cohérence sans cet inutile rappel à la réalité. Une peccadille.

Édouard Bond est un formidable écrivain.

Cote 9 / 10

Maudits !
Édouard H. Bond

Coups de tête, 2009
141 pages

8 commentaires:

David Hébert a dit…

Quel hasard ! J'ai terminé la lecture de ce livre aujourd'hui même. J'ai beaucoup apprécié. C'est direct, cru, violent et vulgaire, mais divertissant et efficace. Et pour ma part, j'ai bien aimé les intercalaires, qui selon moi créent une atmosphère encore plus noire au récit... Par contre, je n'ai pas lu "Prison de poupée", mais ça m'a donné le goût de le rajouter à ma pile de lectures à venir ;)

Ed. a dit…

Heille merci Richard !
Watch out le next !

Pierre H.Charron a dit…

J'ai lu uin coup de tête la semaine dernière et j'en ai deux autres qui me tentent et celui-ci en est un. Si il est cru...Je suis vendu d'avance !!!

Luc Dagenais a dit…

Moi aussi j'ai adoré, et moi aussi les intercalaires m'ont laissé perplexes, au début. Mais, à partir du moment ou je les ai considérés comme des exergues au complet (pas juste les citations qui les accompagnent), ils ont pris tout leur sens à mes yeux: Ils confrontent le lecteur à son plaisir de lire ce roman ultra-violent et alourdissent l'atmosphère qui serait peut-être trop légère sinon.

Gen a dit…

J'ai lu quelque part "Ne mêlez pas histoire gore et humour ou vous passerez pour un psychopathe".

Ce bouquin me pousse à répondre : "Ouin, pis?"

Chapeau Édouard!

Ed. a dit…

Oh wow ! Merci David pis Luc, ça fait chaud au coeur.

Pierre, j'ai hâte de connaître ton verdict.

Pour les intercalaires, ç'aurait gagné en efficacité si j'avais regroupé des chapitres pour en faire des plus longs pis ainsi mettre moins de funny killer facts. Moi-même, leur quantité me tape sur les nerfs.

Gen, chuis psychopathe, oué, juste assez. Je crois pas que ça soye trop dangereux.

KGirard a dit…

Ben là, y me tente aussi ce Coups de Tête. Je crois que vais aller faire un tour à la librairie en fin de semaine.

Frédéric Raymond a dit…

Comme je le dis souvent : Les limites du bon gout son là pour être dépassée. Ed l'applique à merveille. Justement, si vous n'avez pas lu son dernier billet sur son blogue, je le recommande goulument.