À Sainte-Bonté, des jeunes filles sont tuées, puis tatouées, par un tueur en série. Rosalie, la tante d'une des victimes, mène sa propre enquête et, surprise, surprise, découvre le coupable avant les forces policières.Ce roman est d'un amateurisme affligeant. L'auteure commet toutes les erreurs qu'une débutante peut faire sans en omettre une seule. Mais il y a pire que l'amateurisme en littérature, comme on verra à la fin de ce billet.
En vrac : Les dialogues manquent cruellement de naturel, les personnages s'expriment comme des tragédiens sans talent qui lisent des lignes bidon.
Le point de vue, lui, est hors de contrôle, passant d'un personnage à l'autre inopinément et de manière incohérente. La narration souffre aussi d'un manque de maîtrise : les descriptions sont appuyées, répétitives, et l'auteure s'emberlificote avec régularité dans des détails non-pertinents pour l'histoire, mais qui font « jolis » dans un roman. La chronologie de l'action est pour le moins approximative et la manière dont Rosalie mène l'enquête, risible.
Qui plus est, l'auteure n'hésite pas à donner ses impressions sur la situation en cours et à passer des opinions sur les personnages dans la narration. Quelle horreur.
Enfin, le vocabulaire est souvent enfantin, parfois erroné (perpétuer, pour perpétrer un meurtre), et certains mots très importants sont mis en majuscules pour montrer leur IMPORTANCE. C'est tellement poche que ce n'en est plus drôle du tout.
(Parait-il que l'auteure a bénéficié d'un coach d'écriture pour la rédaction de ce roman. Je n'ose imaginer ce que ça aurait donner sans.)
On nage dans la niaiserie tout du long de ce roman. Mais la niaiserie, l'insipidité, l'infantilisme sont des valeurs personnelles que chacun définit pour lui-même, selon son histoire, ses convictions, son éducation, ses lectures. Ce n'est certainement pas tous les lecteurs qui partageront mon point de vue. (Il n'y en aura peut-être même pas un...) Par contre, ce qui est inadmissible, c'est le plagiat. Il y a dans un chapitre hautement touristique de ce roman des phrases entières qui sont tirées de la Wikipédie, telles quelles, sans mention de source, rien; elles sont données comme l'œuvre de l'auteure, mais le style correct est si loin de ce que Chantale Mercier est capable de produire que la supercherie est tout de suite découverte. Honte.
Tout n'est cependant pas perdu : le livre lui-même est un bien bel objet. La couverture est magnifique et la police de caractères qui a été utilisée est un vrai régal pour l'œil.
Cote 1,5 / 10
A pour alphabet
Chantal Mercier
JKA, 2009
256 pages
13 commentaires:
A pour amertume à ce que je vois ;).... Moi aussi je n'aime pas du tout quand un auteur passe ses opinions sur les personnages dans la narration, pire ca ne devrait jamais exister, ca nous sort complètement du récit et de son imaginaire.
C'est le genre de livre qui fait réaliser à quel point la vie est injuste : nous on se casse la tête à choisir un point de vue, un narrateur... et y'en a qui publie de la merde...
Quand plagier Wikipédia rehausse le niveau de ton écriture, laisse-moi te dire que ça va mal en "tab… nak " ton affaire !
Oui, honteux !
El Kèb E. Coi
Y'a des articles de Wikipédia qui sont très bien écrits! (Merde, j'en ai mis du temps certaines fois... ;)
Aaaaaaaaaaargh!
Merci L'ermite, j'irai pas dépenser mon argent pour rien. C'est tellement dommage... Je lis le blog de cet auteure, elle est fière de son bouquin, plein d'autres qui sont en projets et tout... et comme tu dis Gen,
c'est injuste!!!!!!! :-p
@ Gen : Oui, tu as raison. Wikipédia est une formidable mine d'information, et la grande majorité des articles y sont rédigés de manières impeccables et minutieuses. Désolé. Par les temps qui courent, le grand benêt impulsif que je suis à la fichue tendance à me mettre les pieds dans les plats. Et les quelques exemples sur ce blogue ne sont malheureusement que la pointe de l'iceberg. Je crois que c'est davantage contre l'idée du plagiat que j'ai réagi… Mais ça n'excuse en rien mon manque de délicatesse. Mea culpa !
El Kèb E. Coi
Tout ça est bien triste. Le roman est imparfait et pourtant l'auteure en est fière.
Comme disait Sartre : Lorsqu'il écrit, même le plus médiocre des écrivains doit croire à son propre génie.
La parution de ce roman est prématurée. Il y aurait eu tant de travail encore à faire, mais bon...
Quant au plagiat : elle peut toujours invoquer le plagiat involontaire comme Stephen Ambrose pour l'ensemble de son oeuvre, voir Wiki.
Mais pour elle, c'était parfait.
J'ai critiqué il y a un temps le livre d'un auteur qui était super fier de son roman c'était mal écrit, très mal écrit, et illogique, j'avais été incapable de lire plus de un ou deux chapitres. Il ne me l'a jamais pardonné et m'a accusé de tous les torts.
ET bien on ne peut qu'admirer le courage de Richard, qui malgre le deplaisir que lui a procure ce livre, l'a quand meme termine ET nous previent de ses mefaits. Merci!
Quoi que vaille le livre, plagier Wikipedia c'est quand meme triste... Est-ce un probleme de travail d'edition?
@El Kèb E. Coi : T'en fais pas, je déconnais comme d'habitude. ;p Sans farce, le problème avec Wikipedia reste que n'importe qui peut y écrire. Pendant un bout, j'ai travaillé sur des articles (histoire romaine républicaine) et j'en ai corrigé d'autres, mais je me suis tannée de me faire ensuite saloper mon travail...
Mais plagier en effet, c'est impardonnable!!! Même le plus paresseux des élèves du secondaire sait qu'il doit au moins reformuler pour pas se faire pincer...
@Émilie : Ouais, des fois c'est pas évident de critiquer des textes. Faut essayer de deviner avant si la personne veut vraiment une critique ou juste des félicitations...
Monsieur Tremblay,
Nous vous faisons part de nos commentaires suite à l’article paru sur Côté Blogue en ce 27 octobre 2009, concernant le roman « A pour alphabet » de l’auteure Chantale Mercier.
Nous avons été surpris par la violence de vos propos sans fondement. Derrière votre clavier d’ordinateur, bien caché au sein de votre bureau, vous avez écrit une chronique littéraire – si nous pouvons appeler cela une chronique – sur un livre dont je pense que vous n’avez pas saisi complètement la teneur des propos qu’il véhiculait.
En tant qu’attaché de presse de la maison d’édition JKA, une maison d’édition qui aime ces auteurs, je me dois de donner une réponse cinglante à la hauteur de votre « talent » de chroniqueur littéraire.
La maison d’édition JKA est naturellement ouverte aux critiques. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, nous acceptons largement cette règle de la libre expression. Mais cette chronique littéraire est d’un amateurisme qui est rare de nos jours.
Nous ne comprenons pas encore de quel droit vous accusez ouvertement et sans aucune preuve à l’appui l’auteure Chantale Mercier de plagiat.
De notre côté, nous avons établi plusieurs vérifications et aucune preuve de plagiat ne fut révélée. Permettez-moi de vous dire que « Wikipedie » se nomme « Wikipedia » et que ce site est une encyclopédie gratuite pour l’ensemble des internautes. La règle est simple :
« Wikipédia est une encyclopédie multilingue, universelle, librement diffusable, disponible sur le web et écrite par les internautes grâce à la technologie wiki. Elle a été créée en janvier 2001 et est devenue un des sites web les plus consultés au monde. Elle est hébergée par une association sans but lucratif américaine, la Wikimedia Foundation. Les mêmes principes fondateurs sont partagés par toutes les différentes versions linguistiques mais les pratiques d'écriture sont convenues indépendamment par les internautes pour chacune d'elle. La page principale en anglais de ce site affirme qu’il s’agit d’une « content free encyclopedia that anyone can edit » (« une encyclopédie sans-contenu que tout le monde peut changer ») en faisant un jeu de mots sur l’expression "free content" (qui peut se traduire par contenu libre) », source : site Internet Wikipedia.
Lorsque vous écrivez : « Enfin, le vocabulaire est souvent enfantin, parfois erroné (perpétuer, pour perpétrer un meurtre) », l’auteure ne pouvait-elle pas jouer avec un mot de la langue française en changeant une lettre ? Je vous pose la question ?
En tant qu’auteur devenu par l’entremise de Côté Blogue, un « chroniqueur littéraire », à la recherche d’un bon d’achat de leur part pour avoir écrit une chronique, je me demande si derrière vos écrits sanglants, ne se cache pas une certaine frustration de votre part pour n’avoir pas trouvé un éditeur pour diffuser vos propres romans qui sont restés dans le fond de vos tiroirs ?
Pour terminer, sachez cher Monsieur Tremblay, que toutes vos accusations gratuites sont sans fondement.
Cordialement,
Jean-Luc Doumont
Attaché de presse – Les Éditions JKA
jeanlucdoumont26@hotmail.com
Jean-Luc,
Ma réponse se retrouve dans m on billet du 20 novembre intitulé : Pourquoi faut-il que chaque fois...
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