mardi 8 décembre 2009

113. Brins d'éternité n° 25

La direction annonce des changements importants au format du fanzine, passage à la reliure dite allemande, augmentation du nombre de pages et réduction de quatre à trois numéros par année. Égoïstement, j'espère qu'on va garder le rabat de couverture qui sert aussi de signet, une caractéristique très intéressante de Brins d'éternité.

La légende de Marie Dupuy de Benoît Bourdeau. Ayant mis la main sur un anneau ancien, un homme est hanté par le fantôme d'une femme extraordinairement belle. Le seul bémol à ce texte, c'est la rapidité avec laquelle le gars tombe amoureux de la fille. La tension dramatique aurait gagné à ce que ne soit pas si rapide. Il faut signaler le progrès important fait par cet auteur depuis que j'ai commencé à le lire. Cette fois la nouvelle est vraiment bonne, il y a de l'action, de la romance; ce lecteur-ci aurait simplement souhaité que l'auteur donne à son texte l'espace nécessaire pour se déployer adéquatement. 7 / 10

Mère apprétée de Mathieu Fortin. On ne peut pas résumer ce petit bijou de texte : insolite et totalement inattendu, drôle, bâti sur une prémisse à peine esquissé mais tout à fait satisfaisante. 10 / 10

Mon père est plus fort que le tien de Dave Côté. Dans la classe de Mario et Mélanie, il y a le fils de Satan. Un petit être gâté-pourri qui terrorise tout le monde et ses profs. Les textes de Dave Côté sont déconcertants et remarquables. Je pense à La loi du plus fort déjà parue dans Brins d'éternité, et à celui qu'il fera publier dans Solaris (dont j'ai pu lire une version préliminaire). Léger, insolite, parfaitement logique, d'une écriture maitrisée, qui va droit au but avec aisance. 9 / 10

Abyssale partie de pêche de Phil Becker. Le capitaine Ted Naiko ratisse les mers pour y trouver du poisson sauvage. Lorsque son équipage tend ses filets dans l'océan, il fait une bouleversante découverte... Réussite complète que cette nouvelle originale, où des choix amoraux se font dans l'intérêt commun ou individuel. 10 / 10

Nulle part de François Lambert. Prenez un homme solitaire dont personne ne va regretter la disparition, mettez-le dans un manoir/domaine/château/maison où se produisent des phénomènes inexpliqués, et vous avez les ingrédients pour une histoire conventionnelle, correctement faite, pas ennuyeuse pour un sou, mais peu mémorable. Par moment, les tours de phrase sont plutôt curieux et sonnent forcés, par ex. :« il toussa pour épurer ses bronches », « il utilisa ses oreilles... »  5,5 / 10

Ce numéro se termine sur une entrevue (une autre !) de Patrick Sénécal et un article savant sur Stephen King. Je n'en ai lu aucun.

Somme toute, une très bonne livraison de Brins d'éternité. Avec un texte-phare (Becker) et deux réussites (Fortin, Côté).

7,5 / 10

11 commentaires:

Gen a dit…

Wow, je fais immédiatement passer le numéro de BE sur le dessus de ma pile de trucs à lire! :)

Guillaume Voisine a dit…

Merci pour la critique fort positive du numéro :)

Pour le prochain format, nous n'avons pas terminé la phase d'expérimentation encore, mais il est fort possible que le rabat saute; c'est qu'il nous faut faire le pli de la couverture à la main pour avoir ce satané rabat, puisque l'imprimeur ne semble pas capable de faire ça avec sa machine.

À la base, le rabat avait été pensé pour cacher la non-tranche. Comme la reliure allemande devrait amener une ère de tranche tranchée, ça enlève un peu d'utilité au rabat...

Mais eh, je note qu'un de nos fidèles lecteurs tient à cette caractéristique; comme rien n'est coulé dans le béton, sait-on jamais :)

Alamo a dit…

Je dois me rattraper dans mes lectures de brins!

Au diable le rabat, on veut des signets! :D

Au plaisir!

M a dit…

Merci Richard pour ces bons mots...

Benoit Bourdeau a dit…

Merci Richard pour cette belle critique. Ça me donne de l'énergie!

davesurlenet a dit…

Ouaw!! Merci beaucoup, ça fait chaud au coeur. Un commentaire qui tire un trait de caractère sur mon travail global, alors que je n'ai que 3 textes publiés... c'est flatteur!

Isa Lauzon a dit…

Personnellement, j'ai adoré ce numéro. Les nouvelles surtout, un régal. Je suis bien contente de m'être abonnée à BE, on y publie vraiment de la qualité!

J'aimais bien le rabat, il donnait un cachet spécial, mais je vote dans le sens du signet. Plus pratique.

J'ai bien hâte de voir le nouveau format de BE! Surtout s'il nous permet de savourer plus, encore plus de nouvelles!

richard tremblay a dit…

BÉ vient aussi avec un signet, très beau, qui reproduit la couverture.

@Benoit, Mathieu, Dave : les gars, c'est moi qui vous remercie de m'avoir fait passer un bon moment...

Alexandre Babeanu a dit…

Comme d'habitude, tu as le don de nous faire envie de lire ce que tu aimes. Vais essayer de trouver ça du fin fond de mes contrées lointaines.

Guillaume Voisine a dit…

En effet, la plupart des numéros de Brins viennent avec un signet. Je ne vois pas pourquoi on ne continuerait pas ça.

Isa: Content de voir que tu aimes la revue :D

Alexandre, si la poste a été inventée dans ton coin, on devrait pouvoir arranger quelque chose ;)

Phil Becker a dit…

Merci pour le commentaire flatteur !