samedi 24 octobre 2009

104. Le protocole Reston - Mathieu Fortin

Dans Trois-Rivières assiégé par des zombies, Victor et Lucien (et non Julien comme le signale la 4e de couverture, impardonnable) tentent de sauver leur peau en compagnie de Sara, de David, d'Érika...

Ça part sur les caps de roue et ça ne lâche pas avant le point final. L'action est non-stop, le lecteur est pris dans le mouvement, et le temps de le dire, le roman a été lu d'un bout à l'autre. Rarement 90 minutes ont elles passées si vite pour ce lecteur-ci.

Deux bémols. La transcription écrite de la langue parlée est inégale dans le roman et ça se remarque : fine au début, heavy au milieu, puis médium vers la fin. Même que certaines locutions ont une graphie variable selon leur emplacement (fac, faque...), ce qui choque le pointilleux en moi. On peut croire que c'est mineur, pas pour moi cependant, parce que c'est un irritant qui n'aurait pas dû survivre à une relecture attentive.

Et à la toute fin, page 123, je n'ai vraiment pas apprécié le sourire « pervers » du docteur Miersk. Ça fait savant fou, ça mine la crédibilité du roman, et le Protocole Reston ne méritait pas ça. C'est tellement cliché que c'en est indigne du talent de Fortin. (Grain de sagesse : Un roman est une chose complexe et totale, il suffit d'une phrase boiteuse pour que l'édifice s'écroule, une expression mal choisie et c'est le roman qui en pâtit.)

Ce sont deux objections mineures, qui n'ont pas vraiment gâché mon immense plaisir de lecture, mais qui l'ont quelque peu émoussé. Quand même : vivement recommandé par ce lecteur-ci. (Et la couverture est absolument sensationnelle.)

Cote 8 / 10

Le protocole Reston
Mathieu Fortin
Coups de tête, 2009
124 pages

2 commentaires:

M a dit…

salut Richard

Merci de ta lecture! Je vais répondre à tes interrogations dans les lignes qui suivent. Non pas pour parce que je ne suis pas d'accord avec ta critique (elle est bien bâtie et constructive, merci!) mais parce que ça peut peut-être permettre de voir les accrochages d'un autre oeil.

Pour le résumé, tu as raison, c'est bel et bien une erreur qui me désole aussi: la seule fois où j'ai lu le résumé avant d'avoir le livre entre les mains, je ne l'ai pas vue. Désolé.

Au niveau de la langue parlée, on remarquera que le niveau du langage suit le rythme du récit: les personnages en situation de stress plus intense parlent beaucoup plus en langage parlé. Au départ, ils sont plus relax et vers la fin, ils sont tellement dépassés par les événements que sa influence leur façon de s'exprimer. C'est mon explication d'auteur qui n'est peut-être pas une bonne justification...

Pour les variantes dans l'écriture (Fac, faque...), que veux-tu: même deux réviseures d'expérience ne l'ont pas remarqué. Mais je prends quand même note pour le dire à l'éditeur, en cas de réimpression.

Pour le sourire pervers, je comprends ta perplexité. Mais souviens-toi bien de ce Miersk a demandé aux gouvernements et le sourire s'explique. Le sort de Victor aussi, d'ailleurs. Peut-être même celui de Raoul. Oui, c'est cliché, je suis d'accord avec toi, mais j'aime bien ce sourire, qui révèle beaucoup sur la nature du personnage (qui reviendra peut-être un jour, qui sait..???)

Ceci dit, chaque lecture, chaque lecteur, apporte à l'édifice d'un livre. Je pends note de ces légères irritation et je vais tenter de ne pas répéter les mêmes bourdes la prochaine fois!

Merci de ta lecture!

Anonyme a dit…

Michel G. dit:

J'ai aussi écrit un roman de zombies qui sera peut-être publié un jour. J'attend les commentaires de quelqu'un avant de ré-embarquer dans les corrections. Mais c'est pas évident d'être original et de tenir le lecteur en halène jusqu'au bout. Je crois que j'ai réussi avec les quelques personnes qui l'ont lu. Je vais m'acheter le Protocol bientôt, je viens de terminer un excellent Frédérique Durand ;)