mercredi 2 février 2011

172. Brins d'éternité n° 28

Sous une assez jolie couverture quasi monochrome, où les noms de certains auteurs (April et Isabelle) sont presque impossibles à lire, le lecteur a droit à un large éventail de nouvelles d'où on peut extraire un thème vaguement dominant: celui de la dé-responsabilisation personnelle de la nature criminelle de l'Homme. Ce thème est présent dans les textes de Pat Isabelle, de Jean-Pierre Laigle et de Martin Lessard.

Le vieil homme et la Lune de Valérie Larouche. Papy Oscar raconte des histoires de la Lune à ses petits enfants, des histoires à propos d'un âge dorée sur un monde meilleur... La technique de l'auteure n'est pas tout à fait au point, c'est une nouvelle d'apprentissage. C'est un peu sous-standard côté écriture, mais la fin est assez jolie. 4,5 / 10

Confidences de Pat Isabelle. La confession d'un robot que les humains ont mené à sa dernière extrémité... Je ne noterai pas ce texte, ayant commenté une version préliminaire pour mon ami Pat. Mais disons que j'aime toujours beaucoup la manière distancée qu'utilise l'auteur pour raconter ses histoires, même si celle-ci ne casse pas la baraque.

Premier acte de Jean-Pierre Laigle.La Terre est une arène où s'affrontent violemment les forces de l'Anneau et de l'Étoile... Ouf, voilà, l'humanité n'est pas responsable de son lourd passé violent, ce sont les aliens qui nous manipulent depuis l'aube des temps. Un texte fluide, bien écrit, mais une idée qu'on a lu vingt mille fois minimum. 3 / 10

Home, sweet home de Claude Bolduc. La maison de Jean-Robert Duval lui donne des soucis, elle semble lui en vouloir...Ha ha ha. Quelle nouvelle délicieuse ! Comment résister. Je me suis bidonné tout au long de ma lecture. Et j'ai même ri – chose rarissime quand je lis. Bolduc a un sens de la dérision absolument phénoménal. En plus, côté écriture, c'est impeccable. Y a que la fin finale qui m'a semblé un rien précipitée, voire inachevée.  8 / 10

L'âme soeur de Martin Lessard. Celui qui est en possession de la Pierre entre dans une frénésie homicide transmise par l'objet. Tout le monde est à la recherche de Max Tremblay, le frère du narrateur qui vient justement de tuer... La plume de Lessard est alerte et le texte coule de source. De plus, il arrive à faire vivre un monde peu connu, celui des humoristes. Malheureusement, les intercalaires récapitulatifs de la progression de la Pierre sont beaucoup trop explicites et viennent diminuer l'intérêt qu'on peut prendre à ce texte. 6,5 / 10

La troisième dimension de Romain Lucazeau. Pendant une panne électrique, une colonie de bactéries devient une civilisation florissante dans un dépôt de confiture. Eugène125 voit bien les limites d'une telle dépendance à la Mer Sucrée et envisage un plan B... La littérature est une bien belle chose quand elle parvient à me surprendre de cette façon. C'est délicieux, léger, rigolo, totalement maîtrisé. Avec une fin ironique. Lucazeau est un écrivain de infiniment petit, puisque il est aussi l'auteur de Quatre étoiles au firmament dans Brins d'éternité n° 19, une histoire qui m'avait complètement séduite. Ce lecteur-ci en redemande. 9 / 10

Seidhr de Marie-Claude Bourjon. Y a des vampires, y a des soeurs jumelles, y a de la poésie... Ce court texte de quatre pages m'est tombé trois fois des mains. Faut être fait fort pour lire de la poésie; c'est pas moi, ça. Je ne note pas.

Mécanique de ta disparition de Thomas Geha. La blonde de Madec disparaît sans laisser de trace. Il va tout faire pour la retrouver, jusqu'à recréer une espèce de monde idéal, une fois qu'il connaîtra la vérité... Le rythme lent, l'émotion cérébrale et cette narration où le personnage principal s'adresse à la deuxième personne du singulier à sa disparue me m'ont pas accroché. Du bel artisanat, propre et bien fait, un peu long, un peu ennuyeux. 6,5 / /0

Le numéro se termine sur l'essai : Ma SF est-elle de la science-fiction ? de Jean-Pierre April. Lisant cet essai ô combien personnel, et au-delà de la réflexion (parfois) stimulante de l'auteur, mais furieusement datée (youhou, les années 70, quelqu'un ?), je me disais in petto : Ma foi du bon Dieu, ce gars-là doit chier des étrons d'or pour avoir une si haute estime de sa propre personne ! Ça a pas de maudit bon sens ! Le problème de ce texte, c'est plutôt que de stimuler la réflexion des lecteurs, ceux-ci en resteront à prime abord à discuter des plumes du paon. Ne me croyez pas sur parole, lisez, c'est anthologique... Mais, bon, il y aura la deuxième partie dans le prochain Brins, et c'est alors qu'on se formera un jugement autre que stupéfait...

21 commentaires:

Pat a dit…

Des étrons d'or, héhé. C'est dans ton top 10 ça:)

Benoit Bourdeau a dit…

Même pas reçu et déjà critiqué, ça c'est du service!

Daniel Sernine a dit…

La 2e partie dans trois mois... Ça laisse à April deux mois pour lire... de la SFQ.
De la SFQ autre que la sienne, s'entend, et les quelques spécimens vieux d'un tiers de siècle qu'il aime citer.
Mais on sait qu'il n'en fera rien, la seconde partie de son essai -- essai que Solaris a décliné de publier -- étant déjà écrite.

richard tremblay a dit…

Oui, justement. Je croyais lire Frémion, Blanc et autres joyeux drilles de l'époque. Même le slogan, Ici et maintenant, est resté le même.

Je ne juge pas la pertinence du discours, pour le moment je juge les atours.

K.Girard a dit…

Et que j'aime ta manière de commenter et de critiquer. Je te l'ai ti déjà dit?

De la poésie, c'est pas pour tout le monde, en effet. Mais je suis certain qu'un certain genre poétique t'accrocherais plus qu'un autre. Perso, je trouve la prose poétique emmerdante et les poèmes traditonnels vachement endormants.

Alexandre Babeanu a dit…

Ouinn, pas encore reçu mon exemplaire, mais me voilà tout intrigué. Une civilisation de bactéries? Quelle idée géniale!

Alamo a dit…

Écoute même Tywin Lannister ne chie pas d'or et ce contre l'attente de tous, à sa mort... ;)

claude b. a dit…

Un numéro qui promet, à ce que je vois. Merci de tes bons mots, Ermite. J'aime bien y aller d'un petit texte d'humeur gaillarde de temps en temps. Faudra que je voie un jour s'il n'y aurait pas moyen de composer un recueil décent à partir de tout ça.

Gen a dit…

Le concept même de l'auteur qui analyse sa propre oeuvre, c'est particulier, disons. Si c'était sur demande, encore...

Mais bon, les nouvelles sont bonnes! hihihi ;)

richard tremblay a dit…

Jean-Pierre April m'a aimablement demandé de poster ce commentaire, jem'exécute donc :

Bonjour Monsieur Tremblay,

Je lis régulièrement vos critiques, et je suis tombé un peu en retard sur vos commentaires du 2 fév. concernant mon bref essai dans Brins d’éternité. J’ai remarqué une mauvaise perception dans les commentaires qui ont suivi, et j’aimerais pouvoir ajouter mon point de vue. Pourriez-vous publier le message qui suit en bonne place dans votre site?

Je vous remercie,

Bonne journée,

JPA


Certains d’entre vous pensent que je suis prétentieux parce que j’ose parler de ma SF. Pourtant, je n’ai fait que répondre à l’invitation de Victor-Lévy Beaulieu à produire un livre sur mon écriture (et non sur la SFQ), ainsi qu’il est spécifié dans la première note de l’essai, que plusieurs ne semblent pas avoir remarquée. La revoici donc :

« Ce texte a été écrit en vue d’un essai à paraître aux Éditions Trois-Pistoles dans la collection Écrire : Dérapage contrôlé. Pour cette collection, l’éditeur Victor-Lévy Beaulieu invite des écrivains à parler de la genèse et de la nature de leur écriture. »



VLB a dû juger que j’avais quelque chose à dire sur mon écriture après avoir publié 12 livres, animé 15 ateliers littéraires de 60 heures, écrit quelques essais, participé à 50 numéros de la revue Imagine… , etc. Une trentaine d’auteurs ont accepté de parler de leur production dans la collection Écrire, de nombreux écrivains du Mainstream réfléchissent sur leur pratique : tous des prétentieux qui font du caca doré?



Pourtant, je vois de nombreux écrivains de SF se prononcer sur leurs oeuvres dans des entrevues ; pourquoi ne pas faire quelques pas de plus et écrire un essai sur leur écriture ? Par humilité!? Ou parce que les écrivains de paralittérature ne peuvent pas sortir des conventions oũ ils se confinent? Ou …expliquez-moi.



Quant à mes liens supposés avec la piètre SF politique française des années 70 (Frémion, Blanc et cie), ils n’existent pas. Lisez mon dernier roman de SF, Ici Julie Joyal, et vous verrez … J’ai toujours déploré la pensée simpliste et l’écriture quelconque de cette SF. Mais je reste fidèle à la pensée contestataire et cosmopolite de cette époque, que je retrouve aujourd’hui à travers le métissage culturel, le postmodernisme et l’altermondialisme.



Peut-être que mes savants lecteurs vont penser à répondre à la question soulevée dans le titre de mon essai… Ce n’est pas parce que le message personnalisé diffère des actuelles conventions paralittéraires qu’il faut tirer sur le messager. J’attends un débat d’idées.

Guillaume Voisine a dit…

Un débat d'idées ?

Mais quelle bonne... idée !

Je vous invite à faire un tour <a href="http://www.revue-brinsdeternite.com/2011/02/debat-en-ligne.html</a> si le débat vous intéresse.

Marc Pageau a dit…

Moi ce qui m'a stupéfait dans la lecture de votre billet, Monsieur Tremblay, c'est l'emploi de termes aussi vulgaires et déplacés que « ... ce gars-là doit chier des étrons d'or ... ». Et ce qui me stupéfie encore, c'est que les différents commentateurs de ce même billet ne prennent pas la peine de relever l'inélégance de ces termes !!!

Ça me semble aussi, à la limite, insultant pour les membres de la rédaction de Brins d'Éternité qui ont pris la décision de le publier !

Bon, je n'ai pas lu le texte en question et je ne vous dénie pas le droit de le critiquer, loin de là, mais il me semble que ça peut se faire de façon un peu plus rehaussée, non ?

De mon côté, j'ai eu la chance de rencontrer Jean-Pierre April à quelques occasion depuis septembre dernier et d'échanger nombre de courriels avec lui pour des projets communs, et je n'ai jamais remarqué la moindre prétention ni condescendance de sa part...

Au contraire !

richard tremblay a dit…

Marc : Il y parfois un abysse entre ce que nous sommes et ce que nous écrivons. Ainsi, je ne doute pas que Jean-Pierre soit un garçon tout à fait charmant et modeste, mais, selon moi, la première partie de cet essai est, dans son habillage, un rien prétentieuse (mais il faut lire pour en prendre la mesure).

Ainsi, moi. À me lire on pourrait croire que je me vautre régulièrement dans l'excrémentiel et l'inélégance du propos, alors que dans la vie privée, je suis un être parfaitement bien élevé par sa maman et mon langage est châtié.

Et puis, sans charrier, "chier des étrons d'or", ça dit ce que ça à dire et ça change quand même des commentaires pudiques, bien PC qu'on retrouve un peu partout... Quand même, je ne renie pas ce que j'ai écrit... Et ce n'était pas une insulte à la direction de Brins d'éternité, allons donc.

Marc Pageau a dit…

Bien d'accord avec vous, Monsieur Tremblay, sur la non-rectitude politique. C'est sûr que ça pimente les discussions... Mais on n'est pas à l'Assemblée nationale de notre médiocre Premier ministre Jean Charest pour se lancer des noms d'oiseaux, quand même ! On voit où ça mène.

Dans votre vaste expérience de la vie, vous avez sans doute remarqué comme moi que, chaque fois qu'un Québécois se distingue le moindrement, nos compatriotes se font un malin plaisir à le descendre vite fait de son « piédestal »... C'en est même un sport national aussi populaire que le hockey !

Je dois vous rappeler que Jean-Pierre April est le seul écrivain de SFFQ Québécois, à ma connaissance, à avoir publié des nouvelles dans plusieurs numéros de la revue Univers des prestigieuses éditions J'Ai Lu en Europe dans les années 1980, ainsi qu'un roman aux mêmes éditions. Publier en Europe chez un éditeur professionnel, c'est un exploit remarquable que même notre ami Daniel Sernine, tout talentueux et prolifique qu'il soit, n'a jamais été foutu de réaliser.

Mes amitiés à Daniel !

;0)

richard tremblay a dit…

Mon cher Marc,
On ne va pas passer 105 ans là-dessus, d'autant que nous causons d'un texte que tu avoue ne pas avoir lu.
Pour ma part, je répondrai ceci. Je n'ai pas attaqué JPA, et encore moins son oeuvre romanesque que j'ai lu en partie (sans y prendre mon pied, le style particulier de l'écriture de l'auteur me rebute, mais j'ai mis son Kompak à mon agenda, c'est dire).

J'ai utilisé une image amusante calquée sur la poule qui pond des oeufs d'or pour qualifier mon opinion de cet essai particulier, sans en attaquer le fond. Je ferai un commentaire plus approfondi quand la 2e partie sera publiée dans le prochain Brins.

SVP Il faut éviter de faire un amalgame avec la situation à l'Assemblée nationale ou sur le propre bien québécois du Mange-Canayen, parce que c'est - à mes yeux - n'importe quoi.

Si je rencontre JPA au prochain Boréal je compte me présenter à lui et lui serrer la pince (s'il ne me fiche pas un coup de savate dans le front avant !)

Marc Pageau a dit…

Alors, je m'empresserai de vous présenter Jean-Pierre ! Mais vous auriez probablement plus de chances de le croiser dans un Salon du livre qu'à Boréal...

Citation : « J'ai utilisé une image amusante calquée sur la poule qui pond des oeufs d'or pour qualifier mon opinion de cet essai particulier... » Fin de citation.

Amusante ? Je crois qu'il vous faudrait manipuler l'humour avec un peu plus d'attention !

;0)

Comme je vous l'ai déjà dit plus haut, ce n'est pas votre appréciation du texte qui me chicote, c'est votre expression qui fait problème, à mon avis. Elle m'apparaît comme vraiment irrespectueuse et pour le moins maladroite...

Sans vouloir vous faire la leçon, je suis assez bien placé pour savoir qu'il y autant d'interprétations possibles qu'il y a d'individus différents pour un texte donné, en tenant compte de la culture et du vécu de chacun. J'en ai fait l'expérience comme caricaturiste éditorial ! On m'a traité de tous les noms possibles et on m'a prêté des intentions que je n'avais pas du tout, alors que j'essayais de rester neutre et objectif...

Un exemple d'interprétation purement personnelle : Je ne peux absolument pas m'empêcher de percevoir tout le mépris condescendant dans le commentaire inutile de notre ami Daniel Sernine un peu plus haut, surtout dans cette partie :

« ... -- essai que Solaris a décliné de publier -- ... »

Ce que j'en comprends, c'est que ce n'était pas assez bon pour Solaris, un peu comme si publier dans Solaris c'était le boutt'd'la marde, pour rester dans le sujet ! Quand on sait que c'est en partie un texte commandé par les éditions Trois-Pistoles de Victor-Lévy Beaulieu... C'est quoi, Solaris, par rapport à VLB ?

Selon votre échelle de valeur, si Jean-Pierre April « chie des étrons d'or », j'en déduis que la rédaction de Solaris, elle, chie des étrons de platine !!!

;0)

Allez, bon, j'en reste là...

Sans rancune aucune !

richard tremblay a dit…

Marc:

Je suis un grand garçon, ma maman pourrait te le confirmer. Je sais bien qui est JPA, et s'il fréquente un tant soit peu ce blogue, il a certainement une bonne idée de quoi j'ai l'air. On n'aura pas de misère à se rencontrer, sans entremetteur merci bien.

Je suis bien content de savoir que tu es passé par où je passe en ce moment quand quelqu'un de mal informé, mais se croyant bien intentionné, accorde à tes propos un sens qu'ils n'ont pas.

Je vois que tu te mets à mon niveau dans ton appréciation de Solaris. Est-ce triste ou amusant ?

Finalement, la rumeur que j'ai entendu c'est qu'il semble que l'essai de JPA ait été refusé chez Solaris, non parce qu'il n'était pas assez "bon", mais plutôt pour des raisons d'erreurs factuelles et d'amalgame douteux. Mais ça, ça reste à confirmer.

Étrons de platine ? Ma foi, je suis convaincu que tu pourrais faire mieux...

Anonyme a dit…

Je me permets une précision pertinente dans le contexte. Jean-Pierre April a proposé à _Solaris_ un dossier sur son oeuvre, qui comprenait une nouvelle, l'essai dont on discute ici, et un article d'analyse et de présentation de son oeuvre par Jocelyn Bérubé.
Après discussion, nous avons conclu que je publierais seulement l'article de Bérubé, sachant par ailleurs que l'essai et la nouvelle seraient publiés dans _Brins d'éternité_.
Joël Champetier
Rédacteur en chef de Solaris

richard tremblay a dit…

Bonjour Monsieur Tremblay,

Puis-je revenir sur deux extraits de votre blog concernant mon article paru dans Brins d’éternité 28 ?

« essai que Solaris a décliné de publier » D. Sernine

« la rumeur que j'ai entendu c'est qu'il semble que l'essai de JPA ait été refusé chez Solaris, non parce qu'il n'était pas assez "bon", mais plutôt pour des raisons d'erreurs factuelles et d'amalgame douteux. Mais ça, ça reste à confirmer. » (R. Tremblay)


Je croyais qu’une règle non écrite, du moins un sens de l’éthique ou du respect, faisait en sorte qu’une direction littéraire ne parlait pas en public du manuscrit qu’un auteur lui confie.


Soyez assuré que je ne fonctionne pas ainsi comme directeur de la collection KompaK.

Le refus de Solaris n’est pas aussi simple que le laisse entendre votre ami Sernine, ni aussi compliqué que le veut votre rumeur (« amalgame douteux »? « à confirmer »? Par qui?...).


Mais je n’en parlerai pas, par respect pour Joël Champetier qui m’a donné des commentaires précieux sur mon texte.

Bonne journée,

JPA

richard tremblay a dit…

Jean-Pierre,
Là, mea culpa. C'était indélicat de ma part de parler de "rumeurs", puisque ce n'est que de ça qu'il s'agit.

Jean-Louis Trudel a dit…

Pour la gouverne de Marc Pageau, je lui rappellerai que :

(i) Stanley Péan a publié _Zombi Blues_ chez J'ai Lu;

(ii) Élisabeth Vonarburg a été publiée chez Denoël et par le Livre de Poche (ce que d'aucuns considèreraient plus prestigieux que J'ai Lu);

(iii) j'ai moi-même publié des romans au Fleuve Noir;

(iv) Joël Champetier, Laurent McAllister et Patrick Senécal ont été publiés par Bragelonne.

Yves Meynard, Guy Sirois, Michèle Laframboise, Élisabeth Vonarburg et moi-même avons été publiés dans des anthologies comme _Genèses_ (chez J'ai Lu, tiens), les anthologies _Escales_ (Fleuve Noir) et diverses autres revues franco-européennes. On pourrait certes épiloguer longuement sur qui a publié dans les supports français les plus prestigieux ou qui a publié le plus de livres, mais ériger Jean-Pierre April en sommité inattaquable de la SFCF, ce n'est pas nécessairement lui rendre service.

Il se peut que ces auteurs aient en partie échappé à l'attention de Marc Pageau parce que Péan est né en Haïti, Vonarburg en France, Laframboise à Londres et moi-même en Ontario. Mais il reste néanmoins des auteurs comme Champetier, Meynard, Senécal et Sirois qui sont sûrement assez québécois pour passer le test pur-laine.

Ou peut-être que Marc Pageau, tout comme Jean-Pierre April, n'est tout simplement pas très au courant de ce qui se fait en science-fiction, ici ou ailleurs.