mardi 9 juin 2009

80. Marmotte - Bryan Perro

Marmotte est le tout premier roman de Bryan Perro, paru en 1998 chez Glanures, un petit éditeur aujourd'hui disparu. Les Intouchables ont eu la bonne idée de reprendre les trois romans littéraires de Perro, avant qu'il ne se mette à Amos Daragon et connaisse le succès que l'on sait.

Marmotte, c'est l'histoire d'un jeune garçon vivant dans une famille dysfonctionnelle des années 50 à Shawinigan. Et dysfonctionnelle est un terme bien faible, car dans cette famille règne l'abus, l'inceste, la violence, l'alcoolisme, le crétinisme, la maladie...

Si le sujet est sérieux, le ton, lui, est enjoué. Le narrateur, qui souffre d'un manque de connaissance pour vraiment nommer les choses qui l'entourent, a une vision naïve, simple et (bien entendu) puérile des gens et des événements. Ça donne une histoire souvent drôle, parfois touchante, avec une fin apocalyptique inattendue. Tout est dans le ton.

Ce premier roman d'un jeune auteur n'est pas tout à fait réussi. Par moments, Perro s'offre des petits solos de flûte, comme dit si bien Pennac. Et il y aurait eu lieu d'élaguer la marchandise pour en tonifier le propos. Mais c'est un problème extrêmement mineur.

En somme, un bon roman, dur et noir, que ce lecteur-ci recommande.

Cote 7,0 / 10

Marmotte
Bryan Perro
Les Intouchables, 2008 (éd or. 1998)
186 pages

79. Army Group South - Antonio J. Muñoz

Depuis presque vingt ans, un des grands axes de la recherche historique sur la Seconde guerre mondiale porte sur la responsabilité de la Werhmacht quant à sa participation aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité commis sur le front de l'Est.

De la fin de la seconde guerre jusqu'au début des années 90, la Werhmacht a bénéficié d'un traitement de faveur dans l'opinion publique occidentale. Pour les besoins de la guerre froide, le rôle qu'elle a joué dans le génocide des Juifs et des Tsiganes, l'assassinat de masse des populations civiles soviétiques et le traitement criminel des prisonniers de guerre russes, n'a jamais été questionné sérieusement.

Sa responsabilité a été balayé sous le tapis grâce à la complicité des Américains qui, dans le cadre de la guerre de l'espionnage qui s'amorçait, avaient besoin d'hommes connaissant bien l'ennemi, à la fois le terrain et la machine militaire de l'URSS. Et
quoi de mieux que les commandants de la Werhmacht (spécialement ceux de l'Ostheer) qui venaient de combattre durant quatre ans dans les territoires appartenant à l'ennemi. Ces hommes-là ont occupé des postes de commandament prestigieux dans la nouvelle armée allemande, la Bundeswehr, et à l'OTAN. Il ne fallait pas que le passé déteigne sur la « cause », ce qui fut fait. La couleuvre de l'innocence de la Werhmacht fit aussi l'affaire de l'Allemagne abattue, puisqu'elle montrait que ce n'étaient pas tous les Allemands qui étaient coupables, que la Werhmacht avait fait une guerre dure, mais chevaleresque.

Il est singulier de constater que le rôle et l'innocence de la Werhmacht n'ont été remis en question qu'à partir des années 90, à l'effondrement de l'Union soviétique, effondrement qui marque la fin de la guerre froide. Il est aussi singulier de penser que la guerre froide a été gagné en partie grâce à des criminels de guerre et des génocidaires. Depuis ce moment les historiens remettent en question « l'innocence » de l'armée allemande et interroge les liens entre les directives hitlériennes, l'aide apportée aux unités d'extermination SS et la prise en charge des bataillons de la police.

Alors que les preuves s'accumulent contre les groupes d'armées Nord et Centre, Antonio Munoz entreprend de montrer la connivence
factuelle, mais inavouée, du groupe d'armées Sud (dans l'axe Kiev-Odessa-Rostov) avec les Einsatzgruppen C et D et les diverses forces policières allemandes et nationales de l'arrière-front.

Je dois admettre que si la démonstration apparaît solide et bien faite, elle est par contre extrêmement difficile à lire car l'auteur utilise un mélange touffu de pédanterie et de statistiques de déplacement et d'assignation. À sa décharge, il faut admettre que la nature de ce style d'ouvrage est plutôt technique, basé en grande partie sur des rapports de mouvements de troupes.

En somme, un ouvrage nécessaire mais exigeant.

Cote 6,5 / 10

Army Group South
Rear Army Security and the Holocaust 1941-1943
Antonio J. Mu
ñoz
Academic Publishing Group, 2009
140 pages
photos, illustrations et cartes

lundi 8 juin 2009

À la demande générale

À la demande générale de mon ami bloggeur Pat Isabelle, je vais tenter de répondre aux questions qu'il me pose après avoir lu Maternité noire. «Comment t'étais-tu préparé pour la rédaction de cette nouvelle? Et aujourd'hui, avec l'expérience acquise, comment perçois-tu ton texte?»

Derrière Maternité noire, il y a la lecture de L'Épiphanie des dieux de Catherine Hermary-Vieille et du Royaume de ce monde d'Alejo Carpentier, deux extraordinaires romans qui se déroulent en Haïti et à St-Domingue, pleins de sensualité et de violence.

Je voulais reproduire un peu cette couleur et de ces odeurs, la sensualité, la touffeur. Faire une nouvelle dont la forme serait pleine de sonorités, riche en allitérations (ma figure de style préférée) et d'une nature proche des contes oraux qui se transmettent de génération en génération. Ambitieux ? Pas vraiment, puisque les choses se sont précisées au fur et à mesure que le texte se bâtissait, avec quelques ajustements rétroactifs.

Maternité noire parle essentiellement des rapports des individus au destin et tente de montrer comment naissent les légendes tribales. Indirectement, la nouvelle cause, en prime, de mes rapports à l'écriture.


Est-ce que c'est réussi ? Je ne me prononce pas, il y a trop longtemps que j'ai lu ce texte-là. Mais je suis déçu de n'avoir pu écrire que ça, de ne pas avoir fait mieux, de n'avoir écrit qu'un mood-piece à la manière des autres textes que j'ai publié. Avec le recul du temps, Maternité noire m'apparaît être un gâchis et me laisse en tête une curieuse sensation de morosité et de médiocrité.

Mais, pourtant, cette nouvelle a laissé des traces, en dépit de mon insatisfaction. J'ai depuis longtemps l'idée d'une novella extrêmement colorée et sonore, dans un environnement assez similaire. Il suffirait simplement que je passe à l'acte parce que, de ce nouveau texte, j'ai à peu près tout ce dont j'ai besoin pour le mener à terme : arc principal, synopsis, personnages, géographie, etc.

Voilà, c'est tout.

jeudi 4 juin 2009

Une chanson sur Joséphine, pas celle de Bashung

Aussi répondant aux noms de Jojo et Fifine, Joséphine est âgée de quinze ans, ce qui en fait la doyenne des félins de la maison. Ce n'est pas la p'tite poulette du printemps.

Il y a dix-mois, elle a fait un AVC qui l'a laissé avec un curieux sens de l'équilibre, une difficulté (intermittente) à tourner vers la droite et un léger strabisme qui rend son regard assez mélancolique. Malgré tout, son caractère n'a pas changé : elle est fine comme tout.

Joséphine la pas fine
a pissé dans ses bottines,
son mari pas plus fin
a pissé dan' boîte à pains

mercredi 3 juin 2009

Le vendeur de machinerie agricole

L'Attila 1500, là où cette machine passe, la mauvaise herbe ne repousse plus !

En véritable fer forgé d'importation !

'tention, ça coupe !!!
La conduire, c'est un plaisir !

On peut amener un chien, à condition qu'il soit pas plus haut que ça.

Admirez l'espace arrière !

Oupse, v'là le propriétaire... Je me sauve.

mardi 2 juin 2009

Ça parle au diable !



Je viens de m'apercevoir que la jolie et sémillante groupie d'ermite qui illustre le billet d'hier présente une ressemblance troublante avec Élisabeth Vonarburg, célèbre auteur québécoise de sf.

Le visage en tous cas, il y a quelque chose dans le sourire, la rondeur du visage et les lunettes...


Ou la la... Heureusement que je ne participe pas à un atelier d'écriture cette année. Diable ! Diable ! Diable !

lundi 1 juin 2009

On me cite 2

Constamment assoiffé de vaine gloriole, l'ermite de Rigaud rate rarement une occasion de googler son nom sur internet, voir si on ne causerait pas de lui en quelque part sur cette bonne vieille boule.

Il arrive même que la chasse soit fructueuse. Merci au fureteur de recherche Bing qui lui a permis de scorer deux fois ce soir. (Attention, jeunes auteurs et auteures, méfiez-vous des métaphores incongrues.)

Tout d'abord les éditions Stanké ont reproduit un extrait de sa critique du livre Envoyé spécial de Michel Jean.

Et les éditions SixBrumes qui ont pris un petit bout de son commentaire sur le Loup du sanatorium de Mathieu Fortin.

À lui, la célébrité et la fortune ! À lui, les groupies d'ermite !

Groupie typique !

dimanche 31 mai 2009

Une anecdote de chevaux


À la mi-mai, nous sommes allés voir Cavalia avec Benjamin, papi et mamie. Excellent spectacle, en grande partie identique à celui présenté en 2004 ou 2005 que nous avions vu également, mais plus acrobatique et moins éthéré cette fois-ci.

Après le spectacle je me suis pris à songer à une anecdote que mon père a parfois raconté sur le traitement des chevaux dans les camps de bûcherons. Nous sommes au tournant des années 50, et papa travaillait comme bûcheron et draveur dans les camps (prononcez « campes »). C'était un travail extrêmement dur, l'abattage des arbres se faisaient à la hache et au bucksaw, et le débardage avec des chevaux. Le débardage consiste à sortir les troncs d'arbres du lieu de coupe et à les transporter vers un dépôt provisoire.

Les chevaux travaillaient tout aussi durement que les hommes. De longues journées qui allaient de la première clarté du jour jusqu'à la noirceur. Puis, quand la bête n'était plus en mesure de fournir à la tâche, soit par maladie, vieillesse, blessure ou usure prématurée, les hommes du campe l'attachait à un arbre, glissait un bâton de dynamite sous la corde et lui faisait exploser la tête. Expéditif, mais ignominieux. Cinquante ans plus tard, mon père parle de ces moments-là avec une petite émotion qui lui étrangle encore la voix.

La plus belle conquête de l'homme, dit-on. Mais que pourrait-on dire de son maître ?

PS Je ne me rappelle plus où j'ai trouvé cette photo, mais elle n'est pas de la famille. Elle illustre, simplement.

samedi 30 mai 2009

Ton sang crie vengeance ?

Tu en as assez de te faire insulter par un dinosaure hors de son époque qui ne comprend rien à la fiction moderne ?

Marre de te faire dire que ton éditeur aurait rendu service à la littérature en refusant de publier ton roman ou en pilonnant ta nouvelle avant même sa publication ?

Voilà ta chance de lui faire métaphoriquement la peau à ce lourdaud ! Taïaut ! Taïaut ! À la curée...

Toutes ces simagrées pour dire que j'ai mis un lien vers Maternité noire, chef d'œuvre intemporel et impérissable, couronné du prix Solaris en 1991. Jette un oeil là-dessus, lecteur, lectrice, sors ton knout et paie-toi la traite.

Même le rédacteur en chef de Solaris à l'époque, Luc Pomerleau, n'en pensait pas de bien !
C'est dire...

Maternité noire

PS Désolé pour la formatage, c'est Scribd qui fait ça.

Puisqu'on me signale que le lien ne fonctionne p-ê pas. Voici la chose en direct : pour mieux voir, cliquez sur l'icône dans le coin supérieur droit de l'image.

maternité noire maternité noire richard tremblay Prix Solaris 1991

78. Brins d'éternité n° 23

Je ne sais pas comment ils font, mais les responsables de Brins d'éternité viennent de produire trois numéros consécutifs avec des couvertures plus sensationnelles les unes que les autres (mais seulement si on les met dans cet ordre-là, comme ironise le roi dans The Wizard of ID). Depuis presque un an, BdÉ est la revue qui provoque un max de oh ! et de ah ! d'admiration et pas seulement chez ce lecteur-ci, j'en suis sûr.

Le tronc d'Yves Narbonne. Une histoire fantastique bien menée et plutôt réussie à propos d'une étrange créature trouvée dans un bois et sur laquelle la peur et la furie des hommes se déchaînera. Bonne création du malaise devant l'altérité. 8,5 / 10

REVEL d'Émilie C. Lévesque. Une curieuse nouvelle qui ressemble plus à un canevas d'histoire qu'à autre chose. Une société manufacturière intoxique ses employés pour les rendre plus productifs. Le côté désincarné de cette narration omnisciente faite dans un style distancé ne m'a pas convaincu. 6,5 / 10

Ceux qui vivent en banlieue de Vincent Filion. L'éditeur dit : « Inclassable nouvelle qui allie magie, apocalypse et zombies à travers une prose impressionnante et puissante ». Il a tout à fait raison, pas un mot de trop. J'ai été magnétisé par l'histoire, originale et déjantée, et par la manière de l'auteur, son style, sa voix tout à fait personnelle. 10 / 10

Sirat al Bunduquiyyah de Michael Moslonka. J'avais éprouvé des difficultés avec la seule autre nouvelle de cet auteur que j'aie lue, Le coeur sur la main, parue dans Nocturne n° 11. J'avais mis ça sur le compte de mes œillères personnelles, style vieux croûton pas capable de blairer ce qui est un tant soit peu moderne. Mais là, ça récidive. Et je pense savoir pourquoi : sous la dorure d'un esthétisme recherché, c'est assez fichtrement mal foutu. Voilà un auteur qui n'aime pas voir un nom sans lui coller une épithète. Ça donne une écriture surchargée, riche d'images rupturées, servie par un vocabulaire riche, incongru et parfois impropre. Et le texte est elliptique au point d'être insaisissable. Péniblos pour ce lecteur-ci
mais je peux me tromper. 3 / 10

Un arrière-goût d'enfer de Simon Bergeron. Une histoire apocalyptique et fantastique. Vraiment prenante et parfaitement maîtrisée. 8 / 10

Suit une excellente entrevue avec Daniel Sernine par Josée Bourdeau. On y apprend une foule de choses sur le métier et sur les aléas d'écrire et de publier au Québec. Sernine est franc, lucide et direct. Un grand écrivain et un grand bonhomme. 10 / 10

L'appareil critique (où je commente Un tour en Arkadie de Francine Pelletier, un retour à la publication depuis 1991) est lui même suivi par un article philosophique de Romain Lucazeau sur l'identité (article que je n'ai pas eu le courage de lire).

En somme, un très beau numéro, et fort bon par-dessus le marché. Un autre effort pas banal de Guillaume Voisine et ses sbirettes (si j'ose dire). 8 / 10

jeudi 28 mai 2009

77. Amour, chocolats et autres cochonneries - Évelyne Gauthier

Que faire quand on a vingt-huit ans, beaucoup d'imagination, qu'on s'appelle Amélie Tremblay, qu'on est un brin cynique, un peu cinglée, plutôt fantasque, pas mal délurée, assez tordue, franchement irrévérencieuse, et qu'on se donne pour défi d'améliorer sa vie, et ce, avant la trentaine ? En compagnie de ses amis, à la fois source de force, d'inspiration et de problèmes, face à une patronne-vampire abusive, à des parents protecteurs, et en proie à des relations fort houleuses avec la gent masculine, Amélie cherche à faire sa place. (Extrait de la 4e de couverture)

Amélie, l'héroïne de ce roman, est-elle cynique ? Naïve, oui, mais pas cynique. Cinglée, alors ? Impulsive, oui, certainement pas cinglée. Délurée ? Moins que sœur Angèle, si on veut mon avis. Jugez un peu sa réaction lorsqu'elle jette un coup d'œil sur la bibliothèque d'un copain : « Un livre me saute aux yeux. Comment faire jouir votre femme comme une folle. Je recule brusquement, comme si j'avais été brûlée vive et je me retiens de ne pas pousser un cri ». Tordue et irrévérencieuse ? Disons plutôt, franchement gourde et idiote.

L'auteure elle-même n'est pas dupe du personnage qu'elle a créé. En effet, ce lecteur-ci a eu comme un malaise vers la fin du roman, alors qu'Amélie se roule dans la fange de l'auto-admonestation et bat sa coulpe avec acharnement
il n'y a pas une page dans les soixante dernières menant à la résolution finale où l'héroïne ne s'accuse pas d'être gourde, idiote et, de façon générale, sans dessein.

Le roman met donc en scène une gourde extrêmement caricaturale pour laquelle, au bout du compte, je n'ai eu que peu de sympathie. Amélie est une girouette sans consistance, mise au monde pour se mettre les pieds dans les plats et se faire généralement humilier par ses pairs. L'auteure beurre épais.

Pire, elle se répète.
J'ai rigolé à quelques reprises face aux réactions d'Amélie, surtout au début avant que l'effet de répétitions ne vienne gâcher la sauce. Mais la rigolade s'est rapidement transformée en ricanement, et en exaspération devant cette accumulation de sottises. L'auteure utilise TOUJOURS la même recette pour créer des situations qu'elle voudrait drolatiques, amusantes ou embarrassantes. Après 100 pages, ce lecteur-ci a commencé à ressentir une certaine lassitude, voire une lassitude certaine – et le roman pèse 444 pages !

Si l'arc du roman repose tout entier sur le désir éperdu d'Amélie de se trouver un Prince Charmant et de faire un beau mariage, l'auteure a jugé bon d'incorporer deux intrigues mineures afin de donner du nerf à l'histoire et la diversifier un petit peu.

La première de ces sous-intrigues est d'ordre journalistique et place Amélie devant les dilemmes usuels qui se présente à n'importe quel journaliste, à savoir jusqu'où aller pour poursuivre un bon scoop ? Mettre sa vie en danger ? Menacer les emplois de ses collègues ? Ça aurait pu être intéressant et donner de la profondeur au personnage. Hélas, pour croire à ce qui nous est révélé et à la manière que cette révélation se produit, il faut suspendre sa crédulité au vestiaire et mettre son cerveau à off. Sérieux. Disons que le désarroi d'Amélie est loufoque et imbécile.

L'autre sous-intrigue, la vente du magazine où travaille l'héroïne à son principal concurrent géré par sa pire ennemie depuis le secondaire, disons (charitablement) qu'elle ne sert
qu'à étirer la sauce et qu'un éditeur professionnel aurait dû faire la sauter parce qu'elle n'apporte rien, mais rien de rien, ni au roman ni aux personnages. D'ailleurs, l'auteure s'en débarrasse assez cavalièrement, signe qu'elle-même ne croyait pas à sa valeur intrinsèque.

On aura sans doute compris que ce roman appartenant à la chick lit ne m'a pas plu. La chick lit se signale par la légèreté et l'observation humoristique des tensions entre amies de filles, travail, famille et chums de gars. Ces éléments se retrouvent tous dans ce gros roman, l'auteure connait le genre. Mais la légèreté et la finesse des observations ont été remplacé par l'ineptie et le gros trait.

Amour, chocolats et autres cochonneries a obtenu un excellent succès de librairie, semble-t-il.
Même Suzanne, ma tendre et douce, a apprécié ce divertissement. Il y a eu une édition française, je crois. Et l'auteure se prépare à lancer la suite aux mêmes éditions. Assommez-moi avec un deux par quatre, car je suis incrédule !

Ah oui, dernier point, mineur mais agaçant, l'auteure est une fan finie du point d'exclamation ! Elle s'en sert pour marquer n'importe quelle émotion : joie, horreur, jubilation, entêtement, morosité, peur, crainte, nommez l'émotion il y a toujours, toujours, toujours, un point d'exclamation pour la mettre en valeur !!! Treize à la douzaine. C'est affolant pas à peu près.

Cote 3,5 / 10

Amour, chocolats et autres cochonneries...
Évelyne Gauthier
De Mortagne, 2007
445 pages

lundi 25 mai 2009

Une vieille chatte édentée













Margot, convalescente, le poil encore hirsute, en boule contre le plat de graines duquel elle ne pourra plus manger.


Lorsqu'on a acheté notre maison à Rigaud en 2002, nous avons hérité d'une toute petite chatte qui habitait à plein temps dans ce qui était alors l'étable et que nous avons depuis reconverti en écurie. Son nom : Margot. Vu qu'elle était vraiment petite (six livres à tout prendre), nous avons cru qu'elle était toute jeune. Erreur.

Depuis quelques jours, elle avait une plaie purulente sur le côté du cou et ne mangeait plus que du mou. Hop chez le vet !

Une surprise d'abord, cette chatte que nous imaginions âgée de 7 ou 8 ans est vieille de 13 ou 14 ans ! Wow.

Deuxième surprise, sa plaie purulente au cou était causée par un abcès dentaire. Margot avait les dents dans un très mauvais état. D'ailleurs l'une d'entre elles est tombé sur la table d'examen alors que la vet lui palpait la mâchoire. Diagnostic : quelques analyses virales et sanguines pour connaître la condition réelle de l'animal, avec des travaux de dentisterie à la clé. Coût : 695 $.

La vet lui a enlevé toutes les dents, sauf les deux canines inférieures qui servent à maintenir la langue dans la bouche.

C'est une deuxième chatte qui nécessite des travaux de dentisterie. Une autre s'était fait enlever 7 dents il y quelques années. Décidément !!!

Pour clore, une photo de Chanel, un chat errant qui a abouti chez nous en janvier dernier et qui nous a adopté. On le voyait hier dans un paysage où son camouflage le rendait pratiquement invisible. On le voit ici dans un environnement où le même camouflage nous empêche de s'assoir dessus par inadvertance.

dimanche 24 mai 2009

Disparu comme le chat du Cheshire, sourire itou

Il y a un chat dans cette photo. Comme dirait Benjamin : Yéhou ?
**Réponse dans les commentaires**

samedi 23 mai 2009

Appels de textes et revues littéraires

Je ne sais pas si ça peut être utile à quiconque, mais voilà certaines revues et fanzines qui cherchent des textes. La plupart ont des exigences particulières en matière de formatage, il faut donc aller sur les sites respectifs voir de quoi il en retourne.

Je ne prétends pas être exhaustif sur le sujet. Il y a certainement d'autres possibilités de publication. D'autant plus que je me suis limité aux revues québécoises et canadiennes francophones que je connais et où je crois que j'aurais une chance d'être publié si je soumettais un texte. Si vous en connaissez d'autres, faites-moi part de vos découvertes. Je les ajouterai. (Il y aurait une section à faire rien que pour les concours de nouvelles et appels de texte pour anthologie, mais ça c'est une autre histoire.)

NB Selon ma vaste expérience (ha ha ha), un feuillet égale 250 mots. Mais ça vaudrait la peine d'être confirmé.

Biscuit chinois n° 12
3000 mots

1 juin
(Taxi)

Biscuit chinois 13
3000 mots
1 oct
(Hôtel/motel)

Biscuit chinois 14
3000 mots
1 déc
(Vedette)

Jet d'encre 15
1750 mots

15 août
(Dans quelle fiction vivez-vous ?)

L'inconvénient 38
15 feuillets
1 juillet
(Le sens du combat)

Virages 49
4000 mots
1 juillet
(Sur le pont)

Virages 50
4000 mots
Date de tombée inconnue
(Thème libre)

Katapulpe 9
4 feuillets
30 juillet
(Électronique)

Moebius 124
10 feuillets
15 juin
(Les Amérindiens)

Moebius 125
10 feuillets
1 sept
(La haine)

Le sabord
8 feuillets
Date de tombée et thème inconnus (appel constant de textes ?)

Les écrits
Longueur max., date de tombée et thème inconnus (appel constant de textes ?)

Brins d'éternité
7000 mots
Thème libre, appel constant de textes


Clair/Obscur
Longueur max. inconnue, thème inconnu, appel constant de textes

Nocturne
Longueur max. inconnue, thème inconnu, appel constant de textes

Solaris
8000 mots
Thème libre, appel constant de textes

Horrifique
Longueur max., date de tombée et thème inconnus (appel constant de textes ?)

XYZ
2500 mots
1 juin
(Char/hors-thème accepté)
Pour soumettre un texte à XYZ, il faut remplir le formulaire qui se trouve à l'intérieur de la revue !!!

XYZ
2500 mots
1 sept
(Décadence/hors-thème accepté)

Zinc
10 feuillets
16 juin
(Les dettes)

Alibis
8000 mots
Thème libre, appel constant de textes

Brèves
1500 mots
Thème libre, appel constant de textes

vendredi 22 mai 2009

Un problème, une solution inattendue et un bisou

Côté écriture, c'est le vide à peu près total depuis le début de l'année. Quelques idées disparates, généralement médiocres, sauf une. Je me tiens au courant des appels de textes, je me dis à chaque fois que là, c'est le moment d'en profiter, allez hop mon coco, un p'tit effort, fais ton texte et participe.

Y a l'appel de textes de Biscuit chinois qui se termine le 1er juin, thème Taxi. Ça fait quatre jours que je cogite là-dessus avec zéro, mais alors zéro, idée intéressante. Que des resucées et du déjà vu. Je ne panique même plus devant ce désert. Je me résigne à ne pas écrire de texte pour BC, de passer mon tour.

Au souper, entrre deux bouchées de maïs, je demande à Suzanne si elle aurait pas une idée sur le sujet, si Taxi ne l'allumait pas un tout petit peu. Je lui dis : « Prends ton temps pour y penser. »

Elle fait une petite moue, me demande une seule précision sur le thème. « Taxi, comme dans taxi ? » « Oui. Taxi comme dans Heille, Taxi, Taxi pour l'enfer, Taxi pour Tobrouk... »

Elle réfléchit quelques secondes, puis elle annonce un titre (que je tais, il n'est pas fabuleux mais il est révélateur) et me déballe une sacréfice de bonne idée, complètement originale (à mes yeux) et qui est à la mesure de mes moyens. (On ne cause pas de Dostoïevski, ici, on se comprend).

Et l'espoir revient. Merci Suzanne, ma douce muse.

lundi 18 mai 2009

Le Musée des enfants

Mardi, nous sommes retournés au Musée des enfants de Laval. C'était notre deuxième visite. Il y a eu quelques améliorations, notamment la vieille bagnole de contreplaqué a été remplacée par une Fiat 500 d'époque.

Pour les parents, c'est toujours un peu éprouvant, il n'y a aucun siège, aucun banc pour poser ses fesses dans le musée. Mais pour les enfants, c'est du plaisir ! Rien que du plaisir !

Youkaïdi youkaïda, on s'en va finalement au Musée !

Le plein de régulier, mais pas dans les pneus !!!

Suzanne et Benjamin dans la Fiat 500. Dieu du ciel que les gens étaient minuscules dans ces années-là.


Aux commandes de la pépine.


La cafétéria : c'est là que Benjamin a eu le plus de plaisir.


Le chef et sa sous-chef.


Le gros sandwich en plastique, c'est pour qui ?

Le prof jette un oeil sur sa classe.


Le crime ne paie pas.
Au feu, les pompiers !

On va devoir y retourner encore une fois cet été. Benjamin est fou de cet endroit.

dimanche 17 mai 2009

76. Les Allergiks 1 : Où est Agota ? - André Marois

Agota, la soeur de Vincent n'est pas rentrée ce soir. Tout le monde est inquiet. Aidé de ses amis et de sa mère, Vincent part à sa recherche.

On ne peut pas dire grand chose de cette intrigue puisqu'elle ne fait que débuter dans ce premier épisode de la série des Allergiks. J'ai déjà dit ce que je pensais de la collection Epizzod, je n'y reviendrai donc pas.

Les Allergiks sont une série plus prosaïquement policière (sur la base du premier livre à tout le moins). L'auteur a un sacré métier, ça parait. Tout est maîtrisé, la langue, les descriptions, les dialogues, l'établissement des liens entre les personnages. C'est pas génial, mais c'est sans bavure (à l'exception de deux ou trois expressions franchouillardes qui détonnent un peu dans la parlure québécoise, mais enfin...)

De la littérature jeunesse qui ne prend pas son lectorat pour des gnochons.

Deux petits points en finissant : 1. N'importe qui peut obtenir un livre gratuit d'une des séries de la collection Epizzod. il suffit de s'inscrire à cet endroit. 2. Le prix du livre passe de 7,95 $ à 4,95 $. Ce n'est pas moi qui va applaudir. Comme une série est construite sur 13 épisodes, voilà que le total atteint la rondelette somme de 65 $ pour un très, très court roman qui, dans des circonstances ordinaires, coûterait au plus 15-18 $. Une arnaque prohibitive et franchement dégueulasse. Chou à la Courte échelle !

ERRATA : On me signale que si tous les épisodes étaient réunis en un seul volume, ça ne ferait pas un « très court roman » comme je le prétends ci-haut. Ça donnerait plutôt un roman d'une assez bonne épaisseur, l'erreur est mienne.

Cote jeunesse 6,5 / 10
Ferais-je lire ce livre à Benjamin s'il en avait l'âge ? Oui.

Les Allergiks 1 : Où est Agota ?
André Marois
La courte échelle, 2008
37 pages

Une petite montée de lait pour clore ce commentaire. Epizzod. Epizzod. C'est beau vouloir faire moderne, langage malléable, cool, sms, texto, mais, sacrament, on vas-tu arrêter de nous prendre pour des cruches incultes pis écrire comme du monde ? (Ouf, ça fait du bien.)

jeudi 14 mai 2009

75. Le procès de Jean-Marie Le Pen - Mathieu Lindon

Ronald Blistier, jeune membre du Front national, abat de sang-froid un adolescent maghrébin en plein Paris. La stratégie de son avocat, ironiquement un juif homosexuel, est de citer à comparaître Jean-Marie Le Pen pour incitation à la haine et au racisme.

Il y a un aspect prémonitoire dans ce roman. En effet, il a été publié en 1998, soit avant les élections de 2002 où, contre toute attente, Le Pen a passé le premier tour et s'est retrouvé au second tour des présidentielles contre Chirac.

Ce petit livre est venu me chercher comme c'est rarement arrivé. Sans doute parce que dans ma vie professionnelle et ailleurs, j'ai connu de beaux cas de racistes patents, pleins de suffisance...

La question posée par le roman est celle-ci : qui porte la responsabilité la plus lourde ? Celui qui parle, celui qui laisse parler ou encore celui qui écoute ? La réponse n'est pas simple, mais pour le personnage principal du Procès de Jean-Marie Le Pen, le coupable c'est celui qui parle, celui qui par ses discours incandescents, ses allusions perfides et ses amalgames irresponsables, incite les autres aux actions violentes et désespérées, celui qui joue de la peur et l'exacerbe...

Le racisme, dit Lindon, « c'est de l'eau empoisonnée, comment l'empêcher de couler si on s'interdit de tarir la source ? » Dans le livre, la stratégie de l'avocat de faire répondre Le Pen de ses paroles en justice réussit-elle ? Le lecteur curieux le saura en lisant ce très court roman.

Je ne voudrais pas donner l'impression que ce livre est pesant, intense et indigeste. Au contraire, Lindon est un sacré écrivain, et ce roman est tout à fait passionnant, drôle par moment et touchant... C'est rien que du bon.

Dans la vie réelle, suite à la publication de ce roman, Lindon et ses éditeurs ont été cité à procès pour diffamation par Le Pen. L'affaire s'est terminée en 2007 devant la Cour européenne des droits de l'homme qui a rejeté l'appel de Lindon et maintenu le verdict.

Cote 9 / 10

Le procès de Jean-Marie Le Pen
Mathieu Lindon
Folio, 2000 (éd. or. 1998)
132 pages

Le dernier refuge du vrai mâle

Les filles conduisent des motos, souvent des grosses et des lourdes. Elles n'ont rien à envier aux gars. Pour les autos, c'est pareil depuis longtemps; et moi qui aime observer, je vois que lorsqu'un couple est dans une voiture, il y a à peu près autant de femmes qui conduisent que d'hommes.

Cette observation ne tient pas pour les couples de plus de 60 ans. Là c'est l'homme qui est plus souvent au volant que passager. Idem pour les plus jeunes où le gars conduit le char - son char -, sa blonde à ses côtés.

Mais il y a un lieu où la prédominace du mâle ne se dément pas, mais alors là, pas du tout : c'est sur la moto.

Je n'ai jamais vu une moto conduite par une femme alors que son passager était un homme. Jamais vu ça, pourtant sur la route je suis constamment à l'affût. On peut croire que le premier gars qui va oser s'assoir derrière sa conjointe va passer pour une vraie moumoune, digne de chauffer un scooter et de boire de la non-alcoolisée.

L'homme des tavernes d'antan est dorénavant assis sur son bicycle à gaz, sa pitoune derrière.

mercredi 13 mai 2009

74. Paul à la pêche - Michel Rabagliati

Je ne sais pas lire les bandes dessinées « sérieuses ». J'oublie tout simplement de regarder le dessin. Je lis le texte et je peux lire plusieurs pages en remarquant à peine le dessin.

J'ai choisi Paul à la pêche à la bibliothèque sur la base des excellentes critiques que la série reçoit à travers la presse et les blogues. « Ça risque d'être pas mal, tant d'unanimité, c'est bon signe », me suis-je dit in petto.

Mon verdict est mitigé. Paul à la pêche est un roman, avec moins de mots et plus de dessins. Ça se lit en une heure, deux heures si vous vous attardez aux dessins.

L'histoire est mince mais habilement menée. Le dessin est simple, rustique à la limite, mais correct, c'est pas sophistiqué pour cinq cennes, mais c'est parfaitement cohérent avec le propos.

C'est léger, presque amusant, les retours en arrière sont joliment amenés. C'est léger même si l'histoire prend un tour dramatique à compter de l'épisode de la fillette et de son chien. Suivent alors d'autres revirements qui donnent au récit un tour tragique. Puis ça devient mélo comme un film mexicain des années 60 et ça se termine sur une note tellement sirupeuse qu'un lecteur diabétique va devoir prendre de la metformine rien que pour lire la fin sans défaillir.

Tout compte fait, Paul à la pêche, ce sont les petites affaires de la vie ordinaire dans un emballage lui aussi plutôt ordinaire. On pourrait parler de parfaite concordance entre le propos et la manière. Cependant, aux yeux de ce lecteur-ci, l'enthousiasme que la série génère relève soit d'une mouvance snob, soit d'une sensibilité qui lui échappe totalement. Il refuse de se prononcer là-dessus parce qu'il reconnait bien qu'une partie de ce qu'il peut reprocher au roman dessiné est en relation avec sa propre incapacité à prendre le médium avec le sérieux qu'il mérite.

Bref, ni le dessin, ni le texte, ni l'anecdote n'ont fonctionné pour moi.

Cote 5,5 / 10

Paul à la pêche
Michel Rabagliati
La pastèque, 2006
208 pages

lundi 11 mai 2009

Souper de la fête des mères chez maman

Dimanche après-midi, nous nous sommes réunis chez maman à Longueuil pour le souper de la Fête des mères. Ne manquait que mon frère Claude qui n'a pas pu se rendre. On a passé du bon temps et on a bien mangé. Suzanne, Benjamin et moi avons dû partir un peu plus tôt que prévu car la personne qui devait nourrir les chevaux durant notre absence n'a pas pu venir...

Maman avait fait du poulet et du porc, mais elle a failli manqué de patates en purée, ce qui l'a mis dans tous ses états. On s'est régalé comme des rois (si vous me permettez le pléonasme).

Nathan dans les bras de son arrière-grand-mère.

Oupse ! Le 10 mai, c'était aussi le 23e anniversaire de naissance de ma nièce Alexandrine, que j'ai to-ta-le-ment oublié même si on me l'a rappelé à quelques reprises. On la voit ici, faisant de son mieux pour contenir son chagrin ; derrière, menaçant, son chum Stéphane qui s'apprête à me faire un mauvais parti pour corriger mon erreur...

Le somptueux buffet de ma maman : deux branches de céleri, la moitié d'un sac de chips, du raisins pis des biscuits soda ;-)

Ma soeur, une vraie étincelle dans un party !

Ma soeur, l'intellectuelle

Alexandrine et Nathan, son fils. Si Nathan a les yeux rouges, c'est qu'elle lui donne du jus de tomates pour son boire.

Benjamin au paroxysme de la fête !

La collection presque complète des livres de mon beau-papa. (Il y en a d'autres cachés ailleurs.)

La belle et la bête

Alexandrine, Cyrice (le chum à Michelle), Nathan, un sombre inconnu, ma soeur Michelle

Michelle, Nathan et moi

La chevelure d'Alexandrine, le sourire d'Antoine, mon filleul amateur de choses militaires !

Une longue et grosse comme ça...

Oui, je sais, le titre est raccoleur; c'est juste pour attirer du monde et faire grimper ma cote Tout le monde en blogue ;-)

Mais quand même, regardez cette affaire-là, on jurerait un boa constrictor. J'en ai eu un frisson pour mon chat.
En un mot, j'ai la trouille des serpents - y compris des petits et des inoffensifs.




Et oui, Chanel me sauve la vie et mange la couleuvre ! Comme je ne suis pas un ingrat, ce soir, il a eu en récompense du manger mou dans sa gamelle.