samedi 19 novembre 2016

Long roulement de tambour : la première place

Voici le texte gagnant de la sixième édition des Mille mots. C'est une nouvelle qui raconte une simple anecdote du quotidien d'une fillette dans ce qui semble être un monde post-apocalyptique. La fillette attend son père, elle a peur qu'il ne revienne pas; quand il revient, c'est avec une pomme qu'il lui offre, elle est soulagée et heureuse. La beauté de la chose est là, le lecteur est laissé dans l'ignorance de la nature de cette apocalypse. L'auteur n'en dit rien, sinon peut-être une remarque au détour d'un geste banal. C'est au lecteur de reconstituer le monde avec une poignée d'informations.

Les meilleures textes de l'auteur sont d'une singularité saisissante (Cinéphiles, Tous les échos, Le contraste de l'éternité) et Les pieds dans le vide s'inscrivent dans cette lignée. Gros coup de cœur pour cette nouvelle.
 


Les pieds dans le vide
Guillaume Voisine



La maison craque, travaillée par son propre poids. Je ferme les yeux un instant, imagine que les grincements sont causés par de gigantesques roues dentelées. Les gémissements de la charpente se font de plus en plus lancinants, depuis quelques mois. Papa dit que c’est parce que le bâtiment n’a pas été construit pour supporter toute cette charge, pas de cette manière. Il dit aussi que bientôt, nous devrons peut-être aller vivre au sous-sol. J’espère qu’on n’en arrivera pas là : il fait si sombre, dans la cave... Je préfère le rez-de-chaussée, qui baigne dans la lumière du jour.
Papa est parti chercher de la nourriture. J’aimerais l’accompagner, mais je sais que je ne suis pas encore assez forte. Je comprends, je suis assez grande pour accepter ça. Mais j’ai toujours un pincement au cœur en le voyant partir seul, peur de voir le vide le happer. Comme maman.
En attendant qu’il revienne, je m’occupe comme je peux. Il n’y a pas grand-chose à faire dans la maison. J’ai lu la plupart des bouquins qui pourraient m’intéresser, et mes jouets ne sont plus de mon âge. Parfois, papa revient avec une babiole, juste pour me faire plaisir. Mais pas toujours. D’abord parce qu’il ramasse ce qu’il peut, mais surtout parce qu’il se concentre surtout à trouver de la nourriture. Même si nos vivres sont assez limités, je mange toujours à ma faim. Lui, non. Je suis assez grande pour le réaliser.
Je considère le dessin sur lequel je me suis appliqué depuis le départ de papa. Un ciel bleu, quelques nuages et, au centre, mon père et moi, munis de magnifiques ailes multicolores, comme celles des papillons que j’ai vus dans un livre. Bien plus jolies que celles des oiseaux qu’on aperçoit encore, de temps à autre. J’aimerais pouvoir voler, moi aussi. Tout serait tellement plus simple. J’ajoute quelques traits sans conviction, puis repose le crayon. Je terminerai plus tard, quand papa sera revenu.
Je quitte le salon, en prenant bien soin d’éviter les pales du ventilateur, au centre de la pièce, puis me dirige vers la cuisine. Je passe devant la salle de bain, qui sent encore un peu le moisi, même à travers la porte close, depuis que des torrents d’eau se sont déversés de la cuvette. C’était au début. Maintenant, l’eau est une denrée rare. Papa dit qu’avant, il pleuvait, que l’eau tombait du ciel. Littéralement. J’ai beau essayer, je n’arrive pas à m’imaginer ce à quoi ça pouvait ressembler.
La porte-fenêtre de la cuisine, par où papa est sorti, est encore grande ouverte. Je m’assois sur le seuil, assez large pour que je puisse m’installer en sécurité, mes pieds ballottant dans le vide d’un bleu immaculé. Une légère brise caresse mon visage, fait bruisser les feuilles de l’arbre qui pousse péniblement au milieu de la cour, ses racines ancrées dans la terre aride afin d’en extraire les dernières parcelles d’humidité. Ici et là, quelques brins d’herbe jaunis hérissent le sol, érigés à la verticale.
On peut voir d’autres maisons, d’ici. Toutes abandonnées. Papa les a déjà fouillées de fond en comble. Chaque jour, il doit aller un peu plus loin pour trouver de la nourriture. Et si, cette fois-ci, il ne revenait pas...?
Non. Je préfère ne pas y penser. Papa est fort, il va rentrer à la maison, une fois de plus.
Comme pour me donner raison, j’entends ses halètements. Bien vite, je l’aperçois, le visage rougi par l’effort. Les bras tendus au-dessus de sa tête, ses mains bien cramponnées aux crochets installés à même le sol, il avance méthodiquement, jouant du bassin pour conserver son élan entre chaque prise. Je suis toujours impressionnée par sa force. Je ne sais pas si je serai capable de me déplacer comme lui, un jour. Je me relève et recule de quelques pas, pour lui laisser toute la place.
À bout de souffle, papa atteint le dernier crochet, puis se laisse lourdement tomber dans la cuisine. Il se défait prestement de son sac à dos en poussant un soupir de soulagement. Après quelques profondes respirations, il se redresse.
— J’ai trouvé quelque chose pour toi, princesse, fait-il en fouillant dans son sac.
Il en extirpe un fruit rougeâtre de la grosseur de son poing. Il me le tend. Je l’examine un moment, le hume. Ça sent bon.
— Qu’est-ce que c’est?
— C’est une pomme. Ça pousse dans les arbres. J’ai pu la cueillir avant qu’elle tombe. Tu es chanceuse.
Je tourne et retourne le fruit entre mes mains.
— Ça se mange?
— Bien sûr. Vas-y, goûte.
Il s’assoit, adossé contre le mur, et m’invite à prendre place à côté de lui. Je croque dans la chair tendre et juteuse. C’est divin.
— Tu sais, il y a une histoire derrière ce fruit. Un monsieur était assis au pied d’un arbre, et il a vu une pomme tomber sur le sol.
Je lui lance un regard perplexe, la bouche pleine. Il comprend mon étonnement.
— C’était avant. Le monsieur, il s’appelait Newton, et la chute de la pomme lui a inspiré la loi de la gravitation.
Il se tait, l’air songeur, avant d’ajouter :
— Je me demande ce qu’il en penserait, maintenant.
Je me contente d’opiner en mastiquant. Papa n’a jamais été très doué pour raconter des histoires. Je l’aime quand même
Une fois la pomme dévorée, je pose ma tête contre l’épaule de papa et me laisse porter par le rythme de sa respiration, profonde et puissante, ponctuée par les grincements de la maison.

 © Guillaume Voisine

jeudi 17 novembre 2016

Roulement de tambour un peu plus long : la 2e place

Règle générale, l'humour et l'horreur ne se mélangent pas très bien. Le rire et la terreur sont des éléments distincts et opposés. Mais Frédéric Raymond réussit là où bien d'autres se plantent en forçant la note. Tout est dans le personnage, qui nous offre une pinte de bon sang...


Pogné sous l’évier
de Frédéric Raymond
  
Le menton sur les genoux, je tremble à m’en fêler les os. Ma respiration, assourdissante, m’empêche d’entendre ce qui se passe à l’extérieur du cabinet sous l’évier. Parce que c’est là que je me suis caché, dans le rangement sous le lavabo de la cafette. Avec mes six pieds deux, je me demande encore comment j’ai fait pour rentrer là. Et comment je vais faire pour en sortir sans me péter la tête, et sans me faire remarquer aussi.

Ça a commencé cet après-midi, et c’est 100% de ma faute. Il y a longtemps que je travaillais sur mon clonage. Pas un clonage humain ou de chèvre ou même de mouche, mais le clonage d’un gène dans une bactérie. Ça faisait six putains de mois que je gossais là-dessus. Sans succès. Mes colonies de E. coli ne poussaient pas. Quand elles poussaient, il n’y avait aucune bande sur le gel d’agarose.
Mais aujourd’hui, ça a marché. Il y avait une belle bande, juste de la longueur du gène que je voulais : une protéine humaine à la fonction inconnue (comme la moitié des gènes dans le fond) que je voulais étudier pour mon doc.

J’étais tellement excité que ça marche que j’ai décidé de poursuivre l’expérience tout de suite. J’ai pipetté les cellules qui serviraient à exprimer le gène. J’ai ajouté un peu de plasmide. Pis j’ai électrocuté le tout. La méthode s’appelle une électroporation, mais ça reste au final l’électrocution de bactéries pour faire des trous dans leurs parois et ainsi permettre à l’ADN de rentrer dedans.
Bref, j’étais vraiment excité. Tellement excité que quand j’ai voulu transférer les bactéries dans le milieu de culture, pour en faire pousser plus afin de poursuivre mes expériences, j’ai échappé mon tube et il a volé directement dans la face de Marie-Jade, la stagiaire d’été.

Elle a plaqué ses mains dans son visage. Elle avait reçu le liquide carrément dans les yeux.
J’étais furieux après mon moi-même et encore plus après la stagiaire qui avait mis son joli minois devant mes précieuses cellules. J’avais juste hâte de refaire ma transfection, mais j’ai aidé M.-J. à marcher jusqu’au lave-yeux. Je me suis excusé tout le temps qu’elle faisait couler l’eau sur ses globes oculaires

« C’est pas dangereux. C’est juste du K12. Ça peut pas t’infecter. »

J’espérais que j’avais raison, mais je ne voulais pas qu’elle panique trop. Ça aurait empiré la situation. Quand elle s’est relevée vers moi, M.-J. avait l’œil rouge vif. Elle a dû remarquer que quelque chose clochait dans mon expression, car elle m’a demandé ce qui n’allait pas. Je lui ai dit que c’était correct, qu’on allait descendre à l’urgence de l’hôpital pour qu’ils lui donnent des antibiotiques en prévention.

On marchait dans le corridor menant à l’ascenseur quand elle a stoppé net. Elle s’est mise à crier. Pendant que j’essayais de la calmer, des étudiants et des chercheurs ont accouru pour voir ce qui se passait. Un petit groupe s’est attroupé devant nous. J’ai tenté de leur expliquer ce qui s’était passé, mais M.-J. criait si fort que personne ne comprenait ce que je disais.

Et là, sa face a explosé. Bon, pas exactement son visage, mais plutôt ses yeux. Ses yeux ont éclaté, projetant un liquide rouge vif sur l’attroupement de gens qui se massait devant nous. Je n’aurais jamais cru que des yeux pouvaient contenir autant de liquide.
Marie-Jade est tombée sur le plancher.

Tout le monde criait.

L’hystérie se propageait comme l'ébola (mais en accéléré).

Puis là, d’un bond, la stagiaire s’est relevée et elle s’est jetée sur un vieux prof qui s’était approché pour l’aider. Elle l’a attrapé par les épaules, puis elle a enfoncé ses doigts dans ses yeux.

J’ai entendu un pop discret à travers l’explosion de chair.

J’ai reculé d’un pas, puis j’ai regardé mes collègues. Plusieurs d’entre eux avaient aussi les yeux rouges. Une vieille technicienne se tenait la tête à deux mains, comme si elle allait exploser.

Ce fut la deuxième victime de mon clonage.

Ses yeux à elle aussi ont éclaté, puis elle a pivoté d’un demi-tour pour se mettre à courir dans le corridor en hurlant. Je voulais quitter le labo, mais le chemin vers l’ascenseur était barré par le groupe qui semblait de plus en plus infecté par le fruit de mes expériences.

Câlisse.

Il faudrait que je fasse le tour par l’autre côté.

J’ai donc reculé un peu avant de me mettre à courir moi aussi. Silencieusement, si on exclut ma respiration saccadée. En tournant le coin, j’ai foncé en plein dans la technicienne infectée. Elle avait fait le tour de l’ilot en courant. Elle a essayé de m’arracher les yeux, mais je me suis défendu. Heureusement, elle n’était pas bien grosse. Je l’ai fait basculer sur le côté et j’ai pu m’enfuir.

J’ai couru vers la porte qui menait à l’ascenseur. Fuck. J’avais laissé ma carte magnétique sur mon bureau. Que me restait-il comme option ? Me cacher, bien sûr.

C’est pour ça que je suis là, dans ce rangement exigu, avec une bouteille de savon à vaisselle qui me rentre dans le… J’attends le bon moment pour sortir, ou bien la venue des secours, mais surtout je me triture l’esprit à repenser à ma maudite gaffe de marde.

Pour une fois que mes clonages fonctionnent, il faut que je contamine tout le labo. C’est clair que je pourrais faire un Nature avec cette protéine. Mais pour ça, il faut que je sorte d’ici vivant, que je ne succombe pas à ce phénotype meurtrier.


© Frédéric Raymond

mercredi 16 novembre 2016

Roulement de tambour : la 3e place

Il y a deux types de chutes pour une nouvelle. L'imprévue, qui vous sort de vos bobettes,  fais cogner votre mâchoire contre la table et qui vous laisse pantois (ou pantoise, c'est selon); et l'inéluctable, la chute vers laquelle tout le texte tend, qui ne vous jette pas par terre mais qui laisse un goût terreux dans la bouche parce qu'elle était inévitable. Toi et moi, la courte nouvelle ci-après, appartient à la seconde catégorie, elle ne vous surprendra pas, mais elle vous laissera avec un malaise certain.



Toi et Moi
de Martin Mercure

Tu te réveilles enfin, en panique. Tu souffres. Tu tentes d’ouvrir la bouche parce qu’il y a quelque chose à l’intérieur, mais la douleur s’accentue, et elle reste résolument close. L’objet est dur et long, il te meurtrit le palais à chaque fois que tu avales. Tu veux le retirer avec tes doigts, mais tu réalises que tes bras, et tes jambes, sont attachés.

Tu es étendu en croix sur un lit, nu, dans une pièce sale. Tu tournes la tête en tout sens; il n'y a personne d'autre et rien ne t’est familier. Un hurlement naît dans ta gorge, mais meurt contre tes lèvres scellées dans une apothéose de douleur. Ton cœur bat fort, tu respires avec difficulté par tes narines obstruées de sécrétions. Tu as pleuré et tu pleureras encore, mon gars.

Tu te débats, tu veux te libérer de tes liens. En soulevant ton bassin, tu remarques que le drap colle à ta peau. Il est humide, souillé par ta sueur et, tu distingues l’odeur âcre, par ton urine. Enfin, ta main gauche semble vouloir passer dans la boucle. Tu forces, encore et encore, à t’en arracher le pouce. Difficile de faire autant d’effort sans remuer les lèvres, hein?

Et voilà, c’est fait! Tu peux palper délicatement tes lèvres. Tu sens des fils. Tu as peine à y croire, mais ta bouche est cousue comme dans une de ces histoires d’épouvante. Des larmes coulent aux coins de tes yeux? Mais tu n’es pas faible. Tu te reprends et tu cherches à défaire le nœud qui enserre ton autre poignet, sans succès. Cette main-là ne passera pas, elle est peut-être plus grosse que l’autre. Tu es droitier, n’est-ce pas?

Voilà que tu aperçois le petit miroir posé sur la table de nuit. En t’étirant, tu réussis à t’en saisir et tu te regardes, pétrifié d’horreur. Tu déglutis difficilement. Tes lèvres gonflées, rouges d’infection, sont ficelées comme tu l’avais imaginé. La peau de ton visage n’est pas en bien meilleur état avec ces brûlures et ces craquelures, un malheureux mélange de beige, de rouge et de noir.

De rage, tu fracasses le miroir contre le montant du lit. De nouvelles larmes s’échappent. Tu trembles? De colère ou de peur? Je sais, les deux. C’est une situation stressante, je te le concède.

Un éclat de verre a atterri sur ta poitrine. Tu t’en saisis et t’appliques à scier la corde. Quelle importance que tes doigts saignent? Et à ce stade, te déchirer un peu la peau du poignet avec la pointe du morceau de miroir n’est pas bien grave. Elle n’est pas très habile cette main gauche.

Enfin coupé, tu te relèves. Prends ton temps, tu es étourdi. Les nœuds à tes chevilles cèdent facilement. Tu balances tes jambes au bord du lit. Le plancher est froid, un frisson te parcourt le corps. Tu essaies de reprendre le contrôle de ton rythme cardiaque, tu ressens chaque battement dans tes lèvres tuméfiées.

Fait attention, tes jambes sont faibles. Tu fais quelques pas chancelants jusqu’à une table couverte de poussière. On y a laissé une bobine de fil, une aiguille ternie et une paire de ciseaux à couture. Tu t’en empares puis retournes t’asseoir sur le lit avec un bout de miroir. Ta main tremble quand tu coupes les fils qui relient tes lèvres. Tu les ouvres prudemment et retires l’objet qui encombrait ta bouche.

C’est un petit crucifix! Mais pourquoi?

Ça y est, les souvenirs te reviennent : Ces idées noires qui envahissaient ton esprit sans raisons, ces désirs morbides, ces fantasmes macabres et surtout, ces voix qui te susurraient à l’oreille des choses horribles. Tu avais parfois conscience que tu n’étais plus entièrement toi-même, mais tu n’as pas beaucoup résisté. Ta petite vie était tellement ennuyeuse. Célibataire, un emploi merdique dans une ville qui n’était pas la tienne. Quelques amis de circonstances et des parents retraités à qui tu téléphonais deux fois par année.

Les gens autour de toi se sont inquiétés de ta pâleur, de tes yeux rougis. Ton caractère exacerbé t’a fait perdre ton travail. Tu errais dans les rues la nuit, tu effrayais les femmes seules. Les voisins se plaignaient de t’entendre hurler chez toi des mots incompréhensibles. Bien entendu, tes soi-disant amis ont disparu. C’est ta propriétaire qui a appelé tes parents. Elle a parlé de dépression, de psychose et de schizophrénie. Elle a parlé d’avertir la police.

Papa et maman sont venus. Tu as été violent, puis confus et tu as pleuré. Ils t’ont ramené à la maison, t’ont fait examiner par un médecin, ami de la famille, puis par ton oncle, le prêtre. Ces deux spécialistes ont vus les marques sur ton corps, ils ont observés les changements radicaux de ta personnalité, ils ont été témoins de phénomènes inexplicables. L’homme de Dieu en a référé à ses supérieurs, et même si l’homme de science n’approuvait pas, il n’a pas fait d’opposition.

Dans tes derniers moments de lucidité, tu as réalisé que tu jouais le rôle d’une petite fille possédée dans un remake d’un vieux film d’horreur.

Et te voici maintenant dans cette pièce inconnue. Tu as marché jusqu’à l’entrée de la chambre pendant ton petit flash-back. Tu es encore nu, tu grelottes, mais c’est le moindre de tes soucis. Tu ouvres la porte et tes tremblements s’intensifient, mais pas à cause du froid. Tes doigts se relâchent, le crucifix tombe et disparaît avant de toucher le sol. Devant toi s’étendent les décombres d’une ville. Des flammes s’élèvent çà et là et des cris de souffrance te parviennent. La scène te fait penser au conflit en Syrie. Mais ce n’est pas la guerre, ni même l’apocalypse, quoique…

Tu es mort et je t’ai entraîné ici avec moi.

Désolé, mais l’exorcisme n’a pas fonctionné. Alors on t’a mis cette croix dans la bouche pour te protéger dans l’au-delà. Inutile de te dire que ça n’a pas marché non plus. On va être ensemble pendant très longtemps. Toi et Moi.


© Martin Mercure

lundi 14 novembre 2016

Mille mots : La liste courte

Mes aminches, ça a été un choix déchirant (comme si il y avait des choix rapiéçant), mais enfin. Forte année en qualité, 2016. Ça a été une livraison extrêmement satisfaisant. Merci aux participants de m'avoir permis de lire 16 histoires et environ 15 000 mots de pur bonheur -- et gratuitement par-dessus le marché.

Voici donc la liste des cinq textes finalistes, en ordre alphabétique si je ne fais pas d'erreur :
  • Le passeur
  • Les pieds dans le vide
  • Mercadol et Decapryn
  • Pogné sous l'évier
  • Toi et moi
Je fais durer le suspense jusqu'à demain pour le dévoilement de la troisième place.

lundi 7 novembre 2016

Lecture et délibérations

Avec l'ajout d'une toute dernière nouvelle

  • Premier jour

se termine la phase de réception des textes pour les Mille mots.

Là, le jury (composé de moi-même) va débuter la lecture des textes. D'ici cinq à dix jours, ce sera la liste courte, puis quelques jours après, le dévoilement des trois premières places.

À+, comme on dit.

samedi 5 novembre 2016

Demain, c'est la der des der

Eh oui, demain, dimanche à minuit, se terminera la partie « réception » de la sixième édition du concours de nouvelles des Mille mots. Après ça, le jury lira les textes et les prendra en délibéré.

L'extension n'aura pas été vaine, puisque un texte s'est ajouté aujourd'hui.
  • Déni de justice


Alors à demain !


mercredi 2 novembre 2016

Les Mille mots : le poids de la tradition

Quatre nouveaux textes sont entrés hier, un peu avant minuit. Ce sont :
  • Mercodol et Decapryn
  • Le passeur
  • Tant qu'il y aura des femmes, je prendrai le temps qu'il faut
  • Pogné sous l'évier

Juste avec les titres on a l'impression que ça part dans toutes les directions, et c'est bien tant mieux. J'en suis bien content.




Mais les Mille mots ont aussi une tradition, depuis la deuxième édition il me semble, c'est d'accorder une prolongation d'échéance. Une seule. Or donc, avec toute l'autorité dictatoriale que ce concours me laisse, je décrète la nouvelle et ultime échéance : dimanche 6 novembre à minuit.

Héhé.

Les retardataires peuvent donc s'y remettre et les auteurs et auteures qui ont déjà soumis leurs textes peuvent les polir davantage s'ils ou elles le souhaitent ou en écrire d'autres, la limite étant trois textes par auteur.

mardi 1 novembre 2016

Avec quelques heures à faire...

Il reste encore quelques heures pour faire parvenir vos nouvelles de mille mots et moins à millemots2016@gmail.com. Minuit ce soir.

Entretemps, deux nouveaux textes se sont ajoutés à la liste :
  • Les fils qui cassent
  • Toi et Moi
 On est dans le dernier droit avant le fil d'arrivée.