En 45, à la libération, il ne reste du convoi 66 que 72 personnes dont 30 femmes.
Huit jours après la libération par les Russes du camp de Neustadt Gleve où elle se retrouve après la liquidation d'Auschwitz-Birkenau par les SS, Sima Vaisman écrit ce témoignage qui ne sera retrouvé qu'en 1970 et fera l'objet d'une publication cette année-là, puis en 2002 chez Lafon.
Si Sima Vaisman a pu survivre si longtemps à Auschwitz, 16 mois, c'est parce qu'elle était médecin et que les Allemands, dans leur délire industrialo-génocidaire, maintenait la fiction d'une infirmerie pour les mal en point, malades qui allaient finir dans les chambres à gaz de toute manière.
Le témoignage de Vaisman est très court, soixante-huit pages à peine, mais il a la force de la vérité. L'auteure décrit sobrement, sans effet de style ni de pathos, dans une prose simple et sans concession, la condition des camps, le sort des détenues, le travail quotidien, la mort toujours présente. Jamais Vaisman ne se plaint du traitement qu'elle subit.
Il y a un moment de grâce dans ce livre, lors de la libération du camp en mai 45. Vaisman emploie alors l'adverbe « magnifiquement » pour qualifier le ravitaillement et les soins que les Russes apportent à ces rescapées de l'enfer. Une expression qui n'est pas sans rappeler la scène de libération du superbe film de Daniel Mann, tourné en 1980, Playing for Time.
Un livre difficile, indispensable : une expérience personnelle de l'horreur totale
Cote 9 / 10
Parmi les cris, un chant s'élève...
Sima Vaisman
Michel Lafon, 2002
89 pages
avec une carte du camp de travail Auschwitz-Birkenau
avec une carte du camp de travail Auschwitz-Birkenau








