Née en France et arrivée au Québec à huit ans, Janine Sutto a très jeune été fascinée par le théâtre. Ça a été la toute première et seule passion professionnelle. Sa carrière a démarré assez rapidement, les comédiens français – ou avec l'accent – étaient recherchés dans les années 40, ils avaient la classe et la qualité de parlure qui faisaient défaut aux comédiens du terroir. Il faut voir comment les pièces jouées à cet époque étaient lourdement plombées d'acteurs étrangers, souvent en plein déclin, ou fuyant la guerre en Europe, ou les deux.
On ne va pas passer ici la carrière de Janine Sutto en revue, Jean-François Lépine le fait très bien dans la biographie qu'il consacre à sa belle-mère (il est marié à Mireille Deyglun, une des deux filles de Mme Sutto). Signalons que Mme Sutto a eu une carrière d'une qualité et d'une longévité extraordinaire. À plus de 90 ans, elle devait jouer dans le musical des Belles-Soeurs, mais a dû déclarer forfait en raison d'une opération à la hanche.
Lépine est un journaliste. Ça parait : des faits, des dates, des chiffres... L'émotion n'est pas au rendez-vous, c'est malheureux. Pourtant voilà une femme qui aurait mieux mérité. Elle a vécu la passion avec un bon nombre d'hommes du milieu, elle a eu une fille trisomique dont elle a choisi de s'occuper tout en menant de front sa carrière, elle a aussi une grande gueule avec des opinions assez carrées sur les gens et les pièces qu'elle joue ou qu'elle voit. Mais cette passion, ce bouillonnement intérieur, est raconté d'une manière un peu clinique et sans âme véritable.
Janine Sutto - Vivre avec le destin est une biographie irréprochablement factuelle, mais certes pas une biographie émotionnelle ni psychologique...
Cote 6 / 10
Janine Sutto - Vivre avec le destin
Jean-François Lépine
Libre Expression, 2010
381 pages
29,95 $





