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jeudi 14 octobre 2010

161. Académie des chasseurs de primes. Tome 1 : La Rentrée

C'est par ce billet, publié il y a 18 mois bien sonnés, que P-A Côté m'a donné le goût de lire cette bande dessinée. 18 mois ! Ce qui prouve bien que je suis un être d'une lenteur désespérante et que les livres s'empilent un peu partout dans la maison.

Bref. L'Académie des chasseurs de prime bat de l'aile, elle en est réduite à accepter le petit-lait des candidat (par opposition à la crème) . Cette année, ils sont dix; et ils ne seront plus que neuf après peu de temps, l'un des candidats pétant dé-fi-ni-ti-ve-ment une coche. On va suivre les neufs autres à travers leurs petite querelles intestines, leurs fautes et qualités de caractères, l'apprentissage de la chasse à la prime, etc. 

Je me suis bien amusé à lire les aventures de nos neufs candidats. Ils sont bien typés, faciles à reconnaître et l'histoire qu'ils vivent est bien menée, encore qu'elle soit construite de manière épisodique, les épisodes s'enchaînant les uns aux autres de manière un peu arbitraire ce qui réduit un peu la cohésion de l'histoire en général. Une vétille. Les cadrages sont souvent électrisants (et proches de l'esbroufe aussi) et ça frise par moment l'exercice de style, mais rien pour nuire au plaisir du lecteur. Nous sommes dans une bd légère et amusante et ça roule comme sur des chapeaux de roues. J'ai adoré les petits détails, comme cette nanocivilisation, une arme absolument terrible, une trouvaille géniale, qui m'a énormément fait rigoler.

Deux bémols cependant, ayant tous deux trait au format même de l'album.  Par rapport à la grandeur habituelle des albums de bd, on pourrait parler ici d'album de format 3/4 tellement ses dimensions sont réduites. Ce qui nuit à la bonne lecture des planches qui fourmillent de détails.

Aussi, la reliure est très dure, et il est impossible de mettre l'album à plat sans lui casser le dos. Difficile dans ces circonstances d'apprécier à sa juste mesure la beauté des planches, d'autant que les marges qui ceignent lesdites planches sont minuscules et qu'il faut vraiment y mettre du sien pour gouter le dessin.

Le deuxième tome, Princesses, vient de sortir semble-t-il. Encore des dépenses... dans 18 mois !

Recommandé, pour l'ado en soi.

Cote 7 / 10

L'académie des chasseurs de primes
Tome 1 . La rentrée
Textes :Yanick Champoux, Michel Lacombe et Benoit Godbout
Ill. : Benoît Champoux
400 coups, 2009
64 pages
17,95 $

vendredi 10 juillet 2009

86. Paul à Québec - Michel Rabagliati

C'est le deuxième Paul que je lis. Paul à la pêche ne m'avait plu qu'à moitié. J'avais avoué mon incompréhension devant l'ampleur du phénomène Rabagliati.

Paul à Québec, c'est mon épiphanie. Là, je retourne ma veste de bord.

Il y a deux soirs, j'ai commencé à lire ce roman dessinée, m'imaginant une fin de soirée agréable et sans histoire. Je me trompais lourdement.

Parce que Paul à Québec, c'est le quotidien de Paul et Lucie et de leur fille Rose, alors que le père de Lucie se meurt d'un cancer en maison de soins palliatifs.

On ne rigole pas. Ou si peu.

Cette histoire-là et la manière simple et directe avec laquelle elle est racontée m'a complètement chaviré. Je me suis mis à brailler quand le père a dû être placé en centre hospitalier pour terminer sa longue agonie et je n'ai pas arrêté de hoqueter jusqu'à la fin.

(J'ai beau me dire que j'étais off mon Paxil depuis deux jours, et que ça crée un environnement favorable au surgissement des émotions refoulées, mais quand même... Je pleurais à gros bouillons et j'étais estomaqué de ma réaction; comme dans une transe schizophrénique, j'étais ému et je me voyais ému comme de l'extérieur, bizarre, bizarre, une espèce d'expérience extracorporelle.)

Le dessin de Rabagliati est d'une remarquable simplicité.Son dépouillement n'est pas sans rappeler celui de Tintin au Tibet. Un roman dessiné que je recommande chaudement. N'oubliez pas vos kleenex.

Cote 8,5 / 10

Paul à Québec
Michel Rabagliati
Pastèque, 2009
187 pages

mercredi 13 mai 2009

74. Paul à la pêche - Michel Rabagliati

Je ne sais pas lire les bandes dessinées « sérieuses ». J'oublie tout simplement de regarder le dessin. Je lis le texte et je peux lire plusieurs pages en remarquant à peine le dessin.

J'ai choisi Paul à la pêche à la bibliothèque sur la base des excellentes critiques que la série reçoit à travers la presse et les blogues. « Ça risque d'être pas mal, tant d'unanimité, c'est bon signe », me suis-je dit in petto.

Mon verdict est mitigé. Paul à la pêche est un roman, avec moins de mots et plus de dessins. Ça se lit en une heure, deux heures si vous vous attardez aux dessins.

L'histoire est mince mais habilement menée. Le dessin est simple, rustique à la limite, mais correct, c'est pas sophistiqué pour cinq cennes, mais c'est parfaitement cohérent avec le propos.

C'est léger, presque amusant, les retours en arrière sont joliment amenés. C'est léger même si l'histoire prend un tour dramatique à compter de l'épisode de la fillette et de son chien. Suivent alors d'autres revirements qui donnent au récit un tour tragique. Puis ça devient mélo comme un film mexicain des années 60 et ça se termine sur une note tellement sirupeuse qu'un lecteur diabétique va devoir prendre de la metformine rien que pour lire la fin sans défaillir.

Tout compte fait, Paul à la pêche, ce sont les petites affaires de la vie ordinaire dans un emballage lui aussi plutôt ordinaire. On pourrait parler de parfaite concordance entre le propos et la manière. Cependant, aux yeux de ce lecteur-ci, l'enthousiasme que la série génère relève soit d'une mouvance snob, soit d'une sensibilité qui lui échappe totalement. Il refuse de se prononcer là-dessus parce qu'il reconnait bien qu'une partie de ce qu'il peut reprocher au roman dessiné est en relation avec sa propre incapacité à prendre le médium avec le sérieux qu'il mérite.

Bref, ni le dessin, ni le texte, ni l'anecdote n'ont fonctionné pour moi.

Cote 5,5 / 10

Paul à la pêche
Michel Rabagliati
La pastèque, 2006
208 pages

jeudi 23 avril 2009

64. Une piquante petite brunette - Albert Chartier

Wilbrod Boisjoli, mon grand-père paternel, était abonné au Bulletin des agriculteurs, et chaque fois que nous montions à La Macaza, je me jetais sur les exemplaires qu'il gardait pour moi, juste pour lire Onésime, une bande dessinée super-drôle, avec des personnages bien typés et truculents, et des situations simples à comprendre pour un enfant de 8 ans. En plus, le fait que grand-popa ressemblait physiquement à Onésime, ajoutait un sel particulier à cette bande...

Je ne ferai pas le panégyrique d'Albert Chartier. Il y a un excellent article sur BDQuébec et un autre plus court sur Wiki. Vous y trouverez là ce qu'il y a à savoir sur l'auteur.

Chartier a tenté de percer le marché des strips, ces bandes en quatre cases que l'on retrouve dans la plupart des journaux. Une piquante petite brunette est le résultat global de tous ses efforts. Les strips ont été recueillis et restaurés par Jimmy Beaulieu, grand fan de bd et directeur de collection. Sur son blogue, Beaulieu donne à voir quelques-unes de ces bandes.

Il y a là des projets intéressants : Kiki, Elsinore, Suzette, Suzy, Cornelius, et quelques pantomimes anonymes. Si aucun de ces projets n'a connu une longue vie, quelques-uns virent le jour pour de brèves périodes de temps. Tous les projets sont des années 60. Donc, c'est fortement daté, l'humour de Chartier est mononcle sur les bords, mais le trait de son dessin est pur et fluide, en plus d'être instantanément reconnaissable.

Un bon album, ne serait-ce que pour sa valeur historique. 2012 marquera le centenaire de Chartier, il y a à l'heure actuelle une campagne pour que cet anniversaire soit commémoré par un timbre. Ce serait la moindre des choses.

Cote 8 / 10

Une piquante petite brunette
Albert Chartier
Les 400 coups, 2009
224 pages