lundi 1 décembre 2008

30. Alibis n° 28

12 minutes, 28 secondes de Frédéric Hardel. La nouvelle gagnante du prix Alibis 2008. Fort bonne. À l'exception de la fin qui est télégraphiée très, très tôt dans le texte, c'est une nouvelle intéressante avec une protagoniste narcissique et antipathique. Cote 7,5 / 10

Sang d'encre et Changer le monde un mot à la fois de Jean-Jacques Pelletier. Desux nouvelles mettant en vedette le détective Nazaire Lebienommé, un Noir baraqué comme un char d'assaut, oeuvrant dans la belle ville toute blanche de Québec. C'est amusant dans les deux cas, et maîtrisé. Cote 8 / 10

Peluche Freluche de Dennis Richard Murphy. Ici, le problème que j'ai eu, c'est avec la traduction qui n'arrive pas à se brancher entre le québécois de bon aloi et le franchouillard agaçant : « Espèce de foutu connard de foutu Newfie. T'es aussi épais qu'un foutu poisson, ouais.» Ouais ? Désolé, personne ne parle comme ça sur cette planète. Et par un choix de traduction assez bizarre : traduire Fuzzy Wuzzy par Peluche Freluche c'est génial; ne pas traduire Christopher Robin par Jean-Christophe, c'est poche. J'ai constamment décroché, et le texte est lourd (est-ce la traduction ou l'original, la question se pose) et plein d'obstacles au plaisir (faible) de lecture. Cote 1 / 10

La prise de Saipan de Maxime Houde. Bonne nouvelle en soi, mais qui n'a rien à voir avec le polar ou la nouvelle noire ou de mystère. Le mystère, en fait, c'est de savoir ce qu'elle fait là exactement. C'est une nouvelle de guerre. Assez réussie, avec quelques erreurs dans le détail, mais ce lecteur-ci aurait aimé une meilleure caractérisation des Japonais, un peu de couleur locale si on veut. Autrement, j'ai aimé, parce que je suis preneur de ce genre littéraire. 7 / 10

Finalement un bon numéro, grevé par une boulette. Cote 5 / 10

jeudi 27 novembre 2008

Tirer la plogue d'un blogue

R.I.P. La face cachée de la mécanique
Après y avoir longuement réfléchi, je tire la plogue sur un blogue qui n'aura jamais vécu ailleurs que dans mon imagination. Dans mon cerveau survolté, j'imaginais La face cachée de la mécanique comme un lieu où les auteurs pouvaient venir parler de l'aspect mécanique de leurs textes, des boulons et des écrous. Les auteurs d'ici sont plutôt discrets sur leurs oeuvres, même sur leurs blogues, timidité ou gêne, allez savoir. Mais cet aspect-là est extrêmement intéressant, et peu abordé.

Ce même cerveau survolté avait même imaginé un appendice pour le blogue, un centre de ressources sur les éditeurs et leurs pratiques. Il semble que certains ne soient pas tout à fait scrupuleux, et ce fait mérite d'être porté à l'attention des auteurs qui cherchent à se faire publier. Éviter untel, c'est un crosseur; lui, il paie rubis sur ongle, etc. On aurait aussi pu y discuter de la stricte portion financière de la publication : qu'est-ce qu'un contrat d'édition, qu'est-ce que l'auteur doit revendiquer, combien paient les éditeurs, etc., etc. L'aspect délicat, c'est le libel, mais bon, comme nous sommes des écrivains, on aurait pu trouver une manière de dire les choses sans se mettre un pied dans la bouche et l'autre dans la merde.

Mais bon, ça ne se fera pas. Non pas que je crois qu'il s'agisse de mauvaises idées, au contraire... C'est juste moi qui suis la mauvaise personne pour mener à terme ce projet. Je suis d'une timidité qui me limite énormément, un vrai handicap.

La face cachée de la mécanique aura vécu le temps d'un soupir. Je vais envoyer un courriel à Shirley-Carol pour qu'elle désactive la patente quand elle aura le temps.

mercredi 26 novembre 2008

Biscuit chinois - viandes

Ma nouvelle, Comfort Food, n'a pas été retenu. C'est la vie.

Chèrre DPji

À ventièrre mon pappa a dis que sétait moi le responssable de s'est prroblaimes informattiques. Comm sous vent pappa sé tromper. Pasqu'ojourdhui çon furreteur Krôme y viens deux planter lui aussi. Hé j'ai touché à rien. Doncques cé pa moi. Vilain pappa. DPji protéger-moi sivouplè.

bainjamain tramblé

lundi 24 novembre 2008

Benjamin Hyde et Benjamin Jekyll

Un peu comme le Dr Jekyll et Mr Hyde, Benjamin a deux personnalités quand il s'assit devant le portable de son papa. Le bon fils obéissant qui manipule la souris avec une dextérité ahurissante (il n'a que trois ans et trois mois quand même), qui reconnaît les touches de lettres (il connaît son alphabet jusqu'à M), les chiffres, Enter, Caps Lock...  Il adore pitonner et insiste pour que nous le faisions ensemble.

Il y a aussi l'autre Benjamin, l'explorateur des mondes nouveaux, l'aventurier du clavier, qui lui aime pitonner sur toutes les touches, spécialement quand je dis Non. Ce fils-là a fait quelque chose de mystérieux et d'improbable samedi soir en fermant l'appareil; il a réussi à bousiller le fureteur Firefox.

Faut quand même le faire, bousiller Firefox. Plus capable de l'ouvrir. L'écran gèle à tous les coups. Je l'ai désinstallé et réinstallé à plusieurs reprises, l'écran gèle toujours. J'ai restaurer, restaurer, restaurer jusqu'à plus-faim (jeu de mots sophistiqué ici, ha ha ha) pour un résultat toujours aussi merdouilleux. Saperlipopette de gamin !!!

J'ai donc éliminé Firefox. Me voici avec Chrome. Pour le moment, Mr Hyde dort, j'en profite pour faire mes trucs.

samedi 22 novembre 2008

Songes d'une nuit d'automne...

Avec un titre comme celui-là, le lecteur ou la lectrice qui s'attend à un billet shakespearien de style ou de contenu va voir son attente sérieusement mise à mal. C'est juste qu'hier j'ai été incapable de m'endormir après m'être couché. Tourne d'un bord, pis tourne de l'autre. Mes pensées, elles, tournaient autour de ce dilemne : si je gagnais 15 millions de dollars à la loto, comment le diviserais-je ? Ah quand même, certains réfléchissent au sort du monde, d'autres se préoccupent des enfants pauvres, des animaux maltraités, de la planète polluée, moi, je fais dans le futile et dans la splendeur sordide (bravo, un oxymoron)... Ayant quand même passé deux heures à cogiter à ça, et étant d'une nature généreuse, je vous fais part de mes réflexions, tant pis pour vous.

Here goes :

mon papa (que j'aime tant), ma maman que j'adore, le père de Suzanne, mon frère Claude, ma sœur Michelle et Luc, le frère de Suzanne : chacun million,

ma nièce Alexandrine, nos filleuls Antoine et Matthew, mon meilleur ami Robert, MC (on ne peut pas la nommer), la meilleure amie de Suzanne, plus une part pour diverses oeuvres de charité : chacun demi-million,

le reste, c-à-d 6 millions de dollars, pour moi, Suzanne et Benjamin (la part de Benjamin étant sécurisé dans un trust ou un fonds ou tout autre bidule bancaire jusqu'à sa majorité).

Si je gagne 30 millions, partage identique, j'en garde plus pour moi et je pars une maison d'éditions (Les éditions du chat qui dort, c'est cute) et je bâtis des ponts d'or pour mes auteurs, ainsi qu'une compagnie de fabrication de figurines de plastique à l'échelle 1/72 de très haute qualité.

Voilà. Vous êtes prévenus : ne me souhaitez pas d'insomnie pour la nuit prochaine. Merci.

jeudi 20 novembre 2008

Appel à tous

Pour une nouvelle qui en est au stade de la recherche préliminaire, j'ai besoin d'information sur la guerre Iran-Irak de 1980-88. Surtout de ce qui se passait au niveau du terrain, c'est-à-dire témoignages de combattants iraniens ou de journalistes qui auraient couvert ce long conflit. Je suis assez au fait des enjeux politiques et des grandes stratégies; ce dont j'ai besoin, c'est de savoir comment vivait le simple troufion, ses rapports avec les officiers, les Gardiens de la révolution islamique, etc. Ce qu'il mangeait, tout et n'importe quoi.

Les références peuvent être en anglais, français, ou en allemand (je me débrouille un tout petit peu), livresques ou internet, mais pas de wiki parce que j'ai épuisé le filon. Merci à ceux et celles qui pourront m'aider ou m'aiguiller.

mardi 18 novembre 2008

Benjamin et ses bottes de sept lieux



Saperlipopette, j'arrive pas à replacer cette vidéo dans le bon sens, ça m'apprendra à vidéographier avec la caméra à 90° degré. Mais je travaille là-dessus et j'espère y arriver dans pas trop longtemps.

dimanche 16 novembre 2008

Magada-Madaga-Macada... et puis zut

En fin d'avant-midi, Benjamin, Suzanne et moi sommes partis voir Madagascar Back 2 Africa. Nous sommes arrivés à Kirkland avec un retard de 15 minutes pour la représentation de midi trente. On se disait qu'au pire on aurait raté les bandes annonces... Ben non. Lorsque nous sommes entrés pour prendre nos places, l'écran était noir et la salle éclairée. Il y avait de l'agitation dans la salle de projection, on y voyait des gens dérouler mystérieusement des bandes de film. Ah bon. Après une dizaine de minutes d'attente, le film commence.

On se bidonne car le film est vraiment bon. Graphismes de premier ordre et scénario inventif, signé Ethan Cohen. Une quarantaine de minutes après le commencement, tchaacc, le film pète encore. Les lumières se rallument, on nous promet un délai de dix minutes, ça en prendra une trentaine. Tout le monde en profite pour aller aux toilettes et se ravitailler en pop corn.

Et ça repart, pas tout à fait où ça s'était arrêté, on a perdu du temps de film, là, c'est évident, mais personne ne songe à se plaindre.

Il y a une belle progression de l'intrigue, avec une jouissive parodie de la série Survivor. On approche de la fin, on la sent venir quand, craaac, l'écran s'obscurcit d'un seul coup et les lumières reviennent. On entend quelques huées, les enfants sont déçus. Là, tout le monde se lève et va réclamer les billets de courtoisie que le Colisée Kirkland distribue pour apaiser la foule.

Grosse déception donc, la mécanique nous a laissé tomber. Je ne saurai pas comment fini Madagascar Back 2 Africa avant quelques mois quand le film se fraiera un chemin sur mon petit écran via le satellite. C'est dommage, c'était un très bon film.


samedi 15 novembre 2008

29. Voyez comme on danse - Jean d'Ormesson

Avec d'Ormesson, tout est dans la manière. Son style est gracieux, frais, léger, souvent marqué par de brusques chutes tragiques, brèves et sans conséquences. L'auteur est doué pour le bonheur. Par ailleurs, ses romans ne sont que prétextes à pérégrinations historiques et autres souvenirs insouciants dont il est généralement l'acteur principal. De l'auto-fiction avant la lettre pourrait-on dire, mais faite avec talent, ce qui est rarissime.

D'Ormesson, c'est vraiment une affaire de goût. Moi j'aime bien ce vieil aristocrate. Il a publié deux formidables livres : Le juif errant, un nouvelle mouture de cette légende médiévale et, surtout, La gloire de l'Empire, un livre absolument étonnant, riche d'une fausse érudition, bâti comme un vrai livre d'histoire, avec références et bibliographie, c'est magnifique, magique, et ce livre a complètement emporté mon adhésion..

Avec Voyez comme on danse, c'est un d'Ormesson moins en forme qu'on retrouve. Qui marche sur l'erre d'aller, un d'Ormesson qui fait du d'Ormesson, et qui, de cette imposture, perd de sa légèreté, de sa gaieté, au profit d'un alignement de scènes plus ou moins allongées et de petits détournements historiques. Le roman met en scène un SS musulman (ils ont existé) assistant aux dernières heures d'Hitler, à son mariage avec Eva Braun, à la rédaction de son testament politique, puis de son suicide. Or, d'Ormesson commet un grand nombre de bourdes sur des faits avérés, erreurs qu'une recherche historique un peu approfondie lui auraient certainement évitées. À mes yeux, c'est une négligence impardonnable.

Et le roman s'étire, s'étire, sans donner l'impression de mener quelque part. Comme dit le proverbe : Ennui poli... demeure ennui.

Voyez comme on danse
Jean d'Ormesson
379 pages

Cote 4,5 / 10

vendredi 14 novembre 2008

28. Plusieurs excuses - Stéphane Ranger

J'avais lu avec enthousiasme Les plus belles filles lisent du Asimov de Simon Charles. C'est ce qui m'a poussé à acheter Plusieurs excuses, me disant que les éditions de Ta Mère ne publiait que du bon. Que de naïveté ! Ah, me suis-je bien fourrer le doigt dans l'œil, et profondément par-dessus le marché... On m'y reprendra.

«J'aime mieux me masturber», avoue le narrateur d'une des nouvelles. Quand l'autofiction rejoint la masturbation solo, ça donne un livre d'un intérêt assez ténu. On peut toujours faire comme l'auteur, y mettre du style et reculer modestement les barrières de la syntaxe pour camoufler l'indigence du propos, l'autofiction/masturbation reste, au bout du compte, un spectacle tristounet à regarder. Donnez un clavier à un jeune auteur impétueux et il risque de passer la journée à zigner dessus comme un chiot sur une patte de chaise, imaginant que son nombril est si fichtrement intéressant que le monde ne peut littéralement se passer de le savoir... On voit où ça mène. À Plusieurs excuses, par exemple. Avec la multiplicité des maisons d'éditions et des micro-éditeurs, il est plus facile que jamais pour un jeune auteur de trouver preneur pour le livre qu'il vient d'achever. Le lecteur qui achète doit être prudent.

La masturbation en forme d'auto-fiction est un péché de jeunesse
encore que... Mais on ne va pas s'acharner sur un jeune auteur pour ça.

D'autant que Ranger a de belles qualités et il les montre dans deux nouvelles complètement réussies : Histoire de Piard et Partir. La première expose l'obsession d'un homme pour les nombres
π et e. Une histoire érudite et mystérieuse prenant place dans un monde futuriste. Originale, tout à fait excellente. La seconde raconte un épisode de la vie ordinaire d'un gars qui l'est tout autant. C'est simple, contemporain, extrêmement touchant.

Plusieurs excuses
Stéphane Ranger
Éditions de Ta Mère

95 pages


Cote 3,5 / 10

jeudi 13 novembre 2008

Mon fils, le comédien

Je lui demande de faire un sourire pour la photo, il me fait une baboune.

27. Les vacances de Maigret - Georges Simenon

Les vacances de Maigret de Simenon.Dans ma pauvre tête ignare, le commissaire Maigret c'est Jean Gabin (chiant, sinistre et emphysémateux) ou encore Jean Richard (prolo et convivial). Trop de télé, manifestement.

À peine arrivé aux Sables d'Olonne, une petite station balnéaire, Mme Maigret est hospitalisée pour une appendicite aigüe. En attendant le rétablissement de sa femme, Maigret s'installe dans une routine assez confortable qui le mène de bars-tabacs en bistrots en troquets y avaler un petit blanc... Dieu qu'il boit, le commissaire, en fait, toute la France buvait, mes amis. Puis il y a un accident mortel très louche, et Maigret décide de s'inviter dans l'enquête.

C'est Pat Isabelle qui m'a fait découvrir Simenon, curieusement en parlant sur son blogue de sa (relative) déception à la lecture de ses romans. Étant un émule de saint Thomas, j'ai décidé d'aller voir de mes propres yeux.

La société que décrit Simenon n'existe plus, le roman a été écrit en 47. Cette France-là est révolue. On s'ennuie poliment dans cette histoire plutôt ordinaire. J'avais beaucoup entendu parler de la grisaille du style de Simenon, je ne croyais pas que c'était si juste. L'intrigue est assez ordinaire, Maigret sait qui est le coupable assez tôt dans le roman et il ne lui reste plus qu'à découvrir ses motifs et à le confondre. Du policier psychologique, en somme. C'était peut-être tout simplement un Maigret moyen.

Les vacances de Maigret
Georges Simenon
187 pages

Cote 6,5 / 10

mercredi 12 novembre 2008

Ça ne fera pas un pli à personne, mais quand même...

Depuis le 1er octobre, je n'ai pas écrit une seule ligne conséquente, côté fiction. Ce silence suivait la complétion de Comfort Food, une nouvelle pour Biscuit chinois qui, dans l'éventualité où elle paraîtra, va créer un certain émoi, voire un tollé, chez les marchands de smoked-meat. Ce silence était une petite déprime post-partum, disons, ou encore un moment de morosité et une quête intérieure pour le texte qui devait suivre.

Bla bla bla, bref, me voici de retour en selle. Je me remets à l'écriture et concentre mon énergie sur deux projets simultanés, jusqu'à ce que l'un balaie l'autre : TB et ALC, le premier est un texte de sf et le second une nouvelle noire. Si tout va bien, TB irait pour le prix Solaris et l'autre pour le prix Alibis tout simplement parce que ma fantaisie numero uno est de gagner les deux prix la même année ! Tu parles d'une ambition !

On se tient au courant. À plus.

Ce que je lis

Moscow 1941 de Rodric Brathwaite.










Voyez comme on danse de Jean d'Ormesson.









Une fêlure sur le flanc du monde
d'Éric Gauthier.











Under his very windows de Susan Zuccotti.

vendredi 7 novembre 2008

De beaux grands yeux bruns

Posted by PicasaC'est une jolie photo, je trouve. En plus, c'est le modèle qui en est l'auteur. L'artiste est âgé de 3 ans et 1 mois.

Note à moi-même : mon coco, il faut créer une galerie avec les photos -innombrables- que Benjamin a prises en jouant avec la caméra.

26. Zinc n° 15

Mettons que ça commence mal. Cette bourde en couverture, Ariane Voisine, puis en liminaire Élizabeth plutôt qu'Élisabeth Vonarburg. On sent la négligence dès le départ. Cette première impression va se concrétiser à la lecture des nouvelles.

L'art de la laque, de Zengzi Labarre-Wu. Cette histoire chinoise est mystérieuse, exotique et parfaitement maîtrisée. Quelques coquilles, négligence, négligence. Reste que la nouvelle est très bonne. 8 / 10

L'aïeule du monde, de Sorine Arnaud. Là, ça commence à déraper. L'histoire est correcte et assez bien menée, mais elle est desservie par un vocabulaire approximatif, une grammaire claudicante et une absence de rigueur dans les appellations (par ex., les îles Sentinelles deviennent l'île Sentinelle sans qu'on sache pourquoi). Le texte aurait bénéficié d'une relecture avant parution, ce que la direction littéraire aurait dû assurer. 3 / 10

La robe rose, d'Elsa Dupré. Ça dérape plus sérieusement. Une banale nouvelle fantastique (dans le sens genre littéraire, pas dans le sens de l'enthousiasme qu'elle crée chez le lecteur). Nombreuses fautes de syntaxe, c'est pourtant la base du français, merdouille. Où se cachait la directrice littéraire ? 2 / 10

, de Guillaume Baribeau. J'aime l'idée sur laquelle ce texte s'appuie : un objet extraterrestre vient bouleverser une communauté pendant quelques semaines, puis disparaît sans qu'on sache qui que quoi dont où. C'est porteur. L'auteur a le sens de la péripétie qui anime le récit, ainsi qu'un certain savoir-faire pour les dialogues, rien n'est perdu pour lui. Parce qu'autrement, c'est vraiment, mais vraiment n'importe quoi. Quelqu'un a-t-il lu ce texte avant de l'accepter ? Si la grammaire claudiquait dans les textes précédents, ici elle est carrément unijambiste; tout, absolument tout, la syntaxe, le vocabulaire, la mise en scène, la psychologie des personnages, tout est d'un niveau secondaire II faible. Chou à Mélanie Vincelette !!! Pour avoir inclus cette boulette, on devrait la forcer à rembourser ceux qui ont acheté la revue. En plus, c'est très malheureux pour ce jeune auteur, et ce n'est pas lui rendre service que de publier ce texte dans cet état. 0 / 10

Le sang des prédateurs, de Vincent Saint-Aubin Émard. Une nouvelle fantastique avec un caniche-garou. Tiens, tiens. Correctement faite, bien écrite, avec de l'humour par-dessus le marché. Quelques coquilles, qui montrent que le travail de la direction ne s'est pas poursuivi au-delà de la réception des textes. Mais quand même, c'est bien. 5 / 10

Tous les échos, de Guillaume Voisine. Le meilleur des trois textes phares du numéro, avec ceux de Labarre-Wu et de Côté. Une excellente nouvelle, superbement écrite et racontée, où la psychologie des personnages sert de moteur à l'histoire. 10 / 10

Les feuilles mortes, de Josée Lepire. Je ne ferai pas de commentaire sur ce texte parce que je n'y ai rien compris. Ça arrive. La fatigue, sans doute. Non-coté.

Avant l'aube, d'Ariane Gélinas. J'aime bien l'écriture de Gélinas et les thèmes qu'elle privilégie. Ici, l'aliénation. Le résultat est un texte dense, qui ne souffre que d'être trop court. 6,5 / 10

L'assassin, d'Alexandre Lemieux. Une bonne histoire, bien ficelée, sans grande surprise car on s'imagine bien dès le départ que l'auteur dirige le lecteur vers ce genre d'entourloupette. C'est efficace. Mais il y a un bémol (qui s'applique ici, ainsi qu'à beaucoup d'oeuvres relevant de la ssfq), c'est l'emploi constant du nom propre accompagné d'un titre au long (ex., madame Durivage) dans toutes les circonstances et quelque soit le rapport du narrateur au personnage ainsi désigné. À force de l'utiliser, l'auteur affaiblit son texte. Il existe quelque chose qui s'appelle le pronom personnel (elle) qui fait merveille quand on l'emploie. 6 / 10

L'homme de Reims, de Mathieu Fortin. Objectivement c'est une nouvelle très réussie, avec un punch final bien amené. On ne sera pas saisi par la beauté du style ou la profondeur de la psychologie, mais le lecteur reste subjugué par la maîtrise du récit dont fait montre Fortin. (NB À la toute fin, le lecteur substituera capitulation à capitalisation pour la bonne compréhension du texte.) 7 / 10

Entre chien et loup, de Pascale Raud. De façon générale, les jeunes auteurs présentés ici semblent moins préoccupés par la création d'une voix personnelle, d'un style, que par la parfaite efficacité de l'histoire. Ce n'est pas le cas avec Raud. Un texte onirique et bizarre qui m'a beaucoup plu. 7 / 10

Sac
rés touristes, d'Isabelle Piette. Curieux mélange d'excursion touristique qui tourne à la révélation pour les touristes et à l'épiphanie pour les guides. Ça n'a pas fonctionné pour moi, hélas, tout simplement parce l'humour des situations m'a semblé gros et borderline cliché, ce qui donne une première partie tombant à plat. 4 / 10

La mort blanche, d'Empereur Ghoule. Les Premières Nations dans l'espace ! Pourquoi pas. Une idée géniale. C'est une nouvelle à chute, dans le mauvais sens du terme, c-à-d qu'au-delà de la joke finale, il n'y a rien. 3 / 10

Terrible Aliénor, de Danie Blais. Ô, lecteur, lectrice, tu aimes les adjectifs, épithètes et autres qualificatifs ? Il n'y en a jamais assez à ton goût. Ben là, tu vas être comblé... C'est le carnaval ! Faudrait dire à l'auteure que les adjectifs, c'est comme la crème fouettée, un peu, c'est bon, trop, ça écoeure. 4 / 10

L'enfant des dieux, d'Héloïse Côté. Un texte supérieur d'une auteure qui a du métier, et ça parait. Pas de fausse note, une histoire simple, fine, riche, avec une finale pas piquée des vers. 9 / 10

Il ne faut pas que je dorme, de Claude Bolduc. La présence de Bolduc et de son texte fantastique (impeccable, au demeurant) fait doublement tache dans un numéro spécial consacré aux nouvelles voix de la science-fiction. C'est une excellente nouvelle, par ailleurs. 7 / 10

L'élite des rêveurs, de Matin Blois et Sébastien Lévesque. Un très quelconque court extrait du prochain roman d'une série. Beaucoup de bruit et de fureur, tout ça incompréhensible parce que garroché sans repère. Chou à la direction littéraire ! Difficile à juger, mais ça ressemble à du produit jeunesse taylorisé. 3 / 10

En somme, un numéro extrêmement décevant avec quelques textes vraiment poches, et de rares réussites. Ce qui aurait pu être une vitrine pour le genre et les auteurs qui l'écrivent s'avère être une douche qui refroidira les ardeurs des lecteurs aventureux qui voudraient s'initier à la sf québécoise moderne.

Outre sa négligence, je reproche à la direction littéraire son absence de jugement dans le choix de certains textes, et son inaptitude à aider les auteurs à produire de meilleures nouvelles. La direction littéraire, ce n'est pas qu'émettre des accusés de réception. On lui reprochera aussi le mélange des genres. Nouvelles voix de la science-fiction... Pourtant, Bolduc et Côté ont une oeuvre littéraire assez considérable derrière la cravate... Et les textes relèvent aussi bien de la sf que du fantastique, de la fantaisie ou de la fantasy. Bref, c'est l'auberge espagnole.

Gros spleen pour ce lecteur-ci.

Cote 4 / 10

mercredi 5 novembre 2008

Trois nouvelles : une bonne, une moche, une poche

La bonne : l'élection d'Obama hier. Qui l'eût cru ?

La moche : la mort de Michael Crichton dont j'ai aimé presque tous les romans, les bons comme les poches.

La poche : on s'en va voter le 8 décembre, grr...

lundi 3 novembre 2008

Nature vivante : Chat avec bébé

Benjamin avec Chinook, un vrai de vrai Siamois, capable de supporter les transports d'affection un peu brutaux de bébé avec une patience infinie.

C'est le seul chat de race que nous ayons jamais eu en 25 ans de vie commune. Le félin nous a été donné par des amis de Suzanne qui n'étaient plus capables de le garder.

Chinook a un caractère affectueux avec les humains, mais vindicatif et acariâtre avec les autres félins de la maison. C'est un chef, les autres n'ont qu'à suivre.

Chinook est aussi appelé Nooknook.

samedi 1 novembre 2008

L'Halloween avec Benjamin

À trois ans, c'était le premier vrai Halloween pour Benjamin. L'an dernier, on l'avait déguisé dans le même costume que cette année et on avait fait deux maisons. Ça avait été plus ou moins agréable car il était fatigué, on était parti trop tard.

Cette année, Suzanne est revenue tôt du travail et nous avons déguisé Benjamin en souris. Hop dans l'auto, direction le village de Rigaud via la rue Bourget où il y a cette formidable maison décorée aux stéroïdes. Chaque année, les Nadeau distribuent 300 à 400 sacs de gourmandises (dont du chocolat maison, fort bon) aux petits monstres qui viennent sonner à la porte. On vient de loin pour y goûter, j'ai vu hier deux plaques ontariennes (et la frontière est à une vingtaine de kilomètres).

On a couru l'Halloween environ deux heures. Benjamin a trouvé ça fabuleux, pas tant pour les bonbons, que pour les citrouilles qu'il décoiffait systématiquement pour regarder l'ampoule ou la chandelle à l'intérieur.

Faux prophète ou moron ?

Pourquoi pas les deux ?
La neige a l'a fondu, toute, toute, toute.
Ça m'apprendra à faire des prédictions...

jeudi 30 octobre 2008

Le premier qui dit que c'est féérique, je le mords

Aujourd'hui, chez nous, à Rigaud, à 40 km à peine de l'île de Montréal, sur le plus haut sommet du Suroît. Et elle est là pour rester! En octobre!






































































mardi 28 octobre 2008

25. Solaris n° 168

L'évasion d'Alexandre Babeanu. Une nouvelle atmosphérique et évocatrice... Pas facile de faire passer autant d'informations sans rendre le texte indigeste. Et malgré quelques petites longueurs où l'auteur aurait pu resserrer son propos, on ne s'ennuie pas une seconde. Les subtilités de l'univers imaginé par Babeanu apparaissent par dévoilement successifs et l'intérêt est maintenu jusqu'à la fin. Joli réussite. 7,5 / 10

Sa vie au bout du pinceau de Philippe-Aubert Côté. C'est cute, mais malheureusement anodin. Une nouvelle écrite en une heure (je crois) dans le cadre d'un concours d'écriture. J'imagine que le texte a dû être remanié quelque peu entretemps, mais les contraintes du concours affaiblissent une idée qui a pourtant du mérite. 3 / 10

Le premier de sa lignée de Philippe-Aubert Côté. Si on lui donne la place pour s'exprimer, Côté sait y faire. Une très, très bonne nouvelle de sf apprêtée à la sauce polar noir. La construction est sans reproche, le rythme haletant, en dépit d'une psychologie plutôt conventionnelle. Le talent de l'auteur est indéniable. Un léger bémol, qu'on peut mettre sur le compte de l'inexpérience : manifestement l'auteur est fasciné par le monde qu'il a créé (on parle d'une série de textes à venir) mais c'est comme s'il tentait de tout dire au lecteur, de tout lui montrer. À mon avis, ça aurait gagné à être resserré un tout petit peu. Très bon, on a hâte aux prochains textes de la série. 7 / 10

Voici l'âge de glace de Claude Lalumière. Ici, l'écriture est carrée, raboteuse, sèche, elle donne des coups; à la limite, elle est déplaisante; en tous cas, elle n'a pas plu à ce lecteur-ci. Ce mélange de sf et de fantastique avec la fin qui relève du mythe ou du rêve, on repassera. 3 / 10

La fin du conte de Pascale Raud. Moi qui ne raffole pas du fantastique, j'ai été happé par ce texte. Cette histoire d'écrivain et d'inspiration surnaturelle, on l'a lu des dizaines de fois et la fin ne surprendra pas le lecteur le moindrement aguerri. Pourtant, ça fonctionne : la magie, c'est l'écriture, très achevée, et le rythme et l'atmosphère qu'elle parvient à créer. 7 / 10

Zeitnot d'Ariane Gélinas. La meilleure nouvelle du numéro. Un texte lent, atmosphérique et, en même temps, froid et sans émotions. Un monde détaché, où les gens rêvent à leurs petites passions en privé, mais sont inexorablement broyés s'ils sont surpris à tenter de les vivre. J'ai aimé énormément. 8 / 10

L'affaire de la pension astronomique d'André-François Ruaud. Dans un premier temps, la nouvelle part dans une direction, très sf (qui n'est pas sans rappeler Mercuriale de K.S. Robinson), extrêmement attrayante, pour bifurquer abruptement et donner sa pleine mesure dans une veine plus fantastique et aussi plus, hum, ordinaire. Ce changement de cap est bien fait, mais, pour moi, la première partie était vraiment si bonne que j'aurais préféré que l'auteur y bâtisse toute son intrigue. Sans tout révéler ni trop appuyer, l'auteur esquisse en arrière-plan de sa nouvelle un intéressant portrait géopolitique du monde
et je ne demande pas mieux que de lire d'autres textes situés dans cet univers. 6 / 10

Une nouvelle tête... ou un nouveau corps ? de Sylvie Bérard. Ce n'est pas une nouvelle, c'est un spin-off sur la publicité. Et si c'est complètement réussi dans le genre parodique, je dois admettre n'en avoir saisi ni l'intérêt ni la raison. Ça ressemble à un extrait de roman, à la manière de ceux que John Brunner écrivait dans le temps, Tous à Zanzibar, par exemple. Une réussite, mais qui ne convainc pas : 4 / 10

Dans l'ensemble, un excellent numéro qui nous fait connaître une pléthore de jeunes auteurs. Les textes souffrent un peu de cette jeunesse, mais on ne va pas se plaindre.

Cote : 7 / 10

Ça n'a rien à voir, mais ce billet est le 100e que j'affiche sur mon blogue. Permettez que je me fasse une petite accolade, j'aurais jamais cru me rendre là. Merci à tous ceux et celles qui viennent faire un tour de temps en temps. Vos commentaires sont toujours appréciés.

samedi 25 octobre 2008

Ça recommence

Je me sentais fatigué sans bon sens depuis deux jours au point de chercher à dormir n'importe où et à toute heure du jour. Anormalement fatigué. Inquiétant, quand il n'y a pas d'autres symptômes.

Mais il y avait une raison, je l'ai su en me levant ce matin. J'ai le rhume ! Faut-il que ce soit tout un rhume pour que j'ose m'en ouvrir ici. Un rhume extrême, pour utiliser une épithète à la mode. On sait mon extraordinaire résistance à la douleur dont j'ai déjà parler dans ce billet. (Tiens, je me prends pour Jean-Louis Trudel maintenant, voilà que je m'autoréférence...) Si ce rhume n'était pas une si sérieuse affaire, je ne l'évoquerais même pas.

Ça me permet de lire en tous cas, j'ai presque terminé Solaris 168, qui est bon mais inégal. On s'en recause bientôt. Ce sera l'objet du 100e billet de ce blogue.

Je vais me moucher...

jeudi 23 octobre 2008

Une épiphanie

Une fois c't'un gars qui se rend chez Chapters renouveler sa carte de fidélité. Appelons le Richard, pour protéger sa réputation. Il y va en se disant : Je rentre, je vais à la caisse, je paie mon abonnement et je sors. Aussi simple que ça.

Richard entre donc dans la succursale de Chapters, près du centre Fairview à Pointe-Claire. Il trouve l'endroit magique à toutes les visites. Une librairie à deux étages, viarge de viarge. Y a de quoi capoter.

De ce fait, il capote. Il erre dans les allées, tourne autour des tables de soldes, va dans ses rayons préférés : fiction générale, sf, polars, histoire, géographie, biographies, livres français et anglais mélangés, de plus, depuis trois ans, avec l'arrivée de fiston, il court les allées de littérature pour enfants, un plaisir qu'il ne connaissait pas avant.

Résultat, au bout de presque 90 minutes, Richard (toujours un nom fictif) se retrouve avec six livres en main et s'il n'en a pas pris plus, c'est que le concept du chariot de magasinage est inconnu chez Chapters. Ils y perdent, si on veut son avis.

Puis, Richard connait son chemin de Damas. Son pauvre cerveau malade est tétanisé par une épiphanie en plein magasin, juste au moment où il allait mettre le dernier Michael Palin dans le petit espace resté libre entre son coude et son biceps. Cette épiphanie a pour visage sa tendre et douce qui lui dit, non sotto voce : Hey, Chose, ça suffit comme ça, les livres. T'en as à peu près deux cent à lire. Contrôle-toi pour l'amour de ta carte de débit !

Presque en pleurs, Richard (j'aurais dû le prénommer autrement, je sens que ça crée de la confusion) remet un à un les livres sur les rayonnages. Il en garde un : The War of the World de Niall Ferguson, parce qu'à 9,99$ c'est tout un bargain, wow.

Cette histoire est presque de la science-fiction. Pourtant...

24. Boomsday - Christopher Buckley

Grosso modo : Cassandra Devine est conseillère en communication à Washington et bloggeuse avec une proposition. Pour assurer la solvabilité du régime de pension national, elle demande qu'une aide gouvernementale soit apportée aux baby-boomers afin qu'ils mettent fin à leurs jours à l'âge de 75 ans. Cette idée enflamme l'imagination de millions de personnes, y compris un candidat à l'élection présidentielle. L'opposition s'organise autour du Président, d'un évangéliste pro-vie et d'un milliardaire qui a bien des choses à se reprocher.

De façon générale, j'aime assez Christopher Buckley pour acheter ses romans sur publication en trade paperback. Pourtant, d'un autre côté, rarement un auteur m'a-t-il aussi peu contenté, voire presque toujours un peu déçu. C'est sans doute dû au fait que Buckley est un satiriste, et que la satire est un genre littéraire qui demande beaucoup d'esprit (l'auteur en a à revendre) mais aussi un certain sens de la mesure pour ne pas faire basculer l'ouvrage dans le grotesque ou l'insignifiance, et c'est ici que le bât blesse.

L'histoire est à peu près inexistante. Elle est un prétexte à mettre dans la bouche des personnages des échanges de craques plus ou moins amusantes. Soyons honnête, je ne vais quand même pas renier mon plaisir totalement : on rit beaucoup dans Boomsday, car Buckley sait être inventif et mitonner des situations pas piqués des vers pour embarrasser ses personnages, mais il y a aussi de très longs passages à vide, où ça cause, ça cause, ça ironise sur tout et sur rien, sans rien apporter d'autre qu'un bon punch si le lecteur est chanceux.

Buckley est devenu prisonnier de son propre style, il vend des livres à la tonne maintenant. Il ne se formalise plus de bâtir des intrigues ou d'inventer des personnages plus épais que du masonite 1/4. Boomsday, en dépit de quelques moments heureux, est généralement médiocre.

Si on veut lire du vrai bon Buckley, je suggère Thank You For Smoking, The White House Mess et Little Green Men.

Cote 4 / 10

Boomsday
Christopher Buckley
318 pages

mardi 21 octobre 2008

C'est quoi ça dans le ciel ???


On sait ou on ignore que j'aime les dirigeables. J'ai même commencé une nouvelle là-dessus, mais comme elle n'est pas encore complétée, on ne s'enlisera pas...

Voilà sans doute le premier film de fiction qui en met un en vedette, il date de 1909. Un ancêtre des films de peur. On n'a rien inventé depuis, la manière s'est juste raffinée. Ça dure 6 minutes et quelques. Il est connu sous une variété de titres, voir IMdB. Ici, c'est le titre allemand qui apparaît.

vendredi 17 octobre 2008

Ce que je lis



Boomsday
Christopher Buckley

Bleu : histoire d'une couleur
Michel Pastoureau

Le Polikarpov I-16
Michel Cony, et al.

Solaris n° 168

jeudi 16 octobre 2008

23. Red Storm Rising - Tom Clancy

De la merde dans un bas de soie, ça reste de la merde. Servez-la dans un enrobage hard tech, ça devient de la merde en inox, ou encore un thriller qui se vend à 12 milliards d'exemplaires. J'ai lu 326 pages de ce roman, mon record d'endurance avec cet auteur. Après de multiples tentatives sur différents romans, je jette l'éponge, je ne suis pas capable, je suis vici par Clancy.

Pour pallier une sérieuse pénurie de pétrole, les Soviétiques attaquent l'Europe, déclenchant la 3e guerre mondiale. Leur élan guerrier sera enrayé par l'ingéniosité et la persévérance des troupes américaines (cherchez pas les Européens dans cette guerre européenne, ils sont en vacances) qui triompheront au bout du compte. Un résumé parfait et je n'en pas lu la moitié ! Quelle perspicacité !

Je n'ai pas grand chose à dire de ce roman à part que c'est long, fastidieux, un véritable pensum et une colossale perte de temps. Par contre, c'est riche de détails techniques qui, au final, se révèlent assez creux et inintéressants. En ce sens, ça me rappelle beaucoup la sf dite franche, souvent fascinée par la bébelle et ce qui brille... De plus, pour un thriller, c'est aussi trépidant qu'un éléphant mâchouillant des cacahuètes. Ça s'étire. Bon, j'arrête là.

Cote 2 / 10

Red Storm Rising
Tom Clancy
725 pages

mercredi 15 octobre 2008

Petites fictions

Fractale Framboise invite tout le monde à écrire une histoire de peur en 31 mots très exactement. Il n'y a qu'à se rendre sur le site, y publier son chef-d'œuvre ou lire ceux des auteurs participants. Quant à moi, j'y ai mis deux (trois, maintenant) histoires que je reproduis ici pour la "postérité".

.1.
Ding dong! Quatre petits elfes à la porte. Joyeuse Halloween, dit le monsieur en donnant des bonbons. Sale pédophile ! hurlent les elfes en lui enfonçant les ciseaux dans le ventre.

.2.
«On va prendre une douche, Samuel, mon garçon. Après on sera propre. Viens avec papa et maman. Ça va prendre deux minutes.»
«Erreur, pense le SS. Ça va prendre 20 minutes.»

.3.

Shangaï, la grande ville chinoise brûle. Le chef sapeur Li Po baisse sa culotte et lâche un vent. Le feu s’éteint.
Moralité : Sapeur Li Po pète, la ville est sauvée.

(Cette 3e histoire a été ajoutée le 16 octobre.)

Ischémie

Le vendredi 26 août, j'ai passé un petscan à l'institut de cardiologie d'Ottawa. Compte tenu de mon mode de vie, sédentaire au point de commencer à me minéraliser, je m'attendais au pire, genre artères bloquées et quintuples pontages coronariens en urgence.

Mon médecin généraliste m'a donné les résultats cet après-midi. Tout est bon, si ce n'est une petite ischémie située assez loin sur une artère. Rien de grave, selon son opinion. Pour le commun des mortels, une ischémie est un blocage. C'est mon cardiologue qui rendra le diagnostic final avec la méthode de résolution appropriée, qui est triple : médication pour dilater l'artère, angioplastie ou chirurgie vasculaire. On verra.

J'imaginais le pire, car j'imagine toujours le pire. Je suis ainsi fait. Mais, là, je pousse un petit soupir de soulagement.

Beverly Hills Chihuahua

Ce film est le gros hit de la fin de l'été et, comme c'est un film familial, on a été le voir avec Benjamin (pour lui en fait), en se disant qu'un film avec des chiens, ça ne peut être qu'amusant. Erreur et naïveté!

En un mot : Bof ! C'est moron pas à peu près. Chloé, la tite chienne pomponnée d'une madame qui vit à Beverly Hills se retrouve au Mexique suite à quelques quiproquos sans intérêts, elle se perd et est forcée de faire équipe avec Delgado, un gros berger allemand (ex-officier de police) ayant perdu le sens de l'odorat, pour retrouver le chemin de la maison. Les deux doivent se défendre contre un gang de crapules qui enlève des chiens pour des combats d'animaux et qui a eu vent que la tite chienne appartient à une personne super-riche et qu'on peut espérer en tirer une grosse rançon. On assiste donc à une narration en parallèle entre les efforts de Chloé et de Delgado pour échapper à leurs poursuivants, et à ceux de la police pour retrouver la tite chienne.

Du convenu. Peu d'humour. Une histoire plutôt sombre, vaguement raciste, avec un portrait vraiment moche et biaisé du Mexique : truculent, coloré,mais fourbe, dangereux, peu fréquentable, à fuir à tout prix...

Deux bons points. Jamie Lee Curtis dans un rôle insignifiant mais elle reste lumineuse et la scène de l'empire des Chihuahuas, vraiment à point, ironique et qui amène enfin un élément de drôlerie.

En conclusion, c'est trop inepte pour un public adulte et pas assez amusant pour de jeunes enfants. Peut-être le public cible de ce film est-il les jeunes ados, je ne sais pas.

Cote 2,5 / 10

dimanche 12 octobre 2008

La femme est le meilleur homme

Au fédéral, j'ai toujours voté NPD. Je n'ai jamais failli à mes convictions. Et j'ai droit de vote depuis 1973, ça nous fait un certain nombre d'élections, ça. Toutes perdantes. Mais bon, on ne peut pas avoir des convictions et être du côté des gagnants ;-)

Là, en 2008, je vais voter pour la représentante du Bloc, l'actuelle députée Meilie Faille. Cherchez pas son nom, elle est presque invisible à la Chambre de communes; elle est membre d'un comité sur l'immigration, je crois, c'est à peu près tout.

Son travail à elle s'exerce sur le terrain. Elle est une formidable rassembleuse de ressources et est capable de faire bouger les choses pour l'amélioration de la vie dans le comté. Elle est de Rigaud, et elle connaît la région.

samedi 11 octobre 2008

Vous qui savez

Ô vous qui savez
saviez vous que la faim fait briller les yeux
et que la soif les ternit

Ô vous qui savez
saviez vous qu'on peut voir sa mère morte
et rester sans larmes

Ô vous qui savez
saviez vous que le matin on veut mourir
et que le soir on a peur

Ô vous qui savez
saviez vous qu'un jour est plus qu'une année
une minute plus qu'une vie

Ô vous qui savez
saviez vous que les jambes sont plus vulnérables que les yeux
les nerfs plus durs que les os
le cœur plus solide que l'acier

Saviez vous que les pierres du chemin ne pleurent pas
qu'il n'y a qu'un mot pour l'épouvante
qu'un mot pour l'angoisse

Saviez que la souffrance n'a pas de limite
l'horreur pas de frontières

Le saviez vous
Vous qui savez

Tiré de Aucun de nous ne reviendra.
Charlotte Delbo (1913-1985) est une survivante des camps d'Auschwitz et de Ravensbrück.

Je ne suis pas poésie du tout. Elle est incompréhensible, ou elle est mirliton tonton tontaine. Mais ce poème-là m'a touché. Voilà.

jeudi 9 octobre 2008

Coïncidence ? Récurrence ?



Après Solaris et Alibis, j'ai reçu le numéro 15 de la revue Zinc, consacré à la sf et au fantastique.

Ce qui frappe d'emblée, c'est la parenté entre les couvertures des revues. Spécialement Solaris et Alibis qui sont vraiment, vraiment similaires. C'est moins évident avec Zinc, mais l'illustration s'intitule La pharmacienne... alors donc.

Reste à savoir les autres revues et fanzines que je vais recevoir navigueront dans les eaux de la même thématique.

mardi 7 octobre 2008

Le facteur m'aime

Reçu Solaris 168 et Alibis 28 aujourd'hui. Je les lis et on s'en reparle. Sans compter que j'attends ma copie de Zinc 15 commandée à la boutique en ligne d'Alexandre Lemieux. Yé !

lundi 6 octobre 2008

Ô mon papa

Une chanson qu'il faut prendre ici avec réserve et ironie et que je destine bien évidemment à mon géniteur qui se mitonne des repas en famille sans inviter son plus vieux et c'est pas la première fois.

Bravo papa et merci !

NB La vidéo a pas rapport pantoute.

dimanche 5 octobre 2008

Ce que je lis











Miserere
Jean-Christophe Grangé













L'aire du muguet
Michel Tournier

C'est plate

Dans la seconde partie de mon billet sur nos animaux domestiques, je comptais présenter nos six chats, notre chien et la dernière de nos poules, Germaine.

Malheureusement, cette nuit risque bien d'être la dernière de Germaine. Nous l'avons trouvé presque totalement inerte cet après-midi. On ne peut pas faire grand-chose dans ces cas-là, sinon donner à l'animal un coin confortable et chaud pour ses dernières heures. L'année 2008 aura été une véritable hécatombe pour nos poules, avec neuf décès, cinq de maladie et quatre perdues à un renard.

Nous avions Germaine depuis trois ans, ce qui en faisait notre doyenne historique. Elle avait un sacré caractère, n'hésitant jamais à se frotter à Chinook (notre siamois) ou à Pogo (notre Shetland) pour des questions de territoire ou de bouffe.

Elle s'appelait Germaine pour les raisons que l'on sait.

samedi 4 octobre 2008

Le Musée pour enfants de Laval

Jeudi, Suzanne, Benjamin et moi sommes allés au Musée pour enfants à Laval. J'y allais avec des réserves, ça avait l'air d'une gammick cheap (bravo le pléonasme, mon coco), d'un assemblage de cochonneries pour attirer les parents gagas à Laval. Laval, ciboulette, tu parles d'un éteignoir.

Ce fut une surprise.

C'est pour les enfants, oui, mais ça n'a rien d'un musée. Il s'agit plutôt d'une exposition où les enfants peuvent s'amuser avec les éléments du décor. Et, dans ce sens, c'est une belle réussite. La quinzaine de modules du « musée » s'étale sur deux étages : service de pompiers, ambulanciers, policiers, astronautique, garage automobile, école, cafétéria, clinique vétérinaire, épicerie, exploration de grotte, théâtre, site de construction, ferme, plus quelques autres... Les enfants peuvent revêtir des costumes, prendre place dans de vrais véhicules et manipuler de vrais objets ou des fac-similés en plastique.

Benjamin a adoré piloter le bateau de pêche (larguez les amarres, moussaillons, chantait le père; mais non, papa, c'est pas un vrai bateau, répliquait le fiston capitaine), faire l'épicerie (avec un scanner en bon état de marche) et, évidemment, la pelle mécanique géante qu'il a pu manoeuvrer à sa guise.

C'est un peu cher quand même (30 $ pour un enfant et deux adultes). À noter pour ceux qui prendraient cet emplacement pour une garderie, qu'il n'y a rien pour les parents. Pas de télé, pas d'activités spéciales, pas de cantine, même pas un banc pour s'assoir et contempler son bambin de loin. Vous n'avez pas d'autre choix que de vous occuper de votre enfant. Quand nous allons à Zig Zag Zoo, on voit souvent des parents littéralement abandonner leurs bambins sur le terrain de jeu pendant qu'ils prennent un café en lisant le Journal de Montréal. Pas ici.

Des images :


Benjamin sur la super pépine mécanisée


La plus vieille candidate de Star Académie, sera-t-elle sauvée par le public ?


Et le plus jeune...


La pêche miraculeuse


Benjamin Tremblay, chargé de cours...


I'm a poor lonesome cowboy...


Maman et Benjamin à l'épicerie


Habillé, à la ville comme dans l'espace, par Yves St-Laurent


jeudi 2 octobre 2008

Nos grosses bêtes

Voici nos bestiaux, ce sont des amis de longue date que nous gardons pour le plaisir de leur compagnie.

Sunny, un vieux cheval de 24 ans, ancien chef de notre trio, maintenant affaibli par l'âge. Il est aveugle de l'œil gauche
et souffre de rhumatismes aux postérieurs. Signe de vieillissement, son dos est largement arqué et ses hanches sont saillantes. 24 ans pour un cheval, c'est vieux. Dans de bonnes conditions d'hébergement, d'alimentation et de soins, beaucoup vivent jusqu'au-delà de 30 ans, le record étant je crois de 50 ans.

La 2e photo montre Sunny sous un autre angle.
C'est un appaloosa à la robe grise et blanche qui prend une teinte un peu rose quand on le regarde de loin.

Les trois chevaux partagent un grand box de 25 pieds sur 20, ouvert pour leur donner accès à l'extérieur.

Derrière le VTT de la 3e photo, on voit nos deux autres chevaux. Celui de gauche, c'est Tuffy, un quarter-horse d'une dizaine d'années, gentil et sociable... Dans la hiérarchie du trio, il a toujours été celui qui était dans le milieu, plutôt soumis que dominé et surtout pas dominant.

Sunny et Tuffy sont des hongres, des chevaux castrés, communément appelés guildings (de l'anglais geldings); ce ne sont plus des étalons.

Poncho est un poney appaloosa à la robe brun et blanc, âgé d'une dizaine d'années. Lui, c'est un mâle non castré, un étalon. Longtemps il a été dominé par Sunny, maintenant c'est l'heure de la revanche. Un vrai ti-bosse des bécosses, faut se méfier, même nous les humains.




On voit Réglisse, notre cochon vietnamien. Il a 6 ans. C'est vieux. L'année dernière il a perdu son compagnon Benji à la maladie. Réglisse est en liberté totale sur le terrain, sauf la nuit et les mois d'hiver où nous l'enfermons dans un petit box chauffé à l'écurie.


Et voilà, bientôt, les félins, le chien et la poule Germaine !