Créativité létale d'André Marois (son blogue est ici). Un homme décide de se venger de celui qui le cocufie. Il devra faire preuve d'imagination car son budget "revanche" est restreint. Correctement faite, un rien verbeuse, de la bien belle ouvrage mais qui laisse peu de traces. 7 / 10
Le représentant « Déjà 20 ans, la chute du Mur » Patrick de Friberg (son blogue). Un texte étonnant, touffu et complexe, qui demande une lecture assidue. C'est pourtant parfaitement lisible. Une belle réussite. 8 / 10
Dans l'antre du dragon d'Alexandre Babeanu (son blogue). Durant la Première Guerre, deux soldats français doivent aller miner un mur souterrain. Wow. Quel texte puissant. Sobre. Extrêmement prenant. Une réussite exemplaire. Bravo, M. Babeanu. 10 / 10
Le testament de Jean Pettigrew. Un scénario de Meurtres & Mystères. J'en ai lu quelques pages. Soporifique et exténuant. J'ai abandonné sans avoir l'impression de manquer quoi que ce soit.
Vingt ans de Meurtres & Mystères. Suite au scénario de Pettigrew, une longue entrevue avec le directeur d'une troupe de théâtre qui en monte. Si vous aimez les M&M, voilà 65 pages qui devraient vous satisfaire.
Une bon article de Mario Tessier (qui est comme dieu, omniscient et omniprésent ?!) sur les auteurs de polar historique, article que j'ai beaucoup aimé et qui m'a donné de nouvelles pistes de découvertes littéraires.
Un numéro que je n'aurais pas acheté si je n'avais pas été abonné. C'est comme ça.
Note 3 / 10 - à cause du long dossier M&M qui fait la moitié du numéro. Parce que les fictions sont irréprochables.
Un blogue qui parle de lectures et d'écriture, sans oublier Benjamin, Suzanne et moi
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dimanche 31 janvier 2010
mercredi 22 avril 2009
62. Alibis n° 30
Comme une oeuvre de Turner de Leslie Watts. Quelle chouette petite histoire de vol de tableau (compliqué d'autre chose) mettant en vedette une délicieuse héroïne de onze ans, décidée et frondeuse. Ça donne le goût de lire d'autres textes de Leslie Watts. Bravo. 10 / 10Petites coupures de Michel-Olivier Gasse. Nouvelle très réussie, où ce qui n'est pas dit explicitement est important. Excellente création de personnages impulsifs et vivants. J'ai beaucoup, beaucoup aimé. 10 / 10
Les cathédrales de la mort de Jean-Jacques Pelletier. Ce long texte (70 pages) constitue le prologue de la « Faim de la Terre », le dernier tome des « Gestionnaires de l'apocalypse ». Je suis réfractaire à la manière de Pelletier. J'aime qu'il y ait des personnages auxquels je puisse me raccrocher dans un roman, fussent-ils sympathiques ou antipathiques (concordance des temps, quelqu'un ?). Ici, les personnages sont des enveloppes vides. Je dois admettre que c'est bien fait, que ça bouge, qu'il y a un mouvement irrésisitble vers l'avant, mais au-delà de ce mouvement, qu'y a-t-il ? Pour moi : trop de mécanique, pas assez d'humains. 6 / 10
Suit la deuxième partie de l'Enquête sur le polar du même Pelletier. Érudite, profonde, mais s'attardant trop à mon goût dans les dédales du Nouveau Roman. 7 / 10
Le numéro se termine avec les sympathiques réminiscences de François Hardel sur son voyage au Salon du polar de Paris, le Crime en vitrine de Norbert Spehner et les recensions de livres.
Un très bon numéro : 7,5 / 10
vendredi 13 février 2009
43. Alibis n° 25
Le monde change ! de Norbert Spehner. Une galipette spehnérienne typique. Ce n'est son meilleur opus, mais c'est lisible et léger comme de la crème fouettée sans gras. 4 / 10Le double de Geneviève Blouin. L'écriture n'est pas complètement maîtrisé – il y a de l'eau dans l'huile –, mais le récit l'est. Et ça se termine sur une excellente chute. Prometteur. 6 / 10
La piqûre du scorpion de Sébastien Aubry. Une longue nouvelle dont la chute est amenée par un événement récent de l'astronomie qui ne surprendra pas le lecteur le moindrement informé. Mais c'est très bien fait au demeurant, l'auteur navigue allègrement dans la thématique qu'il a choisi. Le ton est léger et les personnages sont intéressants. Ce lecteur-ci a beaucoup aimé et il en redemande. 7 / 10
Retour de bâton de Peter Sellers. On vante beaucoup Sellers dans les pages d'Alibis. Jusqu'ici, je demeurais sur ma réserve. Ses textes étaient bons, mais pas géniaux. C'était, pour moi, un bon hacker (excusez mon latin) comme il s'en fait treize à la douzaine, rien de plus. Puis arrive cette excellente et extraordinaire nouvelle : sombre, riche de ramifications, et mettant en scène de vrais personnages en chair et en os. Et une chute inattendue et tragique. Désormais, je suis un fan. 10 / 10
En conclusion, le numéro offre deux articles :
Entrevue avec Patrick Sénécal par Steve Laflamme. Excellente conversation où Sénécal se révèle énormément. Par contre, c'est une entrevue à la Marc Cassivi, c'est-à-dire que les questions (reproduites texto) sont tellement longues que les réponses de Sénécal sont parfois plus courtes. Laflamme croit que son analyse et ses questions sont au moins aussi importantes que les réponses de l'interviewé. Ben non, Steve. Une question, ça se résume, on laisse la place à l'invité, please... (On se rappellera que dans ses entrevues, il arrive à Cassivi de résumer les réponses des personnalités qu'il interviewe avec des points de suspension entre parenthèses (...), mais jamais ses questions si cruciales !) Cassivi m'irrite au plus au point, il fait partie de cette nouvelle génération de pseudo-simili-quasi-journalistes qui se croient des vedettes par-delà de l'information. Masbourian en est un autre, mais talentueux celui-là. Mais là, je dérape. 9 / 10
Polars écolos de Pierre Monette. Un chouette article, bien documenté. Qui m'a semblé manquer d'ampleur pourtant. 7,5 / 10
Un très bon Alibis. 7 / 10
mardi 10 février 2009
42. Alibis n° 22
Œil pour œil de Nancy Kilpatrick. Une histoire de vengeance longuement ruminée et mise en place, assez improbable pourtant. En effet, comment la fille de la victime peut-elle devenir l'agent de probation du meurtrier ? À lire en laissant sa crédulité au vestiaire. 6 / 10Une fois le miroir traversé de Christiane Lahaie. Ouille. Une courte nouvelle à chute, dont la chute, justement, tombe complètement à plat parce qu'elle arrive du champ gauche et qu'elle n'a rien à voir avec les tergiversations du meurtrier. Bon climat, gâché par la dernière phrase. 4 / 10
Fin de soirée dans le métro de Martine Latulippe. Tout le contraire de la précédente. Ici, la chute fonctionne parfaitement parce que tout le texte mène vers elle. Excellent, mais si court. 8 / 10
Avis de tempête de Norbert Spehner. Spehner a trop longtemps enseigné la littérature pour en faire un objet plein de gravité et de futures dissertations. Jolie histoire, amusante, pour passer le temps sur un mode léger. 7 / 10
Les voies du Seigneur sont impitoyables de Luc Baranger. Une réjouissante nouvelle qui se passe en Abitibi dans les années trente. La laideur n'empêche pas la mesquinerie, ni la bêtise, et la justice immanente frappe toujours. 8 / 10
Poissons rouges d'Éric Holstein. Percutante, cette histoire ? Like a freight train running through the middle of my head, chantait Springsteen. Sans conteste la meilleure nouvelle d'Alibis jamais lue par ce lecteur-ci. Ce Holstein a du Frederick Forsyth en lui, incontestablement. De qui se réclamer en effet lorsqu'un auteur arrive à rendre palpitant le dispositif de sécurité d'un meeting du Front national lors des présidentielles de 2000 ? La nouvelle est extraordinaire, ancrée dans le présent politique, cynique, amère, avec des personnages puissamment dessinés. Même l'intrusion d'un peu de fantastique dans la résolution ne m'a pas gêné, c'est dire. 10 / 10
Le numéro est complété par un article « alimentaire » de Norbert Spehner, ainsi que par sa Vitrine du crime qui est un incontournable.
Le meilleur Alibis que j'aie lu, avec un texte vraiment bien (Baranger) et une nouvelle monumentale (Holstein).
Cote 9 / 10
mardi 3 février 2009
41. Alibis n° 29
Le prix de Diane de Luc Baranger. L'explication du complot derrière la mort de Lady Di enfin révélé. Un complot dans un complot dans un complot. Très bien fait, le narrateur est un personnage haut en couleur qui en a vu d'autres et l'histoire est prenante. Une réussite. Bravo à l'auteur pour l'utilisation modérée, mais d'autant plus authentique, de quelques expressions québécoises. 8 / 10Horn de François Aussanaire. Alors là, chapeau. Quel texte amusant, ironique, méchant et grinçant. J'ai rigolé tout du long, et pourtant il n'y a pas de quoi rire dans cet hospice où les morts se bousculent au portillon. Aussanaire est un auteur qui rafle tous les prix sur son passage, vivement un livre. 10 / 10
Le dormeur de Martine Latulippe. Mystérieuse et vaporeuse cette très courte nouvelle, pleine d'atmosphère, de bruits sourds, avec un chat et un amant qui dort. 7 / 10
Warren Road de Peter Sellers. La livraison de pizza mène au crime. Cette nouvelle, plus axé sur la psychologie que le suspense ou l'action est prenante et extrêmement bien réussie. Je dois souligner la traduction de Luc Baranger qui, ici comme dans la nouvelle suivante, donne un tour résolument québécois au texte sans joual ni sacre. 8 / 10
Les habitués du Backroom de Peter Sellers. Là, j'ai trouvé que Sellers étirait la sauce un petit peu. Une nouvelle psychologique encore une fois, avec une formidable traduction de Baranger. 7 / 10
Je note toutefois que sur les 5 nouvelles de ce numéro, une seule est originale, celle de Baranger. Les textes de Latulippe et Aussanaire sont des reprises, ceux de Sellers des traductions. Est-ce un signe ?
Le numéro se termine deux articles : une espèce de table ronde sur le polar jeunesse au Québec avec sept auteurs du cru. Plus ou moins intéressant parce que trop dispersé, finalement les auteurs révèlent peu de choses. 5 / 10
Un excellent article de Jean-Jacques Pelletier sur le polar. Long, érudit, écrit avec un soin de clarté et une bonne dose d'humour. C'est un modèle. C'est aussi la première partie d'une enquête dont on attend la suite impatiemment. 10 / 10
Aucun Alibis ne serait complet sans le Crime en vitrine de Norbert Spehner. Cette recension exhaustive des livres est pimentée de résumés pertinents et surtout de commentaires pas piqués des vers. Sans oublier les calembours. Chaque recension est un amuse-gueule (comme on ne dit plus). 10 / 10
Un bon numéro avec un texte hors du commun, ou devrais-je écrire horn du commun : 7 / 10
lundi 1 décembre 2008
30. Alibis n° 28
12 minutes, 28 secondes de Frédéric Hardel. La nouvelle gagnante du prix Alibis 2008. Fort bonne. À l'exception de la fin qui est télégraphiée très, très tôt dans le texte, c'est une nouvelle intéressante avec une protagoniste narcissique et antipathique. Cote 7,5 / 10Sang d'encre et Changer le monde un mot à la fois de Jean-Jacques Pelletier. Desux nouvelles mettant en vedette le détective Nazaire Lebienommé, un Noir baraqué comme un char d'assaut, oeuvrant dans la belle ville toute blanche de Québec. C'est amusant dans les deux cas, et maîtrisé. Cote 8 / 10
Peluche Freluche de Dennis Richard Murphy. Ici, le problème que j'ai eu, c'est avec la traduction qui n'arrive pas à se brancher entre le québécois de bon aloi et le franchouillard agaçant : « Espèce de foutu connard de foutu Newfie. T'es aussi épais qu'un foutu poisson, ouais.» Ouais ? Désolé, personne ne parle comme ça sur cette planète. Et par un choix de traduction assez bizarre : traduire Fuzzy Wuzzy par Peluche Freluche c'est génial; ne pas traduire Christopher Robin par Jean-Christophe, c'est poche. J'ai constamment décroché, et le texte est lourd (est-ce la traduction ou l'original, la question se pose) et plein d'obstacles au plaisir (faible) de lecture. Cote 1 / 10
La prise de Saipan de Maxime Houde. Bonne nouvelle en soi, mais qui n'a rien à voir avec le polar ou la nouvelle noire ou de mystère. Le mystère, en fait, c'est de savoir ce qu'elle fait là exactement. C'est une nouvelle de guerre. Assez réussie, avec quelques erreurs dans le détail, mais ce lecteur-ci aurait aimé une meilleure caractérisation des Japonais, un peu de couleur locale si on veut. Autrement, j'ai aimé, parce que je suis preneur de ce genre littéraire. 7 / 10
Finalement un bon numéro, grevé par une boulette. Cote 5 / 10
samedi 2 août 2008
10. Alibis n° 24
Emballe-moi, de Natasha Beaulieu. Cette nouvelle-là, qui n'est pas policière, m'a complètement soufflé. Tout y est bon, l'idée, les personnages, le traitement et la finale. Beaulieu s'y révèle (pour moi, bien entendu, les autres savaient déjà) une remarquable nouvelliste avec sa voix bien à elle. 10 / 10Petit feu, d'André Marois. Un texte noir, très atmosphérique. Superbement écrit, un peu desservi par une fin adéquate mais sans surprise. Il faut se laisser porter par l'ambiance, goûter l'écriture pleine de finesse. 8 / 10
Cest écrit, de Marc Simard Nataren. Texte sur le pouvoir de l'écriture, ou l'écriture du pouvoir dans ce cas-ci. C'est correctement fait, mais sans plus. Dès le départ, l'hameçon est faible et le poisson (moi) n'a pas bien mordu. La fin est prévisible en diable (pas dans le détail, mais on sent que ça ne peut se terminer que comme ça). 4 / 10
Le poids de la culpabilité, de Ricardo Codina. J'ai aimé cette nouvelle noire malgré que la lecture en ait été parfois ardue en raison d'une narration qui a du mal à bien identifier l'une et l'autre des deux narratrices. J'ai dû relire quelques passages pour aplanir les difficultés. Il y a aussi confusion entre mi-temps et mitan. 6,5 / 10
...en suspens, de François Lévesque. La faiblesse de ce texte réside dans le fait que les émotions du protagoniste sont plus démontrées que vécues. L'auteur voulait trop bien faire en soulignant à grands traits l'accablement dont son personnage est la victime. Ce lecteur-ci n'a vraiment pas marché. Le second et ultime pic de la finale m'a semblé un peu précipité. 3 / 10
Meurtres mortels, de Peter Sellers. Très bonne nouvelle, avec des personnages bien campés, une mise en scène parfaite gâchée par une fin totalement aberrante. Quoi, un gars qui simule sa mise en bière pour éliminer son comparse, hum ! 4 / 10
Le cavalier de l'éclair, de Rick Mofina. Pas mal, celle-là, encore que le pay-off soit décevant. Une mise en scène qui prend son temps, des personnages de carton-pâte mais bien faits si le lecteur accepte ces limites-là; puis une cassure, un crime, on se dit que ça va devenir super intéressant. Si le crime est parfait, il y a quand même un petit prix à payer. Mais, bon, l'héroïne va s'en sortir. 6 / 10
Un numéro moyen, avec des textes plutôt noirs que policiers. Une réussite hors du commun, la nouvelle de Beaulieu.
Cote 5,5 / 10
lundi 21 juillet 2008
7. Alibis n° 27 - les fictions
Soirée d'hiver, d'Alain Beaulieu. Un texte noir, vraiment très noir, atmosphérique en diable et superbement écrit. Beaulieu a de nombreux romans à son actif, je vais aller y voir (comme disait le mammouth). 9,5 / 10Identité à la carte, de Nando Michaud. L'adéquation est ici presque parfaite entre l'humour, le salace (Michaud, c'est Michaud), les personnages et l'histoire. Une très belle réussite d'un auteur qui cède trop souvent à la facilité. Ce lecteur-ci souhaite d'autres histoires mettant en vedette les enquêteurs Cloutier et O'Bryan. 9 / 10
Le graffiti, de Martine Latulippe. Le plus faible texte du lot. Une fin télégraphiée dès le départ, une intériorité qui n'arrive pas à s'extirper du cliché, une déception. 4 / 10
Dernière neige, de Jean Lemieux. Un whodunit dans la plus pure tradition. Extrêmement efficace et habile, malgré une fin sans surprise. 6,5 / 10
Une main sur son sein gauche, de Camille Bouchard. C'est l'intrigue la mieux ficelée du numéro, très tight comme dit Maurice Druon sous l'effet de sa médication. Une très jolie (voilà que je me prends pour René Homier-Roy maintenant) réussite technique, malheureusement gâchée en partie par une gamme de personnages qui baratinent tous un peu trop. Ici, tout le monde se prend pour Hudson Hawk (et ce n'est pas un compliment). Un bon point pour la technique, un mauvais pour les personnages en quête de bonnes répliques. 7 / 10
Un numéro de très haut niveau. (Il faut quand même noter quelques couacs de grammaire chez Beaulieu et rappeler à Jean Lemieux que Huguette ne s'écrit pas Hughette, parce que sinon ça se dit Hujette.)
Cote 7,5 / 10
Il n'a pas échappé au lecteur ou à la lectrice (le singulier s'impose, je n'entretiens pas d'illusions sur l'achalandage de ce blogue) que l'adverbe très est surabondamment utilisé dans ce billet. C'est que je me débarrasse d'un lot acheté en solde.
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