mardi 30 septembre 2008

Là où je perds mon temps

Depuis quelques jours, je joue à Risk en ligne, juste ici. C'est gratuit, mais on peut s'abonner pour jouer à un plus grand nombre de parties simultanées.

Very interesting, beaucoup de variations sur le tableau de jeu, ainsi que quelques variantes de règles. Ça faisait un bail que je n'avais pas joué, et je m'aperçois que je suis un très mauvais joueur (3 victoires en 20 parties, ça dit tout). Je m'emporte trop souvent, je ne suis pas la doctrine napoléonienne de la concentration des forces, je me divise, je vise tout ce qui bouge, je me disperse... et je me fais ramasser.

Qu'importe, je m'amuse comme un fou.

Lecteur, lectrice, tu veux affronter un adversaire au style échevelé ? Joue contre rich2810, je suis ton homme !

samedi 27 septembre 2008

Fiente de poule

Mardi 23, à 23 h 45 je termine le premier jet de Comfort Food. Je suis fier de moi, je suis content de ma nouvelle – petit billet jubilatoire sur le blogue.

Mercredi 24, je relis la nouvelle à tête reposée. La mâchoire m'en décroche : quelle merde ! Comment ai-je pu écrire ça ? C'est pire que tout. C'est mal écrit, mal foutu, mal ficelé, ennuyeux, les mots manquent pour en dire toute la suintante médiocrité.

Jeudi 25, la mort dans l'âme, je la révise avec l'idée de la rendre minimalement potable, moins moronne en tous cas, et de la soumettre quand même à Biscuit chinois, juste pour mener le processus à son terme (c-à-d participer à l'appel de textes). Je l'envoie à mon lecteur. Ses commentaires sont positifs, avec des réflexions pertinentes et bien senties, plus un mot d'encouragement. (Merci, Pat.)

Vendredi 26, je vais à Ottawa passer une tomographie à émission de positrons (TEP ou petscan) pour le cœur. Une fois installé dans la machine, j'ai d'abord fait une crise d'angoisse qui a interrompu brièvement la séance, puis une crise d'asthme et finalement l'infirmière a préféré me donner de l'oxygène pour qu'on en finisse. Ça a été une très dure journée. Mais le long chemin de retour m'a permis de réfléchir à mon texte et d'arriver à cette conclusion : oui, Comfort Food, c'est probablement de la fiente de poule, mais en quoi est-ce différent de ce que je pense de tous mes autres textes publiés ? J'ai la même opinion sur tout ce que j'écris, autant vivre avec.

Samedi 27, je n'ai revisé CF ni hier ni aujourd'hui. C'est une pause qui me fait du bien.

Demain je revise et corrige en essayant d'intégrer les suggestions de mon lecteur. Autant rendre la nouvelle moins poche. À noter, pour la très petite histoire, que ma lectrice n'a pas eu le temps d'y jeter un coup d'œil, mais vu qu'il s'agit de ma tendre et douce, je fais semblant de ne pas en être affecté...

Je vais soumettre CF le 29 septembre. Hasta la vista, baby !

mercredi 24 septembre 2008

C'est fait !

À minuit moins quart ce soir (mardi 23), j'ai terminé le premier jet de Comfort Food. 2345 mots. Dès demain je commence la révision, je n'ai pas le choix et tant qu'à avoir le nez dedans !

Je vais avoir deux lecteurs, ce qui est un luxe avec une échéance aussi serrée. Merci à tous les deux.

J'aime autant distribuer les remerciements immédiatement; parce qu'après lecture du texte, je vais peut-être perdre une conjointe et un ami.

Un blogueur tout à fait jubilant vous laisse le bonsoir.

lundi 22 septembre 2008

Une annonce pas trop prématurée, j'espère

Comfort food va être la première nouvelle que je termine depuis très longtemps, dix-huit ans en fait. Il ne me reste qu'une seule scène à écrire, l'épilogue est canné depuis deux jours, et ça va y être. Je pense que demain ou après-demain, je mettrai un terme au premier jet de CF.

La révision devra se faire prestissimo, l'échéance de Biscuit chinois est fixé au 1er octobre, mais je reste content de mon effort, dût-il mené à un rejet (ce qui est le cadet de mes soucis pour le moment).

Bon, on se recause quand le texte sera terminé.

samedi 20 septembre 2008

22. Le loup du sanatorium - Mathieu Fortin

Adrien et quatre de ses copains décident d'aller passer la nuit au sanatorium désaffecté du village de St-Édouard. Une bien mauvaise idée, car le sanatorium n'est pas vraiment abandonné !

Le roman commence sur les chapeaux de roues et l’auteur a le pied sur l’accélérateur tout du long. C’est de la mécanique réglée au quart de tour. C’est brutal, violent, sanglant, punché… et impossible à mettre de côté une fois commencé.

Le loup du sanatorium est un roman d’horreur qui s’adresse aux ados. Il faut donc l’aborder dans cette perspective. Mais reste que ce lecteur-ci – dont l’adolescence est un lointain souvenir – y a pris un plaisir qu’il ne renie pas (c’est quand même chic de parler de soi à la troisième personne, j’y prends goût).

La fin est assez conventionnelle, avec le bien triomphant du mal, encore que ce ne soit pas aussi simple, l’auteur nous réservant une surprise. La chute en forme d'épilogue m'a jeté sur le cul, absolument. Ça se termine sur une très jolie ambiguïté (voulue par l’auteur) qui jette une lumière sombre sur l’histoire qui vient après le roman… et dont on aimerait en savoir plus.

Le seule bémol que j'émets, c'est la manière un peu tarabiscotée avec laquelle l’histoire est racontée. Les quelques lignes temporelles parallèles ont fait faire de la surchauffe à mes deux neurones encore actifs, et les démarcations auraient gagné à être plus franches par moment. C’est mineur, pourtant une fois le roman terminé, j'ai dû réfléchir à ce que je venais de lire afin d’en trouver la logique temporelle. À la décharge de l'auteur, il faut admettre que cette structure en parallèle lui permet de dynamiser le récit d'une manière saisissante. Pas de temps mort, pas même de ralentissement; l’engin est lancé et il fonce à vitesse grand V.

Mathieu Fortin est aussi l’auteur, entre autres, de deux nouvelles parues dans Solaris, dont l’excellente Cancer.

Le loup du sanatorium
Mathieu Fortin
Six Brumes

72 pages

Cote 6,5 / 10

mardi 16 septembre 2008

Deux plogues

Les livres des éditions de Ta Mère sont disponibles sur internet chez Le Pressier. Ça fait maintenant deux fois que je commande là et le service est absolument impeccable et ultra-rapide. Les frais d'expédition sont justes et Le Pressier accepte les paiements via Paypal, ce qui est merveilleux. Le Pressier aime les zines (Katapulpe, entre autres), les maisons d'éditions obscures et la BD. Les auteurs peuvent mettre en vente leurs livres-là si j'ai bien compris.

René Beaulieu vend une tonne (voire plus) de livres sur son site, le Geai bleu. C'est à voir. C'est un peu bordélique et quelques livres annoncés ne sont plus disponibles, mais il y a des occasions à saisir : beaucoup de sf, beaucoup de fantastique, beaucoup de tout, des raretés, etc. Ce sont des livres usagés pour la plupart.

Ce que je lis (bis)

Puisqu'ils sont arrivés tous deux hier, je les ajoute immédiatement à la liste des livres à lire ipso facto. Ce sont :

Le loup du sanatorium, de Mathieu Fortin.
À noter, l'image ci-contre est en grandeur presque réelle ;-)





Plusieurs excuses, de Stéphane Ranger

dimanche 14 septembre 2008

Ce que je lis

Fatal Decision - Anzio and the battle for Rome, de Carlo D'Este.









Red Storm Rising, de Tom Clancy. Je risque d'abandonner celui-là assez vite, merci. C'est le 3e Clancy que je tente de lire, les deux autres (Le Cardinal du Kremlin et Clear and Present Danger) me sont tombés rapidement des mains. Là, je suis rendu à la page 50 et ça me tente de continuer. On verra mais on reste prudent.

vendredi 12 septembre 2008

21. Katapulpe 5 - spécial Terrasse

Il me faut avouer une petite déception après la lecture de ce fanzine de la relève littéraire. Il semble que la relève purement littéraire ne soit pas tout à fait au niveau de la relève en sff, par exemple. Les textes de Brins d'éternité, une revue équivalente, sont considérablement supérieurs, mieux construits et mieux écrits aussi.

Évidemment, la nouvelle littérature fait dans le micro, c'est dans l'air du temps, et Katapulpe 5 ne fait pas exception. On retrouve dix nouvelles sur une cinquantaine de pages (avec des illustrations). Les textes sont très inégaux, il y en a quelques bons, un très très bon, la plupart sont assez moyens.

Ce que j'ai vraiment apprécié, par contre, c'est que Katapulpe ne s'embarrasse pas d'un appareil critique en fin de numéro. Pas d'analyse, pas de recensement, pas de critiques ni de commentaires. Que des textes de fiction
et je suis 100% d'accord avec cette approche.

C'est aussi ça la vie, d'Audrey Ducharme. Un gars traverse la ville, observe la vie autour de lui, se fait assommer par des ambulanciers et, dans son coma, s'interroge sur le sens de la mort. Prose poétique sur fond vaguement absurde. Ennuyeux. 2 / 10


Deux deux et un un, de Joanie Lemieux. Antoine mange une soupe à la terrasse et laisse un pourboire minable au serveur. C'est court et efficace mais dieu que c'est mince. Très joli titre, par contre. 3 / 10

Dry Gin, de Myriam Saint-Pierre. Le temps d'un drink à la terrasse, un gars se rêve une vie meilleure. Microrécit, deux paragraphes, pas inintéressant mais tellement bref qu'on reste sur son appétit. 3,5 / 10

Ils reviendront..., de Noëlla Deschênes. Serveur, Vidal doit s'occuper d'individus qui ont buté son jeune frère et fait basculer sa propre vie dans le sordide. Une nouvelle noire et très mélo, mais assez bien réussie, ma foi. 5 / 10

La terrasse, de Pierre Gévrard. Jonathan invite un couple de connaissances à dîner chez lui. Ils feront connaissance avec sa fascination pour l'océan... Plutôt bien, mais la fin est télégraphiée de loin. 6 / 10

Laterrasse.com, de Benoît Bourdeau. Chloé recherche sa meilleure amie, disparue mystérieusement. Elle la retrouve dans un bar louche. Une nouvelle fantastique, à l'écriture moyenne, mais bien construite et avec un punch bien amené. 6 / 10

Petite culotte sur la terrasse, de Dany Larivée. Maureen attend quelqu'un à la terrasse. Elle est hot, elle ne se peut plus et se masturbe au vu et au su de tous. Fantasme adolescent, psychologie de pacotille, ç'aurait pu être sensuel, c'est moche et, même court, ça s'étire. 2 / 10

Post-partum, de Claudine Paquet. Une jeune maman regarde des ouvriers lui bâtir une terrasse à l'arrière de la maison. Les gars sont beaux, musclés, elle est en plein post-partum. Excellente nouvelle, évocatrice et sensuelle. 10 / 10

Une blonde au creux de la main, de Jonathan Lemieux-Cyr. Assis avec ses chums, John écoute une jeune chanteuse et en tombe amoureux. Il lui donne rendez-vous, viendra-t-elle ? Prose poétique et écriture maladroite, l'auteur a un bon sens du dialogue cependant. 2 / 10

La serveuse, d'Anthony Charbonneau-Grenier. Un gars tombe amoureux de la serveuse sur la terrasse. Quand il la voit avec son chum, il retient le pourboire qu'il voulait lui donner. C'est presque réussi, mais à trop forcer ses images, à vouloir trop faire cool, l'auteur rate un tout petit peu son coup. 6 / 10

Un numéro inégal, avec des auteurs aguerris et d'autres qui le sont moins. C'est ça un fanzine.

Cote 4,5 / 10

jeudi 11 septembre 2008

Le point de résistance de fiston

Aujourd'hui, comme hier, comme avant-hier, Benjamin a insisté pour se baigner. Je suis résigné depuis plusieurs semaine à ce que cette piscine soit mon calvaire personnel. En début d'après-midi, la température de l'eau atteignait à peine 48 degrés, et on parle de degrés Farenheit ici, pas Celsius. 48 Farenheit, c'est 9 Celsius, si on veut savoir, ça rappelle plus la Finlande que les îles Fidji.

Comme Benjamin insistait et que je me soumets à mon destin, j'ai mis le premier les pieds dans l'eau. J'ai beau n'en avoir que jusqu'aux mollets, quand même ça m'a glacé la jambe et soudé le service trois-pièces. Puis, ô miracle, fiston, d'habitude si entreprenant, avait à peine mis le pied dans l'eau qu'il décidait qu'elle était trop froide pour lui et qu'il ne se baignait plus. On peut donc dire que son point de résistance se situe à 9° C.

Puisque c'était quand même une belle journée ensoleillée, je nous ai installé des chaises de jardin directement au milieu de la piscine et chacun de notre côté nous avons passé une grosse demi-heure à contempler les nuages, à lire (moi) et à jouer avec le thermomètre (lui).

mercredi 10 septembre 2008

Il pleut des séries jeunesse

J'ai acheté aujourd'hui les premiers romans de deux nouvelles séries de littérature jeunesse, tous les deux offerts à bas prix.

Sylvie-Catherine De Vailly propose le premier tome des Enfants de Poséidon, La malédiction des Atlantes, aux Éditions La Semaine.

Quant à elle, Brigitte Marleau nous offre le premier tome de la série Asclé, La promesse, chez Boomerang jeunesse.

Décidément, il fait bon être auteur jeunesse au Québec à l'heure actuelle. Les collections abondent, les séries pullulent.

Auteurs, auteures, à vos claviers !

mardi 9 septembre 2008

Le goût des chips au vinaigre

Il m'est revenu hier le goût des chips au vinaigre que nous nous faisions dans la cuisine, tard le soir, à la maison. J'avais peut-être une dizaine d'années et nous habitions Anjou sur une rue un peu déserte et sombre. Les chips assaisonnées étaient quelque chose comme une nouveauté, et maman nous avait montré comment s'en faire nous-même. C'est une recette toute simple. Elle prenait un petit bol de Tupperware rose, y déposait une grosse poignée de chips ordinaires (comme on disait à l'époque), y déversait un peu de vinaigre et du sel. C'est tout. Après, on se régalait. On, c'était maman, moi, mon jeune frère et ma petite soeur.

Je me rappelle surtout le goût extraordinairement piquant des remugles de chips molles, imbibées de vinaigre, qui traînaient au fond du bol. Le bonheur, c'est des chips gorgées de vinaigre et de sel qu'on ramasse en traînant le bout de l'index dans le fond d'un Tupperware rose. C'est se sucer le bout du doigt qui goûte longtemps l'âcre et le sel. Encore aujourd'hui, cette odeur et ce goût sont toujours vifs.

Maman travaillait. Les repas qu'on prenait n'était pas toujours exemplaires, faute de temps pour les préparer et faute d'argent. On mangeait du baloney sur une base assez régulière; on aimait ça au moins... Pas sa mautadine de sauce blanche !
On mangeait mal, mais c'était l'époque. Nos parents fumaient, c'est épouvantable; on ne savait pas encore à quel point c'était dangereux.

On parle du milieu des années soixante. Nous n'étions pas bien riches parce que papa ne laissait que la moitié de sa paie régulière à maman pour payer le loyer, l'épicerie, le chauffage, l'électricité, les fournitures, tout, tout, tout... Sans vergogne, il
en gardait l'autre moitié, plus son supplémentaire, pendant qu'il allait fourrer sa greluche toute la semaine et vivre une belle vie parallèle : parce que, outre le demi-salaire qu'il amenait, sa pétasse travaillait et ramenait un plein salaire d'infirmière. C'était la nouba pour eux deux, la galère pour maman qui travaillait à des petits boulots minables pour arriver...

C'était l'époque des hommes sans courage. C'était les années soixante. Belle époque, vous dîtes ? Non, pas tant que ça, surtout quand on la regarde par le petit bout de la lorgnette. 'Scusez le dérapage.

lundi 8 septembre 2008

C'est limite, vais-je y arriver ?

J'ai découvert l'appel de textes suivant des Éditions de Ta Mère

19 août 2008

Livre noir, dernier appel.

Salut à tous.
On le promet, c'est le dernier appel de texte pour le livre noir de ta mère.
La date de tombée est le premier octobre.
C'est toujours les mêmes contraintes:
-Ça parle de près ou de loin de maternité.
-C'est pas de la poésie.
-Le format est raisonnablement court.

En attente de vos textes, (edtamere@gmail.com)
Amours et ludisme,
Ta Mère

Damned ! Ça ne me laisse pas énormément de temps, mais comme j'ai déjà qq chose qui fitte, on va s'y mettre, parole de procrastinateur qui tente de se réformer !

dimanche 7 septembre 2008

Arvo Pärt - Spiegel im spiegel

Une des plus belles mélodies que j'aie entendu depuis longtemps. J'ai découvert ça en regardant le court-métrage Milo 55160 de David Ostry.

(La musique accompagne de vieilles photos des pays baltes...)

20. Les plus belles filles lisent du Asimov - Simon Charles

Si vous avez vu ce livre dans une des rares librairies à le tenir en magasin (le réseau de distribution des éditions de Ta Mère est minuscule), vous ne l'aurez sans doute pas remarqué. C'est un tout petit livre, à la couverture blanc-gris, avec un titre écrit dans une police de caractères à peine plus grande que celle utilisée pour le corps du texte. Il est discret en plus d'être petit, et la maquette de la couverture n'a rien de particulièrement attirant. Vous aurez manqué quelque chose cependant...

L'histoire est banale, celle d'un gars qui aime boire, qui perd sa blonde et qui rêve beaucoup à ce que aurait pu être sa vie s'il avait été écrivain (cette vie rêvée donne les deux passages les plus longs du roman, et les plus touchants). Tout est dans la manière de raconter. L'art du romancier, c'est cela : s'approprier une histoire connu et en faire quelque chose de neuf.

Quel merveilleux roman (car c'en est un). Guillaume Voisine a déjà dit le bien qu'il en pensait ici; c'est lui qui me l'a fait découvrir et j'abonde dans le même sens et avec le même enthousiasme. C'est moderne, drôle et, en même temps, émouvant (calvaire, j'ai eu les larmes aux yeux en lisant le chapitre intitulé Le cahier vert)... Simon Charles est un jeune auteur extrêmement doué dont il va falloir suivre la trajectoire. Il réussit ici son entrée en littérature canonique, et on dit qu'il est pas mal en fantastique. C'est à mettre sur sa liste.

Recommandé sans hésitation par ce lecteur-ci


Les plus belles filles lisent du Asimov

Simon Charles
Éditions de Ta Mère

approx. 55 pages


Cote 8 / 10

samedi 6 septembre 2008

19. Tragédie à l'Everest - Jon Krakauer

Tragédie à l'Everest, de Jon Krakauer. Avec un remarquable sens de l'humilité et de la compassion, Jon Krakauer raconte les événements qui ont mené, le 10 mai 1996, à la pire catastrophe d'escalade de l'Everest. Ce jour-là, quatre expéditions en route vers le sommet furent surprises par une violente tempête; des trente-quatre alpinistes qui tentaient d'atteindre le sommet, huit ont péri et quelques autres ont subi des amputations suite à des engelures.

Les causes de la catastrophe sont nombreuses. Au premier chef, la commercialisation de l'Everest. En effet, les fenêtres d'accès pour atteindre le sommet sont, somme toute, assez courtes et les expéditions se mettent généralement en marche à peu près au même moment, convergent et créent un embouteillage au sommet. (Au début de mai 96, il y avait environ 350 grimpeurs, guides et sherpas sur les pistes du plus haut sommet du monde.) Et dans la mesure où les membres ont payé souvent plus de 50 000 $ pour arriver au sommet, il y a une pression sur les guides pour mener leur troupe au sommet
au mépris de la prudence et du bon sens. C'est ce qui s'est produit le 10 mai 96.

Si les guides avaient usé de prudence et préparé la descente dans les meilleures conditions, le sommet aurait été évacué dès 11 heures le matin; or, à 15 heures, des grimpeurs montaient encore et attendaient leur tour pour atteindre le sommet. Quand la tempête (chute des températures accompagnée de blizzard) a frappé vers 17 heures, la noirceur avait envahi les lieux et la catastrophe était inévitable.

De plus, les grimpeurs sont de plus en plus des amateurs en mal d'exploit (grimper le plus haut sommet de chaque continent, très populaire) ou de sensations fortes. Ils sont en forme physiquement (encore que pas toujours) mais ils ne sont pas aguerris pour une ascension aussi difficile que celle-là. Finalement les bouteilles d'oxygène, qui permettent aux expéditions de monter plus vite, sans procéder aux périodes d'adaptation au manque d'oxygène, créent un faux sentiment de sécurité chez les grimpeurs.

Ajoutez là-dessus une tempête imprévue d'une rare violence... (Depuis 1996, il semble que les autorités népalaises aient changé pour le mieux les conditions d'émission des permis d'ascension.)

Jon Krakauer était du nombre de l'équipe la plus touchée. Le récit de cette tragédie est haletant. Une des choses qui m'a troublé, c'est l'absence de moralité des alpinistes, ou plutôt le retour à une moralité de survie. Par exemple, au moins trois des personnes décédées lors de cet événement, ont été abandonnées vivantes à leur sort parce que l'effort nécessaire pour les ramener au camp mettaient en péril la survie de ceux qui tentaient de leur porter secours. (La vraie amoralité, ou moralité rustique, disons, est démontrée par cette équipe japonaise qui, montant au sommet la journée après la catastrophe, est passée devant deux alpinistes pakistanais en perdition, mais toujours vivants, sans arrêter leur ascension. Les Japonais ont continué à grimper et, lors de leur descente, ont retrouvé le cadavre d'un des Pakistanais tandis que l'autre avait disparu...)

Ce qui élève ce récit au-delà de l'anecdote, c'est bien évidemment la participation active de Krakauer à l'expédition, de l'ascension, à la catastrophe, à la descente. Son comportement n'est pas sans reproche. Il a abandonné des gens à la mort, c'est un fardeau qui le hante.

Un livre dur qui parle de la folie des hommes, de l'attrait de l'exploit, du pouvoir de l'argent, de la moralité confrontée à la réalité. Fortement recommandé.

Tragédie à l'Everest (Into thin air)
Jon Krakauer
Presses de la cité
310 pages

Cote 9 / 10

mardi 2 septembre 2008

18. Le petit blond dans un grand parc - Pierre Richard

Avec ce livre et Comme un poisson sans eau, j'aurai lu toute l'œuvre littéraire de Pierre Richard. Car, ma foi, il sait écrire l'acteur, joliment et drôlement. Richard raconte ici son enfance tiraillée entre son vrai père qu'il n'a pas vraiment connu, un beau-père toujours à la recherche d'un coup fumant pour faire fortune, et ses deux grand-pères aussi différents que possible, l'un aristocrate, chef d'industrie, droit et de vieille lignée française, l'autre, l'immigré, chef d'une petite entreprise, près de ses employés et, malgré cela, plutôt Front populaire qu'extrême-droite.

Richard évoque les années de guerre, il a 6 ans lors de la chute de la France en 40. Pour un enfant, les soldats, les véhicules, les avions, tout ça a quelque chose de fascinant, surtout quand on est loin du front comme le sera sa famille. Il raconte ses premières années à l'école, au théâtre, l'annonce de sa vocation à ses parents et surtout à ses grands-pères. C'est mené de main de maître, avec compassion et drôlerie, sans aucune méchanceté pour les imbéciles qui lui ont fait la vie dure quand il était jeune.

Le livre se termine sur une évocation extrêmement touchante de la présence de son père réel dans sa vie. Une présence désirée, toujours fugace, et le désir du père qui l'aura marqué toute sa vie.

Le petit blond dans un grand parc
Pierre Richard
Olivier Orban
163 pages

Cote 8 / 10

dimanche 31 août 2008

Une tempête molle

Côté lecture, les six dernières semaines auront été difficiles, marqués par un grand nombre de livres commencés et abandonnés : AquaTM, Last Jews in Berlin, Tous à Zanzibar, Phaos, Le poids des illusions, Premier de cordée, Les vacances de Maigret, Les habits de glace, deux Solaris, un Alibis, Fondation foudroyée... Sans doute quelques autres dont je ne me rappelle plus parce que je n'en ai même pas lu dix pages.

Ce désaveu de la lecture, cette incapacité à lire, c'est un signe que je suis (ou plutôt, que j'étais, car sinon je m'aurais pas pu rédiger ce billet) dans un autre épisode de dépression majeure, une maladie dont je souffre depuis toujours
cadeau de ma mère, qui est super fine et que j'adore, mais qui m'a refilé en héritage (je dis ça comme ça, parce qu'elle est toujours bien vivante) l'hypertension et la dépression majeure récurrente plutôt qu'un million de dollars et une villa à Bora-Bora. Il y a de nombreux traitements pour cette maladie; je suis, quant à moi, traité avec l'antidépresseur Paxil depuis une douzaine d'années et globalement les choses vont très bien.

Même traitée, la dm reste une maladie extraordinairement résiliente qui aime venir faire un petit coucou de temps en temps. Ce qu'il y a de terrible quand la dépression s'installe, c'est ce dérapage de la réalité vers le confus et l'absence de désir; ça se fait assez subitement, quelques jours à peine et là où on se sentait bien et heureux et plein de joie de vivre, on se sent maintenant alourdi, insignifiant et indifférent.

La pente est une glissade électrisante, je le sais, je suis passé par là des dizaines de fois, comme l'irruption subite d'une volée de nuages noirs et roux dans un ciel jusque-là d'une pureté sans partage. La perception de la réalité change, on n'y peut rien, c'est comme d'assister à un spectacle dont on est le héros involontaire.

Bon, reste que là, en ce moment, je suis sur la pente ascendante, le creux de la vague a été atteint il y a qq jours, une certaine sérénité se réinstalle, et avec elle un petit rayon de soleil. (Décidément je fais dans la métaphore météorologique aujourd'hui...)

On se laisse là-dessus. C'était ma minute d'épanchement. Ça ne se reproduira pas.

vendredi 29 août 2008

17. Brins d'éternité n° 20

Le nouveau numéro de Brins d'éternité est arrivé, avec sa jolie couverture à la Elle-Québec, les oreilles en plus.

Le bon vieux temps
, de V.K. Valev. La nouvelle qui ouvre la revue souffre d'un problème assez costaud : l'incohérence gênante des agissements du protagoniste principal. Un homme veut soulager la femme qu'il aime de la maladie qui la mine. Elle se porte volontaire pour un traitement révolutionnaire, dont les 12 premières heures sont critiques. Que fait cet individu une fois le traitement administré ? Le gars ne trouve rien de mieux à faire que d'aller pointer au travail comme si rien n'était, laissant sa femme seule à la maison ! Beau trou de cul, si vous voulez mon avis. Et le médecin, pas plus fin, qui laisse retourner chez elle la patiente pendant cette même période critique, sans surveillance, une volontaire pour mener des tests, au mépris de tout espèce de protocole expérimental ! Bravo la médecine ambulatoire ! On a ici affaire à un absence de crédibilité (voire de sens commun) dans les agissements des personnages qui vient gruger la base même de l'histoire. On se dit : ou bien l'auteur a tenté de créer des personnages amoraux aux comportements fichtrement discutables (dans ce cas, c'est réussi) ou il a tenté d'en passer une petite vite à ses lecteurs (chou!). Au-delà de ça, l'histoire est pas mal, et la fin prenante, mais pour moi ça a parti tellement tout croche que je n'ai pas été capable de me raccrocher. 4 / 10


Racines, d'Émilie C. Lévesque. Une bien meilleure nouvelle que la précédente, malgré une fin qui est faxée dès le titre. Par bonheur, l'écriture est riche et parfaitement contrôlée. Le texte baigne dans une ironie amusée, et la métaphore est suffisamment limpide pour que le lecteur le plus bête (moi) puisse la saisir sans l'aide d'un guide. La fin est cute, bien que sans surprise. Une thématique solidement assumée de bout en bout. 7,5 / 10


Le passeur, de Georges Boulevard. Pas capable. L'écriture est formidable, on peut lire les phrases une à une, les réciter à voix haute, et les trouver magnifiquement bien tournées, mais je n'ai pas accroché et me rendre à la fin ne s'est pas fait sans peine.
2 / 10

Le crépuscule de Baby, de Josée Boudreau. Il y a dans cette nouvelle deux très bonnes choses, un univers riche décrit à travers une réflexion sur la solitude et les apparences, et un personnage qui a une véritable résonnance humaine. Par contre, l'écriture demeure appliquée tout au long, les phrases sont sages, trop pleines de mots (lisez, vous comprendrez)... De plus, le texte est alourdi par une gaucherie un peu empesée qu'il faut simplement mettre sur le compte de l'inexpérience. Le fait est que Boudreau a déjà une voix personnelle, ce n'est pas rien, c'est une promesse... 6,5 / 10


On notera que Brins d'éternité passe dorénavant à la nouvelle orthographe. Hum, ce n'est que mon opinion, mais goût, sans accent circonflexe, ça n'a pas de gout.


Un numéro qui m'a laissé sur mon appétit.

Cote 5 / 10

jeudi 28 août 2008

Saka

Benjamin, Suzanne et moi sommes allés voir Saka - Le cirque à cheval dimanche après-midi. Ce spectacle est une création de Gilles Ste-Croix, à qui on doit Cheval-Théâtre en 2001. À l'époque, Cheval-Théâtre, en tournée nord-américaine, s'était trouvé au cœur d'une série de problèmes (le plus sérieux étant le contrecoup des événements du 11 septembre) qui avait entraînée la fin abrupte de la tournée et des pertes personnelles de 1,5 $ million pour Ste-Croix. Depuis ce temps, l'homme rêvait de revenir avec un autre spectacle équestre.

On ne devrait pas comparer Saka à Cavalia ou même à Cheval-Théâtre, même si c'est inévitable. Les spectacles mettant en vedette des chevaux sont si rares
trois en sept ans que le spectateur ne peut résister à la tentation d'établir des parallèles entre les performances. Saka est une petite production, avec un nombre limité de chevaux et d'artistes. L'idée étant de pouvoir promener le spectacle dans des centres urbains plus petits, ce qui est impossible pour un mastodonte comme Cavalia.

Ce qui frappe de prime abord, c'est la brièveté d'un très grand nombre de numéros. Les artistes viennent souvent faire une acrobatie, jongler sur un cheval avec du feu et sauter dans un cerceau enflammé, par exemple, puis se retirer à la faveur d'une autre artiste. Le rythme est trépidant et le spectacle, qui fait 90 minutes sans entracte, passe sans qu'on ne s'ennuie une seule seconde.

Il faut ajouter que certains numéros ne font appel aux chevaux que comme élément de décor. Il y a un très beau numéro de danse aérienne, très réussi, avec une huitaine de chevaux dans le cercle de l'arène... Mais, voilà, ce n'est que ça, une danseuse virevoltant dans les airs au-dessus de chevaux qui ont un peu l'air de de demander ce qu'ils font là. Au grand amusement de la foule, deux chevaux, qui n'avaient cure du spectacle, se sont mis à faire les guignols et à se rouler sur le dos dans le sable pour se gratter la couenne...

Cavalia était un spectacle gigantesque et merveilleux qui éclairait la relation homme-cheval d'une manière totalement nouvelle. Cheval-Théâtre avait le mérite d'ouvrir la voie, mais c'était aussi un spectacle d'une extraordinaire originalité, avec des numéros puissants (je me rappelle encore la campagne de Russie par l'armée napoléonienne évoquée avec une sobriété sidérante). Saka est le moins fort des trois spectacles, car ici on joue moins sur l'émotion ou sur la subtilité des liens qui nous unissent au cheval que sur la prouesse athlétique de l'animal et de l'homme - ce qui nous ramène aussi à une définition plus traditionnelle du cirque.

Comme dit ma tendre et douce : C'est un spectacle à voir, mais pas à revoir.

mercredi 27 août 2008

Grosses bêtes vues de près

Nous sommes allés au zoo à Hemmingford mardi après-midi, alors que Suzanne devait exceptionnellement pointer pour un quart de nuit. Il semble que cette destination vacance soit tendance cet été, après tout Pat Isabelle (Parc-Safari) et Caroline Lacroix (Granby) y sont allés eux aussi. Ça faisait un sacré bail que je n'avais pas mis les pieds dans un zoo, idem pour Suzanne (encore que pour la petite histoire nous ayons visité les trois principaux zoos du Québec). Pour Benjamin, c'était une première.

La particularité du Parc-Safari, c'est justement ce safari automobile qu'on peut prendre au milieu de quelques troupeaux d'herbivores plus ou moins connus de la planète. Les premiers qui nous ont abordés furent les zèbres. Très jolis, quoi que déconcertant pour qui est habitué aux robes habituelles des chevaux (je sais, le zèbre n'est pas un cheval, mais il en a l'air et la familiarité).

On ne va pas tous les énumérer ici, mais j'ai particulièrement aimé le très placide rhinocéros, insensible aux appels des visiteurs et qui avait franchement l'air de s'emmerder tout seul dans l'enclos, et les vaches des Highlands, sociables comme ces charmantes matantes de nos familles qui passent leur temps à offrir du sucre à la crème au salon et costaudes comme icelles.

On a manqué de temps, quatre heures ce n'est pas suffisant, surtout que nous voulions profiter des manèges et des jeux d'eau. On a été dans deux manèges seulement, puis on s'est dépêché pour voir les lions et les tigres, ma caméra a rendu l'âme juste là, au moment où nous étions dans le corridor vitré, sous les félins, et on a tout juste pu se mettre un pied dans l'eau (littéralement) alors que le parc fermait.

Quand même quelques photos :Zèbre vu de près
Zèbre vu de trop prèsCette bête-là a l'air tellement paisible qu'on irait lui gratter la grande corneMiam miam, le doigt ou la pépite?
Babines de girafes
Une vache des Highlands et son veau
Dans la file d'attente d'un manège, Benjamin fait la moue, c'était vraiment très long
Enfin au volant !

lundi 25 août 2008

Ça tombe pile...

Je me palpais le ciboulot en me demandant ce que j'allais lire ce soir - les livres amorcés n'arrivant pas à m'intéresser... Quand soudain le 20e numéro de Brins d'éternité arrive. Coïncidence ? Il n'y a pas de coïncidence.

Belle soirée de lecture en perspective. On s'en reparle.

samedi 23 août 2008

L'apprentissage de la propreté

J'avais, par-devers moi, une petite crainte en regard de cette phase particulière de l'éducation des enfants qui est celle de l'apprentissage de la propreté. Mon imagination s'enflammait rien que d'y penser et je nous voyais, Suzanne et moi, en pleurs, à bout de ressources, subissant l'opprobre que vivent les mauvais parents, mis au ban de la société et vouer aux gémonies par nos familles et amis, aux prises avec un bébé n'ayant pas le contrôle de ses boyaux et ne maîtrisant pas l'art délicat de la défécation contrôlée qui est un des traits qui distinguent l'adulte de l'enfant. D'autant plus que les garçons acquièrent cette dextérité plus tard que les filles, vers quatre ans semble-t-il, et Benjamin vient juste d'avoir trois ans.

Je nous voyais, Suzanne et moi, traînant un sac à couches pour un enfant de cinq, six, sept ans, et pourquoi pas au-delà... Veut veut pas, les parents vivent toujours dans le regard des autres.

La seule tactique que nous avons adopté, c'est de ne pas mettre de couche à Benjamin après le lever, de simplement l'encourager à dire pipi caca selon le cas - advienne que pourra... Et des encouragements, beaucoup d'encouragements, surtout pas de coercition, de menaces directes ou voilées, d'emportements ou de gros soupirs, etc.

Il y a eu quelques écarts. Très rares. Deux pipis incontrôlés qui ont innondé le plancher du salon et que nous avons accueilli de façon très zen. Puis...

Lundi dernier, Benjamin est allé sur le pot de lui-même, sans dire un mot pour annoncer l'événement. Il est venu me montrer son pipi (dans le pot) avec beaucoup de fierté. On a fait youkaïdi youkaïda ensemble. On a valsé, on a dansé le mambo (don't ask), on a ri, on s'est chatouillé.

Plus tard dans la même journée, il s'est réinstallé de lui-même sur le pot et a fait son premier caca - tout seul ! Il s'est lavé les mains, s'est essuyé les fesses (sa technique laisse à désirer) et est venu me faire admirer son dépôt de bilan. Youkaïdi encore et bis youkaïda ! Ben là, ben là, on était fiers tous les deux.

Depuis c'est la propreté totale quand il est nu-fesses, ce qui lui arrive plus souvent qu'autrement à la maison. Nous sommes bien contents, Suzanne et moi.

(La photo a pas rap'. Elle date de l'année dernière, elle est floue, mais il est tellement mignon !)

jeudi 21 août 2008

Une nouvelle que je n'écrirai pas...

Trouvé dans de très vieilles notes :

Les treize prépuces du prince Odomar

Un texte initiatique et sauvage, inspiré par A Man Called Horse.


C'est tout, rien de plus. Non-daté, mais sûrement une idée de mon adolescence tardive et survoltée. Soit dit en passant, je n'ai jamais vu le film en question.

Voilà une idée qu'on devrait me remercier de ne pas développer.

16. Les couteaux à pain trouent les seins comme rien - Sofia Benyahia

Qu'on me permette de commencer par une petite montée de lait. Malgré la prétention de l'éditeur, les textes réunis ici NE SONT PAS des nouvelles. Ce sont des pensées, des atmosphères, de la poésie, il y a même une devinette et quelques (très rares) nouvelles en bonne et due forme. Mais bon... ce n'est pas parce que c'est court et sur papier que ça fait d'un texte une nouvelle. Grr, j'haguis cette confusion des genres.

Les nouveaux auteurs font dans l'abrégé et le micro-récit. Des textes de quelques dizaines de paragraphes, de quelques douzaines de lignes, il y en a un ici qui contient un seul mot ! Quand ils ont fait deux pages ils sont à bout de ressources, ils ont tout dit, leur souffle épique s'éteint. Damned ! bientôt les nouveaux auteurs vont bientôt cesser d'utiliser les mots et ne publier que des pages blanches...

Ouf, le méchant est sorti; le bien que ça fait, ça se dit pas.

Ce recueil de 38 nouvelles (sur 82 pages petit format) va satisfaire la fringale (on ne peut pas parler d'appétit dans le cas qui nous occupe) des amateurs d'atmosphères et de poésie. Le titre est magnifique, accrocheur, c'est ce qui m'a décidé à l'achat. Il y a de l'érotisme et de la cruauté dans ces textes-là, une brutalité passionnelle, religieuse, sociale, des interdits que les narratrices (ce sont le plus souvent des femmes) tentent de tourner ou de vivre avec. Il s'agit d'un très beau recueil de textes qui restent longtemps en mémoire.

Une lecture que je recommande. Vivement le prochain livre de Sofia Benyahia.

Les couteaux à pain trouent les seins comme rien
Sofia Benyahia
Leméac 2007
82 pages

Cote 7 / 10

mercredi 20 août 2008

15. Night of the Caribou - Douglas How

Un épisode méconnu de la seconde guerre mondiale s'est déroulé dans les eaux du fleuve et du golfe Saint-Laurent. À partir de mai 42, la Kriegsmarine envoya des sous-marins dans le golfe pour perturber les convois alliés vers le Royaume-Uni. Cet épisode est connu sous le nom de bataille du Saint-Laurent. Une bataille qui s'étendra jusqu'à la toute fin de la guerre, puisque le dernier bâtiment coulé par un U-Boot l'est le 16 avril 1945.

Le 10 octobre 1942, le traversier SS Caribou, affecté à la navette entre la Nouvelle-Écosse et Port-aux-Basques à Terre-Neuve, fut coulé par le U-69, emportant dans son naufrage 49 civils (dont dix enfants de moins de dix ans), 57 militaires et 31 membres d'équipage.

Ce naufrage suscita une grande indignation à Terre-Neuve, alors dominion indépendant, tant au regard des pertes humaines (barbarie teutonne !) qu'au chapitre des conditions dans lesquelles la traversée fut faite et sur la protection que la marine canadienne avait accordé au traversier. Ce dernier point fut l'objet d'une controverse alimentée par une des dernières réflexions connues du capitaine du Caribou ( « Je ne vois pas mon escorte ») juste avant le torpillage et par le mutisme des forces militaires canadiennes qui se contentèrent des boniments habituels, qui se voulaient rassurants, plutôt que de répondre aux interrogations de la population. Il faut dire, à la décharge des autorités militaires, que celles-ci ne souhaitaient pas donner le moindre indice à l'ennemi, en révélant la nature véritable de l'escorte, sa manière de procéder ou les opérations subséquentes au torpillage.

Un demi-siècle après le naufrage, la controverse existe toujours. Douglas How tente d'y mettre un terme en faisant un compte-rendu à la minute près des événements depuis l'embarquement des passagers jusqu'au torpillage du traversier et au sauvetage en mer des survivants quelques heures après le naufrage.

La lecture de l'ouvrage est assez ardue, tout spécialement au début, car l'auteur fait entrer les personnages dans le récit par wagons entiers. Comme le Caribou plus tard, le lecteur est vite submergé. Les choses s'améliorent dans la seconde partie, constituée par la traversée et le torpillage. L'auteur est ici à son mieux. Il arrive à faire vivre le chaos et l'urgence d'un naufrage grâce à un découpage serré et une panoplie de témoignages le plus souvent contradictoires.

Night of the Caribou n'est pas un livre sans faille. Mais il y a suffisamment de bon pour que ce lecteur-ci y ait pris un grand intérêt, et le recommande chaudement.

Cote 7,5 / 10

Night of the Caribou
Douglas How
Lancelot Press
153 pages (avec des photos)

dimanche 17 août 2008

Progrès

J'ai pas le guts de Mathieu Fortin, aussi vous ne verrez pas apparaître des statistiques quotidiennes sur mes progrès en écriture.

Par contre :

Nos maîtres : 417 mots (environ 10 %)
William : 201 mots (peut-être 20 %, avec une échéance pour la fin du mois)

Yowzie ! ça bouge. Ça avance pioum pioum mais ça va vers devant.

vendredi 15 août 2008

L'insomnie profitable

Dans la nuit d'hier, j'ai été tenu éveillé très, très longtemps par une idée ayant germé dans mon cerveau en fin de soirée. L'insomnie a ceci de particulier qu'elle favorise le lateral thinking, qu'elle embellit les idées qui nous viennent et, partant, suscite un enthousiasme qui, au réveil, se révèle parfois injustifié. Nombre d'idées nées dans l'insomnie ne sortent pas indemnes d'une analyse à froid.

Mais pas cette idée-là. C'est une idée PPP : pas pire pantoute. Et jusqu'à date elle survit sans respirateur articifiel. J'en ai même amorcé l'écriture à partir d'un embryon de plan. Avoir du culot, je ferais comme Mathieu Fortin pour son protocole Reston, m'imposer une discipline quotidienne avec un bilan sur le blogue, question de m'auto-motiver ou de souffrir une vive humiliation si je flanchais ! Je me donne qq jours pour réfléchir à ça.

Ça voudrait dire que je mets de côté les textes sur lesquels je travaille par intermittence : TD, AP, ALC et LZ. Et ça va vouloir dire mettre le blogue en veilleuse, car depuis que j'ai commencé L'ermite de Rigaud, je n'ai pas beaucoup écrit encore que j'aie cogité en masse. Au lieu d'un billet par jour, disons un aux trois jours.

La nouvelle a un titre Provisoir (parce que ça dépanne) : Nos maîtres. C'est une nouvelle de sf, mais de cette sf dont s'offusquait Philippe-Aubert Côté
sur sffq : Est-ce qu'on peut considérer ça explicitement comme de la science-fiction ou est-ce une autre histoire "mainstream" qui se permet de piger dans les autres genres au nom de la métaphore ou d'une certaine liberté créatrice ? Oui, exactement, c'est cela...

Mais pour le moment : On with it, mon coco...

mercredi 13 août 2008

14. Comme un poisson sans eau - Pierre Richard

Contrairement à ce que laisse entendre la quatrième de couverture, Comme un poisson dans l'eau n'est pas une autobiographie ou des mémoires. Il s'agit du texte du spectacle Détournement de mémoires donné par Richard en 2006 et écrit en collaboration avec Christophe Duthuron. En revanche, c'est inspiré de la vie de l'auteur-acteur. Donc des simili-ou quasi-mémoires.

Quoi que cette bête livresque soit, c'est extrêmement drôle. Il y avait longtemps que je
n'avais pas ri autant en lisant; si l'acteur est un comique burlesque, comme auteur il a le génie du comique de situation et des traits de personnalités. C'est court malheureusement, aux alentours de 200 pages avec une typographie assez aérée. Mais enfin, j'ai ri...

Le site officiel de Pierre Richard se trouve juste ici. C'est là que j'ai appris qu'il a écrit un autre livre, Le petit blond dans un grand parc, qui semble être une autobiographie en bonne et due forme de ses années de jeunesse. C'est à voir. On s'en reparle puisque j'ai commandé l'ouvrage que j'attends avec une certaine fébrilité.

Cote 7,5 / 10

mardi 12 août 2008

Un mot écrit par Benjamin lui-même

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(Je n'ai ajouté que des sauts de ligne ici et là, car Benjamin aime les lignes continues de lettres ou de chiffres. Voilà un futur écrivain. Remarquez qu'il fait presque autant de sens que son géniteur...)

13. La brèche - Christophe Lambert

« 2060. Un grand network privé relance le concept de télé-réalité en envoyant des reporters dans le passé filmer des événements marquants du XXe siècle. Le choix se porte sur le débarquement de Normandie afin de raviver la flamme patriotique des téléspectateurs. »

On imagine la suite facilement : nos deux reporters vont modifier le passé, créer un univers alternatif, puis ils vont tenter de réintégrer le cours temporel normal mais se buteront à des surprises, etc.

Ce qu'il y a de bon dans ce roman : l'action. C'est un peu lent à démarrer, avec une longue séquence sur la mort de Marilyn Monroe, mais passé cet obstacle, la machine démarre et ne stoppe plus. Lambert sait y faire...

Ce qu'il y a de moins bon : les clichés, une recherche historique qui fait pic-pic (on ne compte plus les erreurs militaires), le français qui laisse vraiment à désirer par moment. Aussi, détail qui m'agace suprêmement,
toutes les références culturelles des personnages, et celles de la narration quand elle est objective, sont datées des années 1950-1980, les nôtres en somme, alors que le roman se déroule en 2060. Ridicule. C'est comme si toute nos références culturelles en ce moment n'allaient pas au-delà de 1930. Quand même...

Pourtant, La brèche demeure un livre étonnamment lisible, le lecteur est aspiré par le dynamisme de la narration et n'est relâché qu'à la toute fin. C'est du bon Fleuve Noir de ma jeunesse. Je ne vais pas renier le plaisir que j'ai pris à ce livre, malgré ses insuffisances.

Une dernière chose: Le roman se termine sur une phrase d'un cynisme prodigieux, à la fois réjouissante (quelle idée !) et révoltante (quelle idée...)

Cote 6 / 10

La Brèche
Christophe Lambert
Pocket Science-fiction
326 pages

lundi 11 août 2008

Ce que je lis aussi



Le royaume de la fantaisie, de Geronimo Stilton.

Ce que je lis



La brèche, de Christophe Lambert (terminé, commentaire à venir)
Les habits de glace, de Luc Martin
Le loup du sanatorium, de Mathieu Fortin
The night of the Caribou, de Douglas How (image à venir)

dimanche 10 août 2008

Un deuxième party d'anniversaire pour Benjamin

En après-midi, c'était au tour de la famille de venir à la maison fêter le troisième anniversaire de Benjamin. Ce fut un beau moment, ponctué par un gâteau au chocolat – il faut comprendre que Benjamin est un Ménard à 50 %, et les Ménard de ma connaissance ont une religion : le chocolat.


1. Un objet de vénération, fabriquée par ma soeur Michelle. 2. Parlant de Ménard, on en voit deux et demi là-dessus, Suzanne et son frère Luc, pendant que Benjamin fait la passe au chaton en pâte d'amandes.


3. Mon frère Claude, parrain de Benjamin, et Luc. 4. Ma maman, ma nièce Alexandrine, marraine de Benjamin, et son chum Stéphane. La cigogne visitera Alexandrine et Stéphane en mars 2009.

5. Ma soeur Michelle qui ne se contente pas seulement de faire de la bouffe extraordinaire, mais aussi une imitation pas piquée des vers de Madonna. 6. Michelle et son chum Cyrice entoure un enfant non identifié (mais je travaille là-dessus...)


7. Benjamin et son papi Serge.

Ben voilà. Grosse fin de semaine de gâteau au chocolat et de glace à la vanille.

samedi 9 août 2008

Benjamin a trois ans aujourd'hui !

Aujourd'hui, Benjamin a eu trois ans ! Wow ! Tous les parents disent : Mon Dieu comme ça passe vite. Je ne serai pas l'exception... C'est vrai que ça passe vite, et que cette vitesse fait peur.

Pour l'occasion, quelque-uns de ses amis sont venus dîner à la maison. Y avait du bon spaghetti, sauce à la viande, mijotée par Suzanne; puis du gâteau au chocolat avec une décoration en forme de chantier de construction, avec boutoir et excavation en prime.



Ci-haut, Benjamin s'apprête à souffler ses trois grosses bougies avec l'aide de maman. À gauche, on voit Matthew pour qui la scène est insoutenable et qui préfère regarder ailleurs. À droite, dans les bras de sa mère, Vincent calcule mentalement la part de gâteau qui lui revient.


Dans le sens des aiguilles d'une montre, Matthew, Benjamin, Suzanne, Sarah, Vincent, ma mère et grande complice de Benjamin (en faisant le guignol avec lui, elle va se fouler légèrement une cheville dans l'après-midi), et le bout du nez de Turner.


Isabelle et ses deux flos, Taylor et Turner, Sarah et Vincent; derrière, on voit le tapis d'exercice que je n'utilise jamais, non merci...


Sarah mangeant la part de gâteau de Vincent qui élève une protestation, Matthew qui plonge la cuillère vers la crème glacée avec dans son dos Robert, son paternel, tenant dans ses bras Ethan.


Les beaux yeux bleus d'Ethan.

Ce fut une bien belle petite fête, sous le thème des camions et de Bagnoles (le film). Merci à tout le monde d'avoir répondu à l'appel de Benjamin.

Demain on reçoit la famille...


vendredi 8 août 2008

12. Le modèle occidental de la guerre - Victor Davis Hanson

Pour Hanson, les Grecs de l'époque classique ont inventé un modèle de combat qui a survécu jusqu'à notre époque, du moins en Occident, et c'est incrusté dans l'esprit des gens. Ce modèle, c'est celui de la bataille décisive. « Les batailles d'hoplites étaient des luttes entre petits propriétaires fonciers qui, d'un commun accord, cherchaient à limiter la guerre et, partant, la tuerie en un affrontement unique, bref et cauchemardesque. »

Pour les Grecs, la bataille était une affaire sérieuse, qu'ils ne cherchaient nullement à rendre romantique. L'iconographie de l'époque abonde d'images réalistes d'hoplites blessés, de fantassins aux flancs percés, agonisants ou morts...


Ce qui est absolument fascinant
dans ce livre magistral, c'est qu'au-delà de l'omniprésent propos philosophique et historique (auquel on ne peut échapper et qui donne tout son poids à l'ouvrage), Hanson arrive à décrire l'intensité de l'affrontement des phalanges selon le point de vue de l'hoplite.

Elles sont absolument saisissantes les descriptions qu'il fait de ce que le fantassin pouvait éprouvé, de ce qu'il voyait du champ de bataille (ou de ce qu'il n'en voyait pas
car pour les soldats des rangs situés au-delà du troisième ou quatrième, il n'y avait rien à voir sinon le dos du camarade qui poussait devant et sur le dos duquel il poussait lui aussi), les cris, la sueur, la montée d'adrénaline, le choc de l'engagement, ce choc terrible de deux phalanges lancées l'une contre l'autre au pas de course, les hommes courant derrière leurs boucliers de bronze, la lance portée sous le bras avec un angle remontant pour atteindre l'ennemi à l'aine ou à la cuisse, l'unité de la phalange, sa cohésion militaire qui relevait tant de la cohésion sociale. Tout ça est aussi bon que le meilleur des romans, mais ici totalement documenté par les poètes et historiens de l'époque, l'analyse des fresques, des vases et des poteries. On reste ébahi par l'art du conteur et par l'érudition du maître.

L'avant-dernier chapitre, qui porte sur les blessures subies à la bataille, demande un cœur solidement accroché. Moi qui ai pourtant l'habitude de ce genre de littérature, je n'ai pu m'empêcher de ressentir un frisson aux multiples types de blessures que les hoplites pouvaient subir et décrites avec un luxe de minutie par les médecins du temps.

Cote 10 / 10

Le Modèle occidental de la guerre (The Western Way of War)
Victor Davis Hanson
Tallandier - Texto
288 pages