Comment faire pour perdre la Seconde Guerre mondiale ? Simple, faîtes de moi votre commandant en chef !
J'ai récemment acheté Mémoire 44 (avec quelque-unes de ses extensions), un jeu de plateau qui me semblait tout indiqué pour meubler agréablement les soirées : parties relativement courtes (30-60 minutes) règles simples, faciles à assimiler, design agréable et intéressant, avec possibilité de jouer avec un jeune garçon de six ans bientôt sept, quitte à amender les règles.
Mémoire 44 répond à tout ça. Le jeu est d'une simplicité renversante : quinze minutes pour apprendre à jouer, une partie pour bien assimiler le système, et hop ! tactique subtile et gros carnage...
Le général Benjamin jette un regard satisfait sur l'état de la situation, croquant
tout à la fois une bouchée de pain et son ennemi
J'avais l'idée de jouer et de massacrer joyeusement mes adversaires : Benjamin, mon ami Pat et mon frère Claude, ainsi que quiconque oserait se pointer devant la bouche de mes canons. Ha ha, je me sentais, pardon, j'étais intrépide, invincible et tout ça.
Or, découverte inattendue, je suis un général d'une incompétence rare. Mauvais tacticien, boucher de mes propres troupes, un véritable aveugle sur le champ de bataille. Mon fils, qui a six ans, pas tout à fait sept, me bat avec une régularité confondante. Il a remporté cinq victoires en six parties ! Calvaire ! Au début, je jouais un peu mollement, je voulais éviter de l'humilier. Mais là plus maintenant, je joue le mieux possible, et je continue de perdre. Le petit crapaud a compris d'instinct les subtilités de ce jeu et, aidé par une veine incroyable, il me bat.
Pour ajouter l'insulte à l'injure, l'autre jour, au milieu d'une partie désespérée pour les Américains (il joue toujours les Allemands), il me dit : « Tu sais, papa, si je suis trop fort pour toi, tu peux abandonner ! »
Avec moi à sa tête, le débarquement de Normandie aurait été repoussé à la mer et l'Europe parlerait allemand.