dimanche 25 janvier 2009

38. Retour à la Terre 3 - Jean-Pierre Andrevon, anthologiste

La guerre du pou de Roger Blondel. Blondel a écrit de très nombreux romans de sf et de fantastique sous le pseudonyme B.R. Bruss, ce qui rappellera de bons souvenirs aux papy et mamie-boomers. Il livre là un petit texte absurde et surréaliste, ennuyeux comme un jour de pluie à écouter TQS. Cote 0 / 10

Un si bel I.M.P. de Daniel Phi. Ici, on retrouve presque un calque de la première partie de Malevil, celle de la descente aux enfers, désespérante et hypersexuée (ce qu'évitait Robert Merle, fin renard et gigantesque écrivain). C'est assez bien fait, mais la dégradation ultime est téléscopée et ce lecteur-ci n'y a pas adhéré. 4 / 10

Deux personnages dans un paysage vide d'Alain Dorémieux. Une ville déserte, un cataclysme, un homme seul qui erre, une belle femme erre elle aussi. Ils se rencontrent. Ça soliloque sans bon sens et ça baise dans la tristesse. Cette nouvelle est un pastiche en forme d'hommage à J.G. Ballard. C'est remarquablement bien écrit, mais soporifique au-delà de tout. 6 / 10

Petits moments exquis de résistance dans les garrigues de René Durand. Un autre texte post-cataclysmique. Saisissant celui-là, court et ramassé. 7,5 / 10

Entre parenthèses de Christine Renard. Une nouvelle très faible d'une auteure à la plume habile. 4 / 10

Les foetus ne passeront pas de Bernard Blanc. La seconde meilleure nouvelle du recueil même si elle a considérablement vieillie. De tous les auteurs présents, Blanc était le plus politiquement hardcore, le plus militant; sa fiction, c'était ici et maintenant qu'elle avait lieu (par dérision pour la collection Ailleurs et demain, je crois même qu'il a dirigé une collection Ici et maintenant pour une quelconque maison d'éditions). Ici, tout est gros, caricaturé, mais l'auteur arrive à insuffler une véritable vie intérieure et une tristesse à son personnage principal. 8,5 / 10

Le futur t'attend de Jean-Pierre Andrevon. C'est la plus longue des nouvelles et la plus inutile dans la mesure où Andrevon vend son punch à la cinquième page. Au lecteur de décider s'il se tape ou non les 35 pages restantes. Comme Andrevon tire à la ligne sans vergogne, j'en ai sauté des bouts. Médiocre et inutile. 1 / 10

Un amour de vacances (avec le clair de lune, les violons, tout le bordel en somme) de Pierre Pelot. Comme Andrevon, Pelot vivait (ou tentait de vivre) de son écriture. Il écrivait donc beaucoup, dans tous les styles, dans tous les genres, avec un bonheur très inégal. Pelot, tout comme Andrevon, tire à la ligne sans présenter d'excuses. La nouvelle est faussement gouailleuse, et surtout insipide. 1 / 10

Terre, si douce Terre... de Claude-François Cheinisse. Dans ce ramassis de textes éminemment oubliables, une perle, et une vraie. Un texte remarquable, d'une intelligence rare avec une fin d'une rare subtilité. 9 / 10

J'ai acheté ce livre en 1978. Il a pris la poussière 30 ans sur les étagères de ma bibliothèque avant que je ne me décide à le lire, comme ça, par accident... Probablement que mon subconscient subodorait quelque chose de pas franc, là. Reste que c'est un livre marqué par son époque, par des idées manichéennes, par un style coup de poing, par des auteurs apprentis ou préoccupés de mettre du jambon sur les tartines.

Cote 3,5 / 10

Retour à la Terre 3
Une anthologie dirigée par Jean-Pierre Andrevon
Denoël 1977
250 pages
Posted by Picasa

samedi 24 janvier 2009

Séparés à la naissance

L'humble bloggeur de service, en pleine crise d'insomnie, et Maurice Bénichou, acteur et comédien, surtout connu au cinéma pour son rôle dans Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Là, j'ai ôté mes verres.



J'en ai quelques autres comme ça, avec des vedettes de la sffq. Quand il y aura un petit creux dans le blogue, j'en mettrai un pour rire bien entendu.

vendredi 23 janvier 2009

37. Si l'oiseau meurt - Francine Pelletier

J'applaudis :
- la cohérence de l'univers concocté par Pelletier;
- l'écriture souple et compétente, presque sans faute (on y reviendra);
- l'analyse des personnages;
- la complexité de l'arrière-plan géopolitique;
- le rythme lent (j'aime);
- les péripéties nombreuses et variées;
-
l'intrigue très tight (excusez mon latin), élégante même dans la disposition des échos et des renvois de la thématique : le mensonge, la mémoire et la rédemption;
- la fin, absolument prenante, qui m'a mis les larmes aux yeux.

Je fronce les sourcils sur :
- le titre poche et la couverture franchement laide;
- la pauvreté de l'imaginaire (ce qui n'est pas en contradiction avec la cohérence de l'univers) : en effet, ce roman est supposé se passer en 2452, mais on dirait que nous sommes en 2020 tout au plus tant le monde que décrit Pelletier est similaire au nôtre,
à l'exception de quelques bidules comme les médicaides, les mekkas et le Monde; nous sommes censés être 400 ans dans le futur et on n'y croit pas une seconde;
- le roman est un peu trop long, il y a un certain nombre de scènes plutôt inutiles, qui ne font progresser ni l'histoire ni les personnages, et qui donc ne servent à rien.
C'est un dérapage incontrôlé de l'auteure qui, portée par l'enthousiasme, veut tout nous montrer de la vie sur San Cristobal, y compris ce qui n'est pas pertinent, et le lecteur se lasse un peu. On aurait pu facilement couper 20-30 pages sans rien enlever au texte;
-
la manière de présenter et de nommer les personnages dans la narration. (Il y a certainement un terme littéraire pour ça, mais je ne le connais pas.) Ils sont toujours présenter par leur titre, la docteure Gurtu, toujours la docteure Gurtu, jamais Gurtu, jamais « elle » (troisième personne du singulier, pronom simple et facile d'emploi), jamais simplement la docteure, toujours la docteure Gurtu au long s'il vous plait... Les exemples foisonnent. Ça m'énerve au point de gâcher irrémédiablement mon plaisir de lecture. C'est un tic qui abonde chez les écrivains québécois, spécialement ceux qui, comme Pelletier, ont beaucoup écrit pour la jeunesse, où il faut répéter constamment la position sociale ou familiale des personnages pour les jeunes lecteurs. Je vois ça comme une insulte à mon intelligence de lecteur. Et j'arrête là avant de faire une vraie montée de lait...

Pour finir :
Un point m'a furieusement chicoté en lisant Si l'oiseau meurt. Pourquoi ne vient-il pas à l'idée de Manuel, ou de ceux à qui il se confie, que les souvenirs qui lui reviennent en mémoire puissent être de faux souvenirs? Peut-être cette idée ne peut-elle pas venir à Manuel qui vit de l'intérieur ce flot de souvenirs qui ressurgit, mais les autres, pourquoi n'envisagent-ils pas cette hypothèse ? Hého, là-bas, les personnages, vous êtes bardés de diplôme de médecine, mais incapables de penser au syndrôme des faux souvenirs ? Hu-hum.

Un dernier point, le seul crime dont Manuel est assurément coupable, c'est la pédophilie. C'est aussi le seul qui n'est pas nommé expressément.


Il y a plein de bonnes choses dans ce roman et pourtant ce que j'en retiens ce sont les choses qui ne m'ont pas plu. C'est moche de ne pas être capable de voir le bon et de le garder en mémoire, au-delà de ce qui déplaît. Mais bon, à l'âge où je suis rendu, je ne vais pas me changer. D'autant que, comme je le disais sur un billet tout récent (World War Z), je n'ai plus la patience que j'avais ni la charité de ne pas bougonner quand je trouve ça moins intéressant.


Cote 5,5 / 10

Si l'oiseau meurt
Francine Pelletier
Éditions Alire
334 pages

jeudi 22 janvier 2009

Mea culpa

Mes plus plates excuses à ceux et celles qui ont laissé des commentaires depuis environ une semaine. Par inadvertance, j'avais activé la modération des commentaires et les vôtres attendaient dans les limbes électroniques depuis quelques jours que je les en libère. Voilà, c'est fait.

mercredi 21 janvier 2009

Bilan de lecture 2008

Année de lecture moyenne avec 90 livres lus (20368 pages), je ne compte pas les livres abandonnés ou simplement amorcés.

Là-dessus : 44 titres québécois et 28 essais/documents.

Top palmarès :

1. Les bienveillantes de Jonathan Littel

2. Le modèle occidental de la guerre de Victor Hanson Davis

3. La trilogie Millenium de Stieg Larsson

4. The railway man d'Eric Lomax

5. Tragédie à l'Everest de Jon Krakauer

6. Les deux premiers tomes de la trilogie Killer Cat d'Anne Fine

Deux découvertes notables : Alain Ulysse Tremblay (La vie d'Elvis) et Jean-Marc Ligny (Jihad).

lundi 19 janvier 2009

Le Zeppelin (extrait)

C'est le début de la nouvelle, premier jet retouché.

L'après-midi du 14 mai 1948, le Graf Diogen amorça son approche vers les buses d'amarrage spécialement aménagées pour lui. Sa longue masse d'argent obstruait tout le ciel montréalais. C'était un monstre, un véritable cachalot du ciel, le plus gros aéronef jamais créé par les hommes; l'orgueil de la Deutsche NordAtlantik. Au sol, une centaine d'hommes aidait à diriger le zeppelin vers ses amarres. Le bruit des trente-six moteurs du Graf Diogen était assourdissant même si leur régime était au minimum.

J'étais légèrement en retard et dus me frayer un chemin dans la foule pour arriver à ma place réservée : debout, un peu en retrait des dignitaires. Ils étaient tous là, les ambassadeurs et les représentants officiels, les consuls et leurs assistants, dignitaires de tous niveaux. Un joli parterre de quelques centaines de personnes, debout elles aussi; ce qui n'était pas sans me faire plaisir.

J'avisai un petit homme très chauve, rondelet, revêtu d'une gabardine anthracite. Le touchant à l'épaule, je lui dis :

Guten tag, Herr Benvenuto.

L'homme se retourna et me fit un signe de la tête en me reconnaissant immédiatement. Après un mot d'excuses à la jeune femme rousse qui l'accompagnait et que je savais être sa maîtresse, Antonio Benvenuto me prit par le coude et fit deux pas avec moi. Il désigna la formidable masse suspendue dans les airs, presque immobile.

— C'est magnifique, n'est-ce pas, Herr Trépanier ?

— Absolument. Je n'ai jamais vu rien de tel. C'est immense.

Herr Benvenuto souriait de contentement. Il me fit un clin d’œil amusé :

— Un pur produit du génie allemand !

Je claquai les talons l'un contre l'autre, en saluant brièvement de la tête. Le second secrétaire du consulat allemand à Montréal parut euphorique.

— C'est un grand jour pour l'Amérique.

Ja, mein Herr. C'est aussi un grand jour pour l'Allemagne.

L'expression de Herr Benvenuto devint subitement sérieuse. Il scruta mon visage d'un regard intense.

— Voulez-vous dire, Herr Trépanier, qu'il y a des jours moins fastes pour l'Allemagne ?

— Je veux dire que tous les gens ici sont venus applaudir le grand génie de votre peuple et de ses dirigeants, Herr Benvenuto. Un pareil hommage est forcément un grand jour pour une nation.

Comme répondant à mon invitation, les vingt-cinq mille personnes amassées sur le terrain de la base de Longue-Pointe jetèrent des plaintes admiratives quand une brise souleva le zeppelin et l'éloigna des buses d'amarrage. Aussitôt, les moteurs se mirent à vrombir puissamment et l'appareil, après un mouvement de queue assez comique, recommença son approche.

Herr Benvenuto me dit à l'oreille.

—Speer est à bord. Le saviez-vous ?

Le dauphin du Führer arrivait à Montréal dans le plus grand secret, c'était une nouvelle incroyable. Je profitai du bruit des moteurs du Graf Diogen pour faire répéter Herr Benvenuto; la surprise était trop grande pour me donner le temps de me composer un air.

— Pourquoi le secret ?

— Il vient s’entretenir avec Taft.

— Une association entre le Reich et la Confédération américaine ?

Herr Benvenuto rayonnait, comme s'il eût été responsable de cette affaire bouleversante.

Pendant ce temps le Graf Diogen s'était accroché à ses buses antérieures. Au sol, des cris retentissaient en anglais, en français et en allemand et tous les hommes des équipes d'arrimage se mettaient à hâler d'un bord ou de l'autre sur les câbles, en alternance, de manière à amener à force de bras le zeppelin le plus doucement possible vers le grappin de la buse arrière. Lentement le zeppelin s'immobilisait. Les spectateurs au sol distinguaient à travers les vitres des nacelles les gestes de la main que leur envoyaient les passagers. Un peu stupidement, je cherchais des yeux Albert Speer; sans doute dans la nacelle la plus luxueuse à l'avant du vaisseau. Mais les occupants de cette nacelle manquaient singulièrement de liesse, on ne voyait que des taches grises ou noires qui ne s'agitaient pas. Le bruit des moteurs s’éteignit dans un long chuintement semblable à celui d'une locomotive.

Une salve d'applaudissements monta spontanément de la foule. Je battis des mains à tout rompre, l'instant était proprement historique : les liens rompus entre deux grands continents venaient d'être rétablis. Six ans après la fin des combats en Europe, la Grande Guerre prenait fin. Nous vivions des temps nouveaux.

vendredi 16 janvier 2009

36. Leclerc - Adrien Dansette

Il y a de nombreux autres ouvrages consacrés au maréchal Leclerc. Ce qui est platte, c'est que je sois tombé sur celui-là. Parce que, les amis, Adrien Dansette est soit un lèche-cul de première, soit un maître de la dithyrambe nauséeuse - encore que, à la vérité, l'un n'empêche pas l'autre; voire, l'un conduit directement à l'autre.

Cette hagiobiographie (lisez et vous comprendrez), écrite en 52, cinq ans après que Leclerc ait cassé sa pipe dans un écrasement d'avion, en pleine gloire post-Seconde guerre, vise à faire un portrait plein de complaisances du militaire, faisant passer pour marottes son anti-parlementarisme et sa grande manie des exécutions sommaires.

C'était pourtant un grand chef de guerre et un brillant tacticien, à défaut d'avoir le sens du politique des grands stratèges. Mais ce livre ne lui rend pas justice... J'en lirai un meilleur un de ces jours.

Cote 0 / 10

Leclerc
Adrien Dansette
Flammarion
230 pages, avec des photos.

Promesse faite, promesse tenue (en partie)

Une de mes résolutions pour l'année, c'est d'acheter beaucoup moins de livres. En 2008, j'en ai acheté 185, ce qui est colossal mais pas si inhabituel que ça. Là-dessus, j'en ai lu 53, moins de un sur trois.

Et j'ai de moins en moins de place pour les ranger...


Mon objectif pour 2009, c'est un achat par semaine, pas plus. À date, ça tient. Je n'ai acheté que La partie de Ken Dryden, pour les bons souvenirs.

Par contre, j'ai acheté un nombre considérable de magazines, à preuve :

Batailles
Combat Aircraft
Writer's Digest
Scientific American Mind
Scientific American Earth 3.0
La diplomatie
The Quaterly of Military History

Mais vu que ce sont des magazines, je me dis que ça ne compte pas vraiment ! Ha ha. Hypocrite, va !


mercredi 14 janvier 2009

Le grand bond en avant

De 9 heures à midi, chaque lundi et mercredi, Benjamin va à l'Atelier la boîte à surprises à Rigaud, pour apprendre à établir des contacts avec des enfants de son âge. Comme c'est un enfant timide, le processus est long. Mais aujourd'hui, il s'est dévergondé comme ça ne lui était jamais arrivé encore. Il a parlé, parlé, Ann, son animatrice préférée, lui a fait parler de ses camions et Benjamin a rompu les digues. À la maison, il parle beaucoup, il jase, raconte des histoires, en invente, explique comment ses camions transportent du ciment ou des cornets aux pinottes, comment Shinook attaque tous les autres chats, comment Pogo est "mon petit amour", etc. Il a la parole facile et la verve d'un bon conteur.

Mais à la "garderie", pas de ça. Généralement, il est silencieux et sur son quant-à-soi. Pas aujourd'hui cependant, il a parlé d'abondance devant ses amis, et il a joué avec les autres à courir autour des tables pour un jeu qui s'appelle "Lumière rouge, lumière jaune, lumière verte".

Ça me rend très fier. Je mets donc une série de photos qui n'ont pas rapport, sauf que Benjamin y apparaît, et qu'elles rappellent que l'été s'en vient. (NB Il est quand même beau mon petit garçon.)









Bonsoir chez vous !

Patrick McGoohan est mort hier. Il avait 80 ans. C'est lui qui incarnait le Numéro 6 dans la série britannique Le prisonnier, dans laquelle il avait popularisé l'expression : Bonjour chez vous !

dimanche 11 janvier 2009

La rentrée littéraire

Cet hiver et ce printemps paraîtront les nouveaux livres de Nadine Bismuth, Jacques Poulin, Nicolas Dickner, sans compter les nombreux opus de Mathieu Fortin. Youm youm ! On va se régaler !

35. World War Z - Max Brooks

En vieillissant, je me rends compte que j'ai de moins en moins de patience avec les livres. Est-ce seulement l'âge, ou alors ai-je trop lu pour me laisser berner par des livres pauvrement faits, médiocrement écrits, ou lourd d'une idéologie trouble ? C'est ce qui arrive avec World War Z.

Ce roman a deux très grandes qualités : l'originalité du concept qui se présente comme un recueil de dépositions orales de certains acteurs de la guerre contre les zombis, un peu à la manière des livres sur la seconde guerre mondiale, et l'idée d'un conflit global contre un adversaire pratiquement invincible, qui se nourrit de la mort et dont le nombre semble grossir exponentiellement. Le roman est fait d'une série d'anecdotes qui, s'additionnant, finissent par composer un portrait saisissant de cette guerre.

Ça, ce sont les bonnes choses. Passons aux moins bonnes et commençons par la pire des moins bonnes : le taboire d'ethnocentrisme étatsunien qui vient ruiner un projet pourtant prometteur, c-à-d la présentation d'un portrait mondial du conflit. Mais un auteur US peut-il échapper à la propagande de son propre pays et aux mythes que les Étatsuniens se font d'eux-mêmes ? Pas un auteur de l'envergure de Brooks, en tous cas. De qui parle-t-on le plus dans ce livre, des USA ! Quel pays se lève debout pour lancer la contre-offensive sur les zombis et montrer la voie au monde libre ? Devinez... Ben oui, les USA ! Tous les protagonistes de quelque pays qu'ils soient utilisent des métaphores étatsuniennes pour décrire les aléas de la guerre chez eux, etc., etc. Vraiment chiant cette petite perspective et ça réduit la portée du roman. Vers la fin de ce long livre inégal, ça devient franchement imbuvable.

Autres moins bonnes choses : les récits sont souvent inégaux, en longueur, en intérêt et en plaisir de lecture. Il y a un petit fumet de tirage à la ligne qui s'élève de certains épisodes. Sans oublier l'utilisation massive de stéréotypes culturels pour mieux définir les peuples, ainsi les Japonais sont un peuple de fourmis actives, les Russes sont dépressifs, alcoolisés et suicidaires, les Étatsuniens entreprenants, etc. Brooks ne s'est pas forcé les neurones sur cet aspect-là des choses.

Et pour finir, les incohérences et les invraisemblances. Non, M. Brooks, jamais, jamais, au grand jamais, une organisation militaire va-t-elle demander à des pilotes de chasse de remplacer sans raison majeure des pilotes de transport, un Hercules n'est pas un Raptor. Et enfin, j'aurais aimé en savoir un peu plus sur le virus qui a transformé la race humaine en zombis. Par moment, la conversion par morsure semble être instantanée, à d'autres elle semble s'étendre sur plusieurs jours (selon l'impact dramatique recherché par l'auteur).

World War Z commence sur les chapeaux de roue. Idée originale, concept idoine. Puis, ça devient vaseux. Déception de taille pour ce lecteur.

Cote 5 / 10

World War Z
Max Brooks
342 pages

vendredi 9 janvier 2009

Un petit cadeau

Ce soir, en revenant de travailler (et de magasiner, ma foi), Suzanne m'a offert La théorie des cordes de José Carlos Somoza, un gros roman qui a l'air complexe et prenant. Quelle belle surprise ! Je vais me coucher heureux.

mercredi 7 janvier 2009

The tale of Despereaux

Très, très joli film que nous avons vu lundi dernier. The tale of Desperaux raconte l'histoire d'une souris qui se prend pour un chevalier, d'un rat qui veut vivre au soleil, d'une soubrette qui rêve d'être princesse et d'une princesse prisonnière de la tristesse de son père le roi.

Le film est d'une beauté vraiment extraordinaire au service d'une histoire plus complexe que celle qu'on sert généralement au jeune public des films d'animation. Et c'est là que le bât blesse. Parce que si le marketing du film ratisse le plus large public possible, il faut dire que The tale of Despereaux n'intéressera pas beaucoup les enfants les plus jeunes - ceux de moins de quatre ou cinq ans, disons.

Le film est noir. Voyez plutôt, Despereaux est banni et donné pour mort, Roscuro (le rat) est la cause du grand chagrin du roi et de l'exclusion des rats de la société des hommes; la soubrette est une pauvre fille abandonnée et maltraitée, et la belle princesse s'étiole depuis la mort de sa mère. Bon, ça ne porte pas au rire, là.

De plus, le rythme est très lent, surtout dans la première heure; le héros met du temps à apparaître : on ne voit Despereaux qu'après une longue mise en scène d'une bonne quinzaine de minutes. Durant ce temps, on sent que les jeunes enfants n'y trouvent pas leur compte et que l'ennui les guette. Benjamin (et quelques petits amis aux alentours) trouvait le temps vraiment long, s'agitait, changeait de siège, regardait le décor de la salle, etc. Son intérêt ne s'est ravivé que dans le dernier tiers alors que la princesse est kidnappé et qu'un peu d'action est insufflé au film.

En bref, un très beau et très bon film. Magnifiquement interprété par un casting impeccable. Mais ne plaira pas à un jeune enfant de moins de cinq ans. 

Cote 7,5 / 10

mardi 6 janvier 2009

Bullitt - le remake - en plus court




Benjamin sur son plasmacar (c'est le nom commercial de l'engin). Pis regardez pas le ménage !

vendredi 2 janvier 2009

Winnie l'ourson

Mardi dernier, nous sommes allés voir Winnie l'ourson au Théâtre Saint-Denis. Un excellent spectacle que nous recommandons à tous. Il y a plein de mouvement et de couleurs, c'est suprêmement bien fait, et en version française, svp. La participation des enfants est souvent sollicitée pour les chansons, toutes très connues, ainsi que pour appeler certains personnages. En gros, ça raconte comment les animaux de la forêt des Cent Acres vont faire une surprise pour l'anniversaire de Winnie : quelques contrariétés sont au rendez-vous, on l'imagine, mais tout ça se résout dans un happy-end emballant. Bravo le spectacle, on va y retourner l'an prochain, c'est sûr.

Quelques photos :

La bonne humeur est dans le char, Benjamin et moi massacrons allègrement Sur le pont d'Avignon.

Au théâtre, un peu avant la représentation, Benjamin et Suzanne. Notez que Monsieur B. a ses bottes aux pieds et un jouet Winnie de circonstance entre les mains.

Ça commence, Mickey et Minnie ouvrent le spectacle – dont ils ne font pas partie, par ailleurs.

C'est parti, mon kiki, comme dit Benjamin.Ici, Bouriquet et Coco Lapin.

Toute la bande est là, ou presque. Dans l'ordre : Porcinet, Petit Garou, Bouriquet, Winnie et Maître Hibou.

Dernier acte : Tous les amis de Winnie sont présents pour le gâteau dans lequel se cache Tigrou.

Un spectateur très décontracté, déchaussé et assis sur une pile de manteaux d'hiver surmontée d'un siège d'appoint.

Un excellent spectacle qui a ébloui et charmé.

jeudi 1 janvier 2009

Pour 2009

En plus de la santé, je vous souhaite pour l'année qui débute de bonnes lectures et des tas de ces petits riens qui rendent la vie plus belle et si merveilleuse, comme un enfant qui vous fait un bisou ou un chat qui se couche sur vos cuisses.

mercredi 31 décembre 2008

Pirouette, cacahuète...

Creuser des trous dans la neige à l'aide des pépines de Benjamin et y cacher des cacahuètes pour les écureuils fut notre dernière activité extérieure de 2008.

On se retrouve en 2009 pour les souhaits de bonne année.

mardi 30 décembre 2008

Allô, papa, mon numéro, c'est le 450-451-6294

Papa,

Encore une fois, tu as invité Claude et Michelle pour un souper chez toi, et tu as oublié de me lancer une invitation. C'est la quatrième fois cette année, et pour Noël qui plus est. Ça me déçoit un peu et tu comprendras que j'en conçoive un peu d'amertume; d'autant plus que, pour être honnête, cette situation dure depuis pas mal d'années, on ne se le cachera pas...

Mais, après une intense séance solo de remue-méninges, j'en suis venu à la conclusion qu'il ne peut y avoir que deux raisons pour lesquelles tu ne nous as pas invité (moi, Suzanne, ainsi que Benjamin, seul héritier des Tremblay pour le moment) à un souper réunissant tous tes enfants :

a) tu ne veux pas me voir,

b) tu n'as pas mon numéro de téléphone.

Voilà, ô mon papa, la situation est dorénavant corrigée. N'oublie pas de faire le « 1 » avant, c'est un interurbain. Au plaisir de.

Ton aîné,

richard

lundi 29 décembre 2008

Quand on y pense bien...

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dimanche 28 décembre 2008

Bilan de santé

2008 fut l'année de tous les dérèglements.

Bon, ça a débuté avec une bronchite pas piquée des vers (traitée aux antibiotiques). Elle s'est poursuivie avec une tendinite récurrente, de l'aponévrosite plantaire à mes deux petits petons (merci la douleur), deux solides entorses à la même cheville en dix jours (saleté de terrain), et elle s'est terminée sur un rhume bizarroïde qui a pris tour à tour une allure d'otite (ostite que ça fait mal) puis de sinusite, rhume qui s'est incrusté cinq semaines jusqu'à la mi-décembre et qu'il a fallu combattre avec deux antibiotiques consécutifs. « Surveillez les symptômes, m'a dit mon médecin, deux antibiotiques forment un terreau fertile pour la bactérie C. difficile ! » Merci, docteur, vous me rassurez. Heureusement, le mal est parti; mais je dois surveiller mes selles pendant encore une dizaine de semaines car c'est par là que se manifestent les premiers symptômes d'une infection à la C. difficile.
...
Quand même, l'année se termine comme elle avait commencé : avec des antibiotiques.

Ont été découverts ou se sont manifestés en 2008 :
  • une ischémie mineure (c-à-d un léger blocage coronarien)
  • des épines de Lenoir à chaque pied
  • de l'arthrose à une phalange distale
  • une hernie hiatale
  • sans compter que j'attends les résultats de mes tests d'apnée du sommeil – ce qui est plus que probable.
Ceci sans oublier mes vieilles permanentes : asthme, hypertension, hypertriglycéridémie.
...
Vieillir, c'est mourir un peu, dit-on. Je viens d'en faire un sacré bout sur la pente descendante, là.

Jacques Côté dans le Journal de Montréal

En page 11 du Journal de Montréal aujourd'hui, un article sur l'opération chirurgicale que vient de subir Rose Côté, six ans, pour la guérir de sa scoliose grave. Il y aura d'autres opérations, semble-t-il, mais au moins ça lui permettra de vivre mieux et plus longtemps. Rose est la fille de Jacques Côté, l'auteur de romans policiers. On peut d'ailleurs le voir sur la photo, en compagnie de sa conjointe et de leurs deux très mignonnes fillettes.

Jacques Côté est le meilleur auteur de polars au Québec. Ce qui me rappelle que je n'ai pas encore lu son dernier.

Pour l'instant je lis Si l'oiseau meurt de Francine Pelletier, un roman dont je ne pense pas que du bien.

samedi 27 décembre 2008

Bilan 2008

Je vais mettre plein de choses dans ce bilan question de lui donner de l'épaisseur, mais c'est factice. La réalité, c'est une nouvelle complétée, soumise et rejetée, puis soumise ailleurs.

À tout seigneur tout honneur. Comfort Food : commencée et complétée en un mois, soumise à Biscuit chinois, refusée par eux (les salauds !) et soumise au concours de nouvelles XYZ juste à temps pour le 31 décembre.

Plusieurs textes ont été amorcés ou augmentés au point où je suis en mesure de croire que certains vont être complétés en 2009 : Armer le chien, Le divertissement du roi, La montée, L'oeuf du chat, William, Treblinka Dancing, Prokorovkha, Le Zeppelin, Nos maîtres, Que c'est beau, c'est beau la vie !, La ville immortelle, L'Assassin des chats, Ahmadinejad et la bombe, Le prisonnier et l'Inspecteur Gronnk.


À ça, j'ajoute les quelques 22 ou 24 milles mots publiés sur ce blogue. C'est pas rien. Compte tenu que ma production annuelle depuis des lustres ne devaient pas dépasser quelques centaines de mots en moyenne, je suis étonné de ce renouveau. D'autant que le blogue a vu le jour à la fin de juin, idem pour ma poussée d'écriture de fiction.

Maigre bilan sur le plan production, mais grosse poussée d'adrénaline.

mercredi 24 décembre 2008

90 minutes avant Noël

Une heure et demie avant Noël. Le cadeau de Benjamin est finalement emballé. La maison est chaude et tranquille, j'entends seulement le bruit de la pluie contre la porte-fenêtre arrière et le sifflement du vent qui se lève par intermittence. Si je fermais les lumières de la cuisine, je ne verrais que le noir de la forêt tout autour.

Benjamin et Suzanne dorment en haut. Que font les félins ? Joséphine est couchée au pied du comptoir de cuisine, B-3 et Margo sont affalés sur le canapé, Krusty est en boule sur le fauteuil. Cricri fait un brin de toilette sur son banc de bois préféré. Chinook est dans la cave, peut-être dort-il ou chasse-t-il un petit rongeur ?  Pogo est lui aussi en haut, couché au pied du lit des maîtres, privilège du chien.

Joyeux Noël à tous ceux et celles qui viennent de temps en temps jeter un coup d'oeil sur mes petites inepties.

dimanche 21 décembre 2008

La lumière Sophie

J'avais un problème avec une nouvelle amorcée il y a quelques années. Un problème qui me créait énormément de frustrations parce qu'il m'empêchait de continuer à écrire ce texte (qui s'appelle La montée) quel que soit l'angle sous lequel je l'approchais.

Le fait est que je pensais écrire une nouvelle de sf - pas pure et dure, pas franche comme on semble dire maintenant, mais qui incorporait des éléments indubitablement sf et qui, à mes yeux du moins, la faisait appartenir à ce genre. Mais j'éprouvais un malaise...

Cette semaine, la lumière Sophie, pardon, la lumière se fit. Le problème c'est qu'alors que je tentais de développer ma nouvelle dans un cadre sf, en réalité elle n'appartient pas du tout au genre en dépit d'une parenté certaine. La montée est une nouvelle absurde. Ah ha, mais ça change tout.

Les idées de développement que je rejetais, elles fonctionnent maintenant. C'est fou quand même. Problème de sémantique anodin pour la majorité, mais gros bloc rédhibitoire pour bibi.

Maintenant, on with the show, comme disait Bugs Bunny.

samedi 20 décembre 2008

34. Envoyé spécial - Michel Jean


Après la publication en 2006 de l'excellent Russie des illusions, un livre de Michel Cormier, correspondant de la SRC, voici un autre livre d'un journaliste qui a longtemps travaillé à la SRC avant d'aller au réseau TVA. Voilà un champ littéraire bien peu exploité au Québec, j'espère qu'on va désormais le développer.
Alors que Cormier, partant de son expérience de terrain, fait un travail d'analyse sur la situation en Russie, Michel Jean se contente plutôt de raconter les aléas souvent limite de la vie d'un envoyé spécial aux quatres coins du monde lors d'évènements ou de crises. C'est absolument passionnant. La plume de Jean est alerte, il a le sens du détail accrocheur et de l'anecdote porteuse de sens. Son portrait de la pauvreté à Haïti, du climat de violence et de corruption permanente qui y règne est magistral,right on the button.

Michel Jean a couvert la tragédie des Éboulements en 97, l'invasion de l'Irak en mars 2003, la guerre du Liban en 2006, le départ du président Aristide et le tsunami au Sri Lanka. Une vie mouvementée, voire dangereuse, que l'auteur rend avec brio.

Ce lecteur-ci a littéralement dévoré ce livre.

Cote 7 / 10

Envoyé spécial
Michel Jean
Stanké
299 pages

mercredi 17 décembre 2008

J'cours les concours...

Voilà donc les appels à texte qui m'intéressent pour le premier trimestre de 2009. Je vais tenter de participer à quelques-uns assurément - ceux marqués par des astérisques, entre autres.

15 janvier
L'inconvénient n° 35
« Le sens du combat »
Longueur maximale indéterminée

15 janvier
Zinc 17
« Environnement et surconsommation »
10 pages

**1er février
Biscuit chinois 11
« Moustaches »
3000 mots

20 février
Prix Alibis
10 000 mots

28 février
Katapulpe 8
« Bonbon »
1250 mots

1er mars
Virages 48
« Hypocondriaque, moi ? »
4000 mots

**10 mars
Clair-obscur 4
« Zombi »
Longueur maximale indéterminée

**20 mars
Prix Solaris
7500 mots

En outre les revues suivantes n'ont pas vraiment de thèmes et sont donc en appel permanent de textes :

**Solaris, Alibis, **Brins d'éternité...


mardi 16 décembre 2008

Maudite cochonnerie à marde

L'an dernier, l'abri utilitaire que nous avions acheté s'est lui aussi effondré, mais faut dire qu'il y avait à peu près 3 pieds de neige par-dessus. On peut comprendre. Il nous avait duré quand même quatre ans, ce qui n'est pas rien.

Pour le remplacer, nous avons acheté et installé cette splendide cochonnerie, en solde chez Canadian Tire à 299 $. L'abri ShelterLogic n'aura même pas fait deux mois sur le terrain, terrassé par moins de six pouces de neige. La toile est déchirée et les montants sont cassées. On va nous revoir chez Canadian Tire pour un remboursement - ça c'est certain.

En attendant nous allons devoir trouver un endroit pour entreposer la rippe de l'écurie et les quelques bidules qui y étaient entreposés.

Déjà des emmerdements et l'hiver est même pas commencé. Osti de cochonnerie à marde...
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vendredi 12 décembre 2008

33. Clair-obscur n° 4

La couverture du quatrième numéro de Clair-obscur est superbe, très claire et dynamique. Le numéro ne compte que deux fictions (et des reprises par-dessus le marché); je ne sais pas si ce petit nombre de textes est la norme ou pas, c'est la première fois que je lisais ce fanzine, on verra avec les prochains parutions.

La goutte qui fait déborder le vase de Benoît Dutrizac. (Texte paru en 1996 dans la revue Stop). Une nouvelle plutôt insipide qui m'a laissé incrédule. Dutrizac peut être un auteur assez performant si on lui laisse la place pour développer ses idées et les mettre en action (Kafka Kalmar, kelkun ?). Dans la nouvelle ultra-courte, les faiblesses de sa manière sont criantes: personnages de carton-pâte, motivations bidon, psychologie abrupte, etc. Ce texte méritait-il d'être sorti des limbes où il croupissait ? Pas selon ce lecteur-ci. Cote 2,5 / 10

Mort subite... et bien fraîche de François-Bernard Tremblay. (Texte paru en 2003 dans la revue Alibis). Une autre histoire alambiquée, mais mieux réussie que la précédente. Pas facile d'être à la fois concis, créer des personnages crédibles, des motivations béton, une histoire intéressante et originale, tout ça en 5 pages. Pari pas tout à fait tenu, mais bel effort quand même. 5 / 10

Clair-obscur 4 offre un très satisfaisant mini-dossier sur Jacques Côté : une brève interview, une critique de son dernier roman et une assez longue pièce dans laquelle l'auteur explique comment il a réussi à écrire son premier polar. Une entrevue avec Norbert Spehner (toujours intéressant) et quelques commentaires sur des parutions récentes viennent clore le numéro.

En somme, un numéro avec des fictions désapointantes, mais, bon, on verra à l'usage. Cote 5 / 10

mercredi 10 décembre 2008

32. Solaris n° 144


Volvox de Marie-Josée L'Hérault. Cette nouvelle absolument géniale de MJL est de celle qui nous renvoie à notre propre médiocrité. On lit ce texte et on se dit qu'on serait bien mieux de se recycler dans la culture des patates plutôt que de tenter d'écrire encore un seul mot. Quel texte ! C'est drôle, fin, mémorable, prenez une gerbe d'épithètes et déposez-la au pied de la page 78, où se termine la nouvelle. Marie-Josée L'Hérault nous propose la suite de Volvox dans les Tatouages d'humeur, parue dans le Solaris 161, tout aussi géniale. Une auteure majeure est née (et son recueil de fiction canonique, en demi-teinte fantastique, Tokyo Express ne se compte pas pour des prunes, si vous voulez mon avis.) Cote 10 / 10

Outcast de Gauillaume Ferber. Après trois pages ce texte n'avait toujours pas su capter mon intérêt. J'ai abandonné. Non-coté.

La tentation d'Adam de Mehdi Bouhalassa. Ben dîtes donc, la direction littéraire de Solaris tient vraiment à me montrer le chemin de la culture des tubercules. L'histoire est ici moins forte et originale que chez L'Hérault, mais elle est dense, maîtrisée et écrite dans une langue irréprochable. Il n'y a que vers la fin où l'auteur précipite un peu trop les choses, où la très grande qualité de l'écriture cède un tout petit peu, la fin apparaît aussi un peu précipitée, mais le chemin pour s'y rendre est envoûtant. Bouhalassa est un auteur à suivre attentivement. 9 / 10

Un des meilleurs numéros de Solaris que j'aie lu, sinon le meilleur toutes catégories. 8 / 10

dimanche 7 décembre 2008

31. Brins d'éternité n° 21


Le robot qui parlait dans le vide de Pat Isabelle. Les short-short sont d'habitude des histoires à chute, souvent rigolotes, cabotines ou provocatrices. La nouvelle de Pat Isabelle n'est rien de cela, c'est au fond l'histoire infiniment triste d'un être inachevé à la recherche éternelle de quelqu'un avec qui entrer en contact. Sur un ton qui se révèle optimiste, on a là une métaphore sur l'homme moderne. 7 / 10

À la limite d'Alamo St-Jean. Autre constat de la condition humaine, ce court texte, mais constat dur, violent, ne proposant pas d'espoir. Une excellente première nouvelle pour ce jeune auteur. 6,5 / 10

Le loi du plus fort de Dave Côté. Étonnante histoire que j'ai beaucoup aimé. Ce gendre qui regarde avec délectation son futur beau-papa est un délice (gastronomique). 8 / 10

La malédiction de McNeil de Jonathan Reynolds. Là, je dois avouer ma déception. Pouquoi ? Je ne sais pas. Je ne suis généralement pas amateur de fantastique, mais cette histoire compliquée en forme de serpent qui se mord la queue ne m'a pas beaucoup plu. J'imagine que le lecteur plus familier avec les nouvelles du cycle de McNeil va l'apprécier mieux que celui qui l'aborde avec cette nouvelle riche en auto-références. 5 / 10

Un excellent numéro. Tout est bon. More, more, more... Cote générale 7 / 10

samedi 6 décembre 2008

Le marché du carbone pour les nuls

Simple et efficace :
© The Onion 2008

jeudi 4 décembre 2008

Son tour de chant...

Depuis son 3e anniversaire, Benjamin s'est découvert une passion pour l'art vocal. Chaque semaine son répertoire s'élargit, et bientôt, je crois, humblement, Bruno Pelletier n'aura qu'à bien se tenir.

Pour le moment, voici de quoi se compose son tour de chant :

Mon pays bleu
La bizoune en l'air 1
La bizoune en l'air 2
Sur le pont d'Avignon
Un Chinook à moto
Ma pépine shake à Chibougamau
Père Noël, emporte des bébelles
plus quelques ritournelles d'émissions de télé : Lunar Jim, Little Einsteins, Handy Manny, etc.

Il a une très jolie voix de ténor léger, très léger même à 29 livres, et beaucoup d'enthousiasme. Benjamin Tremblay, prenez note de ce nom.

mercredi 3 décembre 2008

Bolt


Après Beverly Hills Chihuahuas, voici la nouvelle comédie canine de Hollywood, Bolt, un long-métrage animé. Un chiot, vedette à son insu de la télé, se croit investi de super-pouvoirs. Suite à un quiproquo, le chiot, Bolt, s'évade de sa prison dorée et est confronté au monde réel dans le but de « sauver » sa jeune maîtresse. Il va faire la rencontre d'un chat, Mittens, et d'un hamster, Rhino, qui deviendront ses meilleurs amis après quelques conflits de caractère.

Rien de bien original, mais l'action est menée tambour battant et on ne s'ennuie pas. C'est plutôt violent, et Benjamin, qui a trois ans et quatre mois, a eu quelques reculs devant certaines scènes, surtout au début où l'humour est du genre absent. L'animation est absolument irréprochable, la texture des fourrures et des truffes est particulièrement bien rendue. On applaudit.

J'ai été déçu par la parcimonie de l'humour. Il n'y en a pas tant que ça. C'est d'abord un film d'action, avec deuxbuddies disparates (pensons à tous ces films policiers avec les deux partenaires qui ne s'entendent pas). En somme : c'est conventionnel, pas très remarquable, mais c'est un divertissement correct. Seul bémol pour moi, Travolta comme voice actor est un choix assez faible avec sa voix somme toute monocorde.

Cote 6 / 10

lundi 1 décembre 2008

Mon système de santé est meilleur que le tien...

Le système de santé est malade au Québec. On attend des heures, des heures et des heures aux urgences qui sont bondées. Ben, moi, môssieu, j'ai été voir ailleurs, oui, môssieu. J'ai été hier soir à l'urgence de l'hôpital de Hawkesbury, qui se trouve en Ontario, en pays quasiment étranger, au point que je me demande toujours s'ils vont accepter mes devises canadiennes là-bas (c'est idiot mais j'ai tou-jours cette petite pensées insidieuse qui me trotte dans le cerveau dès que j'entre en Ontaria-ria-rioooo).

Oui, môssieu, j'ai été dans une urgence en Ontario. J'ai attendu sept heures, môssieu, sept heures, je dis, sept, et je le répète. Sept. Et l'urgence était même pas bondée. On était quatre pélerins au départ. C'est déplorable. It is franchement dégueulasse. Partout, ça craque, partout, ça s'écroule...

Sept heures d'attente pour voir un médecin qui m'a prescrit en cinq minutes un gargarisme (!!!!!) pour ce que je croyais être une maladie mortelle mais qui s'est révélé être une infection virale qui s'amusait à pasticher la gastro-entérite, l'otite, la sinusite et la toux bronchitique.

En sortant de là, à deux heures et demie du matin, il tombait une merde verglaçante à pleins tombereaux et l'entrée de l'autoroute 40 était barrée. Pour revenir, il m'a fallu manoeuvrer dans un arrière-pays plat sur des chemins de campagne longs, droits et ennuyeux comme des Anglais. Il a neigé-plu-grêlé-chiassé comme ça de Hawkesbury jusqu'à la frontière du Québec où ça s'est transformé en crachin. Authentique. Je vous le dis, l'Ontario, c'est pas accueillant.

Bon, là, ça va mieux. La 'tite montée de lait est passée. Ouf, on respire par le nez.