vendredi 30 juillet 2010

Bientôt dans une certaine chaumière de Rigaud...

Il est tout petit, wi-fi, presque le fin du fin de la technologie de M. Bezos. J'ai craqué. Il arrivera fin août à la maison. On s'en reparlera à ce moment.

L'argument vendeur par rapport aux Kobo, Nook, Sony, et tutti quanti, ce petit clavier au bas de l'appareil qui permet de prendre des notes dans le texte. Quelle fabuleuse idée !

jeudi 29 juillet 2010

Comme un rire d'enfant - Alamo St-Jean

Alamo St-Jean, son blogue est ici, fait la preuve qu'une histoire n'a pas besoin d'être très longue pour avoir de la profondeur et du punch. Jeune auteur des littératures de l'imaginaire, ses textes sont assez inclassables merci.

Comme un rire d’enfant

Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 11 août.

mardi 27 juillet 2010

D'un service de presse l'autre...

Au printemps dernier, je me faisais offrir le service de presse des éditions du Marchand de feuilles, proposition qui avait suscité un enthousisame débordant de ma part (je ne reviendrai pas sur mes rêves de grandeur de l'époque). J'ai reçu deux livres et j'ai fait un commentaire sur Brigitte des Colères, un  roman, disons, perfectible. Ça n'a pas eu l'air de plaire au Marchand de feuilles, qui a coupé court à l'expérience sans explication. Le courriel envoyé n'a pas donné de résultat. J'aurais au moins aimé savoir les raisons du pourquoi.

Il y a deux semaines, surprise, un autre éditeur me fait une demande similaire. Cette fois, c'est la maison Popfictions. Je deviens mou comme une guenille quand on m'offre un livre, et j'accepte encore une fois. J'espère juste que Popfictions est moins susceptible que Marchand de feuilles.

En attendant, il y aura au moins deux ouvrages de cet éditeur qui seront commentés dans les prochaines semaines. On verra à l'usage.

vendredi 23 juillet 2010

Comment divertir un garçon de quatre ans pour pas cher

Un mot :

Et je ne pense même pas à la piscine de petites balles colorées à l'entrée du magasin.

Benjamin et moi nous sommes allés magasiner chez Ikea l'autre jour. Avant de l'acheter, je voulais voir un certain buffet question de m'assurer que la bête entrerait bien dans la chambre de bains de l'étage.

Il faut dire que j'aime magasiner les outils, les jouets, les livres, la papeterie, l'électronique, les bébelles en général. Faire l'épicerie est un bonheur. Benjamin a hérité de ce gène bien paternel, parce que, pour sa part, Suzanne déteste ce qu'elle considère comme une corvée. Mais, lâchez-nous lousse, tous les deux, moi et fiston, dans à peu près n'importe quel magasin, et notre plaisir sera immense.

Sa petite menotte dans la mienne, nous sommes entrés chez Ikea vers 11 h 30. Et, dès le grand escalier monté, Benjamin est devenu comme possédé. Quel prodige cet endroit pour un enfant curieux ! La vraie caverne d'Ali Baba.

Il a essayé presque toutes les chaises, faisant tourner celles qui tournaient, faisant balancer celles qui balançaient. Il m'a longuement interrogé sur le pourquoi de ceci et le pourquoi de cela (il n'en est pas encore au comment). Il a établi ses préférences quant aux couleurs des chaises : le rose, magnifique ! le bleu, ordinaire! le brun, c'est beau, papa ! Il a adoré les tissus à carreaux, en plus de s'extasier devant les meubles rétro, style seventies.

On a passé une heure dans les chaises et fauteuils. Calvaire, je commençais à trouver ça long, moi même qui suis d'ordinaire d'une patience infinie...

On sort enfin de ce département-là et on se retrouve dans les lits -- heureusement, ça ne l'intéresse qu'à moitié. Mais que trouve-t-on près d'un lit et qui fascine un garçon de quatre ans ? Les lampes et autres luminaires ! J'ai faim et je tente d'amener Benjamin au resto Ikea goûter aux tites boulettes suédoises qui ont l'air bin bonnes sur les pancartes. Benjamin ne veut pas entendre parler de ça. On continue notre périple.

Je jure qu'il n'y a pas une lampe, un luminaire ou une ampoule qui pouvait être allumée dans ce gigantesque magasin qui ne l'a pas été, et plusieurs fois à part ça. On a mis trois heures et demi, trois heures et demi, pour se rendre au meuble que je voulais voir.

Nous sommes sortis de cet enfer un peu après 15h00. Benjamin était ravi, moi épuisé. Mais le buffet fitte, comme qu'on dit.

mercredi 21 juillet 2010

146. Queen Size - Louise Tremblay-D'Essiambre

Ce premier jour de l'année scolaire, Pauline Ferland fait connaissance avec ses élèves de secondaire. Certains vont lui donner des difficultés, elle est capable de les identifier immédiatement, d'autres vont lui donner de grandes joies. En même temps, elle est en réflexion face à sa vie personnelle qui n'est pas un paradis. Où est le bonheur quand on est obèse ?

Il n'y a pas vraiment d'intrigue dans ce court roman, seulement une épiphanie; celle de Pauline qui, la première nuit de la rentrée scolaire, trouve le courage de se regarder dans un miroir, sans préjugés, et de s'accepter finalement telle qu'elle est. Quarante-huit heures dans la vie de cette femme joviale et bonne que son obésité empêche de vivre pleinement.

Tout l'art de l'auteure, et il est considérable si on tient compte de l'absence d'un arc narratif fort, est de tisser le quotidien de Pauline avec habileté et d'attirer le lecteur dans l'univers émotionnel et psychologique de cette femme qui a toutes les difficultés du monde à s'aimer et à s'imaginer être aimée. Son quotidien nous est minutieusement décrit, tout comme ses états d'âme. Le style est coulant, plaisant et Queen Size est l'oeuvre d'une écrivaine en pleine possession de ses moyens.

Pourtant l'auteure n'évite pas un impair qui aurait sans doute coulé une auteure moins habile qu'elle. Au dernier tiers du roman, la narration simple, jusque-là orientée sur le point de vue de Pauline, passe à une narration où l'auteure intervient directement dans le récit, avec notamment des encouragements dans le style : « Il ne faut lâcher, ma Pauline ! » Oh la la... Normalement, là, de dépit, j'aurais dû arrêter ma lecture en lançant le livre à bout de bras dans mes plants de tomates. Mais non, je ne l'ai pas fait. Tremblay-D'Essiambre survit à cet impair difficilement pardonnable, par son seul talent. Qu'on me comprenne, l'impair n'étant pas tant l'intervention de l'auteure dans son récit, il s'agit là d'un choix narratif parfaitement justifiable, que son irruption inopinée au beau milieu du roman; chez quelqu'un de moins talentueux, ça aurait donné l'impression d'un auteur maîtrisant mal ses procédés. Ici, ça passe; ça se remarque, mais ça passe.

Malgré deux bémols, le second étant le ton mélo de la fin, je recommande ce roman. Une bonne lecture pour la midinette en soi (part que j'assume pleinement, merci).

Cote 7 / 10

Queen Size
Louise Tremblay-D'Essiambre
Guy S-Jean, 1997
192 pages

145. Biscuit chinois n° 13

Biscuit chinois est une revue de littérature populaire; que des nouvelles, pas de critiques de livres, pas de commentaires philosophiques, que de la fiction. Chaque numéro est thématique, ici, c'est hôtel/motel. (Le site de BC est ici.)


Qui aura la peau de Panzer Bishop ? de Geneviève Blouin. Le président d'une ligue de combats extrêmes cherche à en redorer l'image par des moyens... extrêmes. La classique histoire de l'arroseur arrosé, version arts martiaux mixtes, en plus angoissant. Bien fait, mais ce lecteur-ci aurait aimé en savoir plus sur ce lutteur vieillissant et bedonnant (pensez Rocky) que sur le président qui n'est, au fond, qu'une fripouille de la pire espèce. Si l'auteure n'évite pas les clichés, il faut reconnaître qu'elle sait manier sa barque avec dextérité. 7 / 10

Cuba libre de Cathy Bazinet.Une touriste à Cuba prend conscience de le triste réalité d'un pays où un portier d'hôtel est plus riche qu'un neurochirurgien. Assez réussi, mais il y a du paternalisme dans l'attitude de cette touriste qui ne sait plus comment réagir. 6 / 10

Dodge Motel de Marie-Jeanne Gagné. Un jeune homme en panne d'auto fait une rencontre qui scellera une amitié. On nage dans le bon sentiment et l'utopie psychologique, ici. Pas vraiment réussi à cause du côté gnangnan des personnages, mais d'une lecture somme toute agréable. 5 / 10

Monsieur Stone d"Annie Cloutier. Dans un futur dystopique, une femme a un vague-à-l'âme sexuel qu'elle tente de combler au motel de Monsieur Stone. Une nouvelle de sf assez solide. Un style hachuré qui fourmille de petites idées. Une fin qui nous ramène joliment au point de départ. 8 / 10

Denise de Mélanie Jannard. Cadotte est un sans-abri désinstitutionnalisé, sa trajectoire va rencontrer celle de Mélanie. Yowzie ! Quel texte ! Solide, original. Ancré dans le ici et maintenant, sans fioritures. Émotions fortes à la clé. Il faut surveiller Mélanie Jannard, elle a un talent incroyable. 9,5 / 10

Le plaster de Simon Thibault. Un gars et une fille vont au motel consommer le début de leur séparation lente. Une bonne idée qui n'est pas portée par des personnages; on sent la fascination de l'auteur pour son idée, au détriment d'un peu de tout le reste. Froid. 6 / 10

En guise de remerciement d'Ulysse Hubert. Un suicidaire loue une chambre dans un motel tenu par un couple qui a un secret bouleversant à partager. Une nouvelle tout à fait réussie, où l'humour est subtil et charmant. Ce lecteur-ci en redemande. 8,5 / 10

Nuit blanche d'Aude Maltais-Landry. Par une tempête de neige dans un petit village du Grand Nord (à ce qu'il m'a semblé), une jeune femme attend un ami et observe la vie autour d'elle. Sur un canevas simple et avec des repères minimalistes, l'auteure crée une nouvelle fortement atmosphérique, peut-être même trop; parce qu'il m'a semblé que les meilleurs moments de ce joli texte étaient ceux qui étaient empreints du réalisme le plus prosaïque (la scène du grilled-cheese, par exemple). 7,5 / 10

Au final, une lecture extrêmement satisfaisante, un numéro que je recommande d'emblée. J'ai beaucoup aimé. Tiens, je m'abonne... De la bonne littérature avec de jeunes auteurs d'ici bourrés de talent, que peut-on demander de mieux ?

Cote 7,5 / 10

mardi 20 juillet 2010

Le Salon d'écriture des deux ermites

Cet après-midi, dans le secret le plus absolu, deux ermites se sont rencontrés pour un salon d'écriture à Valleyfield. (Salon curieusement tenu dans une salle à dîner.)

Aucune photo n'ayant été prise de l'événement, je me permets de mettre une photo d'un bernard-l'ermite. Lointain rapport, je sais, mais c'est joli.

À la surprise générale, dont la mienne, ils ont produit chacun plusieurs centaines de mots, l'un face à l'autre, la face plongée dans l'écran de leur portable et les doigts enchaînés au clavier. Peu de mots furent échangés et on n'entendit que quelques grognements inintelligibles (satisfaction ou insatisfaction, nul ne sait) échappés entre des sippes de café.

Mais les ermites ont aimé cette expérience commune (rarissime chez des êtres aussi retirés) et se promettent bien de remettre ça dès la semaine prochaine alors que le Salon d'écriture se transportera à Rigaud.

dimanche 11 juillet 2010

L’indécence du rêve et de ses effets à courts et moyens termes - Pat Isabelle

Pat Isabelle est un ami et nous avons beaucoup de choses en commun : on aime les mêmes littératures et nous écrivons tous les deux. Pat est un jeune écrivain plein de modestie et d'humour. Il a du talent à revendre et un style très particulier, caractérisé par une naïveté pas toujours innocente, mis au service de quelques thèmes forts et récurrents dont je me promets bien de vous entretenir dans un proche avenir, ici ou ailleurs. À suivre.


L’indécence du rêve et de ses effets à courts et moyens termes.


  Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 11 août.   

samedi 10 juillet 2010

144. The Day of the Jack Russell - Colin Bateman

C'est complètement par hasard que j'ai découvert Colin Bateman il y a quatre ans en achetant, en solde, The Horse With My Name (l'auteur est friand de ce genre de calembour pour les titres de ses livres). Ce qui prouve qu'il faut se fier à son instinct et que les librairies sont faites pour ces hasards heureux.

Bateman (son site) est l'auteur d'une vingtaine de romans noirs (parfois policiers) extrêmement drôles, full cynique, et lourds d'une violence pas toujours contenue, souvent plus implicite qu'explicite, mais terrifiante en diable. Le fait que l'action se déroule à, ou autour, de Dublin, dans une ville fictive nommée Crossmaheart, juste après les Troubles (comme disent les Irlandais pour désigner la récente guerre civile et l'occupation britannique qui l'accompagnait) y est pour beaucoup. Une haine palpable, une peur de tous les instants, le sentiment que tout peut s'enflammer en une seconde. Il est à noter que les moins bons romans de Bateman, ceux qui ont le moins fonctionné pour ce lecteur-ci en tous cas, sont ceux qui n'ont pas l'Irlande pour cadre, ou dont les personnages principaux ne sont pas Irlandais.

Ses meilleurs romans sont ceux de la série Dan Starkey, un journaliste malchanceux. Je me promet bien d'y revenir pour présenter plus en profondeur cet auteur unique et si peu traduit en français.

The Day of the Jack Russell (ha ha) est le deuxième titre d'une nouvelle série amorcée avec Mystery Man (2008). Le personnage principal n'est jamais identifié (à la manière du Nameless de Bill Pronzini), propriétaire d'une boutique de polars à Dublin et qui profite de ses (trop) nombreux temps libres pour résoudre de petites enquêtes dont la police ne veut pas s'occuper. Il est habile, il est futé, et les enquêtes qu'on lui confie ont tendance à se complexifier rapidement. Témoin cette histoire-ci où le vol d'un Jack Russell naturalisé aura des répercussions de plus en plus larges, au point où y seront mêlés des trafiquants de drogue, le MI5, le chef de la police de l'Irlande et deux femmes enceintes.

Cette nouvelle série est nettement moins prenante que celles consacrées à Starkey ou à Martin Murphy, notamment parce que l'élément comique se trouve moins dans les situations (là où excelle Bateman) que dans les réparties aigre-douces entre Mystery Man et sa blonde. D'où déception. Il y a pourtant d'excellents moments mais le roman est lent à démarrer (75 pages à patauger) et je ne peux pas le recommander sinon aux fans finis de Bateman, dont je suis, et qui l'auront de toute façon déjà lu. Si vous voulez connaître Bateman, je vous recommande plutôt I Predict A Riot, 100 % excellent.

Cote 6,5 / 10

The Day of the Jack Russell
Colin Bateman
Headline, 2009
375 pages
10,82 $ chez Amazon

lundi 5 juillet 2010

Reflets - Stéphanie Descôteaux

Voici une courte nouvelle qui détonne dans le courant littéraire actuel. Pas de dialogue, pas de vernaculaire. Seulement une longue description attentive aux détails et une vie que le lecteur découvre grâce à des mots simples, justes, bien sentis. Qui a dit que les jeunes ne savaient plus faire de description ? (En supposant que Stéphanie Descôteaux ne soit pas une nonagénaire férue de littérature !)

Reflets

  Tel qu'entendu avec l'auteure, ce texte a été retiré le 29 juillet.

dimanche 4 juillet 2010

143. La face cachée du soleil - François Aussanaire

Le recueil porte en sous-titre recueil de nouvelles noires et néanmoins délicieuses (à noter que le sous-titre de la page de garde diffère de celui de la couverture). L'éditeur ne ment pas. Ce sont des nouvelles noires et délicieuses !

Comme il y a quatorze nouvelles dans le recueil, je ne procéderai pas au cas par cas, sinon on sera encore là demain. Mais allons voir les plus notables :

L'allumeur de soleil. La météo est morose et bousille le tourisme de la Bretagne ? Méfiez-vous des initiatives du Bureau touristique régional ! Comme quoi, on s'en prend toujours au messager... 8,5 / 10

Two steps more. Il y a de curieux hiéroglyphes sur un rocher près de la falaise. C'est un mystère dont Catherine va bientôt connaître la signification. C'est très court et la fin est complètement inattendue. 9 / 10

Putain de rat ! Il part en solitaire faire la traversée de l'Atlantique. Son canot est insubmersible. Ça va être difficile, mais il sent qu'il va y arriver. Il se trompe... Ha ha ha, qu'est-ce que je me suis bidonné. ! Non seulement est-ce une histoire drôle, mais l'auteur fait montre d'un prodigieux métier en prodiguant l'air de rien une véritable montagne d'informations sur cette aventure. 10 / 10

Le cadeau des Blancs. Idrissa veut apprendre à jouer au foot comme ses idoles européennes. Mais le foot, en zone de guerre, c'est dangereux. Une jolie histoire avec une conscience. Sa fausse chute, puis la vraie, sont très réussies. 8,5 / 10

Promenons-nous dans les bois... Une cueillette de champignons en forêt, une chute sur une racine, une entorse et c'est le cauchemar... Une nouvelle parfaitement réussie avec une fin étonnante. 8,5 / 10

Mamie est morte. Mamie est morte mais la jeune narratrice ne sait pas bien ce que ça veut dire. On la tient dans l'ignorance « pour son bien ». Mais elle veut en avoir le cœur net... Alors là, attention, c'est prodigieux. Ça fait longtemps que je n'avais pas été secoué comme ça par un texte. C'est proprement génial. Pas un mot de trop et pas un mot qui manque. 10 / 10


Six excellents textes sur quatorze, aux yeux de ce lecteur-ci, c'est pas rien.

Aussanaire est un maître de la très courte nouvelle. Son sens du timing et de la chute est pratiquement sans défaut. Et à la drôlerie et à l'ironie de son premier recueil, l'auteur ajoute ici de nouvelles couleurs, dont l'horreur inconcevable. Je mets au défi quiconque de lire Mamie est morte... et de pas ressentir un petit frisson devant le drame de la jeune héroïne, une histoire d'ignorance pourtant truffée uniquement de bonnes intentions.

C'est plus noir, plus triste aussi, La face cachée du soleil marque une évolution dans son œuvre. On ne peut que s'en réjouir.

Cote 8,5 / 10

La face cachée du soleil
François Aussanaire
Éditions de la rue nantaise, 2010
80 pages
12 € (± 20 $ avec les frais d'expédition)
Disponible sur le site des Éditions de la rue nantaise

MIne de rien, ce billet est le 500e que je publie. Tiens, je vais me payer un p'tit chip au ketchup pour me récompenser.

jeudi 1 juillet 2010

Chaud dedans ! - François Aussanaire

Je lis un texte comme celui-ci et je me dis que, certaines nuits, je ne voudrais pas être Mme Aussanaire – ou, pour être politically correct, la personne qui partage la vie de l'auteur. Cette nouvelle, soumise aux Mille mots, vient tout juste d'être publié dans le second recueil de nouvelles de l'auteur, La Face cachée du soleil. Mon commentaire va paraître demain; je vous avertis, je suis un fan fini. En attendant, régalez-vous !|

Chaud dedans !
François Aussanaire

  Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 13 juillet.

mercredi 30 juin 2010

142. L'Aquilon - Carl Rocheleau

Alors que le Québec est, depuis une décennie, recouvert d’une chape de neige, de froid et pris dans un verglas perpétuel, treize personnes vivent dans les logements de l’Aquilon, un immeuble minable sans étage. Chacun des locataires habite seul dans son appartement -- à l’exception de Summer qui vit avec son papa. Summer a huit ans; elle possède un petit pouvoir spécial (seule note fantastique de ce livre) dont elle usera pour mieux connaître tous ceux qui habitent son immeuble. C’est avec elle que s’ouvre le roman, c’est sur elle qu’il se clôt.

Difficile de parler de ce roman qui n’en est pas un. La structure en est simple et pourtant elle se dérobe à l’explication. Pensez à une douzaine de nouvelles ou de tableaux connectés par le temps et le lieu, avec autant de personnages presque sans liens entre eux, sinon celui de vivre dans ce même lieu au même moment. Immanquablement, on pense un peu aux Monades urbaines de Robert Silverberg (lisez ce livre, si ce n’est déjà fait, vous m’en remercierez).

Les nouvelles sont tissées de façon très lâches les unes par rapport aux autres et pourtant leur appartenance à l’ensemble ne fait aucun doute. On a affaire ici à un roman sous forme de nouvelles un peu disparates, certes, mais l’ensemble est subtil d’intelligence et parfaitement réussi.

Aquilon traite de l’adaptation des humains à des conditions nouvelles et difficiles, de la résilience que chacun porte en soi, mais aussi de son envers, de l’abandon parfois inévitable de tout espoir face à l’adversité d’une nature sans pardon.

On pourrait aussi établir un parallèle avec un des gros succès de la dernière saison littéraire québécoise : La Canicule des pauvres. D’une certaine manière, l’Aquilon est un peu le pendant hivernal de ce roman, un peu la Froidure des pauvres. Une série de personnages dissemblables, des histoires qui se mêlent peu ou pas, l’omniprésence du climat sur les comportements (plus réussi ici que dans la Canicule où DesRochers oubliait parfois son personnage climatique), la volonté de s’en sortir et la difficulté ou l’impossibilité de le faire. Tout comme pour la Canicule, on a affaire ici à une véritable réussite littéraire.

Avec une économie de moyens exemplaire, et une ironie certaine dans quelques nouvelles, dont La Journaliste et surtout Retour à la réalité, Carl Rocheleau met en scène des personnages crédibles qui vivent le drame de la solitude, de l’isolement et de la mésadaptation; l’auteur disperse habilement les informations techniques essentielles (on est dans la sf après tout) pour la bonne compréhension du comment et du pourquoi on en est arrivé là et arrive à créer un monde authentique dont on espère qu’il n’a pas épuisé la veine. L’Aquilon, une fraîcheur et une profondeur nouvelles dans le paysage de la sffq. Vivement recommandé.

Cote 9,5 / 10

L'Aquilon
Carl Rocheleau
Six Brumes, 2010
96 pages
5 $

mardi 29 juin 2010

141. La folle aventure des Bleus - Thierry Jonquet

En ce temps de débandade hexagonale, alors que l'équipe de France se fait sortir de mauvaise façon du Mondial 2010, quoi de mieux que de revenir dans le temps, de se rappeler avec Thierry Jonquet qu'après avoir gagné le Mondial en 98, les Bleus de 2002 avaient connu un parcours aussi pénible que cette année et s'étaient fait sortir en matchs préliminaires.

Ce petit livre de l'excellente collection 2€ est composée de deux nouvelles.

La folle aventure des Bleus raconte l'histoire d'Adrien, un type qui a tout perdu, femme, enfants, maison, emploi, qui doit une somme considérable au gros Serge, et qui met tous ses espoirs dans l'équipe de France qui part vers la Corée pour la ronde préliminaire du  Mondial. Avec la débandade des champions du monde, la blessure de Zidane, la défaite contre le Sénégal, c'est la mise en parallèle de l'effondrement du système français et de celle de l'individu. Une très puissante nouvelle, sociale, full métaphore. 9,5 / 10

DRH, ce sont deux directeurs de ressources humaines qui sortent d'un congrès et reviennent sur Paris par le TGV. Le train a du retard, ce qui va causer des ennuis à bien du monde. Y compris un homme frais sorti de prison et sa copine et trois garçons qui montent célébrer le mariage d'un de leur pote. Les DRH ne sont pas affectés, se contentant d'observer sans agir même si la compassion et la simple décence humaine l'exigeraient. De la fiction entomologique, d'une précision chirurgicale, pleine d'empathie pour les petits et les malmenés de la vie. 8 / 10

Jonquet m'a déculotté (ce qui s'impose si on parle de foot). Quel excellent auteur ! Hop, sur ma liste des auteurs à suivre...

Cote 8,5 / 10

La folle aventure des Bleus
Thierry Jonquet
Folio 2€, 2004
91 pages
3,95 $

lundi 28 juin 2010

Trahison d'Isabelle Lauzon

À lire ce texte, on pourrait croire qu'Isabelle Lauzon est une jeune femme dépravée, parlant joual et sacrant dans les bars mal famés de la ville. Je ne me prononce pas, ne la connaissant que fort peu. Mais elle écrit diablement bien. Alors profitons de cette descente plutôt noire (et rigolote) dans les révélations entre amis.

Trahison
Isabelle Lauzon

  Tel qu'entendu avec l'auteure, ce texte a été retiré le 13 juillet.

dimanche 27 juin 2010

Retour à la normale !

Depuis le début de la semaine, j'ai eu quelques problèmes à la maison avec mon tapon de rénovateur et aussi avec internet. D'où une absence un peu prolongée.

Conséquemment, je ne suis pas sûr d'avoir reçu tous vos courriels. Si jamais je n'ai pas répondu au vôtre, expédiez-le à nouveau et je vais y voir maintenant que ma connexion semble stable.

Désolé.

Dans les jours qui viennent, vous aurez droit à des fictions de Pat Isabelle, Thomas Darell, François Aussanaire, Alamo St-Jean et Isabelle Lauzon.

Vous aurez aussi droit à des commentaires livresques sur :
  • Queen Size de Louise Tremblay-D'Essiambre
  • Le seul défaut de la neige de François Barcelo
  • La face cachée du soleil de François Aussanaire
  • Les derniers feux de la Saint-Jean de Laurence Arnoud
  • Toi et moi, it's complicated de Dominic Bellavance
  • Péchés mignons de Claude Bolduc
  • Big Will d'Alain Ulysse Tremblay
  • Mechanized Juggernaut or military anachronism ? de Richard DiNardo
  • Team Rodent de Carl Hiaasen
  • La folle aventure de Bleus de Thierry Jonguet.

Au moins, j'ai lu !

mardi 22 juin 2010

La petite vache du delicatessen - Francois Bélisle

Cette nouvelle-ci, c'était ma quatrième place. Du bonbon. Une histoire typique de l'auteur portée par une narration concise et subtile et un art de la description juste et sans esbrouffe. François Bélisle est l'auteur d'une excellente trilogie réaliste pour ados : Les Moufettes. Le blogue de l'auteur est ici.

La petite vache du delicatessen
François Bélisle

  Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 5 juillet.

dimanche 20 juin 2010

140. Horrifique n° 71

Trois nouvelles, un court essai sur l'homéopathie vs la science et un bref articulet forment ce 71e numéro d'Horrifique, un fanzine consacré, les plus malins l'auront deviné, à l'horreur.


L'abattoir de Pat Isabelle. Marcel est contremaitre dans un abattoir de gros bétail. Il est immunisé contre la mort des animaux, croit-il. Mais les nouvelles vaches qui viennent d'arriver le regardent vraiment d'un drôle d'oeil... Dans les nouvelles de Pat Isabelle, le ton est souvent dégagé, il y règne une espèce de naïveté apparente et une distance narrative qui donnent une voix caractéristique aux écrits de cet auteur. Et bien que ce texte eut gagné à être plus soigné, je me suis délecté jusqu'aux derniers mots de cette histoire cauchemardesque ! 7,5 / 10

La Grignoterie de Charles Bitterson. L'agent Cooper du FBI rouvre l'enquête sur le cas des morts entourant l'ouverture du restaurant La Grignoterie à Blue River, vingt ans auparavant. Une histoire mystérieuse et horrifique qui a peut-être des répercussions encore aujourd'hui... L'histoire est prévisible, faite de longs dialogues explicatifs de sorte que le lecteur se la fait raconter plutôt que de la vivre. Le français en prend pour son rhume, mais il y a un certain élan de sorte que tout n'est pas perdu. 4 / 10

Ce monde que vous ne voyez pas de Donald Plante. Un jeune gars voit un monde que personne d'autre n'est en mesure de voir. Et ce monde finit par l'inquiéter...Je ne vais pas m'acharner sur un jeune auteur qui débute (deuxième texte publié) mais la nouvelle est redondante à l'excès, de longues descriptions d'insectes, d'arbres, de tas de roches à peu près toutes identiques dans un français malmené. Il y a peu à tirer de cette expérience, sinon espérer qu'à sa prochaine publication, Donald Plante reçoive un peu d'aide de la rédaction. 2,5 / 10

Ce numéro-là est franchement décevant, en dépit du bon texte de Pat Isabelle. Il y aurait eu un sérieux travail éditorial à faire sur les nouvelles de Bitterson et de Plante, occasion qui a été raté par oncle André.

Note 3,5 / 10

vendredi 18 juin 2010

Sang, cendre et poussière - Geneviève Blouin

Selon moi, Geneviève Blouin (son blogue) n'aura bientôt plus besoin de présentation. En attendant, voici donc le texte d'une jeune auteure polymorphe fascinée par les arts martiaux mixtes et le Japon. Dont on ne trouve aucune trace ici.

Sang, cendre et poussière

 Tel qu'entendu avec l'auteure, ce texte a été retiré le 28 juin.

139. Kay - Max Dufour

Après une soirée bien arrosée, Francis et ses copains font monter à bord de leur voiture Kay, une belle et mystérieuse autostoppeuse. Francis en tombe amoureux sur le coup. Les choses se gâtent quand elle leur avoue être morte depuis vingt ans ! La voiture fait une embardée, les deux chums de Francis trouvent la mort, Kay disparaît et Francis est sérieusement blessé. Sa vie vient de prendre un virage brutal. Si la guérison de Francis ne fait pas l'ombre d'un doute, qu'en est-il du mystère de la présence de Kay ?

Même si l'intrigue de ce roman tourne autour d'une mort suspecte survenue vingt ans auparavant, on peut difficilement parler de polar. Il y a enquête, oui, mais mené par un amateur bien intentionné, plutôt sympathique, et ce sont les réflexions amusées qu'il porte sur les choses qui sont le charme de ce livre. Amour et humour sont au rendez-vous, et la résolution de « l'enquête », bien qu'elle ne casse rien, m'a tout de même surpris par son audace naturaliste.

Max Dufour a écrit un roman plein de charme que les amateurs de Guillaume Musso et de Marc Levy sauront apprécier. Et ce lecteur-ci a bien aimé.

Cote 6,5 / 10

Kay
Max Dufour
Éditions du treize, 2010
205 pages
15 $
On peut commander « Kay » sur le site des Éditions du treize.

mardi 15 juin 2010

Remous - Caroline Lacroix

J'adore ce genre de texte où je ne suis pas sûr de tout bien comprendre. Où un auteur plus intelligent que moi (sans enlever rien à Caroline, c'est pas bien difficile) me raconte une histoire tout simplement belle et magnifique, et qui s'éclaire peu à peu sans pourtant tout révéler. Il y a du rêve là-dedans, d'étranges images, une blessure... et un fort beau texte plein de résonances.


Remous


   Tel qu'entendu avec l'auteure, ce texte a été retiré le 28 juin.

lundi 14 juin 2010

La troisième commence aujourd'hui...


C'est aujourd'hui le 2e anniversaire de ce blogue. On entame donc la troisième année. Merci à tous ceux qui continuent d'y revenir.

Pour les amateurs de statistiques : 489 billets, 1900 commentaires, 70500 visites.

dimanche 13 juin 2010

Ego te absolvo - Hans Delrue

Profitons du fait qu'Hans Delrue vient de remporter le premier prix (ex-æquo) du concours Aide internationale pour l'enfance, pour sa nouvelle Deux roupies, pour présenter ici le texte qu'il a soumis aux Mille mots. L'écrivain amateur que je suis reste ébahi par la maîtrise (pour une curieuse raison, j'oserais dire l'ergonomie) de ce texte presque entièrement dialogué – ça aussi, faut le faire.


Ego te absolvo


  Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 28 juin.

samedi 12 juin 2010

D'entre les morts, il est revenu...

M. Bond est de retour sur dans la blogosphère, pour le plus grand plaisir de certains, dont je.

La coupe du monde de football 2010

Le deuxième samedi de chaque mois, il y a dans tous les Home Depot un atelier bricolage absolument gratuit pour les tout-petits. Une longue tablée - feuilles de plywood sur palettes - est spécialement aménagée pour eux, on leur donne un kit de planchettes en bois pour fabriquer un objet utilitaire, les outils appropriés sont distribués aux participants et, vogue la galère, tapent les marteaux et collent les petites mains pas toujours adroites. C'est un joyeux tintamarre ponctué de rires et de « papa c'est à ton tour de clouer ». À la fin, l'enfant est récompensé par un « diplôme », une épinglette et un animal en ballounes, en plus de garder son projet, bien sûr.

Ce matin, le kit à construire était un mignon mini-baby-foot tout à fait fonctionnel.




Made by Benjamin



Goooooooooooaaaaaaaaaaaaaaal !!!

vendredi 11 juin 2010

Dans le noir... des choses - Isabelle Simard

Isabelle Simard nous parle ici d'une des terreurs les plus grandes qui secouent l'enfance, et dont le souvenir (plus ou moins amusé) nous hante longtemps. J'ai connu un endroit comme celui qu'elle décrit, le sous-sol de mes grands-parents, sans toutefois avoir le courage de son héroïne...


Dans le noir... des choses

   Tel qu'entendu avec l'auteure, ce texte a été retiré le 28 juin.

Grosse journée pour le gamin

Ce fut une grosse journée pour Benjamin hier. D'abord, en matinée, c'était fête ! En effet, après trois ans, c'était sa dernière journée à l'Atelier La Boîte à surprises, un genre de garderie et de pré-maternelle, où il allait deux avants-midis par semaine. C'était donc la graduation. J'ai été submergé par un étrange sentiment de plénitude (c'est mon p'tit gars, là, avec un mortier en carton sur la tête, il gradue !) et de tristesse nostalgique (c'est le fin d'une époque, merdouille, mon gars commence l'école en septembre, un dernier été de liberté devant nous !)

On s'est amusé, on a mangé comme des rois, on a fait la jasette avec des gens qu'on va revoir moins souvent dorénavant. Benjamin avait peint deux jolis tableaux pour Nathalie et Ann, les deux animatrices de l'Atelier. Papi et mamie étaient là. Un bien bel avant-midi.


Hourrah ! C'est fini !

Les gradués avaient tracé les empreintes de leurs mains sur une grande feuille, celles de Benjamin sont les avant-dernières, en bas, à droite, en mauve presque noir, l'air prédatrice en diable.

Je suis obligé de souffler dans la balloune après avoir abuser du moût de pomme !


Puis en début de soirée, malgré le froid et la petite pluie, c'était le premier cours de soccer extérieur. Benjamin fait partie de la squadra azzura avec son beau maillot bleu ciel. Le petit, il change, mesdames et messieurs, il a pratiqué avec ardeur et a même participé au mini-match en fin de cours.

Benjamin Tremblay, dit le Maradona de Rigaud, prend la pose avant de s'élancer vers le ballon.

mardi 8 juin 2010

Douce nuit - Annelise Binois

Un des plaisirs de proposer un concours, outre l'abondance de bons textes à lire en secret, c'est celui de la découverte.  Annelise Binois nous propose une histoire de couple à sa façon, où les compromis de la vie quotidienne ont quand même bien une limite.

Douce Nuit

  Tel qu'entendu avec l'auteure, ce texte a été retiré le 18 juin.

dimanche 6 juin 2010

Sénilité - Pierre H. Charron

Depuis qu'il publie, Pierre H. Charron se signale comme un auteur de textes à chutes surprenantes et amusantes. Quand sa signature apparaît, le lecteur sait qu'il va passer un moment divertissant dans le meilleur sens du terme. Et puis, voilà Sénilité, dans un registre tout à fait différent de la manière habituelle de l'auteur. Soudainement, derrière l'amuseur chevronné, on découvre un écrivain. Cette nouvelle, à l'impudeur cynique, montre à quel point la vieillesse est un naufrage.


Sénilité

   Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 18 juin.

samedi 5 juin 2010

Les écrivains, c'est rien que des losers I

Cette rubrique sera irrégulière, au gré de mes trouvailles et de mon urticaire. Dans mes rêves, elle serait éphémère. Mais, devant la formidable nullité culturelle contemporaine, je risque d'avoir du matériel pour longtemps...

Hop, dans le vif du sujet :

Aujourd'hui, dans La Presse, cet article : Le Québec qu'ils aiment. On invite dix artistes et un sportif à nous faire découvrir leur coin de pays. Les artistes :

  1. Boucar Diouf, humoriste
  2. Jean-Luc Brossard, ex-sportif et animateur de tivi
  3. Elisapie Isaac, chanteuse
  4. Simon Proulx, musicien
  5. Fred Pellerin, conteur
  6. Philippe Falardeau, cinéaste
  7. MC Gilles, ti-coune (désolé, mais c'est quand même ça)
  8. Daniel Boucher, chanteur
  9. Florent Vollant, chanteur
  10. Fred Fortin, chanteur
  11. Vincent Vallières, chanteur
Pas un écrivain. On comprendrait s'ils étaient tous nuls, mais quand même : Mathieu Fortin aurait pu nous parler de Trois-Rivières, Jacques Poulin de Québec,  Jean Lemieux des Îles... On ne manque quand même pas d'auteurs, non ?

C'est dans les petites choses qu'on voit à quel point la littérature compte pour des prunes.

Les écrivains ? Des losers, semble-t-il.

jeudi 3 juin 2010

Votre dernière chance !

Demain matin, les trois textes gagnants du concours les Mille mots de l'Ermite seront retirés du blogue. C'est ce qui était prévu. Donc, ce soir, c'est votre dernière chance de les lire avant une éventuelle publication papier.

mardi 1 juin 2010

L'existence de rien - Anne-Michèle Lévesque

Qui a dit qu'on ne pouvait faire des histoires à chute que dans la littérature de genre ? Dans ce cas, faudrait le dire à Anne-Michèle Lévesque qui signe ici un texte de littérature canonique, dite littérature générale,  dite Littérature (notez la majuscule), avec une chute ô si délicieusement ironique ! Anne-Michèle est une auteure prolifique qui, à l'âge où beaucoup se morfondent à la retraite, vient de publier le premier tome d'une saga dont on reparlera sous peu - puisque je suis en train de le lire !


L’existence de rien

   Tel qu'entendu avec l'auteure, ce texte a été retiré le 18 juin.

vendredi 28 mai 2010

138. Brins d'éternité n° 26

Une autre superbe présentation graphique de l'équipe de Brins d'éternité. On se demande comment ils arrivent à maintenir une telle qualité de numéro en numéro, sans faillir. Le passage à la reliure allemande donne un air extraordinairement professionnel à la revue. Petit bémol quand même, (j'ai acheté une grosse boîte de petits bémols au magasin à une piasse, alors je vous les refile gratos) : le nom de la revue est difficile à lire (ça ne paraît pas sur l'image à droite, mais dans la réalité, c'est autre chose) et le grand nombre de police de caractères utilisée sur la couverture crée un peu de confusion graphique, ou d'anarchie typographique, comme on voudra... C'est vraiment mineur, avouons-le, parce que lorsqu'on en est rendu à critiquer cet aspect des choses...

Du haut des toits immaculés de Carl Rocheleau (blogue). Laurence veut devenir tueur à gages comme papa. Le métier a beau être légal, il n'est pas sans danger. Une très habile narration d'une histoire finalement assez linéaire, mais brillamment mise en scène et découpée par Rocheleau. J'ai tout aimé, et goulûment, en dépit de quelques petites ficelles qui m'ont semblé mal nouées à la fin. Mais ce sont des broutilles, puisque j'en aurais repris. 9 / 10 

L'art du temps de David Hébert (blogue). Le professeur Nisteen découvre la Loi universelle, qui révèle rien de moins que le futur de l'humanité. Mais comment savoir si l'avenir va vraiment se produire tel qu'on l'a peut-être vu ? Au-delà de l'interrogation philosophique sur le sujet, cette nouvelle vaut pour le pastiche amusé d'une certaine science-fiction d'un autre siècle, riche en scientifiques géniaux et en idées gigantesques. Avec personnages de circonstance et dialogues émerveillés et explicatifs à la clef. Une très jolie réussite. 8,5 / 10

Le ver de François-Bernard Tremblay (blogue). Parlant de pastiche de science-fiction d'une autre époque. Tremblay fait preuve d'une belle maîtrise en proposant un texte comme on n'en fait plus aujourd'hui (à mon chagrin, d'ailleurs). Cette histoire de space-opera met en scène des races qui, après d'être longuement affrontées, vivent une paix difficile et pleine d'embûches. Long préambule historique tout à fait dans le ton de ce genre de récit, dialogues savoureux, la twist de la fin n'est peut-être pas géniale, mais la jubilatoire dernière ligne de la nouvelle m'a réjoui au cube. 8 / 10

L'expédition de Sébastien Odasso. Les membres d'une expédition archéologique disparaissent les uns après les autres. Y a-t-il un lien avec le site qu'ils explorent ? Nouvelle d'ambiance très classique racontée de façon exemplaire, de sorte que le lecteur ne s'ennuie pas une seule seconde même si la fin est télégraphiée. La structure est bâtarde un peu, avec ce passage au narrateur neutre vers la fin qui permet à l'auteur de bien expliquer ce qui se passe. Autrement, c'est un bon texte. 7 / 10

Ensuite le silence de David B. Lachance (blogue). La science a mis au point un sérum qui élimine toute espèce de velléité artistique, on assiste à ses effets sur deux cobayes. Bonne création d'atmosphère mais un petit bémol (je liquide, là), il y a quelques erreurs de vocabulaire qui m'ont agacé (rassasier pour désaltérer, par ex.), en fait, rien qu'une lecture attentive avec un gros dico à la main n'aurait pu prévenir. 6,5 / 10

Possession de Caroline Lacroix (blogue). David a mis au point un programme IA qui permet d'accéder au cortex cérébral d'une personne. Les possibilités en psychologie sont infinies. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres...  Alors là, un énorme coup de cœur pour cette nouvelle sans faille, prenante, dense, riche en émotions; en un mot, absolument superbe (oui, je sais, deux mots). Ça fait longtemps que je n'avais pas été aussi pris, saisi, investi par une histoire. De la sf solide, bâtie autour de personnages en chair et en os, avec de l'ambiguïté et un étrange triangle peut-être amoureux. Chapeau à l'auteure. 10 / 10

Julien un jour...de Martin Lessard (blogue). Qu'y a-t-il après l'instant fatidique de notre mort ? Quel est le choix à faire pour vivre heureux après la vie ? Et, au bout du compte, qu'est-ce que le bonheur éternel qu'on nous promet ? L'humour est une chose particulière et extrêmement personnelle. Je ne me suis guère trouvé de résonance avec ce personnage, sa verve m'a semblé factice et la nouvelle longuette pour le propos. 4 / 10

En somme, un très bon numéro où les nouvelles de Lacroix et Rocheleau dominent, avec Tremblay et Hébert sur leurs talons. 9 / 10

( Neuf sur dix ! Ma foi du bon dieu, la vieillesse m'amollit-elle ? [Oui, dit l'ermitaine, narquoise.] Ce qui est certain, c'est que je deviens dithyrambique avec l'âge – indéniablement.)

Le ver culinaire - Romano Vlad Janulewicz

Le plus difficile dans un concours de nouvelles, c'est de ne pas garder des textes par ailleurs excellents et de les écarter de la sélection finale. Ver culinaire fait partie de ceux-là. Un curieux amalgame de culinaire, de gore et d'une chute pas piquée des... vers ! Romano est un jeune auteur qui vit en France et qui a publié plusieurs nouvelle au Québec dans Horrifique. Je tiens à remercier l'auteur (son blogue) de me permettre de le reproduire ici pour une dizaine de jours.


VER CULINAIRE

Romano Vlad Janulewicz

  Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 8 juin.

mardi 25 mai 2010

Dans la cité scarifiée - Ariane Gélinas

Je tiens Ariane Gélinas pour une des meilleures jeunes nouvellistes au Québec. Dans la cité scarifiée, texte soumis aux Mille  mots, fait la preuve de sa maîtrise du genre. Merci à l'auteure de m'avoir aimablement permis de le reproduire.
 
Dans la cité scarifiée

Tel qu'entendu avec l'auteure, ce texte a été retiré le 8 juin.

jeudi 20 mai 2010

Même pas mort - André Marois

Avec l'aimable autorisation des auteurs concernés, je vais publier dans les semaines qui viennent quelques nouvelles qui ont été soumises pour le concours. Profitez-en, car elles ne seront accessibles qu'une dizaine de jours seulement. Les textes gagnants et celle qui suit seront retirées le 31 mai, ne subsistera alors qu'un lien vers le blogue de l'auteur - si blogue il y a.

Merci à André Marois qui me permet de publier cette nouvelle soumise au concours. Elle m'a bien fait rire, vous allez comprendre pourquoi si vous suivez ce blogue depuis quelques temps.

Même pas mort
André Marois

Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 4 juin.

lundi 17 mai 2010

Le roman de Boréal

Chapitre 1 - Larguez les amarres

C'est avec un minimum de bagages, un début de rhume (merci Benjamin) et en compagnie de Pat Isabelle que je prends la 40, samedi en matinée, direction le gros village. Le temps est frisquet, le plafond nuageux mais la route est belle et la conversation agréable. Dans le temps de dire, 3 h 15, nous sommes à Québec. Il est midi. Le temps d'aller confirmer nos réservation de chambres à la résidence étudiante de l'université de Laval, de se dépatouiller dans le dédale des rues de Québec (mais ils font exprès ou quoi pour enfiler des serpentins de rues les uns les autres et de changer les noms à chaque intersection) et nous voilà au congrès Boréal ! 

Chapitre 2 - Boréal

Ce qui me surprend d'abord, c'est l'abondance de visages connus. Ma foi, ils me sont presque tous familiers. Je fais le tour.  Quelques personnes poussent même la gentillesse jusqu'à me reconnaître. (Par contre, j'en vois deux qui m'ignorent os-ten-si-ble-ment, ah-ha, je ne rêve pas).

J'assiste à ma seule table ronde la journée, sur les zombies, animée par Philippe-Aubert Côté (impeccable, mais difficile à comprendre car sa voix ne portait pas). Les panélistes étaient Éric Gauthier, Ariane Gélinas, Valérie Bédard et Jonathan Reynolds. On a surtout parlé des zombies style Roméro et moins des nouvelles tendances qui tendent à donner plus tonus ou de personnalité à nos amis les morts-vivants. Informatif.

Pendant qu'Ariane, Valérie et Jonathan papotent et rigolent, Éric Gauthier se transforme sous nos yeux en mort-vivant. Philippe-Aubert, qui ne croit pas aux zombies, rate une belle chance de sauver la planète d'un nouveau fléau en ne décapitant pas Éric sur le moment.

Chapitre 3 - Une occasion ratée

Pour souper, une grosse gang de boréaleux se ramasse au Greco, le restaurant semi-chic de l'hôtel où se déroule le reste de la soirée.Pour mon malheur, et celui de la tablée où j'ai pris place, le stress d'être entouré de tant de monde, la fatigue accumulée (trois heures de sommeil la nuit précédente), le rhume et la congestion nasale font de moi un partenaire morose et fichtrement silencieux. Mes excuses à Pat, Jean-Louis, Thibaud, Marcelle et, surtout, Sylvie Lainée.

Chapitre 4 - Racontures et une bière de trop

Repu, je descend à la salle de réception (là où le plafond s'est écroulé récemment, mais les débris et les cadavres ont été retirés et ma curiosité morbide fut insatisfaite). Ça commence par une lecture publique de deux nouvelles par Jonathan Reynolds; formidable performeur, il a bien rendu ses deux textes et tout le monde a été bien déçu quand une contrainte de temps l'a empêché de nous livrer son troisième texte, inédit celui-là. Jonathan a été suivi par Michèle Laframboise qui a lu un extrait de sa nouvelle à paraître dans Solaris, un texte d'une écriture plus soutenue et avec des concepts nettement plus abstraits qui m'a moins accroché. Mais peut-être la sf se prête-t-elle moins bien à la lecture publique en raison justement de l'abstraction qu'elle exige de son lecteur. Mon grain de sel.

J'ai soif et je prends une bière dont je cale la moitié très vite. Erreur : bière, stress, fatigue, Sudafed et Motrin ne font pas bon ménage. J'ai maintenant le cœur sur le bord des lèvres. Suit le match d'impro entre les équipes de Dave Côté et de Sylvie Bérard. Très drôle avec des mentions d'honneur à Dave, Pierre-Luc Lafrance et Éric Gauthier. L'arbitre a reçu deux souliers par la tête, et c'est bien fait pour lui.

La soirée se termine ici pour moi. Je vais me coucher avec l'impression que je vais tomber comme une masse. Il est 21 h.

Chapitre 5 - Un chip au ketchup

L'université de Laval ne veut pas que les étudiants s'attardent aux études bien longtemps, ainsi donc elle met à leur disposition des chambres qu'on a juste hâte d'abandonner tant le confort y est microscopique. Toilettes et douche communes non chauffées, matelas dur, sommier en plywood ¾. Enfin, à ce prix-là, on ne va pas se plaindre. Mais disons que le gars qui pensait dormir en se couchant tôt, bien, à deux heures du matin, il ne dormait toujours pas, incapable de trouver une position de sommeil. De guerre lasse, je suis descendu me chercher quelque chose à grignoter et je me suis retrouvé au lit à deux heures et demie du matin à boire du pepsi et manger un petit chip au ketchup en relisant une nouvelle inédite de Pierre-Luc Lafrance. Souvenir agréable, celui-là.


Chapitre 6 - Le jour d'après

Avec quatre heures de sommeil sous la paupière et deux cafés dans l'estomac, j'assiste aux premières tables rondes de la dernière journée de Boréal. La première sur les fanéditeurs avec Carl Rocheleau (La petite Bibliothèque bleue), Pierre-Luc Lafrance (Ailleurs), Carmélie Jacob (Brins d'éternité), François-Bernard Tremblay (Clair-Obscur) et Jonathan Reynolds (Nocturne). Discussion extrêmement enrichissante grâce à un panel allumé. La deuxième sur la direction littéraire était animée par Sylvie Bérard avec Jean Pettigrew, Yves Meynard, Joël Champetier et Guillaume Voisine. On a tous bien rigolé.

Puis il y a eu le lancement d'Aquilon de Carl Rocheleau. L'auteur est extrêmement sympathique et son roman est une totale réussite. À lire.

À partir de midi, les congressistes ont commencé à quitter les lieux par petites grappes. On a dit au revoir à Pierre et Chantal (J'ai oublié ton timbre, Pierre, mais on va se reprendre). Puis j'en ai profité pour jaser plus longuement avec Pierre-Luc et François-Bernard (c'était le congrès des prénoms composés), René Beaulieu (à qui je souhaite un rétablissement complet), Michèle Laframboise, Benoît Bourdeau, Guillaume Houle (qui m'a annoncé une mauvaise nouvelle), Claude Janelle, Joël Champetier, Jean Pettigrew... De peur d'en oublier, j'ose à peine nommer ceux et celles que j'ai simplement croisé et avec qui j'ai échangé un mot ou parfois quelques phrases : Isabelle et Martin, Jonathan, Dominic Bellavance, Éric Gauthier, Ariane et Frédérick, Marie Laporte, Paul Legault, Jean-Louis Trudel, Luc Dagenais, Dave Côté, Émilie Lévesque, Michel Gingras, Yannick Comeau, Carl Rocheleau, Frédéric Raymond, Daniel Sernine, sans oublier le concierge du Cegep que j'ai pris pour un congressiste...

Ce blogue-ci était en nomination pour un prix Boréal dans une catégorie dont j'oublie le nom. J'ai donc assisté à la (heureusement) courte cérémonie de remise des prix. Brins d'éternité a gagné. Damn you, Brins d'éternité ! me suis-je exclamé in petto. J'aurai ma revanche !

Chapitre 7 - Le retour

Combien naïf je suis. Comme ça avait pris 3 heures 15 pour monter à Québec, je pensais que ça prendrait un temps assez similaire pour revenir à la civilisation. Ha ha ha ! On ne quitte pas la « Capitale nationale » comme on veut. De détour en travaux autoroutiers, j'ai remis les pieds à la maison 4 h 45 plus tard. 90 minutes de différence.

L:e trajet de retour s'est déroulé malgré tout à la vitesse de l'éclair grâce à Geneviève, une verbomotrice éclectique, et à Pat, un homme aux propos rares et pertinents.

Mais comme j'étais heureux de retrouver Suzanne et Benjamin.


Épilogue - À la maison

Voilà ce qui m'attendait -- surprise, surprise-- à la maison, comme quoi il ne faut jamais s'éloigner trop longtemps.

Une petite chienne de six semaines qui nous a été donnée, mélange de Bouvier bernois et de Mastiff, nommée D'amour par Benjamin : comme dans Mon p'tit chien d'amour.

mercredi 12 mai 2010

L'homme qui faisait pousser les mots de Pierre-Luc Lafrance


Un conte fantastique qui se termine par une vibrante déclaration d'amour. Un très gros coup de foudre de l'ermite et une deuxième place à égalité avec la nouvelle d'Alexandre Babeanu.

L’homme qui faisait pousser les mots
Pierre-Luc Lafrance

Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 4 juin.

La malédiction du petit matin d'Alexandre Babeanu

Une mécanique infernale, un découpage impeccable. Un coup de cœur et une solide deuxième place à égalité avec le texte de Pierre-Luc Lafrance.

La malédiction du petit matin
Alexandre Babeanu

Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 4 juin.

mardi 11 mai 2010

Solitudes de Dave Côté

Le texte de Dave Côté m'a séduit par son aspect merveilleux, bien sûr, une baleine volante, voyez-vous ça, par la poésie qui s'en dégage, la curieuse chaleur qui se dégage des rapports entre les personnages et par la mise en écho finale qui ficelle magnifiquement bien ce texte remarquable.


Solitudes
Dave Côté


  Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 4 juin.

lundi 10 mai 2010

Et le gagnant est

Solitudes de Dave Côté.

Les nouvelles L'homme qui faisait pousser les mots de Pierre-Luc Lafrance et La malédiction du petit matin d'Alexandre Babeanu terminent ex aequo en deuxième place.

Plus de détails demain, là j'ai un fichu de problème de Blue Screen sur mon portable et je deviens hystérique. J'écris ce commentaire sur mon mini-portable avec son clavier aux touches lilliputiennes.

...and then they were three...

Juste pour créer du suspense, voici la short-list des Mille mots.

  • L'homme qui faisait pousser les mots de Pierre-Luc Lafrance
  • La malédiction du petit matin d'Alexandre Babeanu
  • Solitudes de Dave Côté

Le gagnant ce soir.

samedi 8 mai 2010

Les dix finalistes

Voici les dix textes que je retiens pour la phase finale :

  • Dans la cité scarifiée
  • Défauts de fabrication
  • L'homme qui faisait pousser les mots
  • La malédiction du petit matin
  • La petite vache du delicatessen
  • Reflets
  • Remous
  • Sang, cendre et poussière
  • Sénilité
  • Solitudes

vendredi 7 mai 2010

Le jury délibère

Lundi prochain, le texte gagnant du concours de nouvelles Les Mille mots de l'ermite sera dévoilé ici même en grandes pompes.

Pour ajouter au faste de la cérémonie, j'ai engagé la Philharmonie de Rigaud (un piccolo et deux serins) à la renommée restreinte internationale (la cousine du piccolo est en Ukraine), de même que le ténor aphone bien connu Pat Matitvasha-Malo et le corps de majorettes de la résidence Votre dernier sommeil (dont la cadette a 88 ans et des genoux cagneux). On se sent gagner par la fièvre, hein ?

Des festivités qui promettent !

Restez à l'écoute.

Erratum : J'ai écrit piccolo plutôt que picoleur, mes excuses à Jean-Guy.

lundi 3 mai 2010

Un pincement au coeur

Samedi dernier, nous sommes allés tous les trois au Collège Bourget passez la commande de l'uniforme de Benjamin qui va y commencer la maternelle en septembre.

Benjamin va avoir cinq ans en août, ce qui le rend admissible au préscolaire. Cinq ans à peine ! Déjà un uniforme sur le dos ! À l'école de 8h30 à 14h30 ! L'embrigadement commence si jeune.

Je regarde mon gamin s'amuser et rire, resplendissant de bonne humeur, la joie sur le visage, inconscient de ce qui l'attend (même s'il sait qu'à la fin de l'été il va aller à l'école, c'est un concept dont il n'a pas la moindre idée) et je me dis que c'est quand même triste cette brutale fin de l'innocence. Un jour libre, le lendemain dans une mécanique qui va le lâcher vingt ans plus tard. Personne n'en meurt, je sais, mais si on pouvait les laisser vivre toute leur enfance jusqu'au bout, disons jusqu'à sept ans, me semble qu'on s'en porterait tous bien mieux. L'école ouvre des portes, c'est vrai, mais c'est aussi un formidable éteignoir.

Ça me fait un petit pincement au cœur rien que d'y penser.

mercredi 28 avril 2010

Avoir pu, on serait pas revenu ;-)

On part de la Floride hier, il fait 27°, pas un nuage à l'horizon. On arrive à Rigaud, la tempête colossale, 4 pouces de neige au sol, 0° à l'extérieur et seulement 3° dans la maison car on avait fermé les thermostats (« Il va faire chaud en revenant ! »).

Résultat : on était fou de joie de revenir. On a frissonné de froid ! On a rigolé ! On s'est couché sans se laver car il faisait trop froid ! Pis là on se lève et il y a encore 4 pouces de neige ! Merveilleux pays. Je l'aime.

Chez nous, c'est chez nous !

mardi 20 avril 2010

Cherchez-moé pus...

Cherchez-moé pus à St-Martin
Parce que demain j'sacre mon camp !
En ville, en ville...

Ben oui, demain matin je pars avec femme et enfant pour une semaine à Disney World.

On se retrouve le 28 ! Tourlou !

dimanche 18 avril 2010

Vos meilleures idées....

Vos meilleures idées vous viennent sous la douche. Allélouia, ne les perdez plus. Grâce aux AquaNotes ! Si, si, ça existe pour vrai !


Site AquaNotes.

Le dernier droit, pis je me repose !

Les Mille mots de l'ermite se termine ce soir juste une minute avant minuit. Un dernier effort encore !

Pis,demain, moi, je me repose.

mercredi 14 avril 2010

La quarantaine, c'est un cap !

Il y a maintenant quarante textes soumis au concours Les Mille mots de l'ermite.

Et, en plus, la dot augmente encore. L'écrivain d'origine française habitant près de Québec Patrick de Friberg (son site) offre un exemplaire de son roman d'espionnage Passerelle Bankovski. Merci Patrick, décidément, ce concours, c'est la corne d'abondance.

Allez, à vos stylos, vos claviers, vos plumes d'oie ou vos stylets de granit, il ne reste que quatre jours !

mardi 13 avril 2010

Halte-là, halte-là, halte-là...

Halte-là, halte-là, halte-là...
les Canadiens,, les Canadiens...
halte-là, halte-là, halte-là...
les Canadiens sont là...
les Canadiiiens...
les Canaaadiiens sont lààà !

Mais pas pour longtemps, l'ermite prévoit une élimination expéditive en quatre. Les Canadiens sont là pour participer...

Alors faites comme eux, participez vous aussi ! D'autant que vos chances sont meilleures de gagner un prix aux Mille mots de l'ermite que de voir passer la coupe sur la Catherine.

Plus que quelques jours pour envoyer vos textes au concours de nouvelles Les Mille mots de l'ermite. C'est simple : un texte de mille mots maximum, titre compris, trois textes maximum par auteur, à envoyer à l'adresse suivante : nouvelles.ermite@yahoo.ca. Les textes doivent être réceptionnés avant 23h59 le 18 avril prochain.

Veuillez noter deux petites modifications au concours :

a) Alain Gagnon offre un de ses romans, pas sa bibliothèque complète, mes excuses à Alain, c'est une erreur causée par un excès d'enthousiasme de ma part,

b) Je prévoyais lire les textes dans les 10 jours après la fin du concours et annoncer le ou la gagnante à la fin du mois d'avril. Or, de façon inopinée, nous partons en croisière du 21 au 28 avril. La lecture des textes est donc remise d'une semaine. L'annonce du texte gagnant se fera vers le 8 mai, c'est-à-dire longtemps après que nos Valeureux se seront mis au labour des terrains de golf.

samedi 10 avril 2010

Je m'en suis fais installer deux moyennes

Pas deux grosses, notez bien, mais deux moyennes. C'est déjà ça de pris. Ce titre obscur fait référence à un billet rédigé en octobre dernier. J'ai décidé que je le faisais ce petit projet, que je me jetais dans le feu de l'action.
Bientôt, donc, le premier segment de cette nouvelle feuilletonesque où toi, lecteur, lectrice, tu pourras jouer un rôle.

mercredi 7 avril 2010

Comme le sable entre les doigts...

... le temps file et ne revient pas.

Il reste encore 11 jours pour envoyer vos textes au concours de nouvelles les Mille mots de l'ermite. C'est simple : un texte inédit de 1000 mots maximum, titre compris. Trois textes maximum par auteur.

Les textes doivent être envoyés par courriel avant le 18 avril à 23h59. C'est tout. Les modalités sont à cet endroit.

L'antre de l'ermite est envahi par 35 textes, mais il y a encore de la place, ne soyez pas timide. Si ça peut vous inspirer, les titres se retrouvent dans l'onglet Les Mille mots : 35 nouvelles dans la colonne de droite.

Alors, donnez de vos nouvelles !

dimanche 4 avril 2010

137. Régime mortel - Éric Nataf

Obèses hypochondriaques, s’abstenir. Ce roman, divisé en deux parties, plaira aux amateurs de techno-science (page 9 à 382) et aux amateurs de thriller (page 383 à la fin). C’est l’histoire d’une méchante compagnie agroalimentaire pour qui la fin justifie les moyens et qui lance sur le marché un yogourt dont les obèses raffolent tellement qu’ils en deviennent accros au point d’en mourir parfois (enfin un produit scientifiquement prouvé pour vous faire maigrir… à la condition de ne pas en trépasser inopinément).

Comme dans tout bon roman qui se respecte, un homme – un seul – a compris le danger et se donne la mission, avec l’aide de quelques amis qui ont à cœur la défense des intérêts de l’homme, d’être l’agent 007 du yogourt et de démasquer les méchants fermenteurs. Si le rythme s’accélère et devient définitivement plus intéressant en deuxième partie, la première section du roman est plus répétitive et quelquefois ennuyeuse. Entendre des scientifiques, et j’en suis une, remâcher entre eux des concepts scientifiques laisse deviner que l’auteur veut s’assurer que tous les lecteurs ont bien compris ses idées (et elles se tiennent, il faut bien l’avouer).

La deuxième section est nettement plus dynamique bien que le côté scientifique y soit assez développé pour que le lecteur s’y retrouve sans avoir lu la première partie.

La fin est riche en rebondissements qui nous tiennent en haleine. J’ai un petit bémol quant à l’explication finale. La vraie raison d’être de ces fermenteurs menteurs est un peu tirée par les cheveux. C’est d’une ampleur qui ne cadre pas avec le rythme et l’emphase du roman.

Et que les obèses se rassurent : vous pouvez perdre du poids en mangeant du yogourt sans crever puisque celui du roman a été retiré du marché, et ce grâce à notre agent nutritionniste vigilant. En passant, si vous aimez ce roman, l’auteur s’assure de mettre en référence de bas de page plusieurs de ses romans. Comme ça, si vous développez une dépendance (comme au yogourt), vous n’avez plus qu’à aller les acheter…

Ainsi s’exprime l’ermitaine.

Régime mortel
Éric Nataf
Odile Jacob Thriller, 2009
édition originale 2008
559 pages
17,50 $

vendredi 2 avril 2010

La différence entre les bébelles des enfants et celles des parents ?

Le prix.

L'été dernier, on a acheté un VTT à Benjamin : 250 $


Cet après-midi, nous avons acheté un VTT pour la ferme : 10500 $.

L'Outlander de Bombardier, capable de tirer une remorque de fumier jour après jour, dans toutes les conditions espère-t-on.

mercredi 31 mars 2010

136. Clair/Obscur n° 7

Elle est belle en sacréfice, cette septième livraison de Clair/Obscur. Quelle splendide couverture ! Allons voir le contenu. À tout saigneur tout honneur, commençons par les trois fictions :

Conversation téléphonique entre George A. Romero et Dario Argento de Robin Aubert. Romero et Argento discute le bout de gras au téléphone. Tout y passe : la progéniture, la postérité, le cinéma, les remakes, les potins... Hé hé, je ne connais ni l'un ni l'autre, sauf de nom, mais je me suis beaucoup amusé à lire les réparties très naturelles, teintées de vernaculaire québécois (on voit que l'auteur est scénariste). 9 / 10

Vidéocom(n) de Jonathan Reynolds. Le narrateur et un acolyte sont en train d'empaqueter le stock d'un club vidéo de quartier en faillite lorsqu'ils sont attaqués par des pourfendeurs de grande chaînes vidéo. Mais l'acolyte se relève de la mort, c'est un zombie qui s'en prend aussi au narrateur... Texte rigolo et parano joliment réussi, si ce n'est des dialogues qui manquent de naturel. Autrement, c'est chouette. 6,5 / 10

Avoir su... d'Émilie C. Lévesque. Véronique a tué son frère parce qu'il a abusé de sa meilleure amie, Brigitte. Mais est-ce vraiment pour cette raison ? Voilà un texte qui aurait bénéficié d'être retravaillé très sérieusement, parce qu'en l'état c'est bâclé. Si l'histoire elle-même a du mérite, la manière de conter est si lourde et maladroite (anglicismes, phrases bancales, répétitions, effets appuyés, dialogues explicatifs, impropriétés) qu'elle risque de décourager même le plus persistant des lecteurs. Ce qui manque surtout, c'est que l'auteure fasse confiance au lecteur et ne lui mâche pas les idées à coups d'effets qui manquent de finesse.  2 / 10

Une très intéressante entrevue avec Éric Bilodeau, réalisateur de Hunting Grounds, film de zombies québécois, ouvre le bal. Un régal. François-Bernard Tremblay est un remarquable intervieweur et les réponses de Bilodeau sont du bonbon tant elles sonnent justes. Seul très léger bémol : à quatre pages largement illustrées, c'est court.

Un gros volet d'excellents commentaires de livres, dont une seule n'est pas totalement originale, puisque repiquée et remaniée du blogue disparu de Lévesque.

Les illustrations intérieures de Gabrielle Leblanc montrent l'étendue de son talent. Pour illustrer chacune des nouvelles elle nous offre successivement un double portrait, un faux dessin horrifique et un autre d'atmosphère. J'ai particulièrement été sensible à la silhouette désarticulée d'Avoir su...

En somme un très bon numéro, bien que ce lecteur-ci maintienne que le texte de Lévesque aurait dû être retravaillé en profondeur et que cette responsabilité incombait à la direction de la revue.


7,5 / 10

Juste une petite chose avant de clore. En français, on ne met pas un croisillon pour signaler un numéro, genre #7. Il s'agit d'un signe numérique américain. On met : n°.

samedi 27 mars 2010

C'est officiel, la mariée passe pus dans porte !

Hans Delrue, auteur bien connu chez nous pour ses nouvelles policière, sf et fantastique, offre une copie de chacun de ses deux recueils de nouvelles pour le concours Les Mille mots de l'ermite.
  • Le futur inversé
  • Les marchands de talent
Le blogue de Hans se trouve ici. Merci mille fois.