Horn. Il n'y a rien de plus triste qu'un hospice pour vieux... mais alors quand les vieux commencent à mourir en rafale, rien ne va plus. Une nouvelle pas triste du tout. Mordante, ironique. Un pur régal. 10 / 10
Square de l'Atlantique. Dans un square rachitique face à l'océan, un vieux observe les gens. Ce n'est pas tant la chute de cette nouvelle qui saisit que le ton nostalgique et empreint d'humanité que déploie l'auteur pour faire parler ce vieillard grincheux. 9 / 10
Je hais les cyclistes. Un homme déteste tant et si bien les cyclistes qui engorgent les routes où il adore rouler, qu'il décide de prendre les moyens pour s'en débarrasser. D'une rare méchanceté et d'une totale mauvaise foi, ce narrateur cynique. Quelle nouvelle, avec une chute digne d'une médaille. 10 / 10
Le coureur des grèves. Parce qu'il opère un petit commerce pour lequel il n'a pas tous les permis requis, un homme est talonné par l'Administration. Un étonnant cri du coeur que cette nouvelle qui oppose la liberté personnelle à la bureaucratie tenace. Une réussite atypique de l'auteur. 8,5 / 10
Lutte des classes. Le grand patron d'un consortium en métallurgie est pris en otage et va être exécuté. Ah ! l'ironie de la chute imprévisible m'a jeté par-terre, et j'ai rarement autant ri. 10 / 10
Rue des Suicidaires. Cet inspecteur placide commet un impair irréparable lors de la reconstitution d'une scène d'homicide et, par conséquence, prend la décision d'en finir avec ses jours. On dirait presque du Simenon par la grisaille, la vie vue par le petit bout de la lorgnette. Après la pluie vient le crachin, dit le proverbe brestois. 9 / 10
Cercle polar. Un écrivain publié à compte d'auteur se voit refuser une invitation au Salon du polar et décide de se venger. Dans cette nouvelle noire et hilarante, ce sont les lecteurs qui se régalent. Le plus long texte du recueil, une merveille. 10 / 10
Presque rien. Trois vols de banque audacieux commis le même après-midi par un seul homme. L'homme cache son trésor, se fait attraper pour une babiole, purge deux ans en taule, sort de prison et retrouve son butin considérable. Le crime parfait, une fin heureuse ? Vous ne connaissez pas Aussanaire qui trouve moyen de broyer l'espoir de son personnage... 9 / 10
Il y a quelques textes plus faibles, avec des chutes peut-être plus prévisibles ou une tonalité moins heureuse. Mais huit excellentes nouvelles sur quatorze, c'est vraiment impeccable. Mortes-eaux est un formidable recueil de nouvelles par un auteur qui ne sera pas méconnu encore longtemps, foi d'ermite !
Note 9 / 10
Pour commander ce livre, allez sur la page des éditions Nouvelles Paroles.
Mortes-Eaux
François Aussanaire
Nouvelles Paroles, 2009
138 pages
12 € (19,60 $)

4 commentaires:
Wow! Ça doit être un record de notation dans l'ermitage ça! ;) Je le mets sur ma liste des "à acheter"! :)
C'est un livre qui m'a fait rire et qui m'a constamment surpris. Dans l'art de la courte nouvelle à chute, je mets Aussanaire sur le même pied que Fredric Brown ! C'est pas rien.
Je le veux!
Où peut-on l'acheter?
Directement des Éditions Nouvelles Paroles dont le lien est au bas du billet.
C'est de là que je l'ai eu et le service est rapide et impeccable.
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