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dimanche 20 juin 2010

140. Horrifique n° 71

Trois nouvelles, un court essai sur l'homéopathie vs la science et un bref articulet forment ce 71e numéro d'Horrifique, un fanzine consacré, les plus malins l'auront deviné, à l'horreur.


L'abattoir de Pat Isabelle. Marcel est contremaitre dans un abattoir de gros bétail. Il est immunisé contre la mort des animaux, croit-il. Mais les nouvelles vaches qui viennent d'arriver le regardent vraiment d'un drôle d'oeil... Dans les nouvelles de Pat Isabelle, le ton est souvent dégagé, il y règne une espèce de naïveté apparente et une distance narrative qui donnent une voix caractéristique aux écrits de cet auteur. Et bien que ce texte eut gagné à être plus soigné, je me suis délecté jusqu'aux derniers mots de cette histoire cauchemardesque ! 7,5 / 10

La Grignoterie de Charles Bitterson. L'agent Cooper du FBI rouvre l'enquête sur le cas des morts entourant l'ouverture du restaurant La Grignoterie à Blue River, vingt ans auparavant. Une histoire mystérieuse et horrifique qui a peut-être des répercussions encore aujourd'hui... L'histoire est prévisible, faite de longs dialogues explicatifs de sorte que le lecteur se la fait raconter plutôt que de la vivre. Le français en prend pour son rhume, mais il y a un certain élan de sorte que tout n'est pas perdu. 4 / 10

Ce monde que vous ne voyez pas de Donald Plante. Un jeune gars voit un monde que personne d'autre n'est en mesure de voir. Et ce monde finit par l'inquiéter...Je ne vais pas m'acharner sur un jeune auteur qui débute (deuxième texte publié) mais la nouvelle est redondante à l'excès, de longues descriptions d'insectes, d'arbres, de tas de roches à peu près toutes identiques dans un français malmené. Il y a peu à tirer de cette expérience, sinon espérer qu'à sa prochaine publication, Donald Plante reçoive un peu d'aide de la rédaction. 2,5 / 10

Ce numéro-là est franchement décevant, en dépit du bon texte de Pat Isabelle. Il y aurait eu un sérieux travail éditorial à faire sur les nouvelles de Bitterson et de Plante, occasion qui a été raté par oncle André.

Note 3,5 / 10

dimanche 25 octobre 2009

105. Horrifique n° 66 - Spécial Jonathan Reynolds

Eux, du crépuscule. Des créatures malveillantes rôdent autour d'une ferme. Un texte rongé par la culpabilité et l'horreur. 5,5 / 10

Alex. Une histoire d'amitié, de jeunesse perdue, d'imagination un peu trop débordante et de culpabilité. 5,5 / 10

Une partie de monopoly
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Une partie de Monopoly réunit ensemble des amis, mais une créature guette. Do not pass Go. Encore une fois le thème de la perte de l'enfance, de la vie qui balaie individus et destins. Un bon fond d'histoire mais c'est beaucoup, beaucoup trop court. 6,5 / 10

Le dernier coup de circuit.
Martine accompagne son frère jouer au baseball. Il y a une malédiction sur le coup de circuit qu'elle frappe. Alors, là, chapeau à l'auteur. Voilà une excellente histoire, qui prend son temps pour arriver à son dénouement. C'est le texte le plus abouti du numéro. 8,5 / 10

Le chien de McNeil
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Reynolds avoue dès le départ que ce texte n'est pas vraiment bon, mais qu'il est fondateur de la saga. La nouvelle a une valeur historique, elle montre aussi à quel point le talent de l'auteur s'est affirmé depuis. 3,5 / 10

Une bd de Harry Villeneuve, d'après la nouvelle « Le doute ».
Moi et la bd sérieuse, c'est comme un dîner Kraft et des épinards, ça ne va pas ensemble. Si le dessin est très beau et atmosphérique, la bd elle-même semble souffrir d'un problème de mise en page, ce qui ne m'a pas incité à déployer l'effort nécessaire pour la lire.

Une entrevue avec Jonathan Reynolds et sa bibliographie complètent ce gros numéro de 90 pages.


L'imagination, chacun la porte en soi et y est sensible d'une manière différente. Les textes de Reynolds ne m'ont pas semblé débordant d'idées neuves, nouvelles ou novatrices, mais je connais si peu de choses au fantastique et à l'horreur que je suis certainement dans l'erreur. De toute façon, ce que je recherche dans un texte, ce n'est ni l'innovation, ni l'inédit, c'est le plaisir d'une bonne histoire mettant en scène des personnages intéressants. De ce point de vue, Reynolds y est presque. Là où le bât blesse, ce sont les dialogues qui manquent de naturel. Ils sont souvent plaqués dans la bouche des protagonistes pour amener inconfortablement des informations cruciales pour le récit.

À noter que certaines des nouvelles auraient gagné à être plus étoffées. Eussent-elles été plus longues (admirez en passant le passé du conditionnel, chic, suranné, très vieille France, merci), ces nouvelles n'auraient pas nécessité de dialogues aussi informatifs. Mon grain de sel.

À noter aussi, beaucoup de fautes de français. Conjugaison à surveiller.


Cote 6,5 / 10

samedi 29 août 2009

95. Horrifique n° 65

Sous une couverture rigolote de Laurine Spehner, voici le premier numéro de mon abonnement à ce vénérable fanzine. Trois fictions et une bd.

Corpus de Denis Labbé. La petite voix qui lui parle dans sa tête de musique et de peinture n'est-elle pas celle de Jack l'Éventreur ? Un peu lourd à débuter, ça tourne en rond, avant de se terminer dans le sang. 5,5 / 10

Frères de sang de Romano Vlad Janulewicz. Un pacte lie cinq amis pour la vie et pour la mort. Vraiment ? Ça ne renouvelle rien, mais c'est plutôt bien raconté. Pas mal du tout, la nouvelle. 6,5 / 10

La main verte de Romano Vlad Janulewicz. Adélaïde est jalouse du jardin luxuriant de sa voisine Josiane. Comment réussit-elle rien qu'en leur parlant ? Même si on sent venir la fin, cette nouvelle est une réussite totale. Bons personnages, narration contrôlée. 8,5 / 10

Héritage de Mathieu Myskowski. Moi qui n'aime pas la bd dite « sérieuse », j'ai adoré celle-là. Une histoire sans fioritures, juste de la bonne narration. 7,5 / 10

Le numéro est complété par une une revue désopilante des french kiss à l'écran par Daniel Coulombe, une entrevue du cinéaste amateur Fred Martel et le manifeste/cri du coeur des zines de SFFQ.

Un bon numéro d'un fanzine dont on parle peu. 6,5 / 10