Alibis n° 41 nous offre sept nouvelles. Six québécoises, dont une en traduction, et une française. Allons-y voir, comme disait l'éléphant.
La colère d'Hämmerli de Richard Ste-Marie. Monsieur Hämmerli est un tueur occupé à trucider à contrat diplomate et petits truands, jusqu'à ce qu'un cas nouveau vienne bouleverser ses habitudes... Ce texte est une vraie bénédiction du ciel. Qu'est-ce c'est bon ! L'histoire est excellente et les intrigues secondaires aussi. M. Hämmerli est un personnage qu'on pourrait trouver répugnant s'il ne maniait pas avec autant de brio l'ironie et la désinvolture. On en redemande, et vite ! 8 / 10
Le choix de la direction de Denis Dallaire. Après le suicide d'un des directeurs de l'Entreprise, Christian est promu à son poste. Bientôt, les choses prennent une tournure glauque... Malheureusement cette nouvelle, autrement correcte, et même un peu kafkaïenne au début, ne se remet pas d'un style qui manque de coulant et d'une fin télégraphiée dès les premières lignes. 5 / 10
Les parents préfèrent leurs enfants vivants de François Leblanc. L'interrogatoire de police d'un jeune excité de la route suite à un cas funeste de road rage montre une vie de mensonges, de rage et d'irresponsabilité... Un très court texte, entièrement dialogué, qui ratisse large côté psychologique (mensonge, irresponsabilité, culpabilité, solidarité, amitié...) mais qui manque de punch, en raison surtout de ce verbiage intensif et incessant. 4,5 / 10
La fiancée de Ted Bundy de Caroline Rouleau. Alors qu'un tueur en série sévit dans la région, une femme prend conscience du lien qui les relie l'un à l'autre... Une très forte nouvelle, où se mêlent angoisse et trouble. C'est tout en finesse et en intériorité. Parfaitement maîtrisée.7,5 / 10
Saint-Valentin de Jean-Pierre Favard. Un gars qui a du talent pour la cuisine prépare un repas gastronomique la Saint-Valentin... Si la partie gastronomique m'a intéressé, la chute m'a laissé pantois. Tout ça pour ça ? Une nouvelle de fanzinat qui n'a pas sa place ici. 3,5 / 10
Un enlèvement de pros de Jean-Pier Boisvert. Ed et Harry sont des kidnappeurs professionnels plutôt idiots et malhabiles, bien que l'opinion qu'ils aient d'eux-même soit impeccable. Leur nouvelle aventure sera semée de difficultés imprévues... Ce texte, c'est un peu John Dortmunder refaisant Fargo. C'est réussi et rigolo. On ne s'en plaindra pas, les occasions de rire étant plutôt rares. 6,5 / 10
Ted et sa collection de Claude Lalumière. Initié à la taxidermie par son voisin, le jeu Ted commencera une collection très particulière qui donnera un sens à sa vie... Ça commence super bien. Avec la création en quelques paragraphes d'un climat trouble et limite bizarre. Mais, avec la disparition du voisin, le texte prend une tournure très ordinaire. Ordinaire et long, un cocktail soporifique. 3,5 / 10
Le numéro se termine sur une rencontre avec Patrick Senécal, sympathique et riche de renseignements divers sur le métier d'écrivain. Il est suivi par le compte-rendu de Pascale Raud sur le Festival QuébeCrime 2011. Ce n'est pas inintéressant, mais les photos sont si microscopiques que, pour bien faire, il aurait fallu mettre la chose sur le site internet de la revue, pas dans ses pages.
Un fort bon numéro, divertissant à souhait, avec les textes de Ste-Marie, Rouleau et Boisvert qui se démarquent. 6,5 / 10