jeudi 27 septembre 2012

Collapsus

Collapsus, synonyme pédant et spécialisé d'effondrement. J'ai appris l'existence de ce très joli mot hier soir et ça me rend tout heureux à l'intérieur. Je sens que je risque de l'employer à tort et à travers sur ce blogue dans les prochaines semaines.

Ça n'a rien à voir avec le sujet de ce billet qui est l'annonce que nos amis de Brins d'éternité offre pour une quatrième année consécutive un abonnement d'un an à la revue.

Brins d'éternité est un compagnon des premières heures du concours de nouvelles des Mille Mots. Un gros, gros merci à toute l'équipe !


Couverture du prochain numéro dont la parution est imminente.


mercredi 26 septembre 2012

Toujours plus imposante

Elle grossit la dot, elle prend  du poids. Elle est en voie de devenir la Gaétan Barrette des dots : aussi généreuse de ses formes, mais moins vulgaire quand même.

En effet, la Maison des viscères offre un exemplaire papier de leur prochaine publication, Exodes, au concours de nouvelles des Mille mots.





Ça promet, d'autant plus qu'une nouvelle de votre humble serviteur y apparait. Si je ne suis pas sur la page couverture, je suis très certainement dans la table des matières.

Merci à Alamo, Caroline et Frédéric !

mardi 25 septembre 2012

Plus que 206 jours !

Plus que 206 jours avant l'échéance des Mille mots ! Le temps file et ne reviens pas.

Pendant ce temps la dot grossit, alimentée cette fois par Édouard Bond qui offre un exemplaire de son tout dernier roman, Les Verrats, paru cette année chez VLB.






Grosse bise à Ed.

lundi 24 septembre 2012

Les Mille mots + appels à textes

1.

Un gros merci (accompagné d'une très virile accolade) à Pierre H. Charron qui offre aux Mille mots un exemplaire de son roman L'Initié, le cinquième tome des Clowns vengeurs.



2.

Pensez Vieux Continent, voici deux appels à textes français de France ! Ne soyez pas intimidés, pensez à Ariane Gélinas et Martin Lessard qui publient régulièrement chez nos Cousins. Tentez votre chance !

Anthologie : Le monde de la nuit

 Revue Étherval : thème La Mer


dimanche 23 septembre 2012

Nouveauté pour la 4e édition des Mille mots


Les Mille mots se permettent une coquetterie cette année. Un thème : Station fantôme. C'est à vous d'en faire ce que vous voulez.

Autrement, rien ne change. En bref : un texte de mille mots ou moins (mais pas un de plus) envoyé par courriel à ermite2013@hotmail.ca. Tous les genres littéraires sont permis, sauf la poésie.


La date limite pour envoyer les textes est le 18 avril 2013 à 23h59.

Le texte primé recevra :
  • 100 $
  • Le Chasseur, un court roman de rédemption, offert par son auteure, Geneviève Blouin !

Cette dotation est sujette à augmenter.



Un gros merci à Geneviève pour sa générosité !

PS Si vous souhaitez offrir un livre, un abonnement à une revue, un VTT, ne vous gênez pas, faites-en moi part !

samedi 8 septembre 2012

190. Un privé à la cambrousse - Bruno Heitz

À la mort de leur père, Hubert et Bertrand héritent de la ferme familiale qu'ils continuent d'habiter et de faire fonctionner. Désœuvré, Hubert est tyrannisé par la femme de son frère qui le nourrit à la soupe claire.

Ce livre regroupe les trois premières aventures d'Hubert, détective privé à Beaulieu-la-Morne (800 habitants), publiées à l'origine chez Seuil à la fin  des années 90 : Un privé à la cambrousse, Une magouille pas ordinaire, Le bolet de Satan.

Le style un peu rudimentaire du dessin ne m'a pas convaincu immédiatement. J'ai mis un peu de temps à m'y faire, puis après dix-douze pages, l'étincelle s'est produite et je me suis laissé emporter. Nous sommes dans les années 60 dans la province profonde. La mentalité est étroite. Les gens se jalousent et se tiennent rancune sur des générations.

Les premières enquêtes d'Hubert sont dérisoires, basées sur des ragots alimentés par la mesquinerie paroissiale. Le héros, quant à lui, est plutôt flegmatique. Encore que, malgré son air pataud, il soit vif d'esprit, le Hubert. La première aventure, le premier chapitre du livre, raconte une série de toutes petites enquêtes qui établissent la réputation d'Hubert, de courtes histoires de cochons, de truffes, de cigarettes, etc., et la réaction ironique, voire un rien hostile, des concitoyens face à cette nouvelle vocation du héros (voir l'extrait).

Les deuxièmes et troisièmes chapitres/histoires sont plus élaborées et constituent de véritables nouvelles policières en soi, bien menées, avec rebondissements, mystère, tentatives de meurtres, tout ça dans une campagne morne, où les divisions et tensions sociales sont bien marquées. C'est à la fois psychologique et sociologique, et provincial en diable.

En somme, une lecture tout à fait satisfaisante. Je reprends à mon compte la citation du magazine Lire à propos de cette série : « Bruno Heitz nous étonnera toujours. Ses dessins faussement naïfs font merveille dans une sorte de Simenon plouc. »


Cote 6,5 / 10

Un privé à la cambrousse, volume 1
Bruno Heitz
Gallimard, 2011
336 pages
35,50 $

mardi 4 septembre 2012

Maudit cancer à marde


Pogo
Juin 2001 -  4 septembre 2012

Vos coffres débordent de textes ?

La NRF, XYZ, Solaris, Alibis, Brins d'éternité, Moebius, Virages...

Vous avez publié partout, sous moults pseudonymes, les revues ne sont plus capables d'absorber votre trop-plein de trésors littéraires. Alors, voilà quelques petites adresses pour coussiner votre bibliographie :

L'Imaginarius, nouveau webzine franco-québécois en ligne dédié au fantastique. Facebook ici et site internet là.

L'Enchantement, un magazine (webzine ?) littéraire spécialisé dans l'imaginaire et la jeunesse. Il y a appel à texte en cours. Facebook.

Souffle d'Éden, un magazine sff à saveur chrétienne. Facebook.

Lapsus lance un appel à textes thématique : mille mots sur Utopie/Dystopie. Facebook.

J'en profite pour annoncer que la 4e édition des Mille mots de l'ermite est en cours. Pour la première fois, il y a un thème cette année : Station fantôme. Vous avez jusqu'au 18 avril 2013 pour participer.


lundi 3 septembre 2012

189. Clair-obscur n° 9

Le neuvième numéro de Clair-obscur est un spécial « Lycanthropes », avec pour couverture une séduisante illustration de Luc Roberge.

Après une interview de Mathieu Fortin, suivie d'un genre de making-of du Loup dans le sanatorium, on passe au plat de résistance, ce pourquoi on lit des revues : les fictions.

La plus belle pour aller danser de Valérie Bédard. La rencontre improbable entre une très belle chienne de basse extraction et un trappeur aigri va bouleverser leurs vies... Cette nouvelle est absolument ravissante et, qui plus est, joliment racontée. La double transformation qu’elle révèle à la fin est un régal, comme quoi la lycanthropie peut être une source de métamorphose autre que physique. Gros coup de cœur. J'en veux encore. Seul point négatif : j'ai la ritournelle d'Aznavour qui tourne en boucle dans ma tête ! 8 / 10

50 trucs pour faire du loup-garou un être civilisé de Nicolas Handfield. L'auteur d'un livre à succès est pris à partie par une jolie fille... Une pure nouvelle de fanzine, bâtie sur une idée assez mince, habilement exploitée par un auteur qui a le sens du dialogue, avec une chute en forme de retournement sans grande surprise. Bien fait dans le genre, on notera la touche humoristique personnelle à l'auteur. Bon pour satisfaire une fringale, mais ne rassasie pas. 4 / 10

Lycanthrope d'un soir de Frédéric Raymond.  Amateurs de surnaturel, Sam et Max se sont procurés une potion de lycanthropie sur internet. Pendant que Max filme, Sam la teste sur lui-même. On imagine la suite... Nous sommes ici dans une histoire de loup-garous beaucoup plus conventionnelle, racontée d'une manière elle aussi très conventionnelle. C'est d'un intérêt mitigé, avec une fin faxée depuis le premier paragraphe. Il faut être patient avec Raymond qui est un jeune auteur. 4 / 10

On a affaire à un texte ambitieux avec L'ascendance des sélènes d'Ariane Voisine (un  bicéphale formé d'Ariane Voisine Gélinas et de Guillaume Voisine), une nouvelle à la facture plus recherchée et d'une nature proche de la SF avec sa rationalisation simili-scientifique de la lycanthropie. Érotisme, expérimentation scientifique et mutation génétique sont au rendez-vous. Pour des raisons obscures, ça n'a juste pas levé pour moi. Il y a de petites fautes de français qui m'ont fait grincer des dents. 5 / 10

Cote 6,5 / 10

Un bon numéro qui nous fait regretter le rythme exagérément espacé de parution de la revue.

Prendre note: massicoter la gouttière eut été génial.

vendredi 20 juillet 2012

La Chasse au gros gibier

Ma micro-nouvelle de 300 mots, La Chasse au gros gibier, a été retenue pour publication dans le recueil Exodes à paraître cet automne à la Maison des viscères.

J'y serai en excellente compagnie, jugez : Daniel Sernine, Nicolas Handfield, Luc Dagenais signent de longs textes, Geneviève Blouin et Martin Mercure des micro-nouvelles eux aussi.

Deux vieux de la vieille (un avec du talent) et quatre auteurs émergents.

Voici un extrait :

La Chasse au gros gibier

Adossé au tronc d'un érable... 


Une nouvelle qui va faire plaisir à mon frère. La suite à l'automne !

jeudi 19 juillet 2012

S'il y a encore quelqu'un...

Un tout petit signe pour dire que d'ici peu, ce blogue va revenir à la vie avec des commentaires sur Alibis n° 43, Clair-obscur n° 9, les Verrats de Bond, la série policière Toby Peters de Kaminsky, deux romans écrits par des Allemands se passant à Berlin en 45, un essai de Bryson, une saga familiale française impossiblement sucrée de Pancol, un aperçu des cinq premiers épisodes des Clowns vengeurs, un tour d'horizon de mes vacances en Ontario, un bilan littéraire de ma première moitié de l'année, Ma vie en 100 chapitres, Contagion de Soderbergh, Ice Age : La dérive des continents, une petite publication personnelle et des billets sur Benjamin Tremplin...

...et je promets d'éviter de parler de mon transit intestinal.

Là, j'ai des crampes aux doigts, j'arrête. À tout de suite !

samedi 9 juin 2012

Les Clowns vengeurs se lancent...

Lancement cet après-midi des romans de Pierre H. Charron, L'Initié, et de Jonathan Reynolds, Les Couloirs de l'éternité, à l'Auberge du Dragon rouge dans le nord de Montréal. Les deux romans appartiennent à la série des Clowns vengeurs. Valérie Larouche lançait aussi les trois premiers tomes de sa série fantasy jeunesse Nellie.

C'était super sympathique. Il y avait une bonne foule, on a revu des amis et serré la pince à un tas de gens, dont certains que je ne connais pas, je le jure, j'étais juste emporté par l'enthousiasme.

Quelques photos :

 Pierre qui penche à droite...

 ...Pierre qui penche à gauche.

Jonathan écoute avec un peu trop d'attention...

...Jonathan passe à l'attaque !

Émue par ma présence, Valérie Larouche écrase discrètement  une larme.

Une partie de la foule enthousiaste !

Marianne, notre Maskoutaine préférée, et Chantal, celle par qui Pierre arrive à bon port...

Après deux bières, Pat a les mêmes yeux que la plantureuse Natasha !

vendredi 8 juin 2012

Mille mots : L'Île - François-Bernard Tremblay

Ce texte a été un des derniers éliminés avant la sélection du grand gagnant. François-Bernard est un écrivain qui écrit vraiment trop peu.

Tel que convenu, le texte de François a été retiré.

mercredi 6 juin 2012

Concomitance, suivie de Le Petit a fait un caca mou...

Au moment où j'apprends qu'une de mes nouvelles a été retenue pour publication, je crois que je suis en train de perdre un ami. Il n'y a pas de rapport entre les deux, sinon la simultanéité.

J'échangerais bien la première pour garder le deuxième. Cependant, je ne suis pas entièrement maître de cela.

***

Dans un autre ordre d'idée, on porte à mon attention la montée de lait suivante qui me vise. Le contexte : en novembre 2008, j'ai publié ici un commentaire sur le recueil de nouvelles Plusieurs excuses de Stéphane Ranger. Livre inégal qui avait la propension de céder à l'onanisme nombriliste propre aux jeunes auteurs. Je le disais sans ambages. Ranger a répondu et l'échange qui s'en est suivi était courtois. Bon, voilà ce que Ranger pense de moi et de ce même commentaire, quatre ans plus tard (QUATRE ans, r'viens-en mon ti-prout, get a life), en avril dernier. On note le ton, qui a changé.

Pour les esprits curieux, c'est juste là, mais je reproduis le passage qui me concerne :
L'Ermite avait fait une critique de Plusieurs excuses sur son blogue. Gros tata. Il disait avoir aimé Les plus belles filles lisent du Asimov et avoir voulu lire un autre livre publié par Ta Mère.

Il n'avait pas aimé. Dans sa critique, il mettait beaucoup d'accent sur le bout où je parle de masturbation, dans la dernière nouvelle (ça l'avait beaucoup offusqué). Sa préférée du livre, c'était "L'histoire de Piard". Bien sûr. Le brave homme est un fan de SF.

Il ne s'était même pas rendu compte que c'était une parodie de nouvelle de SF.
Floc. Un caca mou. La première fois, l'auteur est poli, courtois, mais c'est une première fois qui se déroule dans un face à face virtuel, il est là et je suis là pour lui répondre. La deuxième fois, il est seul sur son blogue auquel on ne peut pas répondre parce qu'il est fermé aux non-membres. Là, il est fort en gueule, viril, il a du poil sur la poitrine.

Le petit a fait un caca mou... et j'emploie « petit » dans tous les sens du mot.

On m'a traité de tous les noms ici : vieux con, vieux schnoque, imbécile, dilettante (trou de cul, pour les snobs). Mais là, me faire traiter de « brave homme ». Misère de misère !

Je ne suis pas totalement blindé, mais j'y viens.

lundi 4 juin 2012

James Bond : Barn-Bashing in Rigaud


Bientôt en IMAX 3D. Cinq dollars le mardi.

jeudi 24 mai 2012

Bientôt

Dès que les cumulonimbus dans ma cervelle se seront dissipés, je vais revenir.

Bientôt.

mercredi 9 mai 2012

Impressions de Boréal

Comme tout le monde a déjà fait son compte-rendu avec volubilité, je vais donc y aller de ma vision impressionniste de Boréal 2012. 

Les méandres de Québec 

Tous les jours, j’ai trouvé le moyen de me perdre à Québec. Quand ce ne sont pas les rues qui changent de nom au gré de la fantaisie des arrondissements, ce sont les panneaux routiers qui manquent pour indiquer la bonne voie à suivre (pour passer de la 40 Est à la 440 Est, entre autre, avec mes trois passagers à l’arrivée, nous nous sommes pratiquement retrouvés à Ste-Anne-de-Beaupré avant de comprendre que j’avais loupé la bretelle), et dimanche, les autorités dûment incompétentes de la ville avaient pris l’hallucinante initiative de fermer certaines entrées d’autoroute pour un marathon couru sous la pluie ! Je me suis donc perdu et reperdu. Québec et le labyrinthe du Minotaure, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Aucune félicitation aux autorités municipales.

Dépression passagère avec éclaircies prochaines (on l’espère) 

Un petit nuage gris a plané sur mon congrès. Je ne les nommerai pas, parce qu’il s’agit essentiellement de choses personnelles, mais il y a un bon nombre d’écrivains chevronnés qui sont en questionnement par rapport à l’écriture, voire peut-être en crise. J’en ai compté quatre, ce qui est considérable, car ce sont tous des auteurs importants de la ssfq. Fichtre.

Des scènes pires que le naufrage du Titanic 

La lenteur du service dans les restos de la Vieille Ville a donné lieu à des scènes qui auraient indignées les naufragés du Titanic. Des promesses de s’attendre pour aller manger ont été trahies parce que les groupes grossissaient sans bon sens. Les gens préféraient alors abandonner les autres, parce qu’il semble que tout groupe de plus de trois personnes voyait son temps d’attente s’allonger de manière exponentielle selon des critères qui n’ont rien à voir avec la réalité. Quoi !? Un restaurant débordé par l’arrivée de douze clients ! On aura tout vu.

Il faut en parler au groupe d’une quinzaine d’individus que nous formions alors que nous sommes entrés au Chatauteuil (si je ne m’abuse sur l’orthographe). Une heure après s’être assis, je fus le premier servi et personne d’autre n’a reçu son repas avant que je ne finisse le mien quarante-cinq minutes plus tard. Après deux heures d’attente, j’ai payé et je suis parti alors que mes amis commençaient tout juste à recevoir leurs assiettes.

À vrai dire, sur les quatre repas pris à Québec, il n’y a que deux fois où l’on a été servi avec promptitude, et les deux fois, curieusement, c’était dans les succursales d’une chaîne de restaurants montréalais. Quin toé Québec ! Prends-en de la graine ! 

Une renarde écossaise et un cousin 

On trouve toujours des gens intéressants à Boréal. Là, j’ai pu discuter avec une jolie et intéressante renarde écossaise et je me suis découvert un cousin éloigné; ceci, bien sûr, dans la mesure où tous les Tremblay sont des cousins, heureusement pas tous consanguins. En incluant ce Tremblay, on peut dire qu’il y a plus de Tremblay (Élisabeth, François-Bernard, Martin et moi) que de Côté (Héloïse, Dave, P-A) en sffq. Nous revendiquons maintenant le statut de prima familia du milieu. Respect ! 

Crowley et Jaworski 

Les deux invités internationaux étaient John Crowley et Jean-Philippe Jaworski. Le premier fut éminemment discret (d’autant que, bas sur patte, on pouvait difficilement le distinguer dans la foule, voire à la table des panels) et avait un peu l’air de s’ennuyer poliment, comme s’il avait été invité par des Bantous à une cérémonie indéchiffrable. Dans son cas, la barrière de la langue a sans doute joué en sa défaveur). Je n’ai pas acheté un seul de ses livres, notamment parce que son roman le plus célèbre, Little, Big, gît dans ma bibliothèque depuis 1982 tandis que je n’arrive pas à tourner la première page de ce roman à l’écriture fleurie et boursoufflée. Mon préjugé, là, pleinement assumé qui plus est.

Jaworski m’a semblé d’un tout autre calibre. Grand, les yeux sur l’horizon plutôt que sur le bout de ses chaussures, la langue jouait en sa faveur. Affable, articulé, pas chiant pour deux sous, sa participation aux panels m’a laissé un si bon souvenir qu’en vrai groupie littéraire je me suis procuré ses deux livres. Le petit (gros vendeur à cause de ses 386 pages à peine) et le gros (quasi 1000 pages, moins vendeur à cause de son poids). C’est de la fantasy, bien sûr, mais le monde n’est pas parfait. 

Le centre Morrin 

Alors là, très joli, très historique, le centre Morrin. En plus, dans les vieux temps, c’était une prison, ainsi qu’un lieu de pendaison. On parle d’atmosphère, là, mes aminches. Il est situé dans le Vieux-Québec, très pittoresque, très bioutifoule, véry touristique, mais pas très habité par du vrai monde; un endroit full froideur, bien propre, balayé tous les jours, avec une dimension humaine égale à zéro…

Donc, un site merveilleux. Mais pour y tenir un congrès, c’est autre chose. Les salles étaient petites (compte tenu du populo sur place), elles étaient mal aérées, pas climatisées (personne n’a mis les ventilateurs de plafond en marche, horreur, cent personnes dans une salle, quand bien même elles ne font rien, ça génère son lot de BTU), mal sonorisées et affreusement insonorisées.

Sans compter la dispersion de la salle d’exposition, heureusement dans le même bâtiment, mais si mal signalée que je ne l’ai jamais vue, et de la salle des signatures et des tables de vente, malheureusement située dans un bâtiment à proximité, de sorte qu’on y pensait pas tout le temps…

Comme a souligné quelqu’un sur son blogue, c’était bien situé à proximité des restaurants et des dépanneurs. Oui, c’est juste, mais si seulement la visite des dépanneurs vous passionne… 

Caméra, caméra 

En tant que photographe amateur, je suis plutôt du genre mitrailleur, me disant que sur un grand nombre de photos il y en aura bien une qui ne sera pas mauvaise. Mais pour prendre une montagne de photos, encore faut-il avoir des piles. Les miennes m’ont lâché dès samedi matin. J’étais tellement découragé que j’ai remisé l’appareil dans le coffre à gants de la torpédo sans une autre pensée pour lui… 

Le concours d’écriture sur place 

Un peu à l’exemple de Geneviève Blouin qui, lorsque contrainte à produire un texte sous pression, a tendance à se tourner vers le polar, moi je me tourne vers le mood-piece. Trente-cinq ans plus tard, on ne se refait pas, c’est un peu triste… Enfin, ma petite nouvelle a trouvé un écho de sympathie chez Valérie qui a eu la bonté de s’en souvenir et de m’en glisser un mot avant le départ. Grosse bise à matante Valérie.

À propos de ce concours, je me pose une question personnelle. Dans quelle catégorie m’avait-on mis : auteurs chevronnés ou auteurs montants ? J’ai bien commis quelques textes dans Requiem/Solaris, mais ça remonte à 79, 80, 81 et 91, c.-à-d. à la préhistoire, et depuis ce temps, rien sinon une courte nouvelle dans Alibis. Je suis intrigué, comme aurait dit Crowley. 

Malgré tout

J'ai l'air chialeux, je fais un BB de moi, mais au contraire, j'ai totalement adoré mon expérience. Les gens, l'accueil (sauf la matrone du hall d'entrée), les panels, les invités (même les petits)... J'y retournerai sans hésitation dans deux ans - mais pas avant.

À l’an prochain 

Bon, faque c’est ça qui est ça. On se retrouve donc tous dans un an à Montréal, là où les rues sont quadrillées, les salles climatisées, le service dans les restaurants prompt…

En un mot, là où la civilisation existe. Tourlou.

jeudi 3 mai 2012

Une pause de type simili-canadianiste...

Avec le Boréal looming ahead (1), je vais être un peu discret sur le blog pour la fin de semaine. La patience est de mise pour la suite des événements.

Si je ne suis pas flemmard, je ferai un billet ou deux en « direct », mais me gagez pas là-dessus.

Off I go to Quebec City.



(1) I should rightfully be writing le Congrès AURORA/Boréal, avec les majuscules de circonstance. Je me comprend, I understand myself. Ah-ha.

Les Mille mots, troisième place : Le Premier Magistrat et la Révolte des Conjurés - Patrice Cazeault

Cette nouvelle, au titre improbable, est un texte grinçant mettant en scène une bande de scélérats habités par des scrupules sous lesquels ils balaient leur pleutrerie. Cynisme débridé ! Rires jaunes assurés ! Ça avait tout pour me plaire, et comme de fait, j'ai adoré !

Le Premier Magistrat et la Révolte des Conjurés

Les silhouettes cagoulées s’enthousiasmèrent toutes à la fois, quelques-unes allant même jusqu’à frapper la vieille table de bois de leurs poings.
— Il faut lui briser les os!
— Oui! Lui tordre le cou.
— Et sectionner ses chairs!

Le maître de cette cérémonie, dans un geste théâtral, lança les mains au-dessus de sa tête, comme deux serres menaçantes.
— Ainsi soit-il! Le scélérat sera supprimé demain, à l’aurore!

L’une des ombres, visiblement nerveuse, se tordait les doigts sous sa toge.
— Euh… vous parlez d’éliminer le chat ou l’Empereur?

Le chef de l’association ténébreuse baissa les bras avec lenteur. Sa posture dégageait tout à coup plus d’incertitude que de détermination.
— Le chat ne représente rien, entama-t-il. Son Altesse l’a nommé au titre de Premier Magistrat uniquement dans le but de nous discréditer. Il s’agit d’une moquerie, d’une mascarade qui jette en lumière le mépris qu’il éprouve pour notre caste tout entière. Sa litière d’or constitue une injure aux fonctions qui nous sont confiées et...

Quelqu’un toussa.
— Parce que s’il est question d’assassiner un animal, ne comptez pas sur moi. Je ne peux m’imaginer lever la main sur une créature innocente.
— Pensez-y! La pauvre bête n’a pas demandé à être investie de tels pouvoirs. Elle n’a probablement pas conscience de ce qu’elle représente.

Même invisible au fond de sa tunique, le regard de l’instigateur de la sinistre réunion foudroya la dernière ombre à avoir pris la parole. Celle-ci, gênée, desserra le collet de son aube.
— Enfin, vous ne croyez pas que le chat comprenne l’embarras dans lequel il nous plonge, si?
— Non! Ce n’est qu’un stupide chat!
— Je me disais bien, aussi! continua le comploteur à la voix flûtée. À le voir s’exténuer sur le bout de ficelle que l’Empereur agite pendant les séances du Conseil, je doutais fortement de ses capacités à saisir la complexité de la chose politique du royaume...

Cette dernière réplique plongea l’assemblée dans une cacophonie de commentaires échangés à voix basse entre voisins, à grand renfort de coups de coude amusés et de petits rires brefs. Une oreille attentive aurait surpris la remarque suivante : «Avoue qu’ils sont mignons, quand même, à se pourchasser l’un et l’autre autour du trône!»
— Mes chers collègues, s’interposa le chef encapuchonné, une touche d’inquiétude dans l’âme. Je crains que nous ne nous éloignions du sujet à l’ordre du jour. Il y a tout juste deux minutes, je vous proposais de déposséder le gamin qui vient d’hériter de l’empire...
— Oui! Il faut l’égorger!
— Lui rompre la trachée!
— Arrachons-lui bras et jambes!

Une fois les ardeurs refroidies, une nouvelle idée s’empara de l’attention des magistrats.
— Et si l’Empereur l’avait anobli afin de nous donner une leçon. Vous savez, pour que nous apprenions de… sa grâce féline ou de son indifférence calculée?
— Je ne crois pas que...
— Ou de l’acharnement avec lequel il poursuit les souris qui s’infiltrent dans la salle du Conseil?
— Hahaha! s’exclama le plus bedonnant des conspirateurs. Ou lorsqu’il a mis les griffes dans la toge du Gardien du Temps! Oh, l’expression sur son visage...!
— La bête n’a rien à voir dans nos desseins, coléra le chef des conjurés, et nous ne lui toucherons pas! Ça suffit, à la fin...

Le silence gagna l’assemblée. Un à un, les regards des hommes dans la salle s’abaissèrent et s’attachèrent à la table sous leurs yeux, ou aux mains poilues qu’ils trituraient sur leurs cuisses. Pendant un instant, ils parurent frappés par l’horreur du projet qu’ils ourdissaient dans l’ombre.

L’un d’eux se secoua de sa léthargie et, courageux, osa briser la taciturnité qui s’abattait sur ses camarades.
— Je vous avoue que je suis soulagé... Ce matin même, j’ai acheté la moitié d’un thon au poissonnier, son meilleur morceau, spécialement pour le Premier Magistrat...


© Patrice Cazeault

mercredi 2 mai 2012

Les Mille mots, deuxième place : Madame Vortex - Dave Côté

Voici une nouvelle qui s'inscrit dans la tradition du réalisme magique français. Au-delà du saugrenu de la situation, il y a un texte fin et nuancé qui donne chair aux deux protagonistes. En si peu de mots par-dessus le marché... Alors que tout semble si léger, aérien, il n'y a rien de superflu. C'est du grand art. Dave Côté remplace tous les antidépresseurs de la planète.

Madame Vortex

Madame Vortex rencontra Martin dans la file d’attente pour avoir de l’eau. Le précieux liquide devait être distillée, filtrée, minéralisée et vitaminée avant consommation, un service coûteux que l’état offrait avec de plus en plus de difficulté. Les files étaient toujours plus longues, et les réservoirs se vidaient souvent avant que chacun reçoive sa part. Souvent, on offrait à madame Vortex de passer plus vite dans la file, mais elle refusait toujours. Elle protestait alors de sa voix étrangement tremblotante qu’elle était une femme comme les autres, qu’elle n’accepterait aucun traitement de faveur. Elle se demandait toujours si on voulait la laisser passer par peur plutôt que par égard. Il était arrivé à plusieurs reprises que des créatures franchissent madame Vortex. Des créatures volantes, des bêtes rampantes, des insectes cliquetants, des invertébrés luisants. Peut-être avait-on hâte qu’elle s’en aille, avant qu’un autre de ces la traverse comme une porte pour venir semer le chaos sur Terre.

Martin fit une très mauvaise première impression auprès de madame Vortex. Il venait de se retourner pour la troisième fois, à deux places devant elle dans la file, et la fixait cette fois avec bien peu de subtilité. Madame Vortex avait bien entendu l’habitude de se faire fixer. Toutefois, cet homme la regardait d’une façon si soutenue, si oppressante, qu’elle ne put s’empêcher de réagir.
- Ce n’est pas poli de fixer les gens comme ça, monsieur. Que mon corps soit un vortex n’y change rien.
Martin ouvrit alors de grands yeux étonnés. Il secoua vivement la tête avant de s’excuser.
- Je suis vraiment désolé. C’est que…
- Quoi ? Vous avez vu quelque chose de l’autre côté ? Oui, ça arrive tout le temps.
- Non. Je vous trouve belle, tout simplement.

Des regards se tournèrent alors vers lui dans la file. Cette affirmation avait de quoi faire réagir, puisque madame Vortex n’était en fait que la silhouette d’une femme, à travers laquelle on pouvait voir un autre monde, ténébreux et habité par des créatures inquiétantes. Certes, on devinait des courbes agréables chez madame Vortex, mais de là à la trouver belle…
- Cessez de vous moquer.
Mais Madame Vortex manqua de conviction, elle-même déstabilisée par la sincérité apparente de son interlocuteur.
- Je m’appelle Martin. Je serais ravi de faire la connaissance de la femme qui se cache derrière madame Vortex.
Madame Vortex n’avait jamais eu besoin de cacher les expressions de son visage, puisque personne ne pouvait les voir. Elle se sentit tout de même gênée quand un sourire étira ses lèvres. Jamais on ne lui avait parlé de la sorte. Comme une vraie femme.
- Je sais que ça peut paraître précipité, mais je vous laisse mon numéro. Appelez-moi. Nous irons manger quelque chose. Vous pouvez manger ?
La question aurait dû la froisser, normalement. Mais venant de Martin, elle donna plutôt l’impression d’une marque d’attention polie.
- Oui. J’aime bien l’italien, mentit-elle en tendant la main vers le papier que Martin lui donnait. C’était une vieille facture, qui traversa la main de madame Vortex et tomba dans cet autre monde ténébreux. Elle était si secouée qu’elle en avait oublié son état immatériel.
- Donnons-nous plutôt rendez-vous, dit-elle, un sourire dans la voix.

Ils se rencontrèrent à plusieurs reprises, pendant plusieurs semaines. Pendant ce temps, elle se laissa charmer par le jeune homme, qui se surpassait toujours en galanteries et en charme. Elle fréquentait un homme ! Comme une femme normale ! Puis, après environ un mois, Martin invita madame Vortex chez lui. Elle fut prise au dépourvu par la demande de Martin. Qu’avait-il en tête ? Tout de même pas quelque chose de… charnel ? Elle n’était qu’un vortex, comment pouvait-il éprouver le moindre désir pour elle ? Elle se serait tout à fait contentée de leur relation platonique. Mais d’un autre côté, Martin était rempli de surprises. Peut-être avait-il quelque chose en tête. Elle accepta de le suivre chez lui.

Ils burent du vin, celui de madame Vortex tomba de l’autre côté, éclaboussant les pâtes qu’elle venait de manger avec Martin et qui étaient sur le sol de cet autre monde. Madame Vortex ne se sentait pas vraiment ivre, bien sûr, mais elle aimait prétendre que le vin avait un effet quelconque, et elle eut un rire d’écolière quand Martin s’approcha d’elle, le regard brillant.
- Mais qu’as-tu donc en tête, petit fou ?
- Fais-moi confiance.
Alors, sans qu’elle n’ait le temps de réagir, Martin plongea en avant, directement en elle. Il la traversa.
Sans son accord.
Elle hurla.
- Sors ! Sors immédiatement !
Elle l’entendit, étrangement lointain, exactement comme les grognements bestiaux qui se faisaient parfois entendre, la nuit.
- Fais-moi confiance ! Je reviendrai !
Mais elle se débattit, s’agita, sautilla. Il était passé par elle, sans avertir, exactement comme ces monstres. Elle hurla encore. Mais il était parti de l’autre côté, il ne l’entendait plus.

Il ne revint que plusieurs heures plus tard. Encore une fois sans avertir, il la traversa et tomba au sol, devant elle alors qu’elle écoutait la télé pour tenter, sans succès, de se changer les idées.
- De l’eau ! Des lacs ! Des rivières !
Il était blessé, recouvert de boue, mais il souriait.
Et elle comprit alors. Il n’avait voulu qu’une chose, depuis le début. L’eau. Il s’était servi d’elle.
- Tu m’as menti !
Martin pencha la tête, sceptique.
- Allons. Tu m’as dit que tu  aimais l’italien alors que tu laisses tout pourrir de l’autre côté.
Madame Vortex serra les poings.  
- Je suis une femme ! Ne me traite pas comme un vulgaire réservoir !
Martin se releva, l’air atterré.
- Allez, madame Vortex. Laisse-moi vendre un peu de cette eau, et nous ferons des voyages ensembles. Nous serons riches.
Et, séduite par l’idée de partir avec Martin, madame Vortex porta la main à sa bouche, gênée par le rouge invisible qui tachait ses joues



© Dave Côté

mardi 1 mai 2012

Les Mille mots, première place : Présente toi - Martin Mercure

Il faut quand même avoir conscience de sa chance quand un auteur propose un texte aussi fort pour le petit concours que vous organisez. Présente toi est une nouvelle pleined'émotions tranquilles et désabusées sur l'enfance. L'écriture reste lumineuse et le ton chargé d'espoir en dépit des « tragédies ». Martin Mercure est un auteur dont on va entendre parler à nouveau.


Présente toi
 


Tu dois te décrire,
Raconter ce que tu as de particulier,
Parler de ta famille et tes amis(es).


     
     Je m’appelle Gabriel, oui, un autre. Pas le sportif qui bouge tout le temps, ni la jolie Gabrielle très populaire. Juste celui qui est petit et timide. J’ai neuf ans et les cheveux brun.
     Je suis un enfant unique. Dans le sens que je n’ai pas de sœur ou de frère. Je n’ai même pas de chien ou de chat, ça demande beaucoup trop de temps pour s’en occuper. Mes parents ont tellement de choses à faire, déjà qu’ils m’ont. J’aurais aimé, je crois, avoir un frère ou même une sœur.
     Mais je suis bien à la maison, c’est tranquille. Je suis un enfant tranquille. Calme, obéissant, je ne dérange pas, je joue seul. Mes parents sont bien contents. Ils sont toujours très occupés avec leur travail, les commissions, le ménage, les rénovations, le terrain… Et ils doivent penser à eux aussi.
     À l’école aussi je suis tranquille, je fais ce qu’on nous demande, je ne dérange pas. Les professeurs sont bien contents. Ils ont assez de travail avec les enfants à problèmes, ceux qui ont des troubles d’apprentissage ou de comportement. Moi, je suis un élève normal, moyen. Mais comme je suis petit et que je ne parle pas, le plus souvent ils m’oublient. Pareil avec les autres enfants. Je ne suis pas populaire, pas intéressant, alors ils m’ignorent. Même ceux qui sont méchants ne me remarquent pas. C’est le seul côté positif.
     Un jour, un professeur m’a dit qu’elle aimerait n’avoir que des élèves comme moi. Je sais qu’elle me disait ça pour être gentille. En réalité, ça ressemblerait à une classe de fantômes. Je ne crois pas qu’elle aurait voulu ça.
     Je passe beaucoup de temps à l’école. Très tôt le matin, dès l’ouverture du service de garde, jusqu’au soir où je fais mes devoirs en attendant que mes parents viennent me chercher après leur travail, l’épicerie ou une autre de leurs nombreuses tâches. J’attends que le temps passe, seul dans cette masse turbulente d’enfants.

      Mon ami s’appelle William et il a neuf ans depuis longtemps. Lui aussi c’est un garçon tranquille, on ne le remarque pas. Il m’est apparu pendant une récréation, et nous avons parlé ensemble! J’étais bien content, j’avais un ami.
     Il m’a raconté que lui aussi a longtemps été seul. Il passait ses journées à regarder les autres, écouter, contempler.
     Un jour qu’il contemplait trop, sa maman l’a amené à l’hôpital. Ils ont dit que ce n’était pas normal, qu’il avait des absences. Ils ont parlé d’épilepsie et lui ont donné des médicaments. Ensuite, même s’il contemplait encore, il n’avait plus d’absence. Ses parents étaient bien contents. Ses absences les dérangeaient. Malgré tout, il avait aimé qu’on s’occupe de lui à l’hôpital.
     Puis un matin, il a trouvé sa mère qui pleurait dans la cuisine et son père, triste lui aussi, qui tentait de la consoler. Il n’a pas voulu les déranger, alors il s’est préparé seul pour aller à l’école parce que ses parents lui avait souvent dit qu’il était assez grand maintenant pour faire tout un tas de choses seul.
     En classe, son enseignante a parlé d’une tragédie, un drame qui les touchait tous. Elle a mentionné son prénom, mais comme il est assez commun, il a pensé qu’elle parlait de quelqu’un d’autre, de quelqu’un de plus intéressant que lui. Le reste de la journée s’est déroulé comme à l’habitude, on ne le remarquait jamais. Le soir, comme ses parents ne venaient pas le chercher, il est retourné seul chez lui.
     À la maison, sa maman pleurait encore et son papa faisait autre chose, sans conviction, seulement pour s’occuper. Quelque chose de grave était arrivé, mais il ne voulait pas les déranger davantage. Il est allé se coucher seul, parce qu’il est assez grand maintenant.
     Les jours suivants, ses parents ont repris un peu leur routine. Sauf qu’ils ne se sont plus jamais occupés de William. Ils pleuraient et se querellaient souvent aussi, à propos de lui. William savait qu’il avait fait quelque chose de mal, lui qui ne dérangeait personne d’habitude. Mais d’une certaine façon, il était content d’attirer toute cette attention.
     Il avait secrètement arrêté de prendre ses médicaments contre l’épilepsie. Il voulait retourner à l’hôpital pour qu’on s’occupe encore de lui. Sauf que toutes les absences qu’il n’avait pas eues grâce aux médicaments sont toutes revenues en même temps. Avec toutes ces absences, il est devenu absent.
     Il n’est pas mort. Simplement très absent.
     Un soir, son père n’est pas revenu à la maison. Il ne l’a plus jamais revu. Sa mère a pleuré beaucoup, et puis un jour elle non plus n’est pas revenue.
     Les années ont passé, toutes semblables. Les étrangers qui vivent dans sa maison maintenant ne le remarque pas. Les nouveaux élèves et l’enseignante non plus. Rien n’a vraiment changé pour lui.

      Sauf qu’il y a eu Rosalie. C’est une petite fille encore plus timide que moi. Elle était toujours seule, comme William, alors il a voulu attirer son attention. Ça été difficile, mais elle a fini par le remarquer. Au début elle a eu peur, mais elle n’en a parlé à personne, elle ne veut pas déranger. Tous les jours, à l’école, ils étaient seuls, ensemble. William était bien content.
     Vers la fin de cette année-là, il n’a pas voulu qu’elle parte. L’enseignante a parlé d’une tragédie, un drame qui les touchait tous…
     Depuis, Rosalie est toujours à ses côtés. Elle n’ouvre jamais la bouche, mais grâce à elle, il peut me parler. Il est plus fort que lorsqu’il était seul. Il veut que je reste avec eux. Il veut qu’on trouve d’autres enfants seuls, comme nous. Toute une classe. Une classe d’enfants seuls. Comme le vœu du professeur qui m’avait parlé.
     Mais personne ne le saura, on ne nous remarquera pas.


© Martin Mercure

lundi 30 avril 2012

Les Mille Mots : Un mot avant le dévoilement

Voilà, voilà, la troisième édition des Mille mots sera chose du passé avec l'annonce dans quelques heures du texte primé. J'aimerais auparavant remercier tous ceux et celles qui ont participé, qui ont pris quelques heures de leur temps pour écrire un texte (voire plusieurs) ou en dépoussiérer un des boules à mites.
  • Hélène Arsenault
  • François Aussanaire
  • Bernard Beaudry 
  • François Bélisle
  • Geneviève Blouin
  • Patrice Cazeault
  • Dave Côté
  • Élodie Daniélou
  • Philippe Darriet
  • Mathieu Fortin
  • Nicolas Grenier
  • Alain Jetté
  • Michel Lamontagne
  • Anne-Michèle Lévesque
  • Martin Mercure
  • Alamo St-Jean
  • Isabelle Simard
  • Claude Tremblay
  • François-Bernard Tremblay
  • Eden Turbide
  • Vanessa Vénus, qui est peut-être une cousine de Marius Mars, qui sait ?
La troisième édition est morte, vive la quatrième édition qui se met en marche dès à présent ! Pourquoi attendre à janvier après tout. L'échéance est fixée au 18 avril 2013. Les modalités restent les mêmes, la liste des prix sera actualisée au fur et à mesure des donations.

Les Mille mots XXI : Les finalistes

Voilà les trois textes retenus cette année :
  • Le Premier Magistrat et la Révolte des Conjurés
  • Madame Vortex
  • Présente toi
 Encore 24 heures de suspense ! C'est intenable, prenez une Ativan !

dimanche 29 avril 2012

Les Mille mots XX : La longue liste

Voici les dix titres qui forment la longue liste, en ordre alphabétique :
  1. L'île
  2. La rose blanche
  3. Le Noël de la faucheuse
  4. Le Premier Magistrat et la Révolte des Conjurés
  5. Le rituel implique le port de gants de satin violets fabriqués par les Dames de l'Esplanade
  6. Madame Vortex
  7. Noyade interdite
  8. Petit mouton insipide
  9. Présente toi
  10. Zoothérapie
Demain, dévoilement des trois finalistes et mardi, pour marquer l'arrivée du mois de mai, annonce de la nouvelle primée !

mardi 24 avril 2012

Sans titre, parce que chat a pas d'allure...

Ce sont des illustrations tirées du livre Famous Faces de Takkoda. Aucun animal n'a été maltraité ! Photoshop seulement ! Un moment lol.