vendredi 24 décembre 2010

24 décembre, 22 h 30

Ça y est, la maison est calme. Les lumières sont éteintes, il fait une bonne chaleur. Suzanne et Benjamin dorment à l'étage. Les chats et les chiens dorment au rez-de-chaussée.

Les biscuits pour le Père Noël sont sur le comptoir. Benjamin a même ajouté un Rocher Ferrero :-)

Tout est paisible maintenant.

Joyeux Noël à tout le monde.

dimanche 19 décembre 2010

Et le gagnant est...

Jour historique. 100 000e visite sur le site. Et ce visiteur est Jonathan Reynolds qui va devoir me communiquer ses coordonnées en privé s'il veut manger des chips au ketchup à Noël !

Merci tout le monde.


***Pour Lucille qui s'interroge, voir par là :

vendredi 17 décembre 2010

Puisque que c'est pour bientôt...

Ô, toi, lecteur bienveillant,
ou bonne lectrice,
puisque de la 100 000e visite
nous approchons;
note bien ton numéro de passage.

Si tu gagnes, il y aura ripaille dans ta chaumière.
Joie ! Joie ! Alléluia ! 

mardi 14 décembre 2010

170. Lurelu, automne 2010

Ce qui frappe d'emblée quand on prend Lurelu dans ses mains, c'est son poids et sa qualité : beau papier glacé, cent dix pages grand format, très largement illustrée. C'est un peu le Décormag du livre jeunesse.

Le cœur de la revue, c'est la section M'as-tu vu, m'as-tu lu ?qui recense et critique près de 150 livres jeunesse québécois, avec illustrations couleur pour chacune des  couvertures. Soixante-cinq pages de critiques et de recensions. Un travail de bénédictin... (Selon un espion personnel, il s'est publié l'an dernier au Québec plus de 750 titres dans le livre jeunesse... Ouille. Si vous tenez à avoir si la qualité est au rendez-vous, lisez Lurelu.)

Ce sont des critiques comme je les aime : sans complaisance, qui disent parfois des choses dures sur certaines livres fichtrement médiocres, voire carrément mauvais. Il y a une bonne variété de commentateurs et quelques-uns n'ont pas la langue dans leur poche : depuis quand avez-vous entendu parler d'un « roman onaniste », vous ? Ça cogne ! Je ne voudrais pas donner l'impression qu'il s'agit d'un jeu de massacre : au contraire, les critiques sont bien argumentées, faites par des gens qui ont manifestement beaucoup lu et qui écrivent avec limpidité.

Cette section mammouthesque est entourée d'un article en profondeur sur ce que lisent les jeunes Québécoises (chick lit, fantasy, etc.), d'entrevues avec l'auteur Jocelyn Robert et l'illustratrice Marie-Claude Favreau; ainsi que de rubriques sur le conte, le théâtre, la poésie, les adaptations cinématographiques de roman jeunesse, etc., qui semblent plus ou moins récurrentes (je ne suis pas sûr, je suis un nouveau lecteur).

On notera la manière délicieuse et rigolotte de Robert Soulières qui se manifeste dans un article sur les salons du livre de Bologne et de Paris auxquels il a participé

En somme, une revue indispensable si la littérature jeunesse vous passionne parce que vous en écrivez ou voulez en écrire, parce que vous avez un fiston avide de lecture, ou pour les deux raisons, hé hé. Lurelu est un must. Ce lecteur-ci en a eu pour son argent, et il s'est abonné.

Parlant d'abonnement, on trouvera dans le numéro 62 du Libraire (gratuit dans les librairies, ou ici), un coupon spécial pour s'abonner à Lurelu. Pour le prix d'un abonnement d'un an (19,19 $), vous obtenez deux années d'abonnement en plus d'un livre jeunesse.

Cote : 8,5 / 10

Chaudement recommandé.

Lurelu
Volume 33, numéro 2
Automne 2010
6 $

lundi 13 décembre 2010

169. Les Dragouilles 1 : Les Origines - Maxim Cyr et Karine Gottot

Fais la connaissance de sept petites bêtes cornues et espiègles. Lève le voile sur l'origine des graffitis. Rigole en lisant des bandes dessinées absurdes. Découvre des noms de ville qui font rire. Épate tes amis en relevant un défi étonnant. Fais tout ça et bien d'autres choses encore en compagnie des dragouilles.

Curieux bouquin que celui-là. Ce n'est ni un roman, ni un recueil de plaisanteries, ni un album de bandes dessinées, ni un album de caricatures, ni de découvertes. C'est un peu tout ça en même temps, un genre de kaléidoscope littéraire assez réussi dans son désordre.

Qu'est-ce que c'est une dragouille ? En apparence, on dirait le résultat du croisement d'une patate avec un dragon; dans les faits, elles sont à mi-chemin entre les gargouilles et les chimères. Créatures de toit, donc, curieuses, gentiment malfaisantes, rigolotes...

Le livre va dans tous les sens, à un point tel que le sous-titre « Les origines » ne s'appliquent pas particulièrement à l'ouvrage. Si on cause de l'origine des dragouilles, c'est sur deux petites pages. Le reste consiste en une accumulation disparate de gags, de jeux de mots, de « strips », de faits cocasses, etc.. Le dessin est joli et vivement coloré, il accroche le regard. Les dragouilles sont amusantes, elles nous sont chacune présentées sommairement.

Le dessin a plu à Benjamin et certains des gags aussi. Mais Benjamin, à cinq ans, ne constitue pas le public cible de cette série (je dirais plutôt les plus de huit ans). En dépit de son aspect décousu, moi, j'ai trouvé ça cute.

Cote : 5 / 10
Cote Benjamin : 2 cœurs sur 3

Les Dragouilles 1 : Les Origines
Karine Gottot, textes
Maxim Cyr, illustrations
Michel Quintin, 2010
80 pages

dimanche 12 décembre 2010

Contes de Noël

J'ai créé une page spéciale dans la colonne de droite pour regrouper les textes de ceux et celles qui participent à cet exercice d'écriture impromptu. Merci à tout le monde, mes commentaires vont suivre. Je ne suis pas rapide par les temps qui courent, désolé.

Si vous êtes tenté par les démons de Noël et de l'écriture, c'est tout simple. Jetez-vous à l'eau. Écrivez un conte de Noël de 500 mots, pas plus.

Il n'y a rien à gagner, sinon l'estime des collègues.

vendredi 10 décembre 2010

Un conte de Noël


Un 24 décembre comme les autres

Le convoi de traîneaux, dirigé par Rudolph, suivi par Danseur, Éclaireur et tous les autres, s’est arrêté un peu brutalement et les passagers se sont cognés les uns aux autres maladroitement. Jules dit à maman : Nous y sommes, c’est le Pôle Nord, hein, maman ? Ensuite, les portes des traîneaux s’ouvrent dans un grand fracas, et les gens partout poussent des soupirs de soulagement. Jules bat des mains de bonheur. L’enfant dit : Maman, là, regarde les arbres de Noël ! Comme ils sont beaux. Maman a des larmes aux yeux.

Il y a beaucoup de monde sur la plateforme et les hommes du service de sécurité n’y vont pas de main morte pour aider les gens à descendre des traîneaux et former une longue colonne vers le trône du Père Noël. Les gens rechignent. Tout le monde est fatigué et les nerfs sont à vif. Ça se comprend, nous sommes le 24 décembre. Dans quelques heures, Noël.

Jules trépigne d’une joie incontrôlable. Lui et sa mère sont montés dans le traîneau en direction du Pôle Nord quatre jours auparavant. Son père a pris un autre traîneau, non sans lui dire qu’au prochain arrêt ils se retrouveraient tous ensemble chez le Père Noël. Qu’il fallait que Jules se comporte bien en attendant. Papa ne s’était pas trompé.

Le pôle est recouvert d’une neige molle et grisâtre. Les sapins sont lourds de giboulées. Une très douce chaleur règne sur l’emplacement, et Jules enlève son manteau de tissu. Cette chaleur est bonne pour les os. Dans les traîneaux, le vent était froid; nul ne pouvait y échapper. Jules boit un peu de neige que maman a fait fondre au creux de ses mains. C’est délicieux.

Pendant quelques minutes ils se taisent alors que des chants merveilleux, qu’on dirait sortir de la poitrine des anges, égaient la nuit grise.

À l’est, les étoiles brillent, morceaux de givre intense accrochés dans le ciel fauve; à l’ouest la lumière rougeâtre des arbres de Noël hauts comme de grandes cheminées empêche de les distinguer.

Jules demande à sa mère : Où est papa ? Il va arriver plus tard, dit-elle. Jules dit : Papa, c’est lui le Père Noël ? Non, dit sa mère.

La colonne se met en marche. Jules ne se possède plus. Bientôt, bientôt, le gros bonhomme avec ses cadeaux ! Bientôt.

Dans une grande salle, ils se déshabillent. Maman dit qu’il faut être propre si on veut voir le Père Noël. On va se laver bien comme il faut, aller serre-toi contre moi et regarde bien si tu vois papa ou le Père Noël. Regarde bien. Cherche dans la foule.

Jules est aux aguets. Il cherche, mais il ne voit rien que des hommes et des femmes nus. La musique s'est tu. Il y a des plaintes. Puis la lumière s’éteint. Les cris commencent.

*

Né de parents juifs convertis au catholicisme, Jules meurt dans les bras de sa mère tout juste avant minuit, le 24 décembre 1943, dans la chambre à gaz n° 4 du camp d’Auschwitz-Birkenau.

jeudi 9 décembre 2010

Une occasion ratée !

J'avais vraiment hâte au lancement de livres des éditions Trampoline qui avait lieu ce soir dans le Plateau. J'y pensais depuis plusieurs semaines et je me réjouissais de rencontrer à nouveau Mathieu et Jonathan, et de faire la connaissance de Pierre Chartray.

Il y avait un contretemps jusqu'à midi aujourd'hui, contretemps  qui a remis en question ma présence à l'événement. Puis le contretemps s'est dissipé et j'ai pu mettre les voiles à 17h15.

Saperlipopette ! Je ne me souvenais plus qu'il y avait tant de chars à Montréal.

Ça m'a pris 2h30 pour arriver au café Le Placard. Il était 19h45 et l'événement était presque terminé. Il y avait des auteurs sur place, tous inconnus de moi. Flûte ! J'imagine que Pierre C. y était encore mais je n'ai pas eu le courage de demander qui c'était et encore moins de me présenter à lui. La timidité est une maladie dont on ne guérit pas.

J'ai acheté Les Contes de la chatte rouge et je suis revenu à Rigaud la mort dans l'âme.

À la prochaine !

jeudi 2 décembre 2010

Les aventures de Martin et de Jean-Guy, épisode 2

Le début de ce feuilleton est ici.
 Cet épisode est modestement dédié à F. – exit 2010, amigo.

.2.

Roxana, de son vrai nom Mégane Robitaille, roule exagérément des yeux l’air de dire au grand maigre imberbe à lunettes qui a essayé de lui passer le bout des doigts sur la noune – Hey, Chose, tu m’ergarde, mais tu me touches pas, capitch ?– avec un juste un ti sourire pas vraiment souriant, si on voit ce que je veux dire. Elle se fait aller sur le tapis au son de Barry White. Une maudite chanson poche qui n’excite plus personne depuis vingt ans, mais qui tourne encore sur la playlist du gros Jérôme, propriétaire sexagénaire de La Chatte rouge. La journée vient à peine de commencer que déjà elle en a assez.

Roxana – Mégane– fait le shift de jour. De midi à huit heures. Les truckers à midi, les boutonneux du secondaire à la sortie des classes, avec quelques égarés sans moyen sur l’heure du souper. Bref, la clientèle pas payante, le scum, la marde. Si elle fait cinquante piasses de tip dans sa journée, c’est gros. Même que de cinq à sept heures et demie, elle pourrait aller en arrière, dans les confessionaux, jouer aux poches (les vrais) avec Annick (Natasha) et Carole (Tatiana) que ça passerait complètement inaperçu. Dans ces heures-là, il y a trois chattes, mais pas un chat dans le club.

C’est pourquoi l’irruption de Chainsaw Ladouceur, le visage ensanglanté, alors que le shift de Roxana vient juste de commencer, jette une douche froide dans la boutique. Les rares péquenots débarrassent les places près du stage pour se réfugier dans le fond du club, à distance – sinon à l’abri –de cet homme à la réputation pas surfaite, admettons.

Même vu à l’envers, c’est un spectacle pour le moins étonnant. D’habitude, le sang, c’est pas dans sa face qu’il y en a, mais plutôt sur les jointures de Chainsaw – après avoir bien malaxer ses clients. Mégane pousse un « Oh ! » de stupéfaction qui lui fait oublier la position précaire où elle se trouve. Lâchant inopinément la pôle, elle s’écrase tête première sur le stage. Le chapelet de sacres qu’elle délivre est tellement long et étoffé que même Chainsaw en est mal à l’aise. La fille est une universitaire qui paie ses études en dansant; elle a du vocabulaire.

– Qu’est-ce qui t’es arrivé, Pierre-Noël, mon pauv' minou ? (Signe de leur intimité totale, Mégane appelle Chainsaw par son vrai prénom, privilège qu’elle partage seule avec la mère de Chainsaw, qu’il a expédié depuis longtemps dans un CSHLD en représailles).

– Y a un osti de fou qui m’a attaqué avec une poêlonne en fonte. La voix de Chainsaw siffle un peu, à cause d’une palette (nouvellement) manquante sur le devant, la seconde tient encore par miracle.

– Y t’as-tu griffé aussi ? On dirait des graffignures sur ton jean. Ayoye, ça saigne en osti…

– Y avait aussi un raton-laveur. Calvaire que c’est mauvais, un raton-laveur. On peut pas imaginer…

Roxana prend la tête de Chainsaw entre ses mains et la fait glisser vers sa poitrine. Ça va le calmer, pense-t-elle. Malheureusement pour lui, ce jour-là elle porte le collier en plaqué qu’il lui a donné lors son intronisation chez les Lucifer il y a deux ans. Une jolie chaînette avec une broche en forme de tête de Satan traversée par une petite fourche à trois dents. C’est justement sur cette fourche que s’accroche l'ultime palette branlante qui  reste dans la bouche de Chainsaw. La dent est arrachée avec un maximum de douleur : la fourche s’enfonce dans le nerf à vif.

C’est la goutte qui fait déborder le vase, sans compter l’épanchement de sang, et Chainsaw perd connaissance avec un petit couinement rigolo – qui ne fait rire personne dans le club.

(à suivre...)

mercredi 1 décembre 2010

Un rappel et trois additions

En ce premier décembre, il ne vous reste que 140 jours pour participer au concours de nouvelles Les Mille mots.  Pression, pression ;-)

D'un autre côté, ça vous fait une moyenne de sept mots par jour. Pensez-y !

Ausi trois nouveaux textes ont été reçus :
  • Le client
  • La couleur de la nuit
  • La mariée