mardi 30 novembre 2010

Pipi caca


Ha, un vieux classique que j'avais complètement perdu de vue ! Nostalgie, science-fiction, pipi caca, un air sautillant, et une formidable allitération ! Du bonbon signé Donovan.

The Intergalactic Laxative
Words & Music by: Donovan Leitch - 1973
Performed by: Donovan
Album: Cosmic Wheels - 1973


I was impressed like everyone,
When man began to fly,
Out of earthly regions,
To planets in the sky.
With total media coverage,
We watched the heros land,
As ceremoniously
They disturbed the cosmic sand.

In awe with admiration,
We listened to the talk.
Such pride felt they,
Such joy to be
Upon the moon to walk.
My romantic vision shattered,
When it was explained to me,
Spacemen wear old diapers
In which they shit and pee.

Oh, the intergalactic laxative,
Will get you from here to there.
Relieve you and believe me,
Without a worry or care.
If shitting is your problem,
When you're out there in the stars,
Oh, the intergalactic laxative
Will get you from here to Mars.

They don't partake like you and I,
Of beefy burger mush.
Their food is specially prepared
To dissolve into slush.
Absorbed by multi-fibers
In the super diaper suit,
Otherwise the slush would trickle
Down inside the boot.

Oh, the intergalactic laxative,
Will get you from here to there.
Relieve you and believe me,
Without a worry or care.
If shitting is your problem
When you're out there in the stars,
Oh, the intergalactic laxative
Will get you from here to Mars.

You may well ask now what becomes
Of liquid they consume.
A pipe is led from penis head
To a unit in the room.
The water is recirculated,
Filtered for re-use.
In case of anti-gravity -
Pee gets on the loose.

Oh, the intergalactic laxative,
Will get you from here to there.
Relieve you and believe me,
Without a worry or care.
If shitting is your problem
When you're out there in the stars,
Oh, the intergalactic laxative
Will get you from here to Mars.

Wherever man has conquered,
On the quest for frontiers new,
(Da da da da)
I'm glad that he's always had to do
The number one and two.
It makes it all so ordinary,
Just like you and me,
To know the greatest heroes,
They had to shit and pee.

The intergalactic laxative
Will get you from here to there,
For cosmic constipation
There's none that can compare.
If shitting is your problem
When you're out there in the stars,
Oh, the intergalactic laxative,
The intergalactic laxative,
The intergalactic laxative,
Will get you from here to Mars.

jeudi 25 novembre 2010

Des nouvelles du front, plus l'avenir de Benjamin

J'ai abandonné Le tour de la terre parce que je me dirigeais vers une impasse. Comme ce sont des choses qui arrivent même aux meilleurs d'entre nous, alors...

En lieu et place, j'ai commencé un court roman jeunesse, un thriller contemporain provisoirement intitulé  Mathilde Malouin, du nom de son héroïne. Je vise les 8000 mots et j'espère terminer le premier jet avant Noël.

J'ai envoyé une nouvelle à Alibis et j'attends un accusé de réception - qui est arrivé en fin d'après-midi.

J'ai terminé une nouvelle atypique de Noël en moins de 500 mots, c'était un défi. Elle apparaîtra peut-être sur ce blogue, si, après relecture, elle passe le test du c'est-pas-trop-poche.

***

Benjamin a été très emballé par son Salon du livre. Il a vu des écrivains et il a remarqué que certains d'entre eux connaissaient son papa. Lundi, pour le première fois, il s'est intéressé à ce que j'écrivais. Puis, mardi soir, il m'a demandé un crayon et du papier et il a écrit son premier livre ! Si, si. Il a mis sur papier quelques mots, fait un dessin et ajouté une belle lignée de bisous et de câlins.

Plus tard, dit-il, quand il sera grand, après son travail de professeur au Collège Bourget, il va écrire des livres et les donner aux pauvres qui n'en n'ont pas chez eux.

Ah, ce que c'est que d'avoir cinq ans !

dimanche 21 novembre 2010

Noël en novembre !

Samedi, presque sous l'inspiration du moment, nous avons décidé d'aller au Salon du livre de Montréal (le vrai, pas une succursale de province :-), ha ha ha).

Hormis la foule et le prix d'entrée, ce fut une journée parfaite. J'y ai fait des rencontres très agréables, Benjamin ne s'est pas ennuyé pour deux sous (nous sommes restés plus de cinq heures) et on a terminé notre visite montréalaise par un bon spaghatte chez Da Giovanni.

J'ai pu serrer la pince à Geneviève Blouin, Isabelle Lauzon et Yannick Comeau (qui m'a reconnu, ainsi que Benjamin), en plus de Pierre H. Charron et Chantal, André Marois et Élisabeth Tremblay, dont on ne dira jamais assez la gentillesse.

Une belle journée, qui nous a coûté 358 $ en livres seulement. Heureusement que ce n'est qu'une fois par année. Pour ma part, je suis reparti avec Du cyan sur les mains de Marois et le tome 2 des Canayens de Monroyal de Achdé. C'était comme Noël avec un mois d'avance !


C'est un départ ! It's a go !

Superbe photographie -- que dis-je, géniale -- montrant le buzz à la billetterie du SLM !

Une des vedettes du Salon, Pierre H. Charron et sa secrétaire, hum femme, Chantal. Si vous dites à Pierre que son roman est bon, il rosit un tout petit peu ;-)



André Marois, avec son tout dernier à ses côtés, super sympathique, il savait qui j'étais.

 Le deuxième meilleur Tremblay chez les auteurs québécois, avec la moitié de sa marmaille littéraire.


Annie Groovie s'apprête à dédicacer un petit album Léon pour Benjamin.

On reprend l'exercice l'an prochain !

jeudi 18 novembre 2010

Les aventures de Martin et de Jean-Guy, épisode 1

Pour bien comprendre le comment du pourquoi de cette histoire, on peut se référer ici et . C'est maintenant à votre tour, lecteur, lectrice, de participer. Vous soumettez une suite logique ou pas à ce début de texte. Vous proposez ce que vous voulez, des situations, des personnages, etc. Je ratisse dans les suggestions, j'y mets du mien pis dans quelques semaines, j'en ponds un autre 250-300 mots, et ainsi de suite...

Ouverture : Où la femme attise le mâle en sacrament, la la la, la la la, la la la

Ce matin, Jean-Guy se lève l’estomac dans les talons. Son esprit est saturé par la double odeur du bacon et de la chatte lubrifiée. Les parfums de la ville entrent par la fenêtre : vapeurs d’essence, bourgeons, pisses de chats, crottes de chiens, Old Spice. C’est le printemps, et tous ces parfums naviguent sur l’électrisante odeur du sexe moite des femelles en ce matin ensoleillé. Début d'érection.

Jean-Guy s’étire voluptueusement. De la chambre de bains monte les bruits habituels des ablutions de Martin. Ça ne sert à rien de se lever tout de suite, Martin en a encore pour un bon bout de temps. C’est seulement quand il en sera à se gargariser que Jean-Guy ira à la toilette lui demander de libérer l'endroit.

- Hey, ça te tente-tu d’aller déjeuner ? demande Martin, la tête dans le cadre de porte.

Jean-Guy acquiesce.

- Je m’habille, pis on part, dit Martin.

Dix minutes plus tard, Martin pousse la porte de Chez Mado Déjeuner Continental. Il y a du populo à matin. La baraque est pleine. Martin et Jean-Guy trouve une table vide au fond du resto et s’assoient à côté de ce qui a tout l'air d'une réunion impromptue et anormalement matinale du chapitre local des Lucifer.

Martin prend un bol de gruau et Jean-Guy, sa traditionnelle assiette de bacon. Quelques Lucifer jettent un œil réprobateur vers ce couple mal apparié. Ils ne disent rien, parce que le chef, Chainsaw Ladouceur, donne de la marde à tout le monde pour un deal de coke qui a floppé.

Ce n’est que lorsque Jean-Guy, après avoir terminé son bacon, et toujours émoustillé par l’odeur de la femelle qui l’attise, commence à se zigonner contre une des pattes de leur double table aboutée et que le café renverse que les Lucifer réagissent plus ouvertement :

– C’t’à qui c’t’osti de poodle à fifon. (C’est la remarque la moins impubliable qu’on entend.)

Martin lève la main niaiseusement.

– C’est pas un poodle, c'est mon raton-laveur. Puis s’adressant exclusivement à Jean-Guy : Ervient-en icitte, vite, les monsieurs sont pas contents.

Faut pas être ironique avec un Lucifer. Y en a justement deux qui se lèvent en repoussant brutalement leurs chaises. La clientèle lève les sourcils, lève son cul, met les voiles. Marcel, le cook, sort de sa cuisine une poêle de fonte à la main.

À partir de ce moment, les choses dégénèrent.

(à suivre...)

168. Ça sent la banane - François Barcelo

Suite à un petit quiproquo qui l'arrange bien au bout du compte, Raoul Damphousse, ex-roi de la danse à claquettes, se retrouve à La Réunion pour y donner des cours de claquettes, justement. Le problème, c'est que Raoul ne peut plus danser après un accident de scène aussi ridicule que définitif (pour sa carrière). Mais, bon, les Réunionais n'y verront que du feu, croit-il, et lui aura deux mois de vacances au soleil, logé, nourri et payé. À partir de là, les choses vont aller en s'épaississant.

Je suis un fan fini de Barcelo, J’ai tout lu ses livres adultes, à l’exception de Vie de Rosa, et quelques-uns de romans jeunesse, notamment la série Momo de Sinro. Il y a, dans cette œuvre d’une cinquantaine de titres, du très bon et du très moyen.

Ça sent la banane commence sur les chapeaux de roue, et je me suis dis : Ouaou ! Un roman de la bonne veine ! Et comme il vient tout de suite après Le seul défaut de la neige (excellent), j’étais fort content, comme si le printemps était revenu.

Il faut dire que depuis le début du millénaire, les romans adultes de Barcelo sont une coche en dessous. Depuis J'enterre mon lapin en 2001, on retrouve une suite de romans poussifs ou répétitifs, parfois les deux en même temps, époque qui va culminer avec Bossalo, un truc indigne de l'auteur.

Comme je disais, Ça sent la banane démarre sur les chapeaux de roues avec un quiproquo typique de l’auteur et un héros qui, plutôt que de jouer franc jeu et d’admettre son erreur ou son tort, va plonger de mensonges en mensonges dans un abyme dont il est seul responsable. Car Raoul Damphousse ne peux plus danser la claquette (il s'est recyclé dans la podorythmie), pourtant jamais il ne va l’avouer à ceux qui lui ont payé un séjour à La Réunion pour y donner des cours de claquettes. Comme beaucoup d'antihéros barcelonien, Raoul Damphousse est un profiteur..

Ça commence bien. Le premier tiers, c’est vintage Barcelo. J’ai ri en même temps que Damphousse s’enfonçait dans sa misère paranoïaque. Puis le comique devient ordinaire et répétitif, combien de fois la scène de la clé devait-elle être rejouée ? Une fois, c’est amusant. Mais quand elle devient le ressort comico-dramatique pour le deuxième tiers de roman, on se lasse et on cesse de rire.

Dans le dernier tiers, on a droit à une (très) longue tirade de mononcle lubrique sur la beauté des filles de quinze-seize ans. Le défaut de cette scène, c’est qu’elle traîne en longueur, que l’auteur fait radoter son narrateur, blablabla, et que le lecteur a juste hâte que ça se termine au plus tôt.

Un happy end à saveur ironique clôt le roman.

Ça sent la banane est un roman malheureusement trop banal pour que ce lecteur-ci le recommande. Si vous souhaitez lire Barcelo, et il mérite votre attention, allez voir Le seul défaut de la neige.

Cote 4,5 / 10

Ça sent la banane
François Barcelo
Québec Amérique, 2010
198 pages
24,95 $

Édito gratuit :

Ça sent la banane est un petit roman de même pas 200 pages, et pourtant il se vend 25 $. C'est cher. Les libraires réclament depuis longtemps un prix plancher pour le livre. Mais à quand un prix équitable pour le consommateur ? Au prix payé pour cet ouvrage, je me sens dupé. Sur Amazon.ca, il est à moins de 16 $.

mercredi 17 novembre 2010

Dix pour cent d'un million

Dans le collimateur, il y a cette étape du cent millième clic sur le blogue. C'est pas rien et va falloir célébrer ça.

La personne qui fera apparaître le chiffre 100 000 au compteur de ce blogue se méritera, à son choix :
  • une nuit passionnée avec l'Ermite (qu'on se rassure immédiatement, mes passions sont la lecture, les chips au ketchup et le sommeil)
  • un gros sac de chips au ketchup (qu'est-ce que je vous disais !).
Celui ou celle qui fera franchir ce pas au compteur n'aura qu'à me le signaler.

Des titres et des nouvelles

Quand je suis revenu à l’écriture, je me suis dis que j’aurais le moins de secret possible. Ni sur les titres de mes textes, ni sur leur destination, ni même – quand la chose se produira, si jamais elle se produit – sur les sommes gagnées et sur les tirages. Les auteurs sont généralement fort discrets sur ces sujets, et c’est une discrétion qui m’étonne toujours un peu; car je n'ai pas l'intention de l'être... Je peux vous produire mes T-4 si ça vous fait plaisir. Tout ça a, pour moi, très peu d'importance.

J’aime bien l’approche franche de François Barcelo, par exemple. Dans son livre (Écrire en toute liberté) ainsi que dans sa présentation aux Grands communicateurs, il n’hésite pas à appeler un chat un chat et à parler argent et tirage; encore qu’il le fasse de manière un peu elliptique, mais, que je sache, c’est le seul auteur à le faire.

Pour les quelques 8000 mots de Maternité noire, prix Solaris en 91, j’ai touché au total 344 $, c-à-d 300 $ au concours et 44 $ de droits d’auteur (payés à hauteur de 8 $ la page imprimée).

Alamo et Mathieu m'ont fait remarquer que de nommer les nouvelles sur lesquelles je travaille pouvait être maladroit dans la mesure où je compte les soumettre à Brins d’éternité (Alamo fait partie du comité de lecture) et au prix Solaris (qui requiert l’anonymat de l’auteur).

À noter que Brins d’éternité semble recevoir les textes signés mais que cette signature est retirée sur les copies destinées aux membres du comité de lecture qui évaluent donc les textes sans en connaître le perpétrateur…

J’ai entièrement confiance dans la probité des gens de ce comité de lecture – j’en connais quelques-uns pour les avoir rencontré brièvement à Boréal ou au lancement du dernier Brins, autrement par leurs blogues.

Le fait qu'Alamo, ou d’autres, vont savoir que le texte qu'ils ont sous les yeux est de moi peut-il les influencer ? C’est à chacun de répondre pour soi-même, mais quant à moi, la réponse est négative. Je suis un optimiste.

Quant à l’anonymat requis pour participer au prix Solaris, c’est la même chose. L’anonymat était une chose facile à réaliser il y a dix ans à peine, d’où cette clause au concours. Mais là, avec l’avènement d’Internet et des blogues, nous sommes dans un nouveau paradigme (compte double au scrabble) des capacités et des moyens de communication des individus – dont, nous, les auteurs de fiction – profitons sans vergogne, y compris moi, auteur de fiction poche.

Si cette attitude me nuit et fait que certains de mes textes seront jugés différemment, voire refusés, then so be it. Pour le moment, je persiste et signe comme disait Achille Talon.

Le titre de mes nouvelles, c’est une preuve que j’existe en tant qu’écrivain. C’est pour ça, que je ne les retirerai pas pour le moment, ni le titre ni leur destination. Comme de nombreux auteurs le font, c'est donc une nouvelle réalité à laquelle les revues vont devoir s'adapter.

Mais bon, si j’envoie un texte à Brins d’éternité, je lui donnerai un titre temporaire pour l’occasion ;-)

(Tiens, je me relis, et je me trouve confus... Merdouille, j'ai pas eu ma dose de caféine.)

vendredi 12 novembre 2010

Tout sur rien, un genre de suite

L'internet est le lieu de tous les débordements. On réagit promptement, on peut écrire les pires sottises et on se croit immunisé... C'est comme conduire une bagnole finalement. Cette semaine, il y a eu cet animateur de radio qui a twitté des propos dignes de l'âge des tavernes sur Cœur de pirate, et aussi Édouard Bond qui a écrit une chronique pour laquelle il s'est excusé profusément.

Puis il y a moi, qui, au bout du compte, vaut pas plus cher. Dont les deux neurones ont pété une coche ce matin. Mes excuses à Philippe-Aubert. Si dorénavant il m'évite, je ne pourrai lui donner tort.

Tout sur rien

1
Pour les prochaines semaines, le blogue va être l'objet d'une invasion de commentaires. Le backlog est considérable. Et la part d'énergie que me demande l'écriture de fiction me laisse complètement inerte. Comme si on me déploguait après la séance d’écriture.


2
Benjamin à la maternelle. Après un dur premier mois d'adaptation, les chose s'améliorent de jour en jour. Il parle plus spontanément des activités de la journée. Même que maintenant fiston veut devenir professeur quand il sera grand, comme madame Mélissa, pas comme madame Sylvie qui parle tout le temps, dit-il. Faut comprendre que madame Sylvie est l'institutrice et que madame Mélissa est l'éducatrice-animatrice, celle qui fait les jeux et va à la piscine... De ce point de vue, tout va super bien.


Depuis le depuis de l'été, nous voyons à chaque semaine une orthophoniste pour corriger certains défauts d'élocution (s, z, ch, j). Il porte aussi un cache-oeil trois heures par jour, ce qui ne le comble pas de bonheur, on comprendra, mais il s'adapte tant bien que mal et son amblyopie s'améliore peu à peu.


 Benjamin, le garçon au bicorne, au party d'Halloween de la maternelle.


3
Sur le front de l'écriture : un tour d'horizon. Primo, au début du mois je me suis inscrit pour le Nanowrimo sur un coup de tête, emporté par l'enthousiasme des autres. Erreur. Comme ce n'est pas fait pour moi, même si j'avais mis la barre assez basse à 20-25000 pour un court roman que j'ai en tête depuis longtemps, j'ai abandonné. Je vais me contenter d'écrire des nouvelles, parce que c'est ce format qui me convient pour le moment.


La nouvelle Les retenues s'appelle maintenant Les ciseaux, et j'ai décidé de la soumettre à Alibis. La moustache a un nouveau titre, Le colis d'Allemagne, et elle va être proposée à XYZ, et aussi chez Brins d'éternité bien que la veine fantastique soit si ténue et évanescente que ses chances d'être acceptées sont minuscules, mais j'aime bien BÉ.


En ce moment je planche sur une nouvelle littéraire au style fichtrement élégiaque intitulée Le tour de la terre. Après il va y avoir une courte nouvelle noire, Un souper avec maman, et ma participation au prix Solaris 2011, Treblinka Dancing.

Pat m'encourage aussi à écrire la suite (plus ou moins planifiée) de Maternité noire (prix Solaris 1991), Sémuciréré : en attente, pis de la soumettre au prix Solaris. Si elle gagnait, ce serait une première (détrompez moi quelqu'un) dans l'histoire de ce prix qu'une nouvelle et sa suite soient lauréates. On peut rêver, c'est gratuit. Sur l'horizon 2012, là.


4
Mise-à-jour : Je retire le texte du point 4 parce que j'ai été trop rapide sur la gâchette. Mes excuses à la personne concernée.


5
Movember : Ça c'est ma contribution à cette patente-là. Et celle de Benjamin. On peut voir aussi ce qui arrive quand Suzanne ne s'épile pas.









6
Là-dessus, à +

mardi 9 novembre 2010

167. Parmi les cris, un chant s'élève... - Sima Vaisman

Sima Vaisman avait 40 ans lorsqu'elle a été arrêtée en décembre 1943 à Lyon, transférée à Drancy avant d'être embarquée, sous l'œil des gendarmes français, pour Auschwitz à bord du Transport n° 66 le 20 janvier 1944 en compagnie de 1155 déportés juifs : 640 hommes et 515 femmes. Parmi eux, il y avait 221 enfants de moins de 18 ans, et de ceux-là, 16 avaient 3 ans et moins.

En 45, à la libération, il ne reste du convoi 66 que 72 personnes dont 30 femmes.

Huit jours après la libération par les Russes du camp de Neustadt Gleve où elle se retrouve après la liquidation d'Auschwitz-Birkenau par les SS, Sima Vaisman écrit ce témoignage qui ne sera retrouvé qu'en 1970 et fera l'objet d'une publication cette année-là, puis en 2002 chez Lafon.

Si Sima Vaisman a pu survivre si longtemps à Auschwitz, 16 mois, c'est parce qu'elle était médecin et que les Allemands, dans leur délire industrialo-génocidaire, maintenait la fiction d'une infirmerie pour les mal en point, malades qui allaient finir dans les chambres à gaz de toute manière.

 Le témoignage de Vaisman est très court, soixante-huit pages à peine, mais il a la force de la vérité. L'auteure décrit sobrement, sans effet de style ni de pathos, dans une prose simple et sans concession, la condition des camps, le sort des détenues, le travail quotidien, la mort toujours présente. Jamais Vaisman ne se plaint du traitement qu'elle subit.

Il y a un moment de grâce dans ce livre, lors de la libération du camp en mai 45. Vaisman emploie alors l'adverbe « magnifiquement » pour qualifier le ravitaillement et les soins que les Russes apportent à ces rescapées de l'enfer. Une expression qui n'est pas sans rappeler la scène de libération du superbe film de Daniel Mann, tourné en 1980, Playing for Time.

Un livre difficile, indispensable : une expérience personnelle de l'horreur totale

Cote 9 / 10

Parmi les cris, un chant s'élève...
Sima Vaisman
Michel Lafon, 2002
89 pages
avec une carte du camp de travail Auschwitz-Birkenau

jeudi 4 novembre 2010

166. Kinderesser - Marie Laporte

Détective de carrière à la police de Sherbrooke, Robert Laprise est chargé d'enquêter sur la découverte du squelette d'un jeune enfant, puis sur la découverte d'un charnier d'enfants. Pendant ce temps, une fillette est kidnappée...

Tambour battant, l'auteure mène sa barque comme si elle n'avait fait que ça dans sa vie, écrire des romans policiers. Et même si tout n'est pas parfait, on peut dire que Marie Laporte a un bel avenir devant elle si elle persiste dans cette voie. Elle a le sens du découpage, et le rythme et la manière lui viennent avec facilité. Le montage en alternance entre la victime potentielle (que va-t-il arriver à la petite Élodie ?) et le détective qui tente d'élucider ce qui semble être des crimes rituels est parfaitement réussi.

Un bémol. Ce roman m'est apparu comme le canevas d'un plus gros ouvrage. L'auteure tente de mettre de la chair autour de son personnage principal, Robert Laprise, mais l'espace dont elle dispose est si court qu'elle n'y arrive pas et de belles possibilités de « personnagification » (pour employer un terme cher à Élisabeth Vonarburg) ne sont pas exploitées à leur maximum. Je pense, entre autres, à cet arc secondaire de l'intrigue qui tourne autour de l'homosexualité tardivement révélée de Laprise et des difficultés qu'elle engendre avec son ex-femme et ses deux enfants. On a l'impression de lire un roman dégraissé. Malheureusement. il s'agit d' un problème de format particulier à la collection Nova. À huit ou neuf milles mots le roman, l'espace manque parfois.

Un mot pour souligner la couverture de François Pierre Bernier, une très jolie réussite. Regardez là attentivement.

La collection s'adresse à des lecteurs novices de 14 ans et plus. Sur la base de ce lectorat, le roman est une réussite. Par contre, un lecteur plus aguerri restera sur sa faim.

Recommandé parce que l'auteur a du talent, que le roman joue sur la plus grande peur des parents (la disparition d'un enfant) et que la fin est diablement surprenante.

Cote 6,5 / 10

Kinderesser
Marie Laporte
Six Brumes, 2010
66 pages
5 $

mercredi 3 novembre 2010

165. Solaris n° 176

Trois nouvelles seulement, dont une massive. L'illustration de la couverture est superbe, évoquant Blade Runner et Cinquième élément. Par contre, la nomenclature des auteurs fait pic-pic avec sa typographie maigrichonne et ses boulets de retour à la ligne.

Pour l'honneur d'un Nohaum de Philippe-Aubert Côté. Un groupe de Néomorphes doit mener une expédition de repérage dans une Moscou dévastée. Ils y trouveront une colonie d'humains qui s'acharnent à rester en vie... Côté nous offre un texte long et ambitieux, la création d'un monde dans toute sa complexité. L'arrière-monde est longuement élaboré et, en apparence, parfaitement cohérent. Beaucoup d'inventivité dans les détails, et une fin bien enlevée et réussie.

Par ailleurs, cette longue nouvelle souffre de quelques problèmes. Le premier, c'est la prose elle-même : correcte et bien sage, certes, mais sans éclats, sans passion, et terne à souhait. Conséquence de cette prose monotone, les enjeux dramatiques sont tous exposés  sur le même registre, sans qu'on puisse bien les distinguer les uns des autres, ainsi l'adoption de Renardeau présente la même importance dans le texte que les massacres d'humains de Ter-Holf et les problèmes maritaux d'Arhiann. Et, en raison de cette prose appliquée et du manque de relief des enjeux, le texte dégage un ennui certain...

Aussi, l'auteur semble véritablement fasciné (trop ?) par l'arrière-plan du monde qu'il crée – à trop vouloir en faire, il se perd dans les détails. Tenant absolument à nous faire partager sa passion, Côté livre une masse d'information pas nécessairement pertinentes à l'histoire qu'il raconte – je pense ici à l'épisode Renardeau, joli mais un peu inutile, qui permet cependant à l'auteur de nous livrer quelques notions de mythologie néomorphe qui n'ajoutent rien à son texte, sinon de la couleur locale.) Pour l'honneur d'un Nohaum souffre d'un surpoids d'information, une forme pernicieuse d'infobésité morbide. Tout au long de cette histoire, je me demandais sans cesse : cette nouvelle est-elle trop longue ou trop courte, livre-t-elle trop d'information ou pas assez ? En dépit de la longueur de ce texte, le lecteur se demande s'il n'est pas en train de lire le canevas d'un roman, si l'auteur n'a tout simplement pas manqué d'espace pour exprimer ses idées. En tous cas, c'est l'impression que ça m'a donné.

Dernière chose, rédhibitoire celle-là : la psychologie des personnages, on nage dans le cliché.

On dira : quel long commentaire pour une seule nouvelle de Solaris ! C'est inusité. La longueur inhabituelle du texte (54 pages, soit, au pif, de 22 à 25 milles mots) justifie à elle seule ce long commentaire; mais il y a aussi que nous sommes en présence d'un jeune auteur plein d'ambition et de talent, à qui il ne reste qu'à trouver en lui les ressources nécessaires pour injecter dans ses textes de la vie et des émotions. Il en est capable, les dix dernières pages de Pour l'honneur d'un Nohaum le prouvent. 6 / 10

Le double d'éternité de Frédéric Vacher. Dernier grand peintre de l'humanité, Ernesto Garcia Perez est extirpé de son éternité numérisée par un milliardaire qui cherche à faire revivre la civilisation humaine sur Mars longtemps après la destruction de la Terre... Ce texte-là m'a soufflé. Une réflexion pas banale sur l'art et l'apparence, sur la volonté et la contrainte, menée par une écriture sans faille. Prenant, totalement brillant. Premier texte publié de Vacher, je vous dis qu'il faut dorénavant surveiller ce jeune auteur. 8,5 / 10

L'art du dragon de Sean McMullen. Un jour apparaît dans le ciel un gigantesque dragon métallique qui va de ville en ville bouffer les grandes œuvres d'art de l'humanité  Variation très amusante sur le thème du conte de fées et de bien autres choses, en plus. Comme pour le texte précédent, il s'agit d'une réflexion sur la présence de l'art dans la culture humaine, mais sur un registre complètement différent, very tongue in cheek. Bravo pour cette trouvaille. 8,5 / 10

Deux longs articles complètent le numéro, le premier sur la revue Amazing Stories par Marc Ross Gaudreault et les Carnets du futurible de Mario Tessier. C'est intéressant, oui, mais je réitère qu'à mon avis les Carnets devraient apparaître dans la version en ligne de Solaris afin de laisser la place à une fiction supplémentaire. Après tout, si j'achète Solaris, c'est pour la fiction.

Nonobstant ça, un très fort numéro avec deux excellentes nouvelles et une bonne. 8 / 10

lundi 1 novembre 2010

Les Mille mots : c'est un départ !

Exode.

Voilà le titre du premier texte inscrit au concours les Mille mots de l'ermite 2011 qui se termine le 18 avril prochain à 23 h 59.

Les règlements sont ici et la liste des textes reçus est .

Surveillez cette liste, si jamais votre texte n'y figure pas cinq jours après l'avoir envoyé, communiquez avec nous à ermite2011@hotmail.ca.

Une innovation cette année : un tiers parti reçoit vos courriels en toute confidentialité et m'envoie les textes sans que je puisse en deviner la provenance.