lundi 30 août 2010

En uniforme, pis deux par deux

Les portes du péni-i-i-i-tencier
Bientôt vont se refermer
Et c'est là que je finirai ma vi-i-i-ie
Comme d'autres gars l'ont finie...
Saperlipopette que mon sac à dos est lourd...

La gang de la maternelle, Benjamin est avec maman dans le fond.

La commission Bastarache, c'est par là ?

L'entrée à la maternelle s'est fort bien déroulée. Pas de larmes, pas de nostalgie, juste un tout petit peu d'appréhension. Première journée en forme d'avant-midi. Demain, un autre avant-midi. Mercredi, première journée complète.

Je l'aime mon p'tit gars.

mercredi 25 août 2010

T'as de beaux (nouveaux) yeux, tu sais...

La journée l'a beaucoup fatigué, en prime, il faut s'habituer à les porter...

Déjà, ça s'arrange un peu...

Les yeux de Bette Davis, l'haleine d'un chameau...

mardi 24 août 2010

152. Le peignoir - Suzanne Myre

Mon seul credo dans la vie, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour devenir moins niaiseux. Découvrir un nouvel auteur, même après que tout l'univers l'ait déjà fait, ça rend moins idiot. En raison du battage publicitaire autour de la sortie de Dans sa bulle, et parce qu'elle a un petit air effronté et rigolard sur ses photos, j'ai donc emprunté un recueil de nouvelles de Suzanne Myre à la bibliothèque de Rigaud.

Nom d'une Bobinette ! Dans les années 60, les petites Québécoises souffraient de Bobinomania et s'identifiaient à l'hilarante et contestataire Bobinette. En plus, elles tombaient souvent amoureuses de Bobino. Tiens, parlant de Bobinette, faudrait d'ailleurs l'inclure dans les précurseures du féminisme au Québec, mais là, je digresse. Une nouvelle drôle empreinte de nostalgie sur le désir, avec une fin douce-amère assez saisissante. 8 / 10

Gingembre salvateur. Infirmière, la narratrice possède un sens olfactif de qualité supérieure. Les odeurs l'agressent, les effluves la lassent. Le Man of Passion de son chum lui pue au nez. Rien de va plus. Jusqu'à ce qu'elle découvre Steve, humble vadrouilleur de l'hôpital, qui sent bon le gingembre. On retrouve dans ce texte deux préoccupations importantes de l'auteure : l'odorat et la stratification sociale. Ici, l'un permet de transgresser l'autre. Le texte le moins intéressant du lot, parce que verbeux en diable. 6,5 / 10
 
Le peignoir. La nouvelle qui donne son titre au recueil est la pierre angulaire du livre. C'est la plus longue, la plus complexe, la plus satisfaisante aussi pour ce lecteur-ci. Manon va chercher l'inspiration pour ses toiles dans un spa très au-dessus de ses moyens où sa kleptomanie se manifeste. Elle y est accompagnée par Christian, son conjoint souffre-douleur. Le peignoir est une novella de 85 pages au ton incisif. L'incomparable sens de  la répartie de l'auteure accompagne une très fine analyse des couples, du vieillissement, du désir et du sens créatif, tout ça emmêlé d'une manière douce et prenante. 9,5 / 10

Le moustique erre. Vous recherchez le calme, le silence. Vous empruntez donc le chalet de votre amie Rachel pour le weekend pensant ainsi vous éloignez de la famille et des bruits de la ville. Ah-ha ! Clownesque, pittoresque, drôle, une nouvelle vraiment réussie qui met en vedette une narratrice, un chat, un moustique et une famille dont on ne se débarrasse pas facilement. Décapant. 8,5 / 10

Tendres tendons.La narratrice en utilisant l'exerciseur elliptique de son presque chum, ce qui donne l'occasion à l'auteure de décortiquer les petits travers de la vie quotidienne. Longuet, avec des dialogues qui tirent à la ligne. 7 / 10

La massothérapeute. La vie d'Hedwidge est fade et sans intérêt et, sous les conseils de son amie Martine, elle décide de remédier à la situation en se prenant une massothérapeute qui lui prescrit un régime militaire sans faille. Mais Hedwidge arrive à percer le mystère de sa masso, car mystère il y a. Un texte plein de finesse, où la drôlerie réside dans les actions de la protagoniste plutôt que dans son sens de la répartie qui tue. Un peu détonnant dans ce sens, mais j'ai beaucoup apprécié que l'auteure change de registre. 8 / 10

Ce recueil, qui parle sur un ton ironique de la solitude et du rapport avec les autres, des sens (ouïe, toucher et surtout odorat) et de la vie quotidienne est une totale réussite qui a donné à ce lecteur-ci le goût de lire les autres livres de l'auteure, question de rattraper son retard. Périple littéraire qui se poursuit en ce moment avec Dans sa bulle, dont on se reparle incessamment.

Vivement recommandé pour une lecture ravigotante. On ne s'ennuie pas une seconde avec Suzanne Myre.

Cote 8,5 / 10

Le peignoir
Suzanne Myre
Marchand de feuilles, 2005
175 pages

mercredi 18 août 2010

151. Zakuro - Aki Shimakazi

Vingt-cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Tsuyoshi Toda apprend d'un ami que son père qu'il croyait mort déporté en Sibérie après la guerre est toujours vivant, qu'il vit sous un nom d'emprunt dans une ville proche de a famille avec laquelle il n'a jamais plus établi de contact et qu'il se prépare à quitter le Japon pour Los Angeles. Pourquoi ce long mutisme, cette absence ? La question hante Toda et lorsque son père accepte de le rencontrer, ce sera pour lui remettre une lettre dans laquelle il explique ses actions et son silence en demandant pardon pour ses gestes. Dans une scène déchirante, il viendra brièvement au chevet de sa femme souffrant d'alzheimer et qui l'attend depuis tout ce temps sans jamais avoir perdu espoir de le revoir.

La mémoire est l'axe central de ce roman. La mémoire et l'histoire, qui sont au bout du compte la même chose. Ce père absent, rongé par la culpabilité d'un crime commis à la fin d'une guerre à laquelle il n'a pas participé, c'est le symbole de tout le peuple japonais, entraîné dans une guerre barbare dont le souvenir s'efface des mémoires, ou plutôt, dont la mémoire historique refuse de tenir compte.

Le désir de Toda de savoir ce qui a tourmenté son père, la mémoire que perd sa mère, le neveu qui cherche à comprendre le  monde à travers ses devoirs scolaires, tous ces éléments constituent un voyage dans le secret des souvenirs et du passé qui finit toujours par nous rattraper. Zakuro est le mot japonais pour la grenade (le fruit). Au Japon, la grenade est le symbole de la sottise, dans le roman, le narrateur finira par y voir le symbole rouge qui apparaît au centre du hinomaru, le drapeau national.

Zakuro est un livre à l'écriture d'une beauté aride (je sais, là, c'est cliché, genre l'écriture qui ressemble à un jardin japonais, etc). Un livre fin et subtil, qu'il faudrait faire lire de force à tous les aspirants auteurs question de leur montrer ce que c'est que :
  • la simplicité,
  • la reprise des thèmes,
  • la mise en écho,
  • la convergence thématique.

La structure de ce roman est complètement dépouillée, apparente comme un arbre dont on voit les branches en hiver. Le lecteur est à même de voir et de sentir la proximité de la mécanique fictionnelle. Il y a quelque chose d'exaltant à sentir le moteur de la fiction si près de soi, si proche d'être compris par ses pauvres petits neurones à soi. L'art de Shimazaki est de tout relier, de tout bien ficeler, les personnages, les événements personnels et historiques, les images, les objets... de les mettre en résonance les uns contre les autres, et de donner au lecteur un livre bouleversant dont la principale qualité esthétique est la limpidité.

Vivement recommandé par ce lecteur-ci, encore sous le charme et le choc.

Cote 9,5 / 10

Zakuro
Aki Shimakazi
Actes sud, 2008
151 pages

mardi 17 août 2010

Rien pour concurrencer Air Canada, mais j'ai un premier jet



Sous ce titre à l'humour hautement sophistiqué, bien que recyclé, se cache une double annonce. Une bonne et une moins bonne.


La bonne, j'ai terminé le premier jet d'une nouvelle. Allélouïa ! Yé pour moi ! Un peu plus de 2000 mots, va me falloir trimer les petits bouts qui dépassent, parce qu'il faut qu'elle fasse un max de 2000 mots pour répondre aux consignes de l'appel de textes. Je l'envoie pour commentaire à mon vigile et mentor dès demain, et à toute autre personne intéressée à passer un sale moment déprimant.

La moins bonne, j'ai terminé le premier jet d'une nouvelle. La littérature ne s'en portera pas mieux, hélas. Soyons honnête, Dostoïevski et moi on n'est pas sur le même barreau de l'échelle; nous ne sommes même pas sur la même échelle en fait. Je suis plutôt genre Maurice Limat de bas étage.

Comme je dis souvent : YOWZIE !

lundi 16 août 2010

Message in a bottle

F.,

Ton blogue est introuvable, ce matin, Francesco (si j'ose dire -- si je te connaissais en personne, c'est comme ça que je t'appellerais). Ça arrive à tout le monde de faire des niaiseries, ça vaut pas la peine de te retirer du circuit  pour ça; d'autant que K n'en a pas pris ombrage. Une (mauvaise) plaisanterie suivie par une autre (mauvaise) plaisanterie, ça ne justifie pas de couper les ponts.

Je ne peux pas parler pour les autres, mais moi j'aime ta présence sur le web. Ton humour caustique, tes billets elliptiques en diable, ta manière d'écrire sans fioriture; tu fais partir du petit chemin que j'emprunte chaque matin. Un tour chez Gen, puis chez Pierre, chez toi et chez Pat. Dans cet ordre, immuablement depuis des mois. Sans oublier tous les autres : Karuna, Ed, Isa, etc. Ce matin, sur mon chemin, ta maison est vide et je ressens une petite tristesse. Il y a un ami qui manque.

En souhaitant que le Ciao accroché à ta porte soit temporaire, je te salue.

richard

jeudi 12 août 2010

Hé hé

Hé hé, dit le gars content de lui.

900 mots aujourd'hui chez l'ermite de Valleyfield. Un sommet personnel depuis les années 90.

En quelques séances d'écriture en commun, notre Salon d'écriture, comme on dit Pat et moi, la nouvelle pour Katapulpe a vraiment été lancée sur ses rails, le texte sur Kursk avance et le court roman pour très jeunes lecteurs en est quasi à la moitié. On dirait que la machine débloque enfin !

Maudit que je suis fier de moi !

Tellement que je vais mettre l'état des travaux dans une boîte à la droite de cette page.

mercredi 11 août 2010

Coming soon...

Commentaires sur :
  • Le peignoir - Suzanne Myre
  • Zakuro - Azi Shimazaki
  • Ces messagers venus d'ailleurs - collectif
  • HHhH - Laurent Binet
  • Ceci n'est pas une histoire de dragons - Mathieu Handfield
  • Péchés mignons -  Claude Bolduc

Pour publication papier, je travaille sur
  • une nouvelle pour l'appel de textes courant de Katapulpe (thème : école)
  • une plus longue nouvelle fantastique qui se déroule à Koursk en 43 lors de l'offensive allemande
  • un court essai sur le thème de l'enfermement dans la fiction de Pat Isabelle
  • un très court roman pour enfants qui met en scène des chameaux à Chibougamau
Y a du boulot sur la planche ! Allez, hop, cascade !

La kermesse héroïque

Dimanche a eu lieu à la maison le party d'anniversaire pour les cinq ans de Benjamin. Grosse affaire, puisqu'on avait invité beaucoup d'enfants. Onze au total. Après avoir mangé du spaghetti arrosé de la sauce mitonnée par Suzanne, les enfants ont joué dehors un bon bout de temps, la température s'y prêtant. Ils se sont amusés avec le VTT de Benjamin. Ils ont participé à une pêche de poissons en plastique dans la piscine. Ils ont fait de la trottinette et du vélo, en plus de donner trois douzaines de maïs aux chevaux (particulièrement coopératifs ce jour-là) et de courir gaiement après les chiens et les chats.

Il n'y a rien pour égaler la spontanéité du rire des enfants. Après le dessert, les enfants ont eu droit à un exercice de chimie amusante avec le professeur Dino, classe qui a provoqué d'immenses cris de joie. C'est fou ce qu'on faire  avec de la glace sèche ! Les enfants ont tous beaucoup aimé. Puis le prof Dino a extirpé de ses boîtes quelques animaux exotiques que chacun a pu toucher et prendre dans ses bras à volonté. Colossal succès pour le chinchilla, le lézard, la tortue, le gecko et la couleuvre des blés.

J'ai pris quelques photos, mais l'appareil était déréglé côté luminosité (faudrait que Benjamin arrête de jouer avec), mais quand même. Puis, au moment où le prof Dino sortait ses bêtes, mes piles m'ont lâché pour de bon et j'en avais pas de rechange comme de raison.


 Kathleen - futur modèle


Taylor- futur dentiste


Vincent- futur politicien


Marie-Claude, Matthew, le jubilaire, sa maman, Taylor et, de dos, Marie-Jeanne


 Heureusement que Benjamin ne fait pas d'asthme, il y avait de la bougie en quantité sur son gâteau !


 La séance du prof Dino est sur le point de commencer. On voit le visage de parents tourmentés à l'idée que la chimie amusante se transforme inopinément en chimie catastrophique (Sarah et Ann). Les enfants sont attentifs : Turner, Benjamin, Kathleen (derrière la bouteille), Tristan (dans les bras de maman), Léanne et Keira.


Ah-ha ! De la glace sèche, ça fait de la boucane à la plus grande joie de tous. Pat est dans le coin. Isabelle prend des photos et Rick rigole, ces deux-là sont des chimistes, pour eux, la chimie est amusante.

 
 La maudite couleuvre des blés, ici entre les mains de Benjamin. Elle a été touchée par tous et prise par plusieurs. Après deux Rickard blanches, j'ai trouvé le courage de lui toucher le ventre à cette bestiole. Et je n'ai pas perdu conscience ! On m'applaudit. Pis après ce cliché d'anthologie, plus de jus dans le kodak, flûte alors...


Un gros merci et de gros bisous à Kathleen, Vincent et Tristan, Turner et Taylor, Matthew et Ethan, Léannne et Marie-Jeanne, Nathan, et Keira. Et merci à tous les parents qui sont venus !



 Et pis même Joséphine a eu du bon temps, c't'e vieille bougonneuse !

mardi 10 août 2010

Federer débarque à Rigaud

Pour l'été, nous avons inscrit Benjamin au tennis. L'été s'achève, le cours aussi. Encore deux séances, jeudi et mardi prochains. Benjamin aime plus ou moins, je crois qu'il s'attendait à frapper plus de balles alors qu'il s'agit plus d'une pratique à bien voir la balle, à l'attraper avec la main, etc. Un cours visant à coordonner les gestes plutôt que d'apprendre à frapper comme un dératé.


La foule attentive guette le jeu de l'athlète. Dans l'ordre : Suzie, Alec et Suzanne.

D'émotion, Federer Benjamin en échappe sa raquette.

On a beau être un champion mondial, il faut suivre les directives de son coach. Devant, Samuel et Alexandra, derrière, Benjamin et Marco.


 
Hey, toé, le gros, dégage ou je te tire une balle de tennis dans le front ! Maudit papparazzi !

lundi 9 août 2010

Aujourd'hui, Benjamin a eu cinq ans

Aujourd'hui, 9 août, Benjamin a eu cinq ans. C'est une grosse étape, sinon dans sa vie, du moins dans celle de ses parents. Il a eu droit à tout un party d'anniversaire hier. J'y reviendrai bientôt. Mais ce soir, on a décidé de prendre ça cool un peu. Après la frénésie d'hier, nous sommes allés chercher du poulet à la rôtisserie et on a été pique-niquer au parc municipal de Rigaud.

Là, Suzanne et moi lui avons donné son cadeau, l'objet de bien des prières de sa part - et depuis longtemps à part ça. Un avion téléguidé (le modèle débutant, bien sûr) à piles et en styromousse. Ça va durer le temps que ça va durer, mais nous nous sommes bien amusés au parc à le faire monter et descendre à bras, puisque le paternel (ce nono) avait oublié d'amener les piles !

L'air du douanier devant un colis suspect.

Pendant que j'essaie de comprendre les instructions, mon diablotin de fiston tente de m'éborgner avec l'antenne de la télécommande.


- Aimes-tu ton cadeau, Benjamin ?
- Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Piché peut atterrir sans essence ? Moi je décolle sans essence !

mardi 3 août 2010

150. Playing for Pizza - John Grisham

Dans le but de continuer à jouer au football, le quart de seconde zone Rick Dockery, récemment congédié par les Browns de Cleveland après une bourde monumentale, décide l’aller jouer avec les Panthers de Parme de la Ligue italienne de football américain. L’Italie va se révéler une expérience mémorable.

Ce livre est un roman atypique dans l’œuvre de Grisham. Une sorte de comédie romantique sur fond de football en Italie. Un drôle de mélange, mais qui a fort bien fonctionné pour ce lecteur-ci. C’est léger, chaleureux et s’y entrelacent le soleil, la bonne bouffe et les paysages superbes. Une excellente lecture d’été.

Dans la majorité des romans de Grisham, le héros est un incurable naïf, et, ici, Dockery ne brise pas ce moule. Comme je l’ai dit plus haut, ce roman est un drôle de mélange et je ne sais pas jusqu’à quel point il va plaire aux deux publics cibles. Les amateurs de romance sauront-ils gouter la partie football américain, et les amateurs de football américain seront –ils emballés par la comédie romantique ? La question se pose.

Quant à moi, amateur tout à la fois de Grisham et de football, j’ai beaucoup aimé. L’histoire est prévisible et ne réserve aucune surprise. Le plaisir réside dans la prose légère qui s'attarde aux charmes de l‘Italie et dans les personnages chaleureux et sympathiques qui peuplent cette histoire, et même dans ce vilain qui virera sa cuti à la fin, ou enfin presque.

Recommandé pour une lecture légère.

Cote 6,5 / 10

Playing for pizza
John Grisham
Doubleday, 2007
270 pages

lundi 2 août 2010

149. Le seul défaut de la neige - François Barcelo

Ce court roman de Barcelo a déjà été commenté chez François et chez Pat qui en ont dit chacun tant de bien que le commenter à nouveau serait inutilement répétitif. Si vous voulez savoir tout le bien que je pense de ce romanticule, allez voir chez les blogueurs ci-haut. J'adhère totalement à leurs propos.

Barcelo écrit beaucoup, voire beaucoup trop, généralement un (petit) roman adulte par année. Son œuvre assez considérable compte plusieurs romans avec lesquels il faut compter : Agénor, Agénor, Agénor et Agénor, Les Plaines à l'envers, Je vous salue, Marie, Vie sans suite, Aaa, Aâh, Ha ou les amours malaisés, Le Voyageur à six roues... Depuis le début du millénaire, il était dans une phase moins intéressante et ses derniers six ou sept romans souffraient de tiràlaligne, une forme d'urticaire propre à l'écrivain essoufflé. Le seul défaut de la neige marque un beau retour à la forme. Sur une intrigue minimaliste, cousue de fil noir (si j'ose dire), on suit la spirale infernale et drolatique d'un personnage naïf et plein de bonne volonté, pas très fûté, qui s'enfonce dans un écheveau de problèmes tissé par le destin au plus grand bonheur du lecteur. Yanick Casault est un anti-héros typique de Barcelo.

Ce qui étonne de cette nouvelle collection, c'est son format. Audacieux, diront certains. Ridicule, diront d'autres (dont je). Ma parole, les éditeurs ne savent vraiment plus quoi inventer pour endiguer l'hémorragie de lecteurs et tenter de les ramener vers le livre papier.

Voilà que nous avons maintenant droit au livre style format CD de musique. (Choix éminemment discutable, voire ironique, quand on sait la désaffection des acheteurs vis-à-vis du CD, mais bon, il semble qu'il y ait un petit connard au marketing qui s'est aperçu que les acheteurs de CD aimaient bien lire les notes qui viennent sous forme de petits bouquins brochés. Wow ! s'est-il dit, estomaqué. Les gens aiment lire les pamphlets de CD. Et hop ! Kompak naissait dans son cerveau fiévreux. Kompak, la collection qui ressemble à un CD. (Soyons quand même heureux que le petit connard au marketing n'ait pas remarqué que les gens lisent aussi les côtés des boîtes de céréales, parce qu'on se serait retrouvé avec une collection rivalisant avec les grosses boîtes de Corn Flakes.)

Je fais un pari avec vous. D'ici deux ans, Kompak aura retrouvé une allure plus normale. Pourquoi ? À cause de ceci : imaginez un présentoir de livres standard, en treillis, le genre qui tourne. Ça existe encore, je vous jure. Mettez-y un Coups de tête, on voit le livre; maintenant, mettez-y un Kompak, pfiou, il disparaît !

C'est pas le petit connard au marketing qui a pensé à ça, il ne lit pas, ce crétin-là, à l'exception des livres de Malcolm Gladwell. Imaginez un peu le slogan : Kompak, le livre qu'on ne voit pas dans les racks ! Aussi, essayez d'imaginer ce que ce sera que de tenir entre ses mains un Kompak quand le format passera à 200, puis à 300 pages, comme chez Coups de tête, la collection avec laquelle elle rivalise. Ce qui est exotique et génère un buzz aujourd'hui révélera bien vite tous ses défauts.

Deux ans, je vous dis. Foi d'ermite.

Cote 8,5 / 10. Vivement recommandé pour une bonne heure et demie de sourires et de rigolade.

Le seul défaut de la neige
François Barcelo
XYZ, coll. Kompak, 2010
143 pages
14,95 $

Là où je vais acheter des livres

Ma librairie de rêve existe déjà. Je suis chanceux, je n'ai pas besoin de l'imaginer, elle est là, avec moi tout le temps. C'est Amazon.ca.

On ne peut rêver de lieu plus convivial.

Je veux boire ma petite liqueur en fouinant les livres ? Je n'ai qu'à poser mon verre bien froid à côté de moi. Je peux y aller nu comme un ver, hé, personne ne froncera les sourcils devant mon habillement sommaire ou excentrique. Je peux manger des choses qui dégoulinent, je peux magasiner les doigts sales, je peux péter, roter, chanter à tue-tête ! Je peux même, essayez ça dans vos librairies de rêve, me payer un ronplonplon réparateur si l'envie m'en prend. Je peux y jouer à des jeux vidéos, visionner du porno ou les dernières informations en ligne... Je peux m'abandonner à la rêverie. Oui, monsieur, madame, comme environnement, c'est imbattable et on peut difficilement demander mieux...

Pas un maudit client dans les jambes, pas un tapon assis dans son fauteuil avec seize livres et son café pendant que je rôde en attendant utopiquement une place qui se ne se libérera jamais. Personne qui sent le swing ou le parfum ou la cigarette. Seul bémol, pas de mignonne petite brunette, avec une queue de cheval, qui repousse ses lunettes sur son nez sans quitter son bouquin des yeux. Comme quoi il n'y a rien de parfait.

Outre sa convivialité, ce que j'aime par-dessus tout d'Amazon, ce sont les commentaires personnels. Les lecteurs sont les meilleurs conseillers possibles, leur enthousiasme, leurs coups de cœur, les suggestions qu'ils proposent font de cette fonction l'atout le plus important du site. C'est là que j'ai découvert - littéralement - des dizaines d'auteurs et encore plus de livres, merci à tous ceux qui laissent des commentaires : vous êtes l'élément essentiel de ma librairie. La plupart des librairies en ligne présentent, elles aussi, des dizaines de milliers de titres, et toutes celles où j'ai commandé (Gallimard, Renaud-Bray, Archambault, Indigo et Pantoute) offrent un service de livraison impeccable. Mais il n'y a qu'Amazon (et ses avatars américains, français et britanniques) à me présenter un bouche-à-oreille aussi intéressant.

Le fait qu'elle présente des centaines de milliers de titres est un point qui joue en sa faveur, bien sûr. Le choix est proprement colossal, en anglais et en français. En plus, évidemment, de toutes les bébelles qu'une librairie moderne doit proposer pour ferrer son client : dvd, cd, et autres cossins...

Je ne parle pas des prix, imbattables, de la facilité de navigation, des listes personnelles, des envies cadeaux, etc., etc., du Kindle disponible seulement sur Amazon.

Amazon, c'est une expérience totale. Mon expérience totale.

dimanche 1 août 2010

148. Stalin's Folly - Constantine Pleshakov

L’état d’impréparation des forces armées soviétiques en juin 1941 était dû en grande partie aux hésitations de Staline, ainsi qu’aux purges politiques qui avaient eu pour conséquence d’affaiblir considérablement l’état-major et l’ensemble du corps des officiers.

En mai 1941, après des mois de tergiversations, Staline se rendait finalement aux arguments de son état-major prônant une attaque préventive contre les Allemands le plus tôt possible, c’est-à-dire dès l’instant. Les Soviétiques étaient convaincus que l’armée allemande ne pouvait se lancer à l’attaque avant l’été 42 et que, s’ils frappaient immédiatement, ils déstabiliseraient les préparatifs d’Hitler.

L’ordre des préparatifs d’attaque est alors donné. Les divisions soviétiques montent en position, les réserves et les approvisionnements sont amenés au plus près du front, et les lignes défensives assurant l’arrière sont abandonnés. Ce qui fait que lorsque les Allemands lancent l’opération Barbarossa, l’invasion de l’URSS, le 22 juin 1941, ils prennent de court les Soviétiques et trouvent devant eux une Armée rouge en plein mouvement de repositionnement, sans aucune ligne défensive en profondeur. Le front russe est alors facilement enfoncé, les divisions encerclées par paquet, et tout s’effronde. L’avance allamande est spectaculaire, les Soviétiques n’ont aucune position de repli, les villes tombent les unes après les autres…

Dans son ouvrage, Pleshakov argumente que, contrairement à la croyance populaire, Staline et son état-major n’ont pas été surpris par Barbarossa, mais par son déclenchement précoce. Ce livre, basé sur de l’information nouvelle, est diablement intéressant et raconte les premiers jours de Barbarossa selon le point de vue des Soviétiques, alors que la débâcle menace le pays et que la Wehrmacht semble invincible. L’auteur a su construire un essai remarquable, plein de vie, en dépit de deux petits bémols.

Le premier, la langue de l’auteur a tendance a devenir un petit peu fleurie par moment, ce qui étonne et m’a agacé. Le second, c’est que plutôt que d’utiliser le système habituel d’appellation des armes allemandes, l’auteur utilise le système russe, ce qui fait que Pz.I et Pz. II deviennent T-I et T-2; Ju-88, U-88, etc.) C’est très mineur, pas rédhibitoire le moins du monde, juste un peu bizarre.

Recommandé.

Cote 7,5 / 10

Stalin’s Folly
The Tragic First Ten Days of WWII on the Eastern Front
Constantine Pleshakov
283 pages
Mariner Books, 2006