samedi 31 juillet 2010

147. Grandfather's Tale - Timothy Erenberger

Ah la la, qu’est-ce que je me suis fait avoir. Ce livre est présenté sur Amazon comme une biographie et les très nombreux commentaires positifs des lecteurs sont, a posteriori, d’un enthousiasme suspect. J’aurais dû me méfier. Une telle unanimité pour un livre obscur, loin d’être un chef d’oeuvre de la littérature générale, aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Je suis tombé dans le panneau et j’ai commandé le livre. D’autant qu’un examen plus attentif de la jaquette montre que ce sont des G.I modernes qui illustrent les “mémoires” d’un sniper nazi. Idiot que je suis ! Mais il faut dire que l'auteur a fait preuve de beaucoup de détermination en galvanisant lui-même les commentaires sur son livre, utilisant pour ce faire une longue série d'avatars et de pseudonymes. Sur son site, il se vante d'avoir vendu 10 000 exemplaires de Grandfather's Tale. Bravo l'auto-marketing !

D’abord et avant tout, ce n’est pas une biographie. Il s’agit d’un livre de fiction ayant un lointain rapport avec la réalité de la Seconde Guerre mondiale. En fait il s’agit de l’équivalent papier d’un jeu vidéo, un First Person Shooter (les initiés comprendront), dans le style Call of Duty. C’est débordant d’action. Le maigre talent de l'auteur réside dans sa capacité à mettre sur pied un engin littéraire pareil à une locomotive lancée sur ses rails et qui avance sans ralentir -- et tout aussi subtil.

Au-delà, il n’y a rien. Rien de rien. Dire que les personnages sont stéréotypés, c’est faire insulte à tous les personnages stéréotypés de la littérature. Réalisme : zéro. Par exemple, Erenberger imagine que les snipers allemands étaient amalgamés au sein d’unités intégrés indépendantes d’une trentaine d’individus. Pour lui, les snipers se déplaçaient en groupe, se cachaient tous ensemble dans un coin, et ensemble, à eux trente, repoussaient les hordes soviétiques lancées contre eux. Le livre est rempli jusqu’au goulot d’actions massivement répétitives, d’erreurs factuelles et historiques, d’un nombre considérable de coquilles, et de bien mauvaise prose anglaise.

Ce livre publié à compte d’auteur est absolument horrible. L’auteur est même incapable d’écrire le nom d’Adolf Hitler correctement. Faut être poche pas à peu près.

La gars a tout simplement reproduit en livre les aléas d’un jeu vidéo. Au niveau le plus simple, vous êtes juste là, avec Gregor (le “grand-père” de l’histoire), bien assis dans une tranchée et vous faites feu à tire-larigot sur des tombereaux de soldats ennemis (russes pour la plupart). À la fin de chaque mission, pardon, chapitre, Gregor trouve une cache d’armes de meilleure qualité, qu’il maîtrise instantanément. Les munitions ne lui manquent jamais. Il est promu, il va sur tous les théâtres d’opérations et participe à toutes les batailles d’importance. À la fin de la guerre, Gregor survit.

Honnêtement, c’est le pire livre que j’aie lu de ma vie. Et j’en ai lu des verts et des pas mûrs en quarante et quelques années. Le pire.

Cote 0 / 10.
Zéro est faible : il faudrait que j'invente une cote négative, un 0 Kelvin, juste pour ce torchon.

Grandfather's Tale : The Tale of a German Sniper
Timothy Erenberger
Writer's Club Press, 2000
279 pages
20 $ bou hou hou, de la bonne argent jetée aux orties

vendredi 30 juillet 2010

Bientôt dans une certaine chaumière de Rigaud...

Il est tout petit, wi-fi, presque le fin du fin de la technologie de M. Bezos. J'ai craqué. Il arrivera fin août à la maison. On s'en reparlera à ce moment.

L'argument vendeur par rapport aux Kobo, Nook, Sony, et tutti quanti, ce petit clavier au bas de l'appareil qui permet de prendre des notes dans le texte. Quelle fabuleuse idée !

jeudi 29 juillet 2010

Comme un rire d'enfant - Alamo St-Jean

Alamo St-Jean, son blogue est ici, fait la preuve qu'une histoire n'a pas besoin d'être très longue pour avoir de la profondeur et du punch. Jeune auteur des littératures de l'imaginaire, ses textes sont assez inclassables merci.

Comme un rire d’enfant

Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 11 août.

mardi 27 juillet 2010

D'un service de presse l'autre...

Au printemps dernier, je me faisais offrir le service de presse des éditions du Marchand de feuilles, proposition qui avait suscité un enthousisame débordant de ma part (je ne reviendrai pas sur mes rêves de grandeur de l'époque). J'ai reçu deux livres et j'ai fait un commentaire sur Brigitte des Colères, un  roman, disons, perfectible. Ça n'a pas eu l'air de plaire au Marchand de feuilles, qui a coupé court à l'expérience sans explication. Le courriel envoyé n'a pas donné de résultat. J'aurais au moins aimé savoir les raisons du pourquoi.

Il y a deux semaines, surprise, un autre éditeur me fait une demande similaire. Cette fois, c'est la maison Popfictions. Je deviens mou comme une guenille quand on m'offre un livre, et j'accepte encore une fois. J'espère juste que Popfictions est moins susceptible que Marchand de feuilles.

En attendant, il y aura au moins deux ouvrages de cet éditeur qui seront commentés dans les prochaines semaines. On verra à l'usage.

vendredi 23 juillet 2010

Comment divertir un garçon de quatre ans pour pas cher

Un mot :

Et je ne pense même pas à la piscine de petites balles colorées à l'entrée du magasin.

Benjamin et moi nous sommes allés magasiner chez Ikea l'autre jour. Avant de l'acheter, je voulais voir un certain buffet question de m'assurer que la bête entrerait bien dans la chambre de bains de l'étage.

Il faut dire que j'aime magasiner les outils, les jouets, les livres, la papeterie, l'électronique, les bébelles en général. Faire l'épicerie est un bonheur. Benjamin a hérité de ce gène bien paternel, parce que, pour sa part, Suzanne déteste ce qu'elle considère comme une corvée. Mais, lâchez-nous lousse, tous les deux, moi et fiston, dans à peu près n'importe quel magasin, et notre plaisir sera immense.

Sa petite menotte dans la mienne, nous sommes entrés chez Ikea vers 11 h 30. Et, dès le grand escalier monté, Benjamin est devenu comme possédé. Quel prodige cet endroit pour un enfant curieux ! La vraie caverne d'Ali Baba.

Il a essayé presque toutes les chaises, faisant tourner celles qui tournaient, faisant balancer celles qui balançaient. Il m'a longuement interrogé sur le pourquoi de ceci et le pourquoi de cela (il n'en est pas encore au comment). Il a établi ses préférences quant aux couleurs des chaises : le rose, magnifique ! le bleu, ordinaire! le brun, c'est beau, papa ! Il a adoré les tissus à carreaux, en plus de s'extasier devant les meubles rétro, style seventies.

On a passé une heure dans les chaises et fauteuils. Calvaire, je commençais à trouver ça long, moi même qui suis d'ordinaire d'une patience infinie...

On sort enfin de ce département-là et on se retrouve dans les lits -- heureusement, ça ne l'intéresse qu'à moitié. Mais que trouve-t-on près d'un lit et qui fascine un garçon de quatre ans ? Les lampes et autres luminaires ! J'ai faim et je tente d'amener Benjamin au resto Ikea goûter aux tites boulettes suédoises qui ont l'air bin bonnes sur les pancartes. Benjamin ne veut pas entendre parler de ça. On continue notre périple.

Je jure qu'il n'y a pas une lampe, un luminaire ou une ampoule qui pouvait être allumée dans ce gigantesque magasin qui ne l'a pas été, et plusieurs fois à part ça. On a mis trois heures et demi, trois heures et demi, pour se rendre au meuble que je voulais voir.

Nous sommes sortis de cet enfer un peu après 15h00. Benjamin était ravi, moi épuisé. Mais le buffet fitte, comme qu'on dit.

mercredi 21 juillet 2010

146. Queen Size - Louise Tremblay-D'Essiambre

Ce premier jour de l'année scolaire, Pauline Ferland fait connaissance avec ses élèves de secondaire. Certains vont lui donner des difficultés, elle est capable de les identifier immédiatement, d'autres vont lui donner de grandes joies. En même temps, elle est en réflexion face à sa vie personnelle qui n'est pas un paradis. Où est le bonheur quand on est obèse ?

Il n'y a pas vraiment d'intrigue dans ce court roman, seulement une épiphanie; celle de Pauline qui, la première nuit de la rentrée scolaire, trouve le courage de se regarder dans un miroir, sans préjugés, et de s'accepter finalement telle qu'elle est. Quarante-huit heures dans la vie de cette femme joviale et bonne que son obésité empêche de vivre pleinement.

Tout l'art de l'auteure, et il est considérable si on tient compte de l'absence d'un arc narratif fort, est de tisser le quotidien de Pauline avec habileté et d'attirer le lecteur dans l'univers émotionnel et psychologique de cette femme qui a toutes les difficultés du monde à s'aimer et à s'imaginer être aimée. Son quotidien nous est minutieusement décrit, tout comme ses états d'âme. Le style est coulant, plaisant et Queen Size est l'oeuvre d'une écrivaine en pleine possession de ses moyens.

Pourtant l'auteure n'évite pas un impair qui aurait sans doute coulé une auteure moins habile qu'elle. Au dernier tiers du roman, la narration simple, jusque-là orientée sur le point de vue de Pauline, passe à une narration où l'auteure intervient directement dans le récit, avec notamment des encouragements dans le style : « Il ne faut lâcher, ma Pauline ! » Oh la la... Normalement, là, de dépit, j'aurais dû arrêter ma lecture en lançant le livre à bout de bras dans mes plants de tomates. Mais non, je ne l'ai pas fait. Tremblay-D'Essiambre survit à cet impair difficilement pardonnable, par son seul talent. Qu'on me comprenne, l'impair n'étant pas tant l'intervention de l'auteure dans son récit, il s'agit là d'un choix narratif parfaitement justifiable, que son irruption inopinée au beau milieu du roman; chez quelqu'un de moins talentueux, ça aurait donné l'impression d'un auteur maîtrisant mal ses procédés. Ici, ça passe; ça se remarque, mais ça passe.

Malgré deux bémols, le second étant le ton mélo de la fin, je recommande ce roman. Une bonne lecture pour la midinette en soi (part que j'assume pleinement, merci).

Cote 7 / 10

Queen Size
Louise Tremblay-D'Essiambre
Guy S-Jean, 1997
192 pages

145. Biscuit chinois n° 13

Biscuit chinois est une revue de littérature populaire; que des nouvelles, pas de critiques de livres, pas de commentaires philosophiques, que de la fiction. Chaque numéro est thématique, ici, c'est hôtel/motel. (Le site de BC est ici.)


Qui aura la peau de Panzer Bishop ? de Geneviève Blouin. Le président d'une ligue de combats extrêmes cherche à en redorer l'image par des moyens... extrêmes. La classique histoire de l'arroseur arrosé, version arts martiaux mixtes, en plus angoissant. Bien fait, mais ce lecteur-ci aurait aimé en savoir plus sur ce lutteur vieillissant et bedonnant (pensez Rocky) que sur le président qui n'est, au fond, qu'une fripouille de la pire espèce. Si l'auteure n'évite pas les clichés, il faut reconnaître qu'elle sait manier sa barque avec dextérité. 7 / 10

Cuba libre de Cathy Bazinet.Une touriste à Cuba prend conscience de le triste réalité d'un pays où un portier d'hôtel est plus riche qu'un neurochirurgien. Assez réussi, mais il y a du paternalisme dans l'attitude de cette touriste qui ne sait plus comment réagir. 6 / 10

Dodge Motel de Marie-Jeanne Gagné. Un jeune homme en panne d'auto fait une rencontre qui scellera une amitié. On nage dans le bon sentiment et l'utopie psychologique, ici. Pas vraiment réussi à cause du côté gnangnan des personnages, mais d'une lecture somme toute agréable. 5 / 10

Monsieur Stone d"Annie Cloutier. Dans un futur dystopique, une femme a un vague-à-l'âme sexuel qu'elle tente de combler au motel de Monsieur Stone. Une nouvelle de sf assez solide. Un style hachuré qui fourmille de petites idées. Une fin qui nous ramène joliment au point de départ. 8 / 10

Denise de Mélanie Jannard. Cadotte est un sans-abri désinstitutionnalisé, sa trajectoire va rencontrer celle de Mélanie. Yowzie ! Quel texte ! Solide, original. Ancré dans le ici et maintenant, sans fioritures. Émotions fortes à la clé. Il faut surveiller Mélanie Jannard, elle a un talent incroyable. 9,5 / 10

Le plaster de Simon Thibault. Un gars et une fille vont au motel consommer le début de leur séparation lente. Une bonne idée qui n'est pas portée par des personnages; on sent la fascination de l'auteur pour son idée, au détriment d'un peu de tout le reste. Froid. 6 / 10

En guise de remerciement d'Ulysse Hubert. Un suicidaire loue une chambre dans un motel tenu par un couple qui a un secret bouleversant à partager. Une nouvelle tout à fait réussie, où l'humour est subtil et charmant. Ce lecteur-ci en redemande. 8,5 / 10

Nuit blanche d'Aude Maltais-Landry. Par une tempête de neige dans un petit village du Grand Nord (à ce qu'il m'a semblé), une jeune femme attend un ami et observe la vie autour d'elle. Sur un canevas simple et avec des repères minimalistes, l'auteure crée une nouvelle fortement atmosphérique, peut-être même trop; parce qu'il m'a semblé que les meilleurs moments de ce joli texte étaient ceux qui étaient empreints du réalisme le plus prosaïque (la scène du grilled-cheese, par exemple). 7,5 / 10

Au final, une lecture extrêmement satisfaisante, un numéro que je recommande d'emblée. J'ai beaucoup aimé. Tiens, je m'abonne... De la bonne littérature avec de jeunes auteurs d'ici bourrés de talent, que peut-on demander de mieux ?

Cote 7,5 / 10

mardi 20 juillet 2010

Le Salon d'écriture des deux ermites

Cet après-midi, dans le secret le plus absolu, deux ermites se sont rencontrés pour un salon d'écriture à Valleyfield. (Salon curieusement tenu dans une salle à dîner.)

Aucune photo n'ayant été prise de l'événement, je me permets de mettre une photo d'un bernard-l'ermite. Lointain rapport, je sais, mais c'est joli.

À la surprise générale, dont la mienne, ils ont produit chacun plusieurs centaines de mots, l'un face à l'autre, la face plongée dans l'écran de leur portable et les doigts enchaînés au clavier. Peu de mots furent échangés et on n'entendit que quelques grognements inintelligibles (satisfaction ou insatisfaction, nul ne sait) échappés entre des sippes de café.

Mais les ermites ont aimé cette expérience commune (rarissime chez des êtres aussi retirés) et se promettent bien de remettre ça dès la semaine prochaine alors que le Salon d'écriture se transportera à Rigaud.

dimanche 11 juillet 2010

L’indécence du rêve et de ses effets à courts et moyens termes - Pat Isabelle

Pat Isabelle est un ami et nous avons beaucoup de choses en commun : on aime les mêmes littératures et nous écrivons tous les deux. Pat est un jeune écrivain plein de modestie et d'humour. Il a du talent à revendre et un style très particulier, caractérisé par une naïveté pas toujours innocente, mis au service de quelques thèmes forts et récurrents dont je me promets bien de vous entretenir dans un proche avenir, ici ou ailleurs. À suivre.


L’indécence du rêve et de ses effets à courts et moyens termes.


  Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 11 août.   

samedi 10 juillet 2010

144. The Day of the Jack Russell - Colin Bateman

C'est complètement par hasard que j'ai découvert Colin Bateman il y a quatre ans en achetant, en solde, The Horse With My Name (l'auteur est friand de ce genre de calembour pour les titres de ses livres). Ce qui prouve qu'il faut se fier à son instinct et que les librairies sont faites pour ces hasards heureux.

Bateman (son site) est l'auteur d'une vingtaine de romans noirs (parfois policiers) extrêmement drôles, full cynique, et lourds d'une violence pas toujours contenue, souvent plus implicite qu'explicite, mais terrifiante en diable. Le fait que l'action se déroule à, ou autour, de Dublin, dans une ville fictive nommée Crossmaheart, juste après les Troubles (comme disent les Irlandais pour désigner la récente guerre civile et l'occupation britannique qui l'accompagnait) y est pour beaucoup. Une haine palpable, une peur de tous les instants, le sentiment que tout peut s'enflammer en une seconde. Il est à noter que les moins bons romans de Bateman, ceux qui ont le moins fonctionné pour ce lecteur-ci en tous cas, sont ceux qui n'ont pas l'Irlande pour cadre, ou dont les personnages principaux ne sont pas Irlandais.

Ses meilleurs romans sont ceux de la série Dan Starkey, un journaliste malchanceux. Je me promet bien d'y revenir pour présenter plus en profondeur cet auteur unique et si peu traduit en français.

The Day of the Jack Russell (ha ha) est le deuxième titre d'une nouvelle série amorcée avec Mystery Man (2008). Le personnage principal n'est jamais identifié (à la manière du Nameless de Bill Pronzini), propriétaire d'une boutique de polars à Dublin et qui profite de ses (trop) nombreux temps libres pour résoudre de petites enquêtes dont la police ne veut pas s'occuper. Il est habile, il est futé, et les enquêtes qu'on lui confie ont tendance à se complexifier rapidement. Témoin cette histoire-ci où le vol d'un Jack Russell naturalisé aura des répercussions de plus en plus larges, au point où y seront mêlés des trafiquants de drogue, le MI5, le chef de la police de l'Irlande et deux femmes enceintes.

Cette nouvelle série est nettement moins prenante que celles consacrées à Starkey ou à Martin Murphy, notamment parce que l'élément comique se trouve moins dans les situations (là où excelle Bateman) que dans les réparties aigre-douces entre Mystery Man et sa blonde. D'où déception. Il y a pourtant d'excellents moments mais le roman est lent à démarrer (75 pages à patauger) et je ne peux pas le recommander sinon aux fans finis de Bateman, dont je suis, et qui l'auront de toute façon déjà lu. Si vous voulez connaître Bateman, je vous recommande plutôt I Predict A Riot, 100 % excellent.

Cote 6,5 / 10

The Day of the Jack Russell
Colin Bateman
Headline, 2009
375 pages
10,82 $ chez Amazon

lundi 5 juillet 2010

Reflets - Stéphanie Descôteaux

Voici une courte nouvelle qui détonne dans le courant littéraire actuel. Pas de dialogue, pas de vernaculaire. Seulement une longue description attentive aux détails et une vie que le lecteur découvre grâce à des mots simples, justes, bien sentis. Qui a dit que les jeunes ne savaient plus faire de description ? (En supposant que Stéphanie Descôteaux ne soit pas une nonagénaire férue de littérature !)

Reflets

  Tel qu'entendu avec l'auteure, ce texte a été retiré le 29 juillet.

dimanche 4 juillet 2010

143. La face cachée du soleil - François Aussanaire

Le recueil porte en sous-titre recueil de nouvelles noires et néanmoins délicieuses (à noter que le sous-titre de la page de garde diffère de celui de la couverture). L'éditeur ne ment pas. Ce sont des nouvelles noires et délicieuses !

Comme il y a quatorze nouvelles dans le recueil, je ne procéderai pas au cas par cas, sinon on sera encore là demain. Mais allons voir les plus notables :

L'allumeur de soleil. La météo est morose et bousille le tourisme de la Bretagne ? Méfiez-vous des initiatives du Bureau touristique régional ! Comme quoi, on s'en prend toujours au messager... 8,5 / 10

Two steps more. Il y a de curieux hiéroglyphes sur un rocher près de la falaise. C'est un mystère dont Catherine va bientôt connaître la signification. C'est très court et la fin est complètement inattendue. 9 / 10

Putain de rat ! Il part en solitaire faire la traversée de l'Atlantique. Son canot est insubmersible. Ça va être difficile, mais il sent qu'il va y arriver. Il se trompe... Ha ha ha, qu'est-ce que je me suis bidonné. ! Non seulement est-ce une histoire drôle, mais l'auteur fait montre d'un prodigieux métier en prodiguant l'air de rien une véritable montagne d'informations sur cette aventure. 10 / 10

Le cadeau des Blancs. Idrissa veut apprendre à jouer au foot comme ses idoles européennes. Mais le foot, en zone de guerre, c'est dangereux. Une jolie histoire avec une conscience. Sa fausse chute, puis la vraie, sont très réussies. 8,5 / 10

Promenons-nous dans les bois... Une cueillette de champignons en forêt, une chute sur une racine, une entorse et c'est le cauchemar... Une nouvelle parfaitement réussie avec une fin étonnante. 8,5 / 10

Mamie est morte. Mamie est morte mais la jeune narratrice ne sait pas bien ce que ça veut dire. On la tient dans l'ignorance « pour son bien ». Mais elle veut en avoir le cœur net... Alors là, attention, c'est prodigieux. Ça fait longtemps que je n'avais pas été secoué comme ça par un texte. C'est proprement génial. Pas un mot de trop et pas un mot qui manque. 10 / 10


Six excellents textes sur quatorze, aux yeux de ce lecteur-ci, c'est pas rien.

Aussanaire est un maître de la très courte nouvelle. Son sens du timing et de la chute est pratiquement sans défaut. Et à la drôlerie et à l'ironie de son premier recueil, l'auteur ajoute ici de nouvelles couleurs, dont l'horreur inconcevable. Je mets au défi quiconque de lire Mamie est morte... et de pas ressentir un petit frisson devant le drame de la jeune héroïne, une histoire d'ignorance pourtant truffée uniquement de bonnes intentions.

C'est plus noir, plus triste aussi, La face cachée du soleil marque une évolution dans son œuvre. On ne peut que s'en réjouir.

Cote 8,5 / 10

La face cachée du soleil
François Aussanaire
Éditions de la rue nantaise, 2010
80 pages
12 € (± 20 $ avec les frais d'expédition)
Disponible sur le site des Éditions de la rue nantaise

MIne de rien, ce billet est le 500e que je publie. Tiens, je vais me payer un p'tit chip au ketchup pour me récompenser.

jeudi 1 juillet 2010

Chaud dedans ! - François Aussanaire

Je lis un texte comme celui-ci et je me dis que, certaines nuits, je ne voudrais pas être Mme Aussanaire – ou, pour être politically correct, la personne qui partage la vie de l'auteur. Cette nouvelle, soumise aux Mille mots, vient tout juste d'être publié dans le second recueil de nouvelles de l'auteur, La Face cachée du soleil. Mon commentaire va paraître demain; je vous avertis, je suis un fan fini. En attendant, régalez-vous !|

Chaud dedans !
François Aussanaire

  Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 13 juillet.