vendredi 28 mai 2010

138. Brins d'éternité n° 26

Une autre superbe présentation graphique de l'équipe de Brins d'éternité. On se demande comment ils arrivent à maintenir une telle qualité de numéro en numéro, sans faillir. Le passage à la reliure allemande donne un air extraordinairement professionnel à la revue. Petit bémol quand même, (j'ai acheté une grosse boîte de petits bémols au magasin à une piasse, alors je vous les refile gratos) : le nom de la revue est difficile à lire (ça ne paraît pas sur l'image à droite, mais dans la réalité, c'est autre chose) et le grand nombre de police de caractères utilisée sur la couverture crée un peu de confusion graphique, ou d'anarchie typographique, comme on voudra... C'est vraiment mineur, avouons-le, parce que lorsqu'on en est rendu à critiquer cet aspect des choses...

Du haut des toits immaculés de Carl Rocheleau (blogue). Laurence veut devenir tueur à gages comme papa. Le métier a beau être légal, il n'est pas sans danger. Une très habile narration d'une histoire finalement assez linéaire, mais brillamment mise en scène et découpée par Rocheleau. J'ai tout aimé, et goulûment, en dépit de quelques petites ficelles qui m'ont semblé mal nouées à la fin. Mais ce sont des broutilles, puisque j'en aurais repris. 9 / 10 

L'art du temps de David Hébert (blogue). Le professeur Nisteen découvre la Loi universelle, qui révèle rien de moins que le futur de l'humanité. Mais comment savoir si l'avenir va vraiment se produire tel qu'on l'a peut-être vu ? Au-delà de l'interrogation philosophique sur le sujet, cette nouvelle vaut pour le pastiche amusé d'une certaine science-fiction d'un autre siècle, riche en scientifiques géniaux et en idées gigantesques. Avec personnages de circonstance et dialogues émerveillés et explicatifs à la clef. Une très jolie réussite. 8,5 / 10

Le ver de François-Bernard Tremblay (blogue). Parlant de pastiche de science-fiction d'une autre époque. Tremblay fait preuve d'une belle maîtrise en proposant un texte comme on n'en fait plus aujourd'hui (à mon chagrin, d'ailleurs). Cette histoire de space-opera met en scène des races qui, après d'être longuement affrontées, vivent une paix difficile et pleine d'embûches. Long préambule historique tout à fait dans le ton de ce genre de récit, dialogues savoureux, la twist de la fin n'est peut-être pas géniale, mais la jubilatoire dernière ligne de la nouvelle m'a réjoui au cube. 8 / 10

L'expédition de Sébastien Odasso. Les membres d'une expédition archéologique disparaissent les uns après les autres. Y a-t-il un lien avec le site qu'ils explorent ? Nouvelle d'ambiance très classique racontée de façon exemplaire, de sorte que le lecteur ne s'ennuie pas une seule seconde même si la fin est télégraphiée. La structure est bâtarde un peu, avec ce passage au narrateur neutre vers la fin qui permet à l'auteur de bien expliquer ce qui se passe. Autrement, c'est un bon texte. 7 / 10

Ensuite le silence de David B. Lachance (blogue). La science a mis au point un sérum qui élimine toute espèce de velléité artistique, on assiste à ses effets sur deux cobayes. Bonne création d'atmosphère mais un petit bémol (je liquide, là), il y a quelques erreurs de vocabulaire qui m'ont agacé (rassasier pour désaltérer, par ex.), en fait, rien qu'une lecture attentive avec un gros dico à la main n'aurait pu prévenir. 6,5 / 10

Possession de Caroline Lacroix (blogue). David a mis au point un programme IA qui permet d'accéder au cortex cérébral d'une personne. Les possibilités en psychologie sont infinies. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres...  Alors là, un énorme coup de cœur pour cette nouvelle sans faille, prenante, dense, riche en émotions; en un mot, absolument superbe (oui, je sais, deux mots). Ça fait longtemps que je n'avais pas été aussi pris, saisi, investi par une histoire. De la sf solide, bâtie autour de personnages en chair et en os, avec de l'ambiguïté et un étrange triangle peut-être amoureux. Chapeau à l'auteure. 10 / 10

Julien un jour...de Martin Lessard (blogue). Qu'y a-t-il après l'instant fatidique de notre mort ? Quel est le choix à faire pour vivre heureux après la vie ? Et, au bout du compte, qu'est-ce que le bonheur éternel qu'on nous promet ? L'humour est une chose particulière et extrêmement personnelle. Je ne me suis guère trouvé de résonance avec ce personnage, sa verve m'a semblé factice et la nouvelle longuette pour le propos. 4 / 10

En somme, un très bon numéro où les nouvelles de Lacroix et Rocheleau dominent, avec Tremblay et Hébert sur leurs talons. 9 / 10

( Neuf sur dix ! Ma foi du bon dieu, la vieillesse m'amollit-elle ? [Oui, dit l'ermitaine, narquoise.] Ce qui est certain, c'est que je deviens dithyrambique avec l'âge – indéniablement.)

Le ver culinaire - Romano Vlad Janulewicz

Le plus difficile dans un concours de nouvelles, c'est de ne pas garder des textes par ailleurs excellents et de les écarter de la sélection finale. Ver culinaire fait partie de ceux-là. Un curieux amalgame de culinaire, de gore et d'une chute pas piquée des... vers ! Romano est un jeune auteur qui vit en France et qui a publié plusieurs nouvelle au Québec dans Horrifique. Je tiens à remercier l'auteur (son blogue) de me permettre de le reproduire ici pour une dizaine de jours.


VER CULINAIRE

Romano Vlad Janulewicz

  Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 8 juin.

mardi 25 mai 2010

Dans la cité scarifiée - Ariane Gélinas

Je tiens Ariane Gélinas pour une des meilleures jeunes nouvellistes au Québec. Dans la cité scarifiée, texte soumis aux Mille  mots, fait la preuve de sa maîtrise du genre. Merci à l'auteure de m'avoir aimablement permis de le reproduire.
 
Dans la cité scarifiée

Tel qu'entendu avec l'auteure, ce texte a été retiré le 8 juin.

jeudi 20 mai 2010

Même pas mort - André Marois

Avec l'aimable autorisation des auteurs concernés, je vais publier dans les semaines qui viennent quelques nouvelles qui ont été soumises pour le concours. Profitez-en, car elles ne seront accessibles qu'une dizaine de jours seulement. Les textes gagnants et celle qui suit seront retirées le 31 mai, ne subsistera alors qu'un lien vers le blogue de l'auteur - si blogue il y a.

Merci à André Marois qui me permet de publier cette nouvelle soumise au concours. Elle m'a bien fait rire, vous allez comprendre pourquoi si vous suivez ce blogue depuis quelques temps.

Même pas mort
André Marois

Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 4 juin.

lundi 17 mai 2010

Le roman de Boréal

Chapitre 1 - Larguez les amarres

C'est avec un minimum de bagages, un début de rhume (merci Benjamin) et en compagnie de Pat Isabelle que je prends la 40, samedi en matinée, direction le gros village. Le temps est frisquet, le plafond nuageux mais la route est belle et la conversation agréable. Dans le temps de dire, 3 h 15, nous sommes à Québec. Il est midi. Le temps d'aller confirmer nos réservation de chambres à la résidence étudiante de l'université de Laval, de se dépatouiller dans le dédale des rues de Québec (mais ils font exprès ou quoi pour enfiler des serpentins de rues les uns les autres et de changer les noms à chaque intersection) et nous voilà au congrès Boréal ! 

Chapitre 2 - Boréal

Ce qui me surprend d'abord, c'est l'abondance de visages connus. Ma foi, ils me sont presque tous familiers. Je fais le tour.  Quelques personnes poussent même la gentillesse jusqu'à me reconnaître. (Par contre, j'en vois deux qui m'ignorent os-ten-si-ble-ment, ah-ha, je ne rêve pas).

J'assiste à ma seule table ronde la journée, sur les zombies, animée par Philippe-Aubert Côté (impeccable, mais difficile à comprendre car sa voix ne portait pas). Les panélistes étaient Éric Gauthier, Ariane Gélinas, Valérie Bédard et Jonathan Reynolds. On a surtout parlé des zombies style Roméro et moins des nouvelles tendances qui tendent à donner plus tonus ou de personnalité à nos amis les morts-vivants. Informatif.

Pendant qu'Ariane, Valérie et Jonathan papotent et rigolent, Éric Gauthier se transforme sous nos yeux en mort-vivant. Philippe-Aubert, qui ne croit pas aux zombies, rate une belle chance de sauver la planète d'un nouveau fléau en ne décapitant pas Éric sur le moment.

Chapitre 3 - Une occasion ratée

Pour souper, une grosse gang de boréaleux se ramasse au Greco, le restaurant semi-chic de l'hôtel où se déroule le reste de la soirée.Pour mon malheur, et celui de la tablée où j'ai pris place, le stress d'être entouré de tant de monde, la fatigue accumulée (trois heures de sommeil la nuit précédente), le rhume et la congestion nasale font de moi un partenaire morose et fichtrement silencieux. Mes excuses à Pat, Jean-Louis, Thibaud, Marcelle et, surtout, Sylvie Lainée.

Chapitre 4 - Racontures et une bière de trop

Repu, je descend à la salle de réception (là où le plafond s'est écroulé récemment, mais les débris et les cadavres ont été retirés et ma curiosité morbide fut insatisfaite). Ça commence par une lecture publique de deux nouvelles par Jonathan Reynolds; formidable performeur, il a bien rendu ses deux textes et tout le monde a été bien déçu quand une contrainte de temps l'a empêché de nous livrer son troisième texte, inédit celui-là. Jonathan a été suivi par Michèle Laframboise qui a lu un extrait de sa nouvelle à paraître dans Solaris, un texte d'une écriture plus soutenue et avec des concepts nettement plus abstraits qui m'a moins accroché. Mais peut-être la sf se prête-t-elle moins bien à la lecture publique en raison justement de l'abstraction qu'elle exige de son lecteur. Mon grain de sel.

J'ai soif et je prends une bière dont je cale la moitié très vite. Erreur : bière, stress, fatigue, Sudafed et Motrin ne font pas bon ménage. J'ai maintenant le cœur sur le bord des lèvres. Suit le match d'impro entre les équipes de Dave Côté et de Sylvie Bérard. Très drôle avec des mentions d'honneur à Dave, Pierre-Luc Lafrance et Éric Gauthier. L'arbitre a reçu deux souliers par la tête, et c'est bien fait pour lui.

La soirée se termine ici pour moi. Je vais me coucher avec l'impression que je vais tomber comme une masse. Il est 21 h.

Chapitre 5 - Un chip au ketchup

L'université de Laval ne veut pas que les étudiants s'attardent aux études bien longtemps, ainsi donc elle met à leur disposition des chambres qu'on a juste hâte d'abandonner tant le confort y est microscopique. Toilettes et douche communes non chauffées, matelas dur, sommier en plywood ¾. Enfin, à ce prix-là, on ne va pas se plaindre. Mais disons que le gars qui pensait dormir en se couchant tôt, bien, à deux heures du matin, il ne dormait toujours pas, incapable de trouver une position de sommeil. De guerre lasse, je suis descendu me chercher quelque chose à grignoter et je me suis retrouvé au lit à deux heures et demie du matin à boire du pepsi et manger un petit chip au ketchup en relisant une nouvelle inédite de Pierre-Luc Lafrance. Souvenir agréable, celui-là.


Chapitre 6 - Le jour d'après

Avec quatre heures de sommeil sous la paupière et deux cafés dans l'estomac, j'assiste aux premières tables rondes de la dernière journée de Boréal. La première sur les fanéditeurs avec Carl Rocheleau (La petite Bibliothèque bleue), Pierre-Luc Lafrance (Ailleurs), Carmélie Jacob (Brins d'éternité), François-Bernard Tremblay (Clair-Obscur) et Jonathan Reynolds (Nocturne). Discussion extrêmement enrichissante grâce à un panel allumé. La deuxième sur la direction littéraire était animée par Sylvie Bérard avec Jean Pettigrew, Yves Meynard, Joël Champetier et Guillaume Voisine. On a tous bien rigolé.

Puis il y a eu le lancement d'Aquilon de Carl Rocheleau. L'auteur est extrêmement sympathique et son roman est une totale réussite. À lire.

À partir de midi, les congressistes ont commencé à quitter les lieux par petites grappes. On a dit au revoir à Pierre et Chantal (J'ai oublié ton timbre, Pierre, mais on va se reprendre). Puis j'en ai profité pour jaser plus longuement avec Pierre-Luc et François-Bernard (c'était le congrès des prénoms composés), René Beaulieu (à qui je souhaite un rétablissement complet), Michèle Laframboise, Benoît Bourdeau, Guillaume Houle (qui m'a annoncé une mauvaise nouvelle), Claude Janelle, Joël Champetier, Jean Pettigrew... De peur d'en oublier, j'ose à peine nommer ceux et celles que j'ai simplement croisé et avec qui j'ai échangé un mot ou parfois quelques phrases : Isabelle et Martin, Jonathan, Dominic Bellavance, Éric Gauthier, Ariane et Frédérick, Marie Laporte, Paul Legault, Jean-Louis Trudel, Luc Dagenais, Dave Côté, Émilie Lévesque, Michel Gingras, Yannick Comeau, Carl Rocheleau, Frédéric Raymond, Daniel Sernine, sans oublier le concierge du Cegep que j'ai pris pour un congressiste...

Ce blogue-ci était en nomination pour un prix Boréal dans une catégorie dont j'oublie le nom. J'ai donc assisté à la (heureusement) courte cérémonie de remise des prix. Brins d'éternité a gagné. Damn you, Brins d'éternité ! me suis-je exclamé in petto. J'aurai ma revanche !

Chapitre 7 - Le retour

Combien naïf je suis. Comme ça avait pris 3 heures 15 pour monter à Québec, je pensais que ça prendrait un temps assez similaire pour revenir à la civilisation. Ha ha ha ! On ne quitte pas la « Capitale nationale » comme on veut. De détour en travaux autoroutiers, j'ai remis les pieds à la maison 4 h 45 plus tard. 90 minutes de différence.

L:e trajet de retour s'est déroulé malgré tout à la vitesse de l'éclair grâce à Geneviève, une verbomotrice éclectique, et à Pat, un homme aux propos rares et pertinents.

Mais comme j'étais heureux de retrouver Suzanne et Benjamin.


Épilogue - À la maison

Voilà ce qui m'attendait -- surprise, surprise-- à la maison, comme quoi il ne faut jamais s'éloigner trop longtemps.

Une petite chienne de six semaines qui nous a été donnée, mélange de Bouvier bernois et de Mastiff, nommée D'amour par Benjamin : comme dans Mon p'tit chien d'amour.

mercredi 12 mai 2010

L'homme qui faisait pousser les mots de Pierre-Luc Lafrance


Un conte fantastique qui se termine par une vibrante déclaration d'amour. Un très gros coup de foudre de l'ermite et une deuxième place à égalité avec la nouvelle d'Alexandre Babeanu.

L’homme qui faisait pousser les mots
Pierre-Luc Lafrance

Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 4 juin.

La malédiction du petit matin d'Alexandre Babeanu

Une mécanique infernale, un découpage impeccable. Un coup de cœur et une solide deuxième place à égalité avec le texte de Pierre-Luc Lafrance.

La malédiction du petit matin
Alexandre Babeanu

Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 4 juin.

mardi 11 mai 2010

Solitudes de Dave Côté

Le texte de Dave Côté m'a séduit par son aspect merveilleux, bien sûr, une baleine volante, voyez-vous ça, par la poésie qui s'en dégage, la curieuse chaleur qui se dégage des rapports entre les personnages et par la mise en écho finale qui ficelle magnifiquement bien ce texte remarquable.


Solitudes
Dave Côté


  Tel qu'entendu avec l'auteur, ce texte a été retiré le 4 juin.

lundi 10 mai 2010

Et le gagnant est

Solitudes de Dave Côté.

Les nouvelles L'homme qui faisait pousser les mots de Pierre-Luc Lafrance et La malédiction du petit matin d'Alexandre Babeanu terminent ex aequo en deuxième place.

Plus de détails demain, là j'ai un fichu de problème de Blue Screen sur mon portable et je deviens hystérique. J'écris ce commentaire sur mon mini-portable avec son clavier aux touches lilliputiennes.

...and then they were three...

Juste pour créer du suspense, voici la short-list des Mille mots.

  • L'homme qui faisait pousser les mots de Pierre-Luc Lafrance
  • La malédiction du petit matin d'Alexandre Babeanu
  • Solitudes de Dave Côté

Le gagnant ce soir.

samedi 8 mai 2010

Les dix finalistes

Voici les dix textes que je retiens pour la phase finale :

  • Dans la cité scarifiée
  • Défauts de fabrication
  • L'homme qui faisait pousser les mots
  • La malédiction du petit matin
  • La petite vache du delicatessen
  • Reflets
  • Remous
  • Sang, cendre et poussière
  • Sénilité
  • Solitudes

vendredi 7 mai 2010

Le jury délibère

Lundi prochain, le texte gagnant du concours de nouvelles Les Mille mots de l'ermite sera dévoilé ici même en grandes pompes.

Pour ajouter au faste de la cérémonie, j'ai engagé la Philharmonie de Rigaud (un piccolo et deux serins) à la renommée restreinte internationale (la cousine du piccolo est en Ukraine), de même que le ténor aphone bien connu Pat Matitvasha-Malo et le corps de majorettes de la résidence Votre dernier sommeil (dont la cadette a 88 ans et des genoux cagneux). On se sent gagner par la fièvre, hein ?

Des festivités qui promettent !

Restez à l'écoute.

Erratum : J'ai écrit piccolo plutôt que picoleur, mes excuses à Jean-Guy.

lundi 3 mai 2010

Un pincement au coeur

Samedi dernier, nous sommes allés tous les trois au Collège Bourget passez la commande de l'uniforme de Benjamin qui va y commencer la maternelle en septembre.

Benjamin va avoir cinq ans en août, ce qui le rend admissible au préscolaire. Cinq ans à peine ! Déjà un uniforme sur le dos ! À l'école de 8h30 à 14h30 ! L'embrigadement commence si jeune.

Je regarde mon gamin s'amuser et rire, resplendissant de bonne humeur, la joie sur le visage, inconscient de ce qui l'attend (même s'il sait qu'à la fin de l'été il va aller à l'école, c'est un concept dont il n'a pas la moindre idée) et je me dis que c'est quand même triste cette brutale fin de l'innocence. Un jour libre, le lendemain dans une mécanique qui va le lâcher vingt ans plus tard. Personne n'en meurt, je sais, mais si on pouvait les laisser vivre toute leur enfance jusqu'au bout, disons jusqu'à sept ans, me semble qu'on s'en porterait tous bien mieux. L'école ouvre des portes, c'est vrai, mais c'est aussi un formidable éteignoir.

Ça me fait un petit pincement au cœur rien que d'y penser.