Coeurs sensibles s'abstenir. Ce qui suit n'est pas fait pour vous. Et encore, je vais faire bref, parce qu'avec ce genre de sujet on ne veut vraiment pas s'étaler.
L'apocacalypse,
ou Ce qui sépare l'homme de sa déchéance, c'est une demi-seconde
Or donc, l'autre samedi, nous revenions de Saint-Clet, Benjamin, Suzanne et moi, la voiture chargée de sacs de grains pour les chevaux. Je vous mets en contexte : entre Saint-Clet et Rigaud, il n'y a rien sinon quelques maisons éparpillées le long de la 201. Une fois parti de la coop agricole, le prochain stop, veut veut pas, c'est la maison. D'un point à l'autre, il y a 20 minutes à tout prendre en roulant à 90.
Là, on roule plutôt lentement car il pleut à boire debout et l'automobiliste devant moi est craintif. Cinq minutes après avoir quitté St-Clet, une crampe vient me pincer les intestins. Oh oh, me suis-je dit, v'là l'orage ! (Je me connais, j'ai l'intestin fragile.)
Cette crampe ne m'a pas laissé. Z'au contraire, elle s'est mise à me cisailler l'intérieur. Je me tortillais sur mon siège, cherchant une position de confort qui ne venait pas. Bon, bref... on imagine la suite. Moi, me convulsant au rythme des trépidations de cette maudite crampe infernale. Aah ! la brûlure insensée ! Pis l'autre tapon qui avançait à pas de tortue et que je n'arrivais pas à doubler. Une fois sur le chemin Saint-Georges, j'ai tenté d'accélérer le plus possible, mais là, pas moyen non plus, le chemin est tortueux et la pluie ajoutait au danger.
Enfin à la maison. Je me précipite hors du véhicule, direction la salle de bains.
Tout ça pour dire que je n'ai pas eu le temps de m'assoir correctement sur l'abattant avant de larguer les amarres en plein vol (si on me suit bien). Ça a fait, pflouiiff, une demi-seconde avant que mes fesses ne fassent contact avec le siège. Ça a l'air de rien une demi-seconde, mais il y a eu du dégât en sacrament!
Y en avait partout, ou presque. Sur le réservoir, sur la cuvette, sur l'abattant, sur le mur de côté (juste un peu quand même), une trace sur le plancher; j'en avais le cul beurré mur à mur, ça m'était remonté dans le bas du dos...
Une demi-seconde : quand on a la diarrhée, c'est tout ce qui nous sépare de l'apocacalypse.
(Ce billet va donner des munitions - comme s'ils en avaient besoin - à ceux qui disent que la blogosphère, c'est vraiment n'importe quoi. Je ne peux, hélas, les contredire aujourd'hui. L'homme n'est pas qu'un roseau pensant...
D'autre part, vous ne pourrez pas dire que je ne vous tiens pas au courant de tout, non ?
Un blogue qui parle de lectures et d'écriture, sans oublier Benjamin, Suzanne et moi
vendredi 26 février 2010
jeudi 25 février 2010
Appréciation, statistiques, rappel
Le Grand prix des Mille mots de l'Ermite s'apprécie. En effet, François Bélisle (son blogue est ici) offre la trilogie des Moufettes au grand complet, soit Les Moufettes attaquent au crépuscule, les Moufettes livrent de la pizza et les Moufettes tirent la langue au chat (à paraître en avril). Comme le soulignait un ami blogueur cette semaine, ça va prendre un camion FedEx pour livrer tout ça.
Jusqu'ici, dix auteurs ont soumis quatorze textes pour le concours. Le plus long fait 999 mots, le plus court 317.
Il reste encore 54 jours pour participer. Les modalités sont ici : Les Mille mots de l'Ermite
Jusqu'ici, dix auteurs ont soumis quatorze textes pour le concours. Le plus long fait 999 mots, le plus court 317.
Il reste encore 54 jours pour participer. Les modalités sont ici : Les Mille mots de l'Ermite
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concours ermite
dimanche 21 février 2010
Benjamin, tel qu'en lui-même
Ça fait longtemps qu'on n'a pas vu la binette de mon rejeton. Or donc, à la demande générale de son papa : voici quelques photos :
Fais un sourire ! Et toc, papa...
Un artiste qui aime se prendre comme sujet de photo...
Dur, dur, d'avoir quatre ans...
Avec sa mamie qu'il adore
Cousin Nathan - pas tout à fait un an
Chanel sur la gallerie, photographié par Benjamin
Nala, le chat de Nathan, photographié par Benjamin
Robert Stevenson a fait à Benjamin le bonheur de sa journée,
le faisant monter à bord de son tracteur et déneigeant la cour avec lui à ses côtés.
Allo maman, allo papa !
Nous sommes vraiment entourés de bon monde.
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benjamin
vendredi 19 février 2010
Le Grand prix prend du poids !
Au Grand prix du concours de nouvelles Les Mille mots de l'Ermite s'ajoute un abonnement d'un an à Katapulpe, le fanzine de la relève littéraire. Merci à Denis Bégin.
Blogue de Katapulpe.
Blogue de Katapulpe.
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concours ermite
mercredi 17 février 2010
Le stade Olympique
Aujourd'hui, l'antre de l'ermite a reçu sa cinquante millième visite. C'est l'équivalent du stade Olympique. Ça m'impressionne en diable. Merci à mes douze lecteurs d'être revenus si souvent sur le site !
Saperlipopette, ça en fait du monde ! Dieu sait combien il y en aurait si j'écrivais des choses intelligentes !
Saperlipopette, ça en fait du monde ! Dieu sait combien il y en aurait si j'écrivais des choses intelligentes !
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blogue
mardi 16 février 2010
Cossins en vrac
.1.
Elle en parlait depuis longemps, mais je ne la prenais pas vraiment au sérieux. Mais là, c'est fait, Suzanne nous a booké tous les trois sur une croisière. Nos premières vacances depuis une fin de semaine à North Hampton en 89. On sort pas souvent, han ? Et où allons-nous cette fois ? Indice : deux grandes oreilles rondes et beaucoup d'eau ? Une croisière Disney ! My, my, on ne rigole pas. Sept jours, trois nuits au DisneyWorld d'Orlando et trois nuits sur le Disney Wonder, un Liberty Ship de la seconde grande guerre, quatre fois torpillés par les Japonais mais rafistolé et reconverti en « paquebot » de luxe, à condition que l'odeur de diesel ne vous dérange pas.
Je blague. Ça a l'air bien. Benjamin en parle à tous les jours : Quand est-ce qu'on va sur le bateau ? C'est quand le bateau ? Il est impressionné par l'île où le navire accostera, des milles et des milles de plage, et par les piscines à bord du rafiot.
Ce matin, j'ai été porté mes papiers dûment remplis pour obtenir mon passeport. Ça va être deux premières pour moi : prendre l'avion et monter sur un bateau plus gros qu'une chaloupe. J'ai hâte mais je crains.
.2.
En revenant du bureau des passeports, j'arrête à l'épicerie. Je n'ai pas besoin de grand chose, juste du lait au chocolat, du nettoyant, du dentifrice pour Benjamin et de la litière pour les félins. Une heure plus tard, je sors enfin ! Les épiceries me rendent fous ! Alors, là, lâché lousse chez Loblaws, avec l'estomac vide, j'en suis ressorti avec des plats congelés, deux pots de sauce à spaghetti, un livre pour Benjamin, des chips, des jus, deux revues, des bananes, un gâteau en spécial, des smoothies aux carottes, quatre sortes de salades préparées, de l'eau minérale, des trempettes végé... bref, une orgie de dépenses qui m'a secoué le portefeuille de 149 $. En plus, j'ai oublié le dentifrice et la litière... Faut que j'y retourne bientôt.
.3.
J'ai retrouvé deux gros cahiers qui me servaient dans les années 90 à ranger les résumés et commentaires de livres que je faisais à cette époque. Au total, au moins 300 commentaires sur papier, peut-être 350. J'avais commencé ça avec l'idée que ça m'aiderait à me rappeler de mes lectures. J'en ai relu quelques-uns hier et avant-hier, et ça ne me rappelle absolument rien dans la majorité des cas. Ce fut donc une perte de temps de ce point de vue, mais, d'un autre côté, cet exercice m'a permis de structurer ma pensée un tout petit peu. Donc, un bilan mitigé.
Par contre, chacun de ces commentaires va prendre le chemin de Côté Blogue. Je ne les posterai pas sur mon blogue, sauf exception, car j'aurais de la difficulté à défendre ici une œuvre dont je ne garde aucun souvenir. En en postant une dizaine par mois sur CB, en plus de mes lectures courantes, je crois que je viens de me donner une sérieuse option de gagner la carte-cadeau mensuelle pour un bon bout de temps. Rien ne se perd, disait Chose
Elle en parlait depuis longemps, mais je ne la prenais pas vraiment au sérieux. Mais là, c'est fait, Suzanne nous a booké tous les trois sur une croisière. Nos premières vacances depuis une fin de semaine à North Hampton en 89. On sort pas souvent, han ? Et où allons-nous cette fois ? Indice : deux grandes oreilles rondes et beaucoup d'eau ? Une croisière Disney ! My, my, on ne rigole pas. Sept jours, trois nuits au DisneyWorld d'Orlando et trois nuits sur le Disney Wonder, un Liberty Ship de la seconde grande guerre, quatre fois torpillés par les Japonais mais rafistolé et reconverti en « paquebot » de luxe, à condition que l'odeur de diesel ne vous dérange pas.
Je blague. Ça a l'air bien. Benjamin en parle à tous les jours : Quand est-ce qu'on va sur le bateau ? C'est quand le bateau ? Il est impressionné par l'île où le navire accostera, des milles et des milles de plage, et par les piscines à bord du rafiot.
Ce matin, j'ai été porté mes papiers dûment remplis pour obtenir mon passeport. Ça va être deux premières pour moi : prendre l'avion et monter sur un bateau plus gros qu'une chaloupe. J'ai hâte mais je crains.
.2.
En revenant du bureau des passeports, j'arrête à l'épicerie. Je n'ai pas besoin de grand chose, juste du lait au chocolat, du nettoyant, du dentifrice pour Benjamin et de la litière pour les félins. Une heure plus tard, je sors enfin ! Les épiceries me rendent fous ! Alors, là, lâché lousse chez Loblaws, avec l'estomac vide, j'en suis ressorti avec des plats congelés, deux pots de sauce à spaghetti, un livre pour Benjamin, des chips, des jus, deux revues, des bananes, un gâteau en spécial, des smoothies aux carottes, quatre sortes de salades préparées, de l'eau minérale, des trempettes végé... bref, une orgie de dépenses qui m'a secoué le portefeuille de 149 $. En plus, j'ai oublié le dentifrice et la litière... Faut que j'y retourne bientôt.
.3.
J'ai retrouvé deux gros cahiers qui me servaient dans les années 90 à ranger les résumés et commentaires de livres que je faisais à cette époque. Au total, au moins 300 commentaires sur papier, peut-être 350. J'avais commencé ça avec l'idée que ça m'aiderait à me rappeler de mes lectures. J'en ai relu quelques-uns hier et avant-hier, et ça ne me rappelle absolument rien dans la majorité des cas. Ce fut donc une perte de temps de ce point de vue, mais, d'un autre côté, cet exercice m'a permis de structurer ma pensée un tout petit peu. Donc, un bilan mitigé.
Par contre, chacun de ces commentaires va prendre le chemin de Côté Blogue. Je ne les posterai pas sur mon blogue, sauf exception, car j'aurais de la difficulté à défendre ici une œuvre dont je ne garde aucun souvenir. En en postant une dizaine par mois sur CB, en plus de mes lectures courantes, je crois que je viens de me donner une sérieuse option de gagner la carte-cadeau mensuelle pour un bon bout de temps. Rien ne se perd, disait Chose
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lundi 15 février 2010
129. Station Fiction n° 4
Pour son quatrième numéro, Station Fiction (le blogue) nous offre un spécial 99,9 % québécois. La présentation est assez peu attirante, un camaïeu de gris qui donne un titre difficile à cerner.
Silence et oubli de Dominic Bellavance (son blogue). Texte paru et lu dans Brins d'éternité n° 19. Je disais : Une nouvelle rudement bien écrite, feutrée et subtile. Mais il faut sans doute être familier avec l'univers d'Alégracia pour en apprécier toute la finesse. 8,5 / 10
Requiem de Jonathan Reynolds (son blogue). Inédit. Jonathan Reynolds a publié un roman aux éditions Àlire, le malheur, c'est que personne n'a connaissance desdites éditions. Un texte dont le but est d'amuser en créant un malaise et qui atteint pleinement son objectif. 8,5 / 10.
Tous les échos de Guillaume Voisine (son blogue). Texte paru et lu dans Zinc n° 15. Je disais : Une excellente nouvelle, superbement écrite et racontée, où la psychologie des personnages sert de moteur à l'histoire. Je le maintiens. 10 / 10
Vol au-dessus d'une illusion d'Émilie C. Lévesque. Inédit. Lors d'un voyage en avion, un homme est pris d'étranges illusions. Ça commence plutôt mal avec un anglicisme gros comme un éléphant, des erreurs factuelles, et une prose bancale dans certains détours. Les deux premières pages sont bien décourageantes. Puis un miracle se produit, ça se cristallise. L'auteure arrive à faire lever sa pâte et nous offre au bout du compte une nouvelle qui a très bien fonctionné pour ce lecteur-ci. Une réussite. 7,5 / 10
La maison de Saëlle de Mathieu Fortin (son blogue). Texte paru dans Nocturne n° 4. Un jeune gars passe une nuit atroce dans une demeure abandonné qui a une bien vilaine réputation. Une histoire conventionnelle, correctement racontée mais avec trop de longueurs pour emporter complètement mon adhésion. 5,5 / 10
Un article d'Ariane Gélinas et de Carmélie Jacob sur Boréal 2009 termine le numéro.
Une excellente cuvée. Pour qui est au fait de la production québécoise, on peut être déçu par le nombre de reprises (encore que le choix soit excellent). Il n'y a que deux inédits seulement, mais ils sont fort bons tous les deux. On applaudit l'initiative de Sébastien Clarac (son blogue) (qui a gentiment dédicacé mon exemplaire, je le remercie pour cette petite attention) pour faire connaître en Europe l'exceptionnelle qualité des nouvelles qui s'écrivent ici.
Silence et oubli de Dominic Bellavance (son blogue). Texte paru et lu dans Brins d'éternité n° 19. Je disais : Une nouvelle rudement bien écrite, feutrée et subtile. Mais il faut sans doute être familier avec l'univers d'Alégracia pour en apprécier toute la finesse. 8,5 / 10
Requiem de Jonathan Reynolds (son blogue). Inédit. Jonathan Reynolds a publié un roman aux éditions Àlire, le malheur, c'est que personne n'a connaissance desdites éditions. Un texte dont le but est d'amuser en créant un malaise et qui atteint pleinement son objectif. 8,5 / 10.
Tous les échos de Guillaume Voisine (son blogue). Texte paru et lu dans Zinc n° 15. Je disais : Une excellente nouvelle, superbement écrite et racontée, où la psychologie des personnages sert de moteur à l'histoire. Je le maintiens. 10 / 10
Vol au-dessus d'une illusion d'Émilie C. Lévesque. Inédit. Lors d'un voyage en avion, un homme est pris d'étranges illusions. Ça commence plutôt mal avec un anglicisme gros comme un éléphant, des erreurs factuelles, et une prose bancale dans certains détours. Les deux premières pages sont bien décourageantes. Puis un miracle se produit, ça se cristallise. L'auteure arrive à faire lever sa pâte et nous offre au bout du compte une nouvelle qui a très bien fonctionné pour ce lecteur-ci. Une réussite. 7,5 / 10
La maison de Saëlle de Mathieu Fortin (son blogue). Texte paru dans Nocturne n° 4. Un jeune gars passe une nuit atroce dans une demeure abandonné qui a une bien vilaine réputation. Une histoire conventionnelle, correctement racontée mais avec trop de longueurs pour emporter complètement mon adhésion. 5,5 / 10
Un article d'Ariane Gélinas et de Carmélie Jacob sur Boréal 2009 termine le numéro.
Une excellente cuvée. Pour qui est au fait de la production québécoise, on peut être déçu par le nombre de reprises (encore que le choix soit excellent). Il n'y a que deux inédits seulement, mais ils sont fort bons tous les deux. On applaudit l'initiative de Sébastien Clarac (son blogue) (qui a gentiment dédicacé mon exemplaire, je le remercie pour cette petite attention) pour faire connaître en Europe l'exceptionnelle qualité des nouvelles qui s'écrivent ici.
Note 8,5 / 10
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Les Mille mots de l'Ermite - petit rappel, mais pas dans le genre Toyota
Il reste encore 63 jours pour participer au concours de nouvelles Les Mille mots de l'Ermite. Ça fait moins de 16 mots par jour. Pensez-y !
Neuf textes ont déjà été soumis.
Les règlements sont à cet endroit, et là aussi.
Les prix sont tellement beaux que j'ai le goût le prendre un pseudonyme et d'envoyer des textes, trois maximum. Malheureusement, les pseudonymes ne sont pas acceptés. Ça ira une autre année.
Neuf textes ont déjà été soumis.
Les règlements sont à cet endroit, et là aussi.
Les prix sont tellement beaux que j'ai le goût le prendre un pseudonyme et d'envoyer des textes, trois maximum. Malheureusement, les pseudonymes ne sont pas acceptés. Ça ira une autre année.
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dimanche 14 février 2010
128. À Juillet, toujours nue dans mes pensées - Benoît Quessy
En 2033, dans une société hypersexuée où le terrorisme écologique fait les manchettes pour ses coups sanglants et meurtriers, Frank tombe amoureux de Juillet, une web-actrice qui produit du porno romantique pour la cause écologiste. Juillet aime Frank en retour, mais, en même temps, elle est follement amoureuse de Lol, une itinérante qu’elle accueille à la maison après s’être masturbée devant elle, dans le train, en lisant un poème de Frank.
Juillet, Frank et Lol vont cohabiter, baisant sans relâche, mais, curieusement, sans se faire d’illusions sur la sincérité de leur amour. Bientôt quelques tensions viendront troubler la trinité: Lou, le meilleur ami de Frank, compliquera les choses en devenant amoureux silencieux de Lol, ceci sans oublier la présence de Raoul, technicien et biteman de service pour les saynètes pornos mettant en vedette Juillet et Lol… Pour brouiller un peu plus les choses, Frank refuse de coucher avec Lol, qu’il considère comme la petite sœur de Juillet, ce qui déçoit les deux filles.
Au bout du compte, Lol se révèle être une écoterroriste qui ira jusqu’au bout de son délire. Qu’adviendra-t-il de Juillet qui l’aimait d’amour, de Frank qui aime Juillet d’amour et de Raoul qui, de tous, est celui qui a les pieds les mieux ancrés sur Terre et qui tentera de faire entendre raison à Juillet ? Juillet sera-t-elle sauvée d’elle-même ? Et Frank, là-dedans ? Le lecteur devra lire jusqu’au dénouement pour connaître le sort que l’auteur réserve à ceux-ci…
Dans sa courte postface, Benoît Quessy explique avec éloquence d’où lui est venue l’inspiration de ce roman et les intentions qui se dissimulent à l’intérieur… Il avoue avoir souhaité amalgamer érotisme, écologisme et anticipation, sur le thème de l'abandon. Disons qu’il se révèle plus persuasif dans cette postface que dans l’œuvre elle-même, car le lecteur doit bien se rendre à l’évidence: la mayonnaise ne prend tout simplement pas.
On oubliera assez rapidement l’élément « anticipation », qui se résume à situer l’action du roman en 2033, avec quelques petits gadgets à la clé: solbus, costumes polymorphes, Tact, écran 3D… Ça reste du domaine du superficiel, hélas.
Par ailleurs, l’écologisme est devenu une force brutale qui n’hésite pas à employer les armes de la terreur pour faire avancer son message. Écoterrorisme kamikaze, paradoxal, rien de moins. C’est l’aspect le plus fascinant du livre. Pourtant, c’est une déception. En effet, l’auteur manque l’occasion d’exploiter un filon vraiment intéressant et se contente d’aligner quelques généralités sans les approfondir.
Quant à l’érotisme, on est presque dans le roman de midinettes. Roman épicé, certes, mais convenu en diable. Le sexe y est cru, oui, mais tendre et romantique. D’ailleurs, le site Web de Juillet connaît un succès colossal en raison surtout du romantisme des saynètes qu’il met en scène. Ici, pas d’excès, pas de violence, pas de choses immorales, on ne semble pas se trouver dans l’axe des excès de la pornographie qui se fait actuellement. Les descriptions sexuelles sont un mélange de clichés cucul (« son sexe émouvant », ose écrire Quessy) et d’une vulgarité bon chic bon genre (Quessy n’est pas Édouard Hardcore Bond tout de même.
Un joli premier roman, un peu salace, un peu cucul, pas mauvais mais pas très satisfaisant. La prose y est esthétique; la SF, rare.
Note 5,5 / 10
À Juillet, toujours nue dans mes pensées
Benoît Quessy
Québec-Amérique, 2009
168 pages
16,95 $
La St-Valentin !
En ce beau jour spécial, j'ai réussi à surprendre Suzanne en lui offrant une boîte de chocolat décorée par Benjamin avec des autocollants, un ti-cœur en mousse et des mots d'amour écrits partout ! Elle, elle a oublié ! C'est du jamais vu dans l'histoire de l'humanité, je crois, une femme qui oublie la St-Valentin.
C'est moi qui ai cet exemplaire unique. Et merveilleux.
En ce beau jour spécial, j'ai mis toutes les chances de mon côté : j'ai pris ma douche, je me suis brossé les dents, j'ai rasé ma barbe et, pour reprendre les mots du regretté Édouard Bond, « je me suis lavé la graine ».
Bonne Saint-Valentin à tous et toutes !
Parlant de chocolat, menoum menoum :
C'est moi qui ai cet exemplaire unique. Et merveilleux.
En ce beau jour spécial, j'ai mis toutes les chances de mon côté : j'ai pris ma douche, je me suis brossé les dents, j'ai rasé ma barbe et, pour reprendre les mots du regretté Édouard Bond, « je me suis lavé la graine ».
Bonne Saint-Valentin à tous et toutes !
Parlant de chocolat, menoum menoum :
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vendredi 12 février 2010
Une visite chez Archambault en-ligne
À l'instar d'Isabelle des Carnets de la nuit, j'ai magasiné chez Archambault (le site) et je me suis commandé les livres suivants avec mes deux dernières cartes cadeaux. On se rappellera peut-être qu'avec les cartes précédentes, je m'étais payé le boxset des CD remastérisés des Beatles. Dure, dure, la vie..
Il était une fois les Expos, tome 1 de Marc Robitaille et Jacques Doucet
Zoélie du Saint-Esprit, de Dynah Psyché
Rouge-Gorge, de Jo Nesbo
Eleanor Rigby, de Douglas Coupland
Silence, le cd de Fred Pellerin
Y a fallu que je débourse sept dollars de ma poche pour payer le surplus. Mais hé, 7 $ pour tout ça, c'est une sacrée aubaine.
Il était une fois les Expos, tome 1 de Marc Robitaille et Jacques Doucet
Zoélie du Saint-Esprit, de Dynah Psyché
Rouge-Gorge, de Jo Nesbo
Eleanor Rigby, de Douglas Coupland
Silence, le cd de Fred Pellerin
Y a fallu que je débourse sept dollars de ma poche pour payer le surplus. Mais hé, 7 $ pour tout ça, c'est une sacrée aubaine.
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127. Pour le Dr House en soi...
Une référence indispensable à prix abordable. Le livre de toutes maladies et autres pathologies de l'organisme humain.
Vous êtes auteur et vous cherchez un truc bizarre pour agrémenter votre récit ? Ne cherchez pas plus loin. Vous trouverez ici toute l'information nécessaire pour concocter un épisode de Trauma ou de House. Pensez aux belles morts surprenantes dont vous pouvez pimenter votre polar, ou les maladies incapacitantes dont vous pouvez affubler votre personnage principal : dyschézie ou autres pulpites. Ha ! Jetez de la poudre aux yeux à vos lecteurs.
Reste que c'est une sorte d'indispensable de la maladie. Les articles, innombrables, font le tour de la question : symptômes, diagnostics et traitements. Le corps humain est absolument fascinant pour la variété de maladies qu'il peut abriter. Un excellent livre quand on a quelques minutes de lecture devant soi.
Absolument pas recommandé aux hypocondriaques, sauf aux hypocondriaques masochistes.
Pour référence seulement. (À noter que le Merck Veterinary Manual est disponible pour consultation en ligne ici, very interesting aussi).
Merck Manual of Medical Information
Second Home Edition
Pocket Book, 2003
1767 pages
10,99 $
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référence
jeudi 11 février 2010
126. Montre & magouilles - Gilles Massicotte
Donald Berger est détective au service de police de Val-d'Or. Pour souligner ses 25 ans de service, ses collègues lui ont préparé une soirée bien arrosée où on lui remet une montre en or. Sur le bracelet, il y est inscrit : « Donald Berger, un quart de siècle ». À la suite d'un meurtre, Berger se trouve sur les lieux du crime. À côté du corps, les policiers découvrent la montre du détective. C'est alors que l'enquête se retournera contre lui... (Quatrième de couverture)
À lire le résumé précédent, on croirait que Donald Berger est le personnage principal de cette histoire. Eh non. Il apparaît dans le premier chapitre, puis il est mis en prison et on n'en reparle plus tant que ses collègues ne complètent pas l'enquête.
Bien qu'il soit presque totalement raté, ce court roman se révèle au bout du compte plutôt sympathique. Pourquoi ? Sans doute parce son auteur est un policier à la retraite et qu'il y a du véridique qui se glisse dans son récit, que l'auteur ne tente pas d'épater la galerie avec une intrigue surfaite mettant en scène des personnages tourmentés par un passé lourd et complexe et un criminel aux motivations tarabiscotées à l'extrême.
L'intrigue est assez ténue et l'enquête extrêmement décousue, mais ceux d'entre nous qui ont des membres de la famille travaillant comme policiers-enquêteurs sauront que les enquêtes se terminent le plus souvent de la manière que l'auteur décrit : sans cris, sans tractations, mais par des aveux souvent imprévisibles du coupable. De ce point de vue, voilà un roman qui colle à la réalité quotidienne des policiers. (Mon père était lieutenant-détective aux enquêtes criminelles de la CUM.) Ce n'est pas palpitant, mais c'est véridique.
Quelques bémols : ce n'est pas une bonne idée de mettre des amis de la vraie vie comme personnages de roman, les points de vues sont quelque peu flottants, et le vocabulaire vacille. Tout de même, comme je l'ai dit plus haut, l'ensemble demeure sympathique et se mérite une petite recommandation.
Cote jeunesse : 5 / 10
+14 ans
À lire le résumé précédent, on croirait que Donald Berger est le personnage principal de cette histoire. Eh non. Il apparaît dans le premier chapitre, puis il est mis en prison et on n'en reparle plus tant que ses collègues ne complètent pas l'enquête.
Bien qu'il soit presque totalement raté, ce court roman se révèle au bout du compte plutôt sympathique. Pourquoi ? Sans doute parce son auteur est un policier à la retraite et qu'il y a du véridique qui se glisse dans son récit, que l'auteur ne tente pas d'épater la galerie avec une intrigue surfaite mettant en scène des personnages tourmentés par un passé lourd et complexe et un criminel aux motivations tarabiscotées à l'extrême.
L'intrigue est assez ténue et l'enquête extrêmement décousue, mais ceux d'entre nous qui ont des membres de la famille travaillant comme policiers-enquêteurs sauront que les enquêtes se terminent le plus souvent de la manière que l'auteur décrit : sans cris, sans tractations, mais par des aveux souvent imprévisibles du coupable. De ce point de vue, voilà un roman qui colle à la réalité quotidienne des policiers. (Mon père était lieutenant-détective aux enquêtes criminelles de la CUM.) Ce n'est pas palpitant, mais c'est véridique.
Quelques bémols : ce n'est pas une bonne idée de mettre des amis de la vraie vie comme personnages de roman, les points de vues sont quelque peu flottants, et le vocabulaire vacille. Tout de même, comme je l'ai dit plus haut, l'ensemble demeure sympathique et se mérite une petite recommandation.
Cote jeunesse : 5 / 10
+14 ans
Montre & magouilles
Gilles Massicotte
Z'ailées, 2009
62 pages
mercredi 10 février 2010
125. Twilight of the Gods - Erik Wallin & Thorolf Hillblad
Twilight of the Gods sont les mémoires de guerre d'un jeune fasciste suédois volontaire dans la 11e division d'infanterie motorisée SS Panzergrenadier "Nordland" sur le front de l'Est en 44-45. Ce qui les rend intéressants, c'est le fait qu'ils ont été recueillis tout juste à la fin de la guerre en 45 alors que l'auteur (Erik Wallin, Hillblad est le journaliste qui recueille ses propos et les met en forme) est encore tout imbu de l'idéologie nazie qu'il a assimilée mur à mur.
Ce type-là est vraiment convaincu de la justesse de la cause nationale-socialiste. Je dois admettre avoir été un peu ébranlé. C'est une chose de lire un essai sur le nazisme, ou les mémoires édulcorés des commandants d'état-major, mais ici on est dans le vif du sujet, avec un jeune homme véritablement convaincu de la supériorité de la race aryenne sur les Untermenschen bolchéviques et sur les hordes asiatiques. Haine qui va croissante alors que les forces soviétiques, composées en bonne partie de combattants Tatars, Mongols, Kirghizes et autres, refoulent l'armée allemande jusqu'à Berlin avant de lui donner le coup de grâce. La haine est palpable, réelle en même temps qu'irréaliste, et soixante-dix ans après le fait, son intensité donne le frisson. Cela dit, il ne faut pas confondre le Waffen-SS, qui était volontaire et politisé, avec le conscrit de la Wehrmacht, sans toutefois nier la prévalence de l'idéologie raciale dans la psychologie des individus.
Ces mémoires se distinguent aussi sur le plan de la description des combats et de la vie au front. Sur le strict plan militaire, il faut noter la part que l'auteur donne à l'aviation soviétique dans le harcèlement des troupes allemandes. On parle relativement peu du rôle de l'aviation russe dans les livres relatant la guerre sur le front de l'Est, les historiens se concentrant plutôt sur l'inconcevable domination soviétique en troupes, blindés et artillerie et mettant de côté l'omniprésence des Yak et des Chtourmovik et le rôle dominant de la VVS (Armée de l'air soviétique).
Dans un style naïf et ampoulé, plein de romantisme racial, les scènes de combat sur le terrain sont parmi les mieux décrites que j'aie lues. Comme Wallin faisait partie d'un compagnie de reconnaissance (et de harcèlement), la vie au front était trépidante pour le moins, constamment sur la ligne de feu quand ce n'est pas au-delà, toujours au contact de l'ennemi et parmi les dernières troupes à décrocher. Sans répit de décembre 44 à mai 45.
Le livre se termine avec la chute de Berlin et la fuite des SS paniqués, et la chance que l'auteur a de se retrouver à l'ambassade suédoise pour être rapatrié in extremis. Une fois de retour dans son pays d'origine, Wallin sera brièvement jeté en prison pour crimes de guerre.
Cote 9 / 10
Ce type-là est vraiment convaincu de la justesse de la cause nationale-socialiste. Je dois admettre avoir été un peu ébranlé. C'est une chose de lire un essai sur le nazisme, ou les mémoires édulcorés des commandants d'état-major, mais ici on est dans le vif du sujet, avec un jeune homme véritablement convaincu de la supériorité de la race aryenne sur les Untermenschen bolchéviques et sur les hordes asiatiques. Haine qui va croissante alors que les forces soviétiques, composées en bonne partie de combattants Tatars, Mongols, Kirghizes et autres, refoulent l'armée allemande jusqu'à Berlin avant de lui donner le coup de grâce. La haine est palpable, réelle en même temps qu'irréaliste, et soixante-dix ans après le fait, son intensité donne le frisson. Cela dit, il ne faut pas confondre le Waffen-SS, qui était volontaire et politisé, avec le conscrit de la Wehrmacht, sans toutefois nier la prévalence de l'idéologie raciale dans la psychologie des individus.
Ces mémoires se distinguent aussi sur le plan de la description des combats et de la vie au front. Sur le strict plan militaire, il faut noter la part que l'auteur donne à l'aviation soviétique dans le harcèlement des troupes allemandes. On parle relativement peu du rôle de l'aviation russe dans les livres relatant la guerre sur le front de l'Est, les historiens se concentrant plutôt sur l'inconcevable domination soviétique en troupes, blindés et artillerie et mettant de côté l'omniprésence des Yak et des Chtourmovik et le rôle dominant de la VVS (Armée de l'air soviétique).
Dans un style naïf et ampoulé, plein de romantisme racial, les scènes de combat sur le terrain sont parmi les mieux décrites que j'aie lues. Comme Wallin faisait partie d'un compagnie de reconnaissance (et de harcèlement), la vie au front était trépidante pour le moins, constamment sur la ligne de feu quand ce n'est pas au-delà, toujours au contact de l'ennemi et parmi les dernières troupes à décrocher. Sans répit de décembre 44 à mai 45.
Le livre se termine avec la chute de Berlin et la fuite des SS paniqués, et la chance que l'auteur a de se retrouver à l'ambassade suédoise pour être rapatrié in extremis. Une fois de retour dans son pays d'origine, Wallin sera brièvement jeté en prison pour crimes de guerre.
Cote 9 / 10
Twilight of the Gods
A Swedish Volunteer in the 11th SS Panzergrenadier
"Nordland" on the Eastern Front
A Swedish Volunteer in the 11th SS Panzergrenadier
"Nordland" on the Eastern Front
Erik Wallin; Thorolf Hillblad
Stockpole, 2009 (éd or. 1945)
134 pages
cartes, photos
24,95 $
24,95 $
mardi 9 février 2010
124. Méchants voisins - Monique de Gramont
Tarcicius Dejours, dit Cicius, est professeur de littérature à l'université. Il tombe amoureux d'une belle anthropologue qui parcourt sans cesse le monde, se lie d'amitié avec une vieille libraire esseulée qui lui lègue son commerce à son décès. Mais le pire guette Cicius qui ne cherche pourtant qu'à vivre une vie calme et douce : la famille Crispa va investir la maison voisine de la sienne, ce sont des immigrés tapageurs et sans pudeur. Un règne de terreur s'abat sur lui.
On peut faire de ce roman deux lectures toute aussi désagréable l'une que l'autre. La première est de nature xénophobe. Ici, les gens qui font irruption dans l'univers de Cicius, petit bourgeois blanc du Plateau, ils viennent d'ailleurs (des étranges comme on dit), sont bruyants, fatigants, gueulards, véhéments, ils n'ont aucun respect pour les conventions morales et sociales du pays qui les a adopté, et, ô horreur, ils se reproduisent comme des bêtes ! En somme, ils menacent la populace des alentours en refusant totalement et obstinément de s'intégrer. Le calme ne revient sur le quartier que lorsque leur maison passe au feu et qu'ils doivent déménager par la force des choses. Donc, la paix revient sur la société quand les étrangers quittent la région.
On peut aussi en faire une lecture sociologique. Ces gens qui déboulent dans ce beau quartier habité par une faune de bourgeois argentés (professeurs d'université, médecins, etc.) sont des gens sans aucune classe, une grosse famille italo-espagnole avec un père qui travaille dans la construction. On voit de quoi il s'agit. Des prolétaires, en somme, qui se reproduisent comme des bêtes. Leur seule présence sème l'inquiétude dans les foyers douillets. Leur incapacité de s'intégrer va générer des querelles sans fin.
Tiens, on pourrait aussi y voir une métaphore sur l'irruption du primitivisme, voire de la barbarie, dans notre époque bénie. Ou aussi une métaphore sur le féminisme tonitruant qui a déboulé dans la société avec la délicatesse d'un bulldozer. Etc. Les niveaux d'interprétation ne manquent pas, car il s'agit d'un roman simple, à la structure grossière, qui se livre facilement.
Mais, au-delà de ça, le roman ne fonctionne pas pour plusieurs raisons :
Primo, les personnages sont inexistants, l'auteure ne parvient pas à les rendre vivants, ni Cicius, ni Sidonie, la belle anthrologue, ni même les nombreuses greluches de la famille Crispa.
Secundo, le langage est tellement affecté qu'il en est involontairement drôle : « Le jasmin [...] est en pleine floraison. Le parfum pénétrant de ses minuscules fleurs blanches se baguenaude dans la maison à la recherche de mon nez.» Pages après pages.
Tertio, le roman est lent à démarrer. Le lecteur doit se cogner 150 pages de monologue (le narrateur aime se parler à lui-même à haute voix, et en termes fleuris) avant de voir débouler les méchants voisins, qui sont surtout des méchantes voisines. À la page 158, elles arrivent. On espère que ça va enfin commencer.
Quarto : l'auteure fait parler Esmeralda Crispa un français qui tient plus du bulgare que de l'espagnol natif du personnage. Ce lecteur-ci n'a jamais lu un accent aussi raté.
Cinquo : il n'y a pas de progression dramatique. On assiste à une série d'anecdotes burlesques entre Cicius et ses amazones, mais sans que ça mène nulle part. D'ailleurs, la résolution de « l'intrigue » est tellement poche que les bras m'en sont tombés : Mme Crispa gagne une croisière et sa maison brule alors qu'elle n'y est pas. La belle anthropologue globe-trotter achète alors le terrain et se fait construire une belle maison 100 % écologique à côté de celle de son chum : exit donc, les prolos, les barbares, les bruyantes féministes, les étranges, selon votre interprétation de la chose.
J'ai eu un malaise face à ce roman qui navigue les eaux ambigües du mépris xénophobe ou sociologique. Et, à maintes reprises, je me suis surpris à penser, à l'instar du protagoniste, qu'il fallait « en finir, une fois pour toutes, avec cette pathétique saga ».
Un bon point pour l'auteure, elle reprend à la suite de Robert Merle un mot de vieux français, très joli, qu'il faudrait employer plus souvent dans nos vies : s'occocouler, dont je vous laisse trouver la définition tout seul comme des grands.
Note 2 / 10
On peut faire de ce roman deux lectures toute aussi désagréable l'une que l'autre. La première est de nature xénophobe. Ici, les gens qui font irruption dans l'univers de Cicius, petit bourgeois blanc du Plateau, ils viennent d'ailleurs (des étranges comme on dit), sont bruyants, fatigants, gueulards, véhéments, ils n'ont aucun respect pour les conventions morales et sociales du pays qui les a adopté, et, ô horreur, ils se reproduisent comme des bêtes ! En somme, ils menacent la populace des alentours en refusant totalement et obstinément de s'intégrer. Le calme ne revient sur le quartier que lorsque leur maison passe au feu et qu'ils doivent déménager par la force des choses. Donc, la paix revient sur la société quand les étrangers quittent la région.
On peut aussi en faire une lecture sociologique. Ces gens qui déboulent dans ce beau quartier habité par une faune de bourgeois argentés (professeurs d'université, médecins, etc.) sont des gens sans aucune classe, une grosse famille italo-espagnole avec un père qui travaille dans la construction. On voit de quoi il s'agit. Des prolétaires, en somme, qui se reproduisent comme des bêtes. Leur seule présence sème l'inquiétude dans les foyers douillets. Leur incapacité de s'intégrer va générer des querelles sans fin.
Tiens, on pourrait aussi y voir une métaphore sur l'irruption du primitivisme, voire de la barbarie, dans notre époque bénie. Ou aussi une métaphore sur le féminisme tonitruant qui a déboulé dans la société avec la délicatesse d'un bulldozer. Etc. Les niveaux d'interprétation ne manquent pas, car il s'agit d'un roman simple, à la structure grossière, qui se livre facilement.
Mais, au-delà de ça, le roman ne fonctionne pas pour plusieurs raisons :
Primo, les personnages sont inexistants, l'auteure ne parvient pas à les rendre vivants, ni Cicius, ni Sidonie, la belle anthrologue, ni même les nombreuses greluches de la famille Crispa.
Secundo, le langage est tellement affecté qu'il en est involontairement drôle : « Le jasmin [...] est en pleine floraison. Le parfum pénétrant de ses minuscules fleurs blanches se baguenaude dans la maison à la recherche de mon nez.» Pages après pages.
Tertio, le roman est lent à démarrer. Le lecteur doit se cogner 150 pages de monologue (le narrateur aime se parler à lui-même à haute voix, et en termes fleuris) avant de voir débouler les méchants voisins, qui sont surtout des méchantes voisines. À la page 158, elles arrivent. On espère que ça va enfin commencer.
Quarto : l'auteure fait parler Esmeralda Crispa un français qui tient plus du bulgare que de l'espagnol natif du personnage. Ce lecteur-ci n'a jamais lu un accent aussi raté.
Cinquo : il n'y a pas de progression dramatique. On assiste à une série d'anecdotes burlesques entre Cicius et ses amazones, mais sans que ça mène nulle part. D'ailleurs, la résolution de « l'intrigue » est tellement poche que les bras m'en sont tombés : Mme Crispa gagne une croisière et sa maison brule alors qu'elle n'y est pas. La belle anthropologue globe-trotter achète alors le terrain et se fait construire une belle maison 100 % écologique à côté de celle de son chum : exit donc, les prolos, les barbares, les bruyantes féministes, les étranges, selon votre interprétation de la chose.
J'ai eu un malaise face à ce roman qui navigue les eaux ambigües du mépris xénophobe ou sociologique. Et, à maintes reprises, je me suis surpris à penser, à l'instar du protagoniste, qu'il fallait « en finir, une fois pour toutes, avec cette pathétique saga ».
Un bon point pour l'auteure, elle reprend à la suite de Robert Merle un mot de vieux français, très joli, qu'il faudrait employer plus souvent dans nos vies : s'occocouler, dont je vous laisse trouver la définition tout seul comme des grands.
Note 2 / 10
Méchants voisins
Monique de Gramont
Hurtubise, 2009
449 pages
28,95 $
28,95 $
Libellés :
lectures,
littérature canonique
lundi 8 février 2010
Faque c'est platte
Édouard Bond annonce qu'il arrête ses activités littéraires : blogues et romans. Il a l'air sérieux. J'aurais mieux fait de rester couché ce matin.
Pour faire une joke platte, on peut dire qu'Édouard nous fait faux Bond.
Pour faire une joke platte, on peut dire qu'Édouard nous fait faux Bond.
Libellés :
miscellanée
vendredi 5 février 2010
123. Solaris n° 173
Sous une couverture colorée montrant le sourire béat d'une jeune exaltée du pinceau venant de recevoir son catalogue Omer De Serres, le 173e numéro de Solaris nous propose deux textes à relais. En passant, vous verriez cette fille sur la rue, vous changeriez immédiatement de trottoir, elle a l'air inquiétant de Glenn Close dans Fatal Attraction, en moins jolie.
Lupercalia de Guillaume Voisine, Pascale Raud, Philippe-Aubert Côté, Ariane Gélinas et Mathieu Fortin. Ça ne se résume pas, parce que ça part dans toutes les directions. Un échec global. Voisine tente de mettre l'histoire sur les rails, Raud de lui donner une dimension psychologique, Côté relance (avec assez de succès) un texte qui n'allait nulle part, Gélinas introduit le viagra et Fortin termine avec force rebondissements et pim pam poum dans la gueule. Totalement disparate. La psychologie des personnages, embarrassante par ses rationalisations et son incohérence, est rédhibitoire en diable.
Terminalia de Francine Pelletier, Daniel Sernine, Jean-Louis Trudel, Esther Rochon et Élisabeth Vonarburg. Ça pourrait se résumer, mais à quoi bon. Les aïeux ont beau avoir un métier incroyable, le résultat de leur concoction forme une masse qui ressemble à du jello toute sorte de couleurs et à peu près aussi savoureux. Pour développer leur histoire, les jeunes loups s'en sont tenu au schéma de base, s'attardant à approfondir la psychologie de Grey; les vieilles savates (expression employée ici avec tout le respect que ces nobles personnes méritent, wink wink), elles, accumulent les personnages, chaque auteur amenant le sien. On en a une vraie cohorte à la fin. Pelletier jette les bases, Sernine (avec la meilleure prestation de toutes) lance véritablement l'histoire, Trudel recentre le texte vers la science, Rochon introduit le point-virgule et Vonarburg réussit à force de double-back-flips à ficeler l'histoire. Ouf.
Les jeunes loups se font pas le poids contre les ancêtres. C'était à prévoir. Les loups ont sous la ceinture un seul roman pour adultes (les 120 pages du Protocole Reston) et quelques dizaines de nouvelles. Les aïeux ont chacun une dizaine de livres pour adultes et, à eux tous, plusieurs milliers de pages publiées.
Chaque fois que Saul meurt de Sylvie Bérard. Un homme raconte à une fillette les circonstances de sa vie et de l'apocalypse qui s'est abattu sur le monde. Est-une pièce de théàtre en un acte ? Un simple monologue avec des indications de mise en scène ? La forme même rend le texte statique. Le style de l'auteure a beau être fluide et plein de subtilités, reste que ça demeure un monologue, avec ses redites et ses digressions. S'il y a de très beaux moments et des passages émouvants, parfois ça semble n'aller nulle part et on s'ennuie un tout petit peu. Aurait gagné à être raccourci de quelques paragraphes. Quand même, mémorable : 8 / 10
Montée de lait :
Si je veux m'abonner à une revue qui me propose des textes amateurs, sans direction littéraire, acceptés tel quel, d'une médiocrité consternante, je vais envoyer mon argent ailleurs. Sacrament, j'ai payé le prix pour un abonnement à une revue de qualité et voilà ce que m'envoie Solaris : de la mauvaise littérature, du flattage de bedaines d'auteurs. Des fictions incohérentes, médiocres, inacceptables...
Dans un articulet précédant les textes à relais, Mario Tessier explique que le texte à relais (round-robin) est une tradition anglo-saxonne qui remonte à la nuit des temps en SFF. Fort bien. Ce qu'il omet commodément de dire, c'est qu'à l'âge d'or des magazines et des round-robin, il y avait une pléthore de revues sur le marché, que c'étaient des pulps à 10 cents, et que si le truc n'intéressait pas le lecteur, il y avait suffisamment de matière première sur le marché pour passer outre sans se scandaliser. Et que peut ajouter le fait que ce soit une tradition ? En sf et fantastique, il y a aussi une longue tradition pulp de publier des textes minables, mal fichus, médiocre et en-dessous de tout, alors on ne va pas s'y mettre aussi, han. Solaris, câlisse(1), c'est pas un pulp, ou alors qu'on le dise.
On fait valoir l'aspect ludique de l'exercice, la célébration de la communauté, patati patata. Bouillie pour les chats. Je paie pour une revue qui me présente des textes de qualité, je casque 30 $ par année pour ça, c'est quand même pas de la marde, je suis le cochon de consommateur. Si la direction veut se payer du bon temps, qu'elle le fasse en-dehors de la revue. Cet exercice de *ludisme* et de *communauté* aurait très pu se produire dans le cadre de Boréal (où il aurait pris tout son sens, non ?) Chaque auteur aurait eu une heure pour écrire son bout d'histoire et, à la fin de la journée, on photocopie l'ensemble, on vend les textes 5 $ la shotte et tout le monde est content. Je les aurais acheté sans rechigner ces deux textes-là. Pour le plaisir et pour encourager. Quand on ne tente pas de me faire prendre des vessies pour des lanternes, je suis bon joueur. Là, dans ce numéro de Solaris, je dis que c'est un abus de confiance. Je me suis fait floué. Pour paraphraser George Carlin : Penches-toi par en avant, consommateur, j'ai une nouveauté à t'introduire dans l'oeil de bronze.
Un dernier mot : Solaris publie quatre numéros par année. C'est, avec Brins d'éternité, la seule revue SFF de niveau professionnel au Québec. Pis là, on assène au lecteur confiant un numéro composé de deux longs textes qui, s'ils avaient été signé par un seul auteur, n'auraient jamais -- JAMAIS -- été publié dans cet état.
Longue montée de lait, largement édulcorée, je vous l'assure. Excusez-la.
Je tiens à souligner que je ne jette le blâme sur personne, ni sur Tessier qui a proposé l'idée, ni sur Champetier et Pettigrew qui l'ont accepté, et surtout pas sur les auteurs qui se sont prêtés au jeu avec plaisir (j'imagine). Je dis seulement que Solaris est le moins bon support pour ce genre de fantaisie.
Note : 2 / 10 (Bérard, la Halak de ce numéro, empêche l'humiliation du zéro).
(1) Uniquement pour la rime.
Lupercalia de Guillaume Voisine, Pascale Raud, Philippe-Aubert Côté, Ariane Gélinas et Mathieu Fortin. Ça ne se résume pas, parce que ça part dans toutes les directions. Un échec global. Voisine tente de mettre l'histoire sur les rails, Raud de lui donner une dimension psychologique, Côté relance (avec assez de succès) un texte qui n'allait nulle part, Gélinas introduit le viagra et Fortin termine avec force rebondissements et pim pam poum dans la gueule. Totalement disparate. La psychologie des personnages, embarrassante par ses rationalisations et son incohérence, est rédhibitoire en diable.
Terminalia de Francine Pelletier, Daniel Sernine, Jean-Louis Trudel, Esther Rochon et Élisabeth Vonarburg. Ça pourrait se résumer, mais à quoi bon. Les aïeux ont beau avoir un métier incroyable, le résultat de leur concoction forme une masse qui ressemble à du jello toute sorte de couleurs et à peu près aussi savoureux. Pour développer leur histoire, les jeunes loups s'en sont tenu au schéma de base, s'attardant à approfondir la psychologie de Grey; les vieilles savates (expression employée ici avec tout le respect que ces nobles personnes méritent, wink wink), elles, accumulent les personnages, chaque auteur amenant le sien. On en a une vraie cohorte à la fin. Pelletier jette les bases, Sernine (avec la meilleure prestation de toutes) lance véritablement l'histoire, Trudel recentre le texte vers la science, Rochon introduit le point-virgule et Vonarburg réussit à force de double-back-flips à ficeler l'histoire. Ouf.
Les jeunes loups se font pas le poids contre les ancêtres. C'était à prévoir. Les loups ont sous la ceinture un seul roman pour adultes (les 120 pages du Protocole Reston) et quelques dizaines de nouvelles. Les aïeux ont chacun une dizaine de livres pour adultes et, à eux tous, plusieurs milliers de pages publiées.
Chaque fois que Saul meurt de Sylvie Bérard. Un homme raconte à une fillette les circonstances de sa vie et de l'apocalypse qui s'est abattu sur le monde. Est-une pièce de théàtre en un acte ? Un simple monologue avec des indications de mise en scène ? La forme même rend le texte statique. Le style de l'auteure a beau être fluide et plein de subtilités, reste que ça demeure un monologue, avec ses redites et ses digressions. S'il y a de très beaux moments et des passages émouvants, parfois ça semble n'aller nulle part et on s'ennuie un tout petit peu. Aurait gagné à être raccourci de quelques paragraphes. Quand même, mémorable : 8 / 10
Montée de lait :
Si je veux m'abonner à une revue qui me propose des textes amateurs, sans direction littéraire, acceptés tel quel, d'une médiocrité consternante, je vais envoyer mon argent ailleurs. Sacrament, j'ai payé le prix pour un abonnement à une revue de qualité et voilà ce que m'envoie Solaris : de la mauvaise littérature, du flattage de bedaines d'auteurs. Des fictions incohérentes, médiocres, inacceptables...
Dans un articulet précédant les textes à relais, Mario Tessier explique que le texte à relais (round-robin) est une tradition anglo-saxonne qui remonte à la nuit des temps en SFF. Fort bien. Ce qu'il omet commodément de dire, c'est qu'à l'âge d'or des magazines et des round-robin, il y avait une pléthore de revues sur le marché, que c'étaient des pulps à 10 cents, et que si le truc n'intéressait pas le lecteur, il y avait suffisamment de matière première sur le marché pour passer outre sans se scandaliser. Et que peut ajouter le fait que ce soit une tradition ? En sf et fantastique, il y a aussi une longue tradition pulp de publier des textes minables, mal fichus, médiocre et en-dessous de tout, alors on ne va pas s'y mettre aussi, han. Solaris, câlisse(1), c'est pas un pulp, ou alors qu'on le dise.
On fait valoir l'aspect ludique de l'exercice, la célébration de la communauté, patati patata. Bouillie pour les chats. Je paie pour une revue qui me présente des textes de qualité, je casque 30 $ par année pour ça, c'est quand même pas de la marde, je suis le cochon de consommateur. Si la direction veut se payer du bon temps, qu'elle le fasse en-dehors de la revue. Cet exercice de *ludisme* et de *communauté* aurait très pu se produire dans le cadre de Boréal (où il aurait pris tout son sens, non ?) Chaque auteur aurait eu une heure pour écrire son bout d'histoire et, à la fin de la journée, on photocopie l'ensemble, on vend les textes 5 $ la shotte et tout le monde est content. Je les aurais acheté sans rechigner ces deux textes-là. Pour le plaisir et pour encourager. Quand on ne tente pas de me faire prendre des vessies pour des lanternes, je suis bon joueur. Là, dans ce numéro de Solaris, je dis que c'est un abus de confiance. Je me suis fait floué. Pour paraphraser George Carlin : Penches-toi par en avant, consommateur, j'ai une nouveauté à t'introduire dans l'oeil de bronze.
Un dernier mot : Solaris publie quatre numéros par année. C'est, avec Brins d'éternité, la seule revue SFF de niveau professionnel au Québec. Pis là, on assène au lecteur confiant un numéro composé de deux longs textes qui, s'ils avaient été signé par un seul auteur, n'auraient jamais -- JAMAIS -- été publié dans cet état.
Longue montée de lait, largement édulcorée, je vous l'assure. Excusez-la.
Je tiens à souligner que je ne jette le blâme sur personne, ni sur Tessier qui a proposé l'idée, ni sur Champetier et Pettigrew qui l'ont accepté, et surtout pas sur les auteurs qui se sont prêtés au jeu avec plaisir (j'imagine). Je dis seulement que Solaris est le moins bon support pour ce genre de fantaisie.
Note : 2 / 10 (Bérard, la Halak de ce numéro, empêche l'humiliation du zéro).
(1) Uniquement pour la rime.
mercredi 3 février 2010
Ça boume !
Il y a maintenant cinq textes soumis pour les Mille mots de l'Ermite. Un sixième a été retourné parce qu'il était trop long.
Ça se termine le 18 avril, n'oubliez pas.
Le règlement, pas compliqué pour deux sous, est ici : concours.
Ça se termine le 18 avril, n'oubliez pas.
Le règlement, pas compliqué pour deux sous, est ici : concours.
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