Ce qui frappe d'emblée quand on prend Lurelu dans ses mains, c'est son poids et sa qualité : beau papier glacé, cent dix pages grand format, très largement illustrée. C'est un peu le Décormag du livre jeunesse.
Le cœur de la revue, c'est la section M'as-tu vu, m'as-tu lu ?qui recense et critique près de 150 livres jeunesse québécois, avec illustrations couleur pour chacune des couvertures. Soixante-cinq pages de critiques et de recensions. Un travail de bénédictin... (Selon un espion personnel, il s'est publié l'an dernier au Québec plus de 750 titres dans le livre jeunesse... Ouille. Si vous tenez à avoir si la qualité est au rendez-vous, lisez Lurelu.)
Ce sont des critiques comme je les aime : sans complaisance, qui disent parfois des choses dures sur certaines livres fichtrement médiocres, voire carrément mauvais. Il y a une bonne variété de commentateurs et quelques-uns n'ont pas la langue dans leur poche : depuis quand avez-vous entendu parler d'un « roman onaniste », vous ? Ça cogne ! Je ne voudrais pas donner l'impression qu'il s'agit d'un jeu de massacre : au contraire, les critiques sont bien argumentées, faites par des gens qui ont manifestement beaucoup lu et qui écrivent avec limpidité.
Cette section mammouthesque est entourée d'un article en profondeur sur ce que lisent les jeunes Québécoises (chick lit, fantasy, etc.), d'entrevues avec l'auteur Jocelyn Robert et l'illustratrice Marie-Claude Favreau; ainsi que de rubriques sur le conte, le théâtre, la poésie, les adaptations cinématographiques de roman jeunesse, etc., qui semblent plus ou moins récurrentes (je ne suis pas sûr, je suis un nouveau lecteur).
On notera la manière délicieuse et rigolotte de Robert Soulières qui se manifeste dans un article sur les salons du livre de Bologne et de Paris auxquels il a participé
En somme, une revue indispensable si la littérature jeunesse vous passionne parce que vous en écrivez ou voulez en écrire, parce que vous avez un fiston avide de lecture, ou pour les deux raisons, hé hé. Lurelu est un must. Ce lecteur-ci en a eu pour son argent, et il s'est abonné.
Parlant d'abonnement, on trouvera dans le numéro 62 du Libraire (gratuit dans les librairies, ou ici), un coupon spécial pour s'abonner à Lurelu. Pour le prix d'un abonnement d'un an (19,19 $), vous obtenez deux années d'abonnement en plus d'un livre jeunesse.Cote : 8,5 / 10
Chaudement recommandé.
Lurelu
Volume 33, numéro 2
Automne 2010
6 $

27 commentaires:
Hum... Ça c'est donc la revue dont je vais attendre la sortie en tremblant l'an prochain si je comprends bien! :p
(En calculant que le meilleur scénario est d'y avoir une bonne critique, le pire de m'y faire descendre en flammes et le plus probable de passer inaperçue! :p )
Là où j'ai su que j'étais moralisateur. Mais ce fut le seul hic.
C'est vrai que c'est une très belle revue. Mais la pire section est M'as tu vu, m'as tu lu. Toute critique est subjective, particulièrement quand elle vient d'une seule personne, surtout si cette personne se prend pour une experte en littérature jeunesse. Et il y en a quelques-unes qui écrivent dans cette section du Lurelu. Beaucoup de préjugés favorables aux auteurs et maisons d'édition connus, et l'inverse pour les peu connus. Avec le temps on finit par connaître ceux qui se prennent pour d'autres et semblent prendre plaisir à n'insister que sur le négatif. Chaque fois, j'hésite à faire parvenir nos livres à Lurleru. Les critiques sont vraiment inégales. On ne sait jamais à qui les livres seront envoyés et c'est toujours risqué.
@Gen: Le plus probable pour une nouvelle auteure chez une petite maison d'édition, ce n'est certainement pas de passer inaperçue.
On a eu des bons mots pour Entités, mais certains romans se font littéralement ramassés par des critiques, et ce n'est pas toujours justifié. Mais c'est souvent une question d'opinion, en effet.
@Trampoline : Oh oh... :S
Richard, tu vois ce que je voulais dire... :O/
@Gen: Il est presque impossible que tu reçoives une mauvaise critique pour ton livre. Mais, comme je disais, quand ça vient d'une seule personne, on ne sait jamais. De toute façon, tu en recevras des bonnes d'ailleurs! Déjà tu en as reçu une belle d'Élisabeth: elle t'a dit avoir bien aimé et t'a dit "Bravo!", alors...
Je songe aussi à m'abonner. Bien aimé ce numéro.
En passant, à la page 34, il y a une tache de café. C'est pas moi :P La goutte est tombée toute seule.
@Trampoline : En effet, ce bravo là vaut son pesant d'or ;)
@Daniel : lol! Ce que tu voulais dire, c'est que tu fais trembler tout le monde avec ta revue? ;p
Non Gen, c'est que j'avais déjà discuté avec Richard du rapport -- on va dire «malsain*» -- des Québécois avec la critique, et certains des commentaires ci-haut me donnent parfaitement raison.
__________
* J'écris «malsain» pour inclure une variété de termes, mais «immature» résumerait aussi bien ce que je veux dire.
@Daniel: Ce que je voulais dire, et ça a peut-être été mal compris, c'est que je ne suis pas du tout d'accord pour dire, comme Richard le fait, que "si vous voulez savoir si la qualité est au rendez-vous, lisez Lurelu". Chaque livre est critiqué par une seule personne et ça ne veut rien dire du tout. J'ai appris à ne pas porter attention aux critiques. Je lis les résumés pour avoir une idée de ce qui se publie, mais la critique m'intéresse peu. Ça n'a pas plus d'importance que ce que je pense d'un livre, ou que ce que pense Benjamin, le garçon de Richard. Mais j'espère que tous ceux qui lisent Lurelu régulièrement, se sont rendu compte de cela. Malheureusement, la raison pour laquelle c'est comme ça, ce sont les quelques personnes qui trouvent presque systématiquement tout mauvais. Je trouve ça vraiment dommage pour les auteurs et les illustrateurs qui y ont mis tout leur coeur et qui reçoivent une mauvaise critique qui pourrait influencer les lecteurs qui pensent que "la vérité est dans Lurelu".
Monsieur Chartray, connaissez-vous des revues littéraires où chaque livre est commenté par plus d'une personne? Surtout des revues qui critiquent 500 livres par année? Moi je n'en connais pas.
Au fait, y a-t-il d'autres revues littéraires (je ne parle pas de l'hebdo de votre quartier, ni de webzines) qui ont commenté les livres de Trampoline, depuis cinq ans que votre maison existe?
@Daniel et Pierre : Ouille, je regrette d'avoir posé la question. Partez pas en guerre, svp, j'aimerais bien avoir une critique dans Lurelu! lol! ;p (je fais la peureuse, mais j'ai la couenne plus dure qu'à une certaine époque ;)
Et je dois convenir avec Daniel qu'il y a une frilosité marqué vis-à-vis de la critique ces dernières années. Soyons réalistes : il me semble que tous les lecteurs savent que le critique, ce n'est pas Dieu le Père : il n'a pas nécessairement raison. Lurelu s'adresse à un public assez averti pour que ses lecteurs fassent la part des choses si, comme le prétend Pierre, certains critiques trouvent tout mauvais.
Après tout, à une certaine époque et dans un autre domaine, "Petrowski a haï" était un gage de qualité des productions artistiques québécoises...
Je ne dis pas que ça devrait être critiqué par plus d'une personne. C'est impensable. Déjà que la qualité de certaines critiques est discutable à cause de la quantité de livres qui sont traités.
Je dis juste que ça doit être pris comme ça, l'opinion d'une personne, et non pas comme un gage de la qualité, ou non, d'un livre selon la critique qui apparaît dans M'as tu vu, m'as tu lu, comme le laisse entendre Richard.
La maison d'édition n'existe pas vraiment depuis 5 ans. J'ai enregistré le nom en 2005, publié un premier livre en 2006, un deuxième en 2007, pour le plaisir de publier mes propres textes (les deux recommandés par Jade Bérubé dans La Presse), aucun en 2008. Nous avons publié un peu plus l'année dernière et cette année.
Certains de nos livres ont été commentés dans La Presse,Le Journal de Montréal, Le Soleil et Le Libraire.
Par votre ton, en autant qu'on peut percevoir un ton dans un commentaire sur un blogue, vous ne semblez pas non plus apprécier la critique à propos d'une partie de Lurelu. Est-ce que vous ne feriez pas montre de cette immaturité dont vous parliez dans votre précédent commentaire?
@Gen: Nous ne sommes pas en guerre. On discute. Je réagis surtout à ce qu'a dit Richard: "si vous voulez savoir si la qualité est au rendez-vous, lisez Lurelu".
@Pierre : Ah... Ça m'avait semblé une invitation générale à lire la revue...
Et avec le mot "guerre", je déconnais, comme d'habitude ;)
@Gen: La remarque de Richard était vraiment en rapport avec la section des critiques et recensions. Moi, j'invite tous ceux qui s'intéressent à la littérature jeunesse à lire Lurelu. C'est une très bonne revue.
Ha! Jade Bérubé! Pour citer quelqu'un au début de la présente enfilade: «surtout si cette personne se prend pour une experte en littérature jeunesse». À l'époque où Mlle Bérubé était encore à la garderie -- si même elle était née -- les plus chevronnées de nos collaboratrices actuelles faisaient déjà métier de lire et d'évaluer les livres jeunesse; au point où, dans au moins un cas, elles en ont littéralement lu des dizaines de milliers au moment où nous avons cette immature discussion.
Si Jade a grandi dans un quartier de Montréal, les livres qu'elle a lus, enfant, à sa bibliothèque municipale avaient probablement été sélectionnés par l'une de ces collaboratrices...
Et certains de nos critiques -- dont celui qui vous chicote, et qui est effectivement le moins complaisant de l'équipe -- avaient déjà leur bacc avant que les parents de Jade ne se rencontrent.
Alors qu'est-ce qui rend Jade Bérubé plus compétente qu'une collaboratrice de Lurelu -- pardon, plus «objective»?
Et en quoi un commentaire de trois ou cinq lignes dans le Journal de Montréal est il plus valable qu'une critique en bonne et due forme dans une revue spécialisée? Je soupçonne ce commentaire d'être plus valable parce qu'il vous a flatté, et non parce qu'il est plus approfondi, mieux argumenté ou fondé sur une meilleure connaissance du corpus.
À lire vos commentaires d'aujourd'hui et certains propos sur votre site Web, subjectif dans votre dictionnaire signifie «a critiqué mes livres», et objectif signifie «a dit du bien de mes livres»...
Mais vous avez raison, la critique n'est jamais qu'affaire d'opinion.
Au fait, l'une des collaboratrices qui signe des opinions depuis un quart de siècle dans Lurelu et a longtemps participé à Sélection annuelle de Communication-Jeunesse (autre institution suspecte à vos yeux), ne doit pas tellement manquer du jugement, puisqu'elle a publié un fort bel album chez vous...
Holà mes bons et beaux amis, comme disait Robert D'Artois, c'est chamaille et chagrin.
Demain, je donne mon point de vue là-dessus. Là j'arrive à la maison, il est 21h30, je viens de geler et de pelleter comme une bête pour dégager mon criss de char du criss de banc de neige, j'ai du attendre le CAA.
Faque, à demain.
Gare à l'infarctus, l'Ermite!
Cela dit, c'est probablement toi qui a occupé le plus sainement ces dernières heures :O)
Y a rien comme de pelleter trois tonnes de neige délicate (comme j'ai lu ailleurs) pour se replacer les humeurs (au sens médiéval du terme)...
Je ne critique pas tous les collaborateurs de Lurelu, je ne vise absolument personne (je n'ai aucun nom en tête; et je sais que Gisèle Desroches collabore, ou a collaboré longtemps à Lurelu) et les critiques que l'on a eu, bonnes ou mauvaises (2 très bonnes cette année dans Lurelu) sont toutes subjectives. C'est exactement mon point. Je le répète, j'essayais seulement de clarifier ce que Richard a dit, exprimer mon désaccord avec son opinion, que "la vérité est dans Lurelu".
Vous me demandiez si on avait eu des critiques dans d'autres médias, j'ai répondu (et ce n'était pas 3 lignes), sans prétendre que ces critiques valent mieux que celles de Lurelu, sans prétendre que Jade Bérubé, ou Chloé Varin sont meilleures ou moins bonne que d'autres. Et pour Communication-Jeunesse, je ne critique pas l'institution (vous me prêtez des paroles que je n'ai pas dites) mais seulement le fait qu'ils disent que leur sélection annuelle est "le meilleure de la littérature jeunesse québécoise". Sélection tout aussi subjective que les critiques de Lurelu, Jade Bérubé, Richard Tremblay, ...
Lorsque quelqu'un a aimé nos livres je l'indique sur mon blogue (surout lorsque ça vient d'une personne comme Françoise Lepage), lorsque quelqu'un ne l'a pas aimé, je n'en parle pas, sauf si je trouve que l'argument était mauvais. Édith Bourget a fait une très belle critique de Pied-de-Puce et je l'ai dit. Une critique que je trouvais amateure de Petit-Étoile, je l'ai dit aussi et j'ai essayé d'expliqué mon point de vue.
Je crois bien qu'on a fait le tour de la question.
Si je puis me permettre d’entrer…
Cliché. Deux côtés d’une médaille.
J’ai connu Lurelu à cause de Robert Soulières, celui qui m’a donné ma première chance de publier un texte d’humeur dans un hebdo alors que j’étais un journaliste en devenir. J’ai, encore, beaucoup d’estime pour ce monsieur qui, vous ne serez probablement pas surpris, a réussi à me faire rire dans sa lettre de refus de mes Moufettes. C’est vrai que je n’étais pas tout à fait un étranger. Il fut généreux de sa personne en me donnant quelques conseils lors d’un salon du livre.
Il y a quelques années, lors d’un passage au Salon du livre de l’Outaouais, je m’y suis abonné. Je n’ai pas renouvelé, simplement par négligence. Quand on sait ce que représente une publication et que vous avez Lurelu, il y a là-dedans un travail colossal. Tant dans le fond que dans la forme.
Quand écrire est pour vous un rêve, un exercice, une tentative, cette revue est une bible. Parce qu’elle parle d’histoires d’auteurs de chez nous. Entre ce qui vous pousse dans les tripes et ce qui se publie, de façon contemporaine, c’est deux. Il s’agit d’un catalogue de sujets abordés. Il s’agit d’une vitrine d’éditeurs et de thématiques qu’ils retiennent. Et, surtout, dans la critique, ce qu’on croit qu’il faut faire ou non. Des pistes…
J’ai été journaliste dans un hebdo et j’ai admis mon secret un jour à une amie. Péché de condescendance et de paresse. Si j’aimais, j’abordais le livre. Sinon, entrevue avec l’auteur.
Je ne suis plus journaliste. Et puis un jour j’ai décidé d’écrire. La folie et l’allégresse d’un premier roman. Je ne vous dis pas combien de tours mon coeur a fait quand j’ai vu la couverture de mon roman dans Lurelu. Et l’appréhension de lire le texte. Je l’ai lu. Relu.
Et je n’ai pas honte. J’ai demandé la permission de publier cette critique sur mon blogue (et qui se trouve maintenant sur mon site). Oui, je me souviens de ma première réaction. Mitigée. Mais en mon âme et conscience, je devais être honnête. Je continue de respecter cette revue et, tiens, je vais me réabonner. Pour les mêmes raisons que citées plus haut. Maintenant, je connais les deux côtés.
Qu’on écrive un texte au théâtre, un roman, etc., on le lance au public. Composé de beaucoup d’individus. Des fois on tombe sur les bons, parfois non.
Je lance une revue demain matin et j’engage Richard Tremblay. Je vous gage un brun que certains auteurs et éditeurs n’aimeraient pas ma publication. (Je ne sais pas pourquoi, je pense à un certain billet de l’Ermite…)
Par ailleurs, je sais que mon éditeur n’envoie plus ses livres à Lurelu. Je sais pourquoi, mais cette décision lui appartient et moi, ce n’est pas de mes affaires. J’ai publié deux autres Moufettes et, savez-vous quoi? J’ai tenu compte de la critique.
Oui ça fait mal à l’égo et, ne nous cachons pas sous une fausse modestie, ça fripe le talent que nous croyons posséder que de lire une critique que nous n’aimons pas. J’ai des fans des Moufettes et ils ne connaissent pas la revue. J’écris pour eux et pour tous ceux qui voudraient me lire. Y compris l’équipe de Lurelu. Mes livres sont publics!
Et tiens, au prochain, et pourquoi pas pour M3, j’enverrai moi-même mes livres. J’écris, je suis prétentieux parce que je prétends quelque chose avec mon histoire.
Lurelu a critiqué mon premier Moufettes. L’Ermite aussi. D’autres aussi. Gen, Pierre H. J’ai écouté. Un premier roman. On y met tout dedans. Juste d’arriver là. Et je pense que j’ai grandi. Même si ça fait mal. Il ne faut juste pas aborder le sujet ni de trop haut, ni avec trop d’offense.
A mon âge presque aussi canonique que celui de Daniel Sernine, ces discussions sur la critique ont un petit air de lu et relu. Je ne pense pas que la relation avec la critique est plus "malsaine" ou "immature" au Québec qu'ailleurs. Au Canada anglais ou en France, pour se limiter aux pays sur lesquels je garde un oeil, l'auteur de la critique négative d'un livre, peu importe qu'elle soit bien étayée ou non, court le risque de se faire des ennemis, ou d'être perçu comme un pisse-froid ou un emmerdeur. Ce qu'il y a de particulier à Lurelu, c'est leur volonté d'assurer un survol le plus complet possible de la production au Québec. Ils se sont donc coupé de la voie de retraite qui consiste à ignorer les livres (jugés) médiocres pour ne mentionner que les livres (jugés) méritants. D'un point de vue statistique, les nouveaux auteurs ne devraient pas s'inquiéter: au Québec comme ailleurs, et ça se vérifie d'un point de vue historique, il se publie beaucoup plus de critiques injustement flatteuses que l'inverse.
Joël Champetier
Je voudrais simplement résumer ma pensée et peut-être la clarifier.
J'ai dit, premièrement, que je ne suis pas d'accord pour dire que si un livre reçoit une bonne critique dans Lurelu c'est gage de qualité. Et, surtout, l'inverse. Ce que j'ai cru comprendre dans l'affirmation de Richard.
J'ai n'ai rien contre les critiques négatives envers les livres que je signe en tant qu'auteur ou éditeur. Chacun aime ce qu'il veut.
Une très bonne critique envers un livre de Trampoline ne me flatte pas. Je suis content pour mes auteurs et illustrateurs, mais je n'en retire aucune fierté personnelle. Je ne suis pas le créateur derrière les succès de nos livres. Je mets en place une équipe et je paie les factures.
J'ai vue dans Lurelu des critiques foncièrement mauvaises, dans le sens "méchantes", et ça m'attriste beaucoup pour les auteurs ou illustrateurs qui doivent subir ce traitement. C'est le genre de comportement méprisant, blessant, qu'il soit intentionnel ou non, qui me révolte, et qui est à la base de mon premier commentaire qui était peut-être un peu trop dur. Il y a une faible minorité de gens qui font ce genre de critiques, mais il y en a. Et je ne dis pas ça par frustration envers les livres que je signe comme auteur ou comme éditeur, parce que ça ne c'est vraiment jamais produit.
J'espère que c'est plus clair.
Juste un mot pour clarifier l'expression : « Si vous tenez à avoir si la qualité est au rendez-vous, lisez Lurelu. »
Gen a bien vu qu'il s'agissait d'une invitation à lire la revue tout simplement. Jamais je n'ai dit, ou voulu dire, que Lurelu possédait la *vérité*.
Mais quand on a un tel bloc d'information, livré par des commentateurs bien informés, érudits (dans le sens qui ont lu beaucoup dans le segment de littérature dont ils parlent, et ça se ressent), peu complaisants, alors oui, il y a moyen pour un lecteur informé (ne pas perdre de vue que Lurelu s'adresse à des lecteurs aguerris) de reconnaître où la qualité se trouve. On fait soi-même le tri, nécessairement.
La critique est subjective, on ne reviendra pas là-dessus, et elle ne représente que l'opinion de la personne qui l'émet. Avec plus de 200 critiques sur mes deux blogues, je sais de quoi je parle. Mais l'idée c'est de trouver une sensibilité qui s'apparente à la sienne, et le choix que Lurelu nous offre est exceptionnel.
On aimerait bien qu'une telle revue existe pour la littérature québécoise généraliste.
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