mercredi 17 novembre 2010

Des titres et des nouvelles

Quand je suis revenu à l’écriture, je me suis dis que j’aurais le moins de secret possible. Ni sur les titres de mes textes, ni sur leur destination, ni même – quand la chose se produira, si jamais elle se produit – sur les sommes gagnées et sur les tirages. Les auteurs sont généralement fort discrets sur ces sujets, et c’est une discrétion qui m’étonne toujours un peu; car je n'ai pas l'intention de l'être... Je peux vous produire mes T-4 si ça vous fait plaisir. Tout ça a, pour moi, très peu d'importance.

J’aime bien l’approche franche de François Barcelo, par exemple. Dans son livre (Écrire en toute liberté) ainsi que dans sa présentation aux Grands communicateurs, il n’hésite pas à appeler un chat un chat et à parler argent et tirage; encore qu’il le fasse de manière un peu elliptique, mais, que je sache, c’est le seul auteur à le faire.

Pour les quelques 8000 mots de Maternité noire, prix Solaris en 91, j’ai touché au total 344 $, c-à-d 300 $ au concours et 44 $ de droits d’auteur (payés à hauteur de 8 $ la page imprimée).

Alamo et Mathieu m'ont fait remarquer que de nommer les nouvelles sur lesquelles je travaille pouvait être maladroit dans la mesure où je compte les soumettre à Brins d’éternité (Alamo fait partie du comité de lecture) et au prix Solaris (qui requiert l’anonymat de l’auteur).

À noter que Brins d’éternité semble recevoir les textes signés mais que cette signature est retirée sur les copies destinées aux membres du comité de lecture qui évaluent donc les textes sans en connaître le perpétrateur…

J’ai entièrement confiance dans la probité des gens de ce comité de lecture – j’en connais quelques-uns pour les avoir rencontré brièvement à Boréal ou au lancement du dernier Brins, autrement par leurs blogues.

Le fait qu'Alamo, ou d’autres, vont savoir que le texte qu'ils ont sous les yeux est de moi peut-il les influencer ? C’est à chacun de répondre pour soi-même, mais quant à moi, la réponse est négative. Je suis un optimiste.

Quant à l’anonymat requis pour participer au prix Solaris, c’est la même chose. L’anonymat était une chose facile à réaliser il y a dix ans à peine, d’où cette clause au concours. Mais là, avec l’avènement d’Internet et des blogues, nous sommes dans un nouveau paradigme (compte double au scrabble) des capacités et des moyens de communication des individus – dont, nous, les auteurs de fiction – profitons sans vergogne, y compris moi, auteur de fiction poche.

Si cette attitude me nuit et fait que certains de mes textes seront jugés différemment, voire refusés, then so be it. Pour le moment, je persiste et signe comme disait Achille Talon.

Le titre de mes nouvelles, c’est une preuve que j’existe en tant qu’écrivain. C’est pour ça, que je ne les retirerai pas pour le moment, ni le titre ni leur destination. Comme de nombreux auteurs le font, c'est donc une nouvelle réalité à laquelle les revues vont devoir s'adapter.

Mais bon, si j’envoie un texte à Brins d’éternité, je lui donnerai un titre temporaire pour l’occasion ;-)

(Tiens, je me relis, et je me trouve confus... Merdouille, j'ai pas eu ma dose de caféine.)

10 commentaires:

Gen a dit…

Je comprends ta position. Ça devient fatiguant à la longue d'avoir à garder des secrets pour rien.

Par contre, pour avoir déjà reçu un rapport de lecture qui ressemblait à une attaque personnelle (dans un processus qui n'était pas anonyme), je ne sais pas si je partagerais ton optimisme.

Pour ma part, je publie les titres quand les textes sont acceptés.

Elisabeth a dit…

Ma réserve personnelle à parler de tirages et d'argent ne vient pas tant d'une envie de garder le secret que du fait que, dans un milieu comme celui du Québec, mon salaire de 2010 ou le tirage initial du 4e tome ont autant de chance de donner de l'espoir que d'«écoeurer» ceux qui aspirent à autant... Il est parfois difficile de séparer les deux réactions ;)

Ed. a dit…

Prison de poupées : pas loin de 500 à 10% sur le prix de vente (11$).

Maudits! : plus proche du 400 que du 500 à 10% sur le prix de vente (15$).

J'irai me crosser sur vos tombes : un peu plus de 1200 à 33% sur le prix de vente (4$).

C'est très peu (à comparer de), mais pour moi, qu'il y ait plus d'une cinquantaine de ventes pour chaque, ça m'émeut.

richard tremblay a dit…

Ed : T'as du culot.

Anonyme a dit…

Richard, le simple fait que tu nommes le titre de ta nouvelle participante au prix Solaris brise l'anonymat du texte (tu ne sais pas qui peut être sur le jury chaque année, ce peut être un visiteur régulier). Donc, si l'anonymat est brisé, ton texte pourrait tout simplement être retiré du concours.
C'est sûr qu'internet change la donne, mais ça ne change rien : les règles sont les règles et tu prends un risque.
Au moment où tu participeras, tu devras changer le titre ;-)

Pascale Raud

Ed. a dit…

J'ai du culot pis des couilles, faque watch out !

Next for me ? Je me pars en business. En février, je lance ma propre maison d'édition (je me sens comme Paris Hilton qui lance un parfum). C'est-tu pas dans ta face ça, beauté ?

Pis je viens de recevoir une avance faramineuse avant d'avoir écrit le moindre mot de mon nouveau roman. Nouvel éditeur, style assez différent merci, ultra réel, mais même bonne claques su'a yeule.

Le titre (puisque) ?

(450)

Ça va faire mal. Très.

Gen a dit…

@Ed : lol! J'ai hâte de lire ça! ;)

Et pour la maison d'édition, bonne chance!

Je retiens d'ailleurs de tes chiffres que le feuilleton en format électronique aura été plus payant que les romans. Qui a dit que l'édition électronique allait poser problème?

(Réponse : ah ouais, les distributeurs...)

Frédéric Raymond a dit…

@Ed Une chance que je suis venu lire à retardement les commentaires sur ce billet! J'ai très hâte de voir ce que tu vas nous sortir, à la fois côté maison d'édition et pour ton prochain livre.

Je suis assez surpris par tes chiffres, j'aurais cru que Coup de tête vendrait plus... Mais je suis pas surpris que l'électrolivre soit plus payant. Le marché est en changement. Ça me plait.

Ed. a dit…

Je suis le moins bon vendeur chez Coups de tête, je ne reflète en rien les chiffres des autres auteurs.

Guillaume Voisine a dit…

Je confirme que les textes envoyés au comité de lecture de Brins d'éternité ont été "anonymisés" (le directeur littéraire conserve des copies avec noms des auteurs, n'ayez crainte).

Nous avons mis en place cette mesure pour nous assurer que c'était le texte, et non son auteur, qui serait évalué. Et je sais que certains texte qu'on a reçu auraient été moins critiqués si le nom de l'auteur avait été dans le document... C'est bien, parce que ça nous permet de cerner les faiblesses des textes encore un peu mieux, et, en cas d'acceptation, de les retravailler.

Ensuite, ce que tu fais sur ton blogue te regarde, évidemment. Je suis dans un trou noir de blog ET d'écriture en ce moment, je ne peux donc parler de ce que je fais quand je blog de ce que j'écris, mais je crois que ce que je ferai quand je recommencerai ces deux activités sera de simplement parler de mes projets dans des termes génériques : "Nouvelle fantastique", "Suite de la nouvelle de zombies", "Court roman de SF", etc. (tous de vrais projets, au demeurant, quelques uns assez avancés... Mais qu'est-ce que j'attends?)

Parce que anyway, c'est bien rare qu'un titre demeure inchangé pendant tous le processus d'écriture. Enfin, dans mon cas.