jeudi 18 novembre 2010

168. Ça sent la banane - François Barcelo

Suite à un petit quiproquo qui l'arrange bien au bout du compte, Raoul Damphousse, ex-roi de la danse à claquettes, se retrouve à La Réunion pour y donner des cours de claquettes, justement. Le problème, c'est que Raoul ne peut plus danser après un accident de scène aussi ridicule que définitif (pour sa carrière). Mais, bon, les Réunionais n'y verront que du feu, croit-il, et lui aura deux mois de vacances au soleil, logé, nourri et payé. À partir de là, les choses vont aller en s'épaississant.

Je suis un fan fini de Barcelo, J’ai tout lu ses livres adultes, à l’exception de Vie de Rosa, et quelques-uns de romans jeunesse, notamment la série Momo de Sinro. Il y a, dans cette œuvre d’une cinquantaine de titres, du très bon et du très moyen.

Ça sent la banane commence sur les chapeaux de roue, et je me suis dis : Ouaou ! Un roman de la bonne veine ! Et comme il vient tout de suite après Le seul défaut de la neige (excellent), j’étais fort content, comme si le printemps était revenu.

Il faut dire que depuis le début du millénaire, les romans adultes de Barcelo sont une coche en dessous. Depuis J'enterre mon lapin en 2001, on retrouve une suite de romans poussifs ou répétitifs, parfois les deux en même temps, époque qui va culminer avec Bossalo, un truc indigne de l'auteur.

Comme je disais, Ça sent la banane démarre sur les chapeaux de roues avec un quiproquo typique de l’auteur et un héros qui, plutôt que de jouer franc jeu et d’admettre son erreur ou son tort, va plonger de mensonges en mensonges dans un abyme dont il est seul responsable. Car Raoul Damphousse ne peux plus danser la claquette (il s'est recyclé dans la podorythmie), pourtant jamais il ne va l’avouer à ceux qui lui ont payé un séjour à La Réunion pour y donner des cours de claquettes. Comme beaucoup d'antihéros barcelonien, Raoul Damphousse est un profiteur..

Ça commence bien. Le premier tiers, c’est vintage Barcelo. J’ai ri en même temps que Damphousse s’enfonçait dans sa misère paranoïaque. Puis le comique devient ordinaire et répétitif, combien de fois la scène de la clé devait-elle être rejouée ? Une fois, c’est amusant. Mais quand elle devient le ressort comico-dramatique pour le deuxième tiers de roman, on se lasse et on cesse de rire.

Dans le dernier tiers, on a droit à une (très) longue tirade de mononcle lubrique sur la beauté des filles de quinze-seize ans. Le défaut de cette scène, c’est qu’elle traîne en longueur, que l’auteur fait radoter son narrateur, blablabla, et que le lecteur a juste hâte que ça se termine au plus tôt.

Un happy end à saveur ironique clôt le roman.

Ça sent la banane est un roman malheureusement trop banal pour que ce lecteur-ci le recommande. Si vous souhaitez lire Barcelo, et il mérite votre attention, allez voir Le seul défaut de la neige.

Cote 4,5 / 10

Ça sent la banane
François Barcelo
Québec Amérique, 2010
198 pages
24,95 $

Édito gratuit :

Ça sent la banane est un petit roman de même pas 200 pages, et pourtant il se vend 25 $. C'est cher. Les libraires réclament depuis longtemps un prix plancher pour le livre. Mais à quand un prix équitable pour le consommateur ? Au prix payé pour cet ouvrage, je me sens dupé. Sur Amazon.ca, il est à moins de 16 $.

9 commentaires:

Frédéric Raymond a dit…

J'haïs ça les maudites bananes.

richard tremblay a dit…

C'est pas ce roman qui va te les rendre alléchantes.

Pat a dit…

Des bananes.

http://www.youtube.com/watch?v=DSgqkijE9zc

Less a dit…

Aucun bon sang une telle différence de prix sur un titre 2010. Même avec les meilleurs intentions au monde, difficile de bouder les gros joueurs comme Amazone dans ces conditions.

Frost.Blast a dit…

Pour les titres traduits, c'est encore pire. J'ai bossé en librairie quelques années et le pire exemple que j'ai vu :

Fingerprints of the Gods, de Graham Hancock

version original anglaise - 1 volume à 25$ + tx

Version française - 2 volumes à 45$ + tx chacun


On se fait enculer par les éditeurs francophones de manière pratiquement plus violente que par le gouvernement.

Frédéric Raymond a dit…

@Pat J'aime mieux les tounes de bananes version black métal avant-gardiste... Encore par des français par contre.

http://www.youtube.com/watch?v=7DWb7BlS40w

Pat a dit…

Ça m'a réveillé...

Carnival In Coal - Yes, We Have No Bananas

Ça sonne pas français. En fait, je comprends pas les paroles.

Me suis-je trompé de clip?

Frédéric Raymond a dit…

@Pat Non, ce sont bien des français, même s'ils chantent en anglais... En fait, à part le titre, Il n'y a pas trop de rapport avec les bananes... Content de t'avoir décoiffé!

dasola a dit…

Bonsoir, j'ai lu 4 romans de F. Barcelo (paru dans la série noire) en France. J'ai vraiment beaucoup aimé et c'est souvent très drôle. Je ne savais pas que cet écrivain était si prolifique. Peut-être que les lecteurs de France ont bénéficié de quelques uns des bons Barcelo: voir mes billets des 21/01/09 et 01/03/09.