Un blogue qui parle de lectures et d'écriture, sans oublier Benjamin, Suzanne et moi
jeudi 30 septembre 2010
160. Brins d'éternité n° 27
Le 27e numéro de Brins d'éternité s'ouvre sous une superbe illustration à l'italienne (avec la reliure allemande et l'équipe québécoise, c'est l'ONU) que j'ai maladroitement tenté de reproduire au complet ci-haut. Une œuvre de Marc Pageau. Du vrai bonbon pour les yeux, si on me permet ce calque de l'anglais.
Cendrillon et les sept petits lits de Jonathan Reynolds. Quand le destin d'un adepte de Cendrillon croise celui d'un adepte de Blanche-Neige, ça n'a rien d'un conte de fées... Une histoire tordue qui avance bien sur ses rails, mais dont les dialogues souvent maladroits et empruntés viennent gâcher l'impact. 6,5 \ 10
Une dernière enjambée de Pierre-Luc Lafrance. Cet homme qui passe devant chez vous chaque matin à heure fixe, il vous vient l'envie de le suivre un jour... Bien menée, bien observée, mais sans surprise, une histoire qu'on a l'impression d'avoir lu cent fois. 7 / 10
L'enrouleur de temps de Geneviève Blouin. Après avoir commis un vol, un homme tente d'échapper à la police... Voilà un exercice de style joliment ambiguë, en effet, son appartenance à la sf ou non relève de ce que le narrateur trouvera lorsqu'il ouvrira la dernière porte, s'il s'agit de l'enrouleur de temps, nous sommes dans la sf, sinon nous sommes dans le délire. À vous de juger. 8 / 10
La main dans la naine de Marius Mars. Une histoire qu'on ne peut résumer qui mêle avec jubilation : nanisme, marionnettes, phagocytage, possession... Vulgaire, mais pas banal. (Je répète mon offre : deux bières à qui me livre la tête de l'auteur.) 7,5 / 10
Le fils prodigue de Hans Delrue. Valentin est un hédoniste qui entend bien profiter de la fortune de son papa sur Atanas, la planète du jet-set de l'Empire, où le temps s'écoule 80 fois plus lentement qu'ailleurs... D'ordinaire, j'aime bien Delrue, entre autre parce que c'est un auteur qui sait faire les choses, bien présenter les situations, créer des personnages crédibles et qui a un excellent sens du dialogue. Ici, ça ne fonctionne tout simplement pas. La pâte n'a pas levée pour ce lecteur-ci. 5,5 / 10
Le plan de Michel Gingras. Appelés à démolir un mur, des ouvriers ouvrent une brèche dans un tuyau. Une petite fumée verdâtre s'en dégage. C'est de mauvais augure... Pas très original, comme c'est le premier texte d'un jeune auteur, on lui pardonne. Par contre, le traitement est ordinaire et la fin précipitée. 5,5 / 10
Huit minutes trente-deux secondes de Martin Dubois.La première machine temporelle suscite bien des convoitises dans un laboratoire... Sur ce thème éculée, Dubois propose une courte variation intéressante, à la limite du policier. 7,5 / 10
Sang d'elfe d'Alexandre Lemieux. Raguis tente d'utiliser le pouvoir de guérison d'un elfe pour sauver sa mère mourante. Mais les elfes sont des créatures méprisées et difficiles... J'ai aimé ça et c'est de la fantasy ! Lemieux a ficelé une fort bonne histoire, noire à souhait, atmosphérique en diable, qu'il rend d'une manière prenante. Comme quoi on n'a pas besoin de renouveler le genre pour le rendre intéressant. 8,5 / 10
Bref, un numéro sans éclat qui ne passera pas à l'histoire, sauf pour sa très jolie couverture, mais qui compense par huit nouvelles variées et divertissantes.
Cote 7,5 /10
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16 commentaires:
Ouch! Je t'assure qu'on est dans la sf. J'essaie de pas délirer ailleurs que sur mon blogue! :p
J'allais me chercher des excuses en disant "c'était une idée de Vincent", mais je viens de réaliser que c'est ma meilleure note à date... :P
Congrats à Vincent. S'il a d'autres idées de ce genre, il peut les refiler ici par exemple... ;-)
Un numéro plus lambda dirait-on chez nous, quoiqu'assez plaisant à lire quand même. Je m'interroge aussi sur Marius Mars, non pas sur son identité, mais davantage sur la cohérence du texte avec la ligne édito de la revue. Peut-être une lointaine connotation fantastique ? Et encore...
Je te trouve un peu sévère avec monsieur Delrue, sinon, dans l'ensemble, je partage tes impressions sur ce 27e opus.
Un autre bravo à Brins.
El Kèb E. Coi
Merci l'Ermite! :D
Quoique je préfère refiler mes idées à Gen puisque j'ai l'impression d'influencer plus ce qui s'écrit! :P
Ouais, influencer, comme dans "Tu travailles-tu sur mon histoire là? T'as-tu eu une idée? J'peux-tu lire?"
(Une chance que je l'aime ;p)
@Gen et Vincent : Je trouve ça génial que vous travaillez ensemble. C'est pas le genre de mon chum de me soumettre des idées. Il ne se propose pas non plus pour lire mes textes.
@Isabelle : Je l'ai pas marié pour rien ;) Sans blague, je trouve ça génial moi aussi. (Imagine, je me sens isolée malgré son intérêt, alors j'imagine pas ce que ce serait sans). En échange, je lui dis quand ses niveaux de jeux vidéos ont l'air fous ;p
Je n'ai pas encore terminé la lecture du 27e numéro, mais à date je partage ton opinion sur les premiers textes de la revue.
Et j'ai bien ris avec ton allusion à l'ONU! :D
Puis pour Marius Mars, j'ignore aussi qui il est, mais je trouve quand même raffraichissant qu'on essaie "autre chose" que de la pure SF/Fantasy et autre... de l'insolite et du bizarro une fois de temps à autres ça ne fait pas de tort disons! ;)
@Isabelle: C'est vraiment plaisant en tout cas d'avoir une écrivaine personnelle! :)
Merci Richard pour ta critique. J'espère que mes publications futures iront en s'améliorant et te plairont mieux.
Ô rage, ô désespoir etc. Bon, il ne me reste plus qu'à faire mieux la prochaine fois. Merci Richard pour les 3 lignes de compliments avant de décocher la mauvaise note ;)
Hans, 5,5 c'est pas une mauvaise note. C'est une note moyenne.
Je me rends compte maintenant de ce qui m'a agacé dans le Fils prodigue, ce sont les marqueurs de dialogue qui reviennent à chaque ligne : marmonna-t-il, poursuivit-il, lâcha-t-il, and so on and so forth...
Parce que tu évites ça de façon générale (et pour d'autres raisons bien entendu), je trouve que tu es un dialoguiste de premier ordre.
Merci de votre appréciation de mon travail, Richard !
« Du vrai bonbon pour les yeux... »
C'est probablement parce que les couleurs du robot se rapprochent de celles des bonbons Life Savers ?
;0)
Jonathan Reynolds a écrit :
Merci Richard pour la critique! :-)
Encore une fois : les maudits dialogues! ;-)
Jonathan : Faut pas te mettre martel en tête pour ça, j'espère. Mon opinion ne reflète que mes goûts personnels.
Pis, quoique j'en dise, les dialogues doivent être quand même pas mal, elles ont passé le test de Guillaume Voisine, qui est un bien meilleur juge que moi sur ses affaires-là.
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