lundi 2 août 2010

149. Le seul défaut de la neige - François Barcelo

Ce court roman de Barcelo a déjà été commenté chez François et chez Pat qui en ont dit chacun tant de bien que le commenter à nouveau serait inutilement répétitif. Si vous voulez savoir tout le bien que je pense de ce romanticule, allez voir chez les blogueurs ci-haut. J'adhère totalement à leurs propos.

Barcelo écrit beaucoup, voire beaucoup trop, généralement un (petit) roman adulte par année. Son œuvre assez considérable compte plusieurs romans avec lesquels il faut compter : Agénor, Agénor, Agénor et Agénor, Les Plaines à l'envers, Je vous salue, Marie, Vie sans suite, Aaa, Aâh, Ha ou les amours malaisés, Le Voyageur à six roues... Depuis le début du millénaire, il était dans une phase moins intéressante et ses derniers six ou sept romans souffraient de tiràlaligne, une forme d'urticaire propre à l'écrivain essoufflé. Le seul défaut de la neige marque un beau retour à la forme. Sur une intrigue minimaliste, cousue de fil noir (si j'ose dire), on suit la spirale infernale et drolatique d'un personnage naïf et plein de bonne volonté, pas très fûté, qui s'enfonce dans un écheveau de problèmes tissé par le destin au plus grand bonheur du lecteur. Yanick Casault est un anti-héros typique de Barcelo.

Ce qui étonne de cette nouvelle collection, c'est son format. Audacieux, diront certains. Ridicule, diront d'autres (dont je). Ma parole, les éditeurs ne savent vraiment plus quoi inventer pour endiguer l'hémorragie de lecteurs et tenter de les ramener vers le livre papier.

Voilà que nous avons maintenant droit au livre style format CD de musique. (Choix éminemment discutable, voire ironique, quand on sait la désaffection des acheteurs vis-à-vis du CD, mais bon, il semble qu'il y ait un petit connard au marketing qui s'est aperçu que les acheteurs de CD aimaient bien lire les notes qui viennent sous forme de petits bouquins brochés. Wow ! s'est-il dit, estomaqué. Les gens aiment lire les pamphlets de CD. Et hop ! Kompak naissait dans son cerveau fiévreux. Kompak, la collection qui ressemble à un CD. (Soyons quand même heureux que le petit connard au marketing n'ait pas remarqué que les gens lisent aussi les côtés des boîtes de céréales, parce qu'on se serait retrouvé avec une collection rivalisant avec les grosses boîtes de Corn Flakes.)

Je fais un pari avec vous. D'ici deux ans, Kompak aura retrouvé une allure plus normale. Pourquoi ? À cause de ceci : imaginez un présentoir de livres standard, en treillis, le genre qui tourne. Ça existe encore, je vous jure. Mettez-y un Coups de tête, on voit le livre; maintenant, mettez-y un Kompak, pfiou, il disparaît !

C'est pas le petit connard au marketing qui a pensé à ça, il ne lit pas, ce crétin-là, à l'exception des livres de Malcolm Gladwell. Imaginez un peu le slogan : Kompak, le livre qu'on ne voit pas dans les racks ! Aussi, essayez d'imaginer ce que ce sera que de tenir entre ses mains un Kompak quand le format passera à 200, puis à 300 pages, comme chez Coups de tête, la collection avec laquelle elle rivalise. Ce qui est exotique et génère un buzz aujourd'hui révélera bien vite tous ses défauts.

Deux ans, je vous dis. Foi d'ermite.

Cote 8,5 / 10. Vivement recommandé pour une bonne heure et demie de sourires et de rigolade.

Le seul défaut de la neige
François Barcelo
XYZ, coll. Kompak, 2010
143 pages
14,95 $

2 commentaires:

Pierre H.Charron a dit…

J'ai lu ce roman aussi dans mes vacances et j'ai beaucoup aimé.
J'adore le genre absurde du récit et le côté naif du personnage. Une belle lecture.

Gen a dit…

Lolololol! Pauvre ti monsieur du marketing :p Il se le fait dire en tout cas que son format a pas d'allure!

Cela dit, je comprends pas comment ça se fait que les livres ne sont pas depuis longtemps standardisés en trois formats : BD, grand format, format poche.

Ça nous ferait des belles bibliothèques et on serait pas obligés de se casser la tête avec les espacements de tablette quand on achète un livre qui se révèle faire 1 centimètres de plus que les autres en hauteur!

(Coups de tête, je les retiens eux-autres : y'a pas un de leur livre qui est de la même taille que l'autre!)