Biscuit chinois est une revue de littérature populaire; que des nouvelles, pas de critiques de livres, pas de commentaires philosophiques, que de la fiction. Chaque numéro est thématique, ici, c'est hôtel/motel. (Le site de BC est ici.)
Qui aura la peau de Panzer Bishop ? de Geneviève Blouin. Le président d'une ligue de combats extrêmes cherche à en redorer l'image par des moyens... extrêmes. La classique histoire de l'arroseur arrosé, version arts martiaux mixtes, en plus angoissant. Bien fait, mais ce lecteur-ci aurait aimé en savoir plus sur ce lutteur vieillissant et bedonnant (pensez Rocky) que sur le président qui n'est, au fond, qu'une fripouille de la pire espèce. Si l'auteure n'évite pas les clichés, il faut reconnaître qu'elle sait manier sa barque avec dextérité. 7 / 10
Cuba libre de Cathy Bazinet.Une touriste à Cuba prend conscience de le triste réalité d'un pays où un portier d'hôtel est plus riche qu'un neurochirurgien. Assez réussi, mais il y a du paternalisme dans l'attitude de cette touriste qui ne sait plus comment réagir. 6 / 10
Dodge Motel de Marie-Jeanne Gagné. Un jeune homme en panne d'auto fait une rencontre qui scellera une amitié. On nage dans le bon sentiment et l'utopie psychologique, ici. Pas vraiment réussi à cause du côté gnangnan des personnages, mais d'une lecture somme toute agréable. 5 / 10
Monsieur Stone d"Annie Cloutier. Dans un futur dystopique, une femme a un vague-à-l'âme sexuel qu'elle tente de combler au motel de Monsieur Stone. Une nouvelle de sf assez solide. Un style hachuré qui fourmille de petites idées. Une fin qui nous ramène joliment au point de départ. 8 / 10
Denise de Mélanie Jannard. Cadotte est un sans-abri désinstitutionnalisé, sa trajectoire va rencontrer celle de Mélanie. Yowzie ! Quel texte ! Solide, original. Ancré dans le ici et maintenant, sans fioritures. Émotions fortes à la clé. Il faut surveiller Mélanie Jannard, elle a un talent incroyable. 9,5 / 10
Le plaster de Simon Thibault. Un gars et une fille vont au motel consommer le début de leur séparation lente. Une bonne idée qui n'est pas portée par des personnages; on sent la fascination de l'auteur pour son idée, au détriment d'un peu de tout le reste. Froid. 6 / 10
En guise de remerciement d'Ulysse Hubert. Un suicidaire loue une chambre dans un motel tenu par un couple qui a un secret bouleversant à partager. Une nouvelle tout à fait réussie, où l'humour est subtil et charmant. Ce lecteur-ci en redemande. 8,5 / 10
Nuit blanche d'Aude Maltais-Landry. Par une tempête de neige dans un petit village du Grand Nord (à ce qu'il m'a semblé), une jeune femme attend un ami et observe la vie autour d'elle. Sur un canevas simple et avec des repères minimalistes, l'auteure crée une nouvelle fortement atmosphérique, peut-être même trop; parce qu'il m'a semblé que les meilleurs moments de ce joli texte étaient ceux qui étaient empreints du réalisme le plus prosaïque (la scène du grilled-cheese, par exemple). 7,5 / 10
Au final, une lecture extrêmement satisfaisante, un numéro que je recommande d'emblée. J'ai beaucoup aimé. Tiens, je m'abonne... De la bonne littérature avec de jeunes auteurs d'ici bourrés de talent, que peut-on demander de mieux ?
Cote 7,5 / 10

17 commentaires:
Commentaire 1 : Chanceux, t'as reçu ton numéro toi! (Moi j'attends toujours mes exemplaires...)
Commentaire 2 : Hum, si le combattant bedonnant t'a donné une impression façon Rocky, je ne l'ai effectivement pas assez développé... j'avais plutôt en tête un motard style bagarreur de bar vieillissant ;)
Enfin, je savais en l'envoyant que c'était pas mon meilleur texte, mais je peux vivre avec ;)
Je l'ai acheté chez Renaud-Bray.
Pas ton meilleur texte !? Wow, je donnerais mon bras droit (non, disons le gauche) pour en écrire un comme ça. Y a juste le côté cliché des perso (enfin surtout du préz qui m'a interpellé). Autrement c'est un bon texte de genre, qui mérite pleinement sa publication et que j'ai aimé lire.
Wow, effectivement, Panzer Bishop n'a pas du tout le genre physique de Rocky... Probablement que sachant exactement de quoi il a l'air (puisqu'inspiré d'une vraie personne) la description était prise pour acquise et facile à reconnaître? Je suis tenté de mettre un lien vers une photo du "vrai" Panzer Bishop. :P
PS: Je suis jaloux aussi! J'ai hâte de le voir ce BC!
lololol! Ce qui est comique avec ces persos, c'est qu'ils sont très fortement basés sur de vraies personnes ;p (Tellement que si le texte était traduit en anglais, je risquerais des poursuites! lol!)
Encore une preuve que la vie n'est pas soumise à la direction littéraire. :p
Cela dit, je le relis et je le trouve bourré de défauts ce texte (surchargé d'adjectifs au départ, entre autres). Pas indigne d'avoir été publié, mais je peux faire mieux. (Et toi aussi, essaie pas!)
@Vince : Envoie-le à Richard en privé, mais pas sur le blogue svp :p J'ai pas envie de recevoir des mises en demeure! lololol
Roy Nelson ou butter bean?
Ah pis... J'suis moins subtile que ça : "Tank" Abbot. :p
Gen, Vincent : Mes connaissances en UFC, MMA et autres organisations et ses lutteurs étant minimes, je me suis rabattu sur mes propres repères en matières pugilistiques.
Rocky, c'est iconique, et tout le monde peut l'identifier facilement, moi y compris. Le Rocky du premier film bien entendu, gras et pugnace, sans style mais invincible... On voit le genre !
Pour la photo, je suis preneur ! Tu connais mon courriel.
Juste à faire une recherche pour Tank Abbott dans Google. (Maintenant que Geneviève a vendu la mèche)
Pour l'individu, j'ai été voir voir sur internet. Hé hé. Une vraie bête de scène. Un personnage.
Je vais me coucher quoi ? Moins niaiseux.
He he
Think about that
@Richard : Le problème avec Abbot, c'est qu'il n'avait même pas le feu du Rocky du premier film. Il était juste débile. Il aimait blesser ses adversaires.
Bref, après avoir écouté trop de ses combats, j'ai décidé de l'assassiner et ça a donné ce texte-là! hihihihi ;)
Mais quel personnage de fiction ça pourrait être quand même !
Un recueil à faire : Les frasques de Panzer. Panzer's Blitzkrieg.
Je vais éviter de lire cette critique, la revue vient d'arriver dans ma boîte aux lettres!
@Richard : Ce qui est fantastique avec l'univers du MMA, c'est que les personnages sont tous plus grands que nature. Comme à la boxe, je suppose, mais il y a davantage d'extrêmes, parce que le karatéka hyper respectueux y côtoie le lutteur qui aime insulter le public :)
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