Chapitre 1 - Larguez les amarres
C'est avec un minimum de bagages, un début de rhume (merci Benjamin) et en compagnie de Pat Isabelle que je prends la 40, samedi en matinée, direction le gros village. Le temps est frisquet, le plafond nuageux mais la route est belle et la conversation agréable. Dans le temps de dire, 3 h 15, nous sommes à Québec. Il est midi. Le temps d'aller confirmer nos réservation de chambres à la résidence étudiante de l'université de Laval, de se dépatouiller dans le dédale des rues de Québec (mais ils font exprès ou quoi pour enfiler des serpentins de rues les uns les autres et de changer les noms à chaque intersection) et nous voilà au congrès Boréal !
Chapitre 2 - Boréal
Ce qui me surprend d'abord, c'est l'abondance de visages connus. Ma foi, ils me sont presque tous familiers. Je fais le tour. Quelques personnes poussent même la gentillesse jusqu'à me reconnaître. (Par contre, j'en vois deux qui m'ignorent os-ten-si-ble-ment, ah-ha, je ne rêve pas).
J'assiste à ma seule table ronde la journée, sur les zombies, animée par Philippe-Aubert Côté (impeccable, mais difficile à comprendre car sa voix ne portait pas). Les panélistes étaient Éric Gauthier, Ariane Gélinas, Valérie Bédard et Jonathan Reynolds. On a surtout parlé des zombies style Roméro et moins des nouvelles tendances qui tendent à donner plus tonus ou de personnalité à nos amis les morts-vivants. Informatif.
Pendant qu'Ariane, Valérie et Jonathan papotent et rigolent, Éric Gauthier se transforme sous nos yeux en mort-vivant. Philippe-Aubert, qui ne croit pas aux zombies, rate une belle chance de sauver la planète d'un nouveau fléau en ne décapitant pas Éric sur le moment.
Chapitre 3 - Une occasion ratée
Pour souper, une grosse gang de boréaleux se ramasse au Greco, le restaurant semi-chic de l'hôtel où se déroule le reste de la soirée.Pour mon malheur, et celui de la tablée où j'ai pris place, le stress d'être entouré de tant de monde, la fatigue accumulée (trois heures de sommeil la nuit précédente), le rhume et la congestion nasale font de moi un partenaire morose et fichtrement silencieux. Mes excuses à Pat, Jean-Louis, Thibaud, Marcelle et, surtout, Sylvie Lainée.
Chapitre 4 - Racontures et une bière de trop
Repu, je descend à la salle de réception (là où le plafond s'est écroulé récemment, mais les débris et les cadavres ont été retirés et ma curiosité morbide fut insatisfaite). Ça commence par une lecture publique de deux nouvelles par Jonathan Reynolds; formidable performeur, il a bien rendu ses deux textes et tout le monde a été bien déçu quand une contrainte de temps l'a empêché de nous livrer son troisième texte, inédit celui-là. Jonathan a été suivi par Michèle Laframboise qui a lu un extrait de sa nouvelle à paraître dans Solaris, un texte d'une écriture plus soutenue et avec des concepts nettement plus abstraits qui m'a moins accroché. Mais peut-être la sf se prête-t-elle moins bien à la lecture publique en raison justement de l'abstraction qu'elle exige de son lecteur. Mon grain de sel.
J'ai soif et je prends une bière dont je cale la moitié très vite. Erreur : bière, stress, fatigue, Sudafed et Motrin ne font pas bon ménage. J'ai maintenant le cœur sur le bord des lèvres. Suit le match d'impro entre les équipes de Dave Côté et de Sylvie Bérard. Très drôle avec des mentions d'honneur à Dave, Pierre-Luc Lafrance et Éric Gauthier. L'arbitre a reçu deux souliers par la tête, et c'est bien fait pour lui.
La soirée se termine ici pour moi. Je vais me coucher avec l'impression que je vais tomber comme une masse. Il est 21 h.
Chapitre 5 - Un chip au ketchup
L'université de Laval ne veut pas que les étudiants s'attardent aux études bien longtemps, ainsi donc elle met à leur disposition des chambres qu'on a juste hâte d'abandonner tant le confort y est microscopique. Toilettes et douche communes non chauffées, matelas dur, sommier en plywood ¾. Enfin, à ce prix-là, on ne va pas se plaindre. Mais disons que le gars qui pensait dormir en se couchant tôt, bien, à deux heures du matin, il ne dormait toujours pas, incapable de trouver une position de sommeil. De guerre lasse, je suis descendu me chercher quelque chose à grignoter et je me suis retrouvé au lit à deux heures et demie du matin à boire du pepsi et manger un petit chip au ketchup en relisant une nouvelle inédite de Pierre-Luc Lafrance. Souvenir agréable, celui-là.
Chapitre 6 - Le jour d'après
Avec quatre heures de sommeil sous la paupière et deux cafés dans l'estomac, j'assiste aux premières tables rondes de la dernière journée de Boréal. La première sur les fanéditeurs avec Carl Rocheleau (La petite Bibliothèque bleue), Pierre-Luc Lafrance (Ailleurs), Carmélie Jacob (Brins d'éternité), François-Bernard Tremblay (Clair-Obscur) et Jonathan Reynolds (Nocturne). Discussion extrêmement enrichissante grâce à un panel allumé. La deuxième sur la direction littéraire était animée par Sylvie Bérard avec Jean Pettigrew, Yves Meynard, Joël Champetier et Guillaume Voisine. On a tous bien rigolé.
Puis il y a eu le lancement d'Aquilon de Carl Rocheleau. L'auteur est extrêmement sympathique et son roman est une totale réussite. À lire.
À partir de midi, les congressistes ont commencé à quitter les lieux par petites grappes. On a dit au revoir à Pierre et Chantal (J'ai oublié ton timbre, Pierre, mais on va se reprendre). Puis j'en ai profité pour jaser plus longuement avec Pierre-Luc et François-Bernard (c'était le congrès des prénoms composés), René Beaulieu (à qui je souhaite un rétablissement complet), Michèle Laframboise, Benoît Bourdeau, Guillaume Houle (qui m'a annoncé une mauvaise nouvelle), Claude Janelle, Joël Champetier, Jean Pettigrew... De peur d'en oublier, j'ose à peine nommer ceux et celles que j'ai simplement croisé et avec qui j'ai échangé un mot ou parfois quelques phrases : Isabelle et Martin, Jonathan, Dominic Bellavance, Éric Gauthier, Ariane et Frédérick, Marie Laporte, Paul Legault, Jean-Louis Trudel, Luc Dagenais, Dave Côté, Émilie Lévesque, Michel Gingras, Yannick Comeau, Carl Rocheleau, Frédéric Raymond, Daniel Sernine, sans oublier le concierge du Cegep que j'ai pris pour un congressiste...
Ce blogue-ci était en nomination pour un prix Boréal dans une catégorie dont j'oublie le nom. J'ai donc assisté à la (heureusement) courte cérémonie de remise des prix. Brins d'éternité a gagné. Damn you, Brins d'éternité ! me suis-je exclamé in petto. J'aurai ma revanche !
Chapitre 7 - Le retour
Combien naïf je suis. Comme ça avait pris 3 heures 15 pour monter à Québec, je pensais que ça prendrait un temps assez similaire pour revenir à la civilisation. Ha ha ha ! On ne quitte pas la « Capitale nationale » comme on veut. De détour en travaux autoroutiers, j'ai remis les pieds à la maison 4 h 45 plus tard. 90 minutes de différence.
L:e trajet de retour s'est déroulé malgré tout à la vitesse de l'éclair grâce à Geneviève, une verbomotrice éclectique, et à Pat, un homme aux propos rares et pertinents.
Mais comme j'étais heureux de retrouver Suzanne et Benjamin.
Épilogue - À la maison
Voilà ce qui m'attendait -- surprise, surprise-- à la maison, comme quoi il ne faut jamais s'éloigner trop longtemps.
Une petite chienne de six semaines qui nous a été donnée, mélange de Bouvier bernois et de Mastiff, nommée D'amour par Benjamin : comme dans Mon p'tit chien d'amour.

15 commentaires:
J'espère que ce ne sont pas mes indications routières qui vous ont causé des problèmes pour sortir de Québec! Quoi qu'il en soit, ce fut bien agréable de discuter avec toi.
Verbomotrice, mouah!?!? ;p
Fallait bien que je me reprenne : sachant qu'on revenait ensemble, je vous avais presque pas parlé pendant le congrès ;)
Jonathan Reynolds dit : Wow! Très bon roman, que ce « Roman de Boréal », c'est le meilleur que j'ai lu depuis un bout de temps! ;-)
Ça a été un plaisir de s'échanger quelques mots au cours du Congrès et vraiment content que tu aies aimé mes lectures! :-)
Ma nouvelle accroche pour vendre des livres : à lire avec des chips et une liqueur, les nuits d'insomnie...
Au fait, bien content d'avoir pu te parler plus longuement.
...et en évitant de décapiter Éric Gauthier, j'ai aussi laissé vivre un concurrent littéraire avec laquelle toute la relève littéraire ne pourra que difficilement rivaliser...
Damn!
Très drôle, ton roman de Boréal! Encore une fois, je constate que le dimanche était LA journée du congrès... Faudra que je garde ça en tête pour l'an prochain!
Bien contente de t'y avoir rencontré même si, comme tu dis, ce fut très bref! Qu'à cela ne tienne, il y a la blogosphère et des congrès Boréal, si Dieu le veut, nous en aurons à chaque année... ;)
Un jour je serai des vôtres...je voulais sincèrement être présente cette année mais mes enfants étaient chez moi en fin de semaine...Ce sera pour une prochaine fois !
Hé Hé Le premier roman numérique de l'Ermite 2.0 !!!!
Content de t'avoir revu et ce n'est que partie remise pour...le timbre ;)
Super le nouveau bébé. Bien hâte de lui flatter les poils.
Ne t'excuse pas pour le repas; tu étais en compagnie de redoutables bavards. Si j'avais eu un peu plus de temps (hmmm, quel idiot avait donc attribué une seule petite heure pour souper? ah oui, tiens, c'est moi...), on aurait sans doute pu jaser un peu. Mais j'étais un peu pris par mes responsabilités de Gentil Organisateur... Ce fut un plaisir de te voir, en tout cas, en espérant te revoir l'an prochain à Mont(bo)réal.
Comme elle est adorable. Est-ce que Pogo s'entend bien avec elle?
Excellent roman... je vois que j'ai raté un excellent week-end et quelle belle surprise à ton retour ! A-do-ra-ble !
Vraiment beau résumé de ce Boréal 2010. Je suis content de t'avoir rencontré aussi Richard. Il y avait beaucoup de monde et ce fut difficile d'accorder autant de temps à tous et chacun, mais on se reprendra bien.
Richard: Content d'avoir pu te serrer la pince, à tout le moins. (Je n'ai jamais le temps pour discuter autant que j'aimerais, c'est dans la nature de ce type d'événement.) Compte-toi chanceux que je ne t'aie pas mordu. Le panel sur les zombies a réveillé mes ardeurs; je suis de retour à Sherbrooke où je compte bien répandre l'infection au point où on pourra se croire dans le Trois-Rivières de Mathieu Fortin.
Philippe-Aubert: ne t'en fais pas, les zombies ne sont pas réputés pour les prouesses littéraires. Un zombie ne pense qu'à une chose, après tout. Un scoop: dans mon prochain roman, tout le monde se fait dévorer à la fin. Et dans le suivant, et dans l'autre ensuite...
Salut en retard!
bon roman et j'ai eu de la chance de pouvoir me rendre à Québec cette année!
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