lundi 1 mars 2010

130.Toujours vert - Jean-François Poupart

En 2018, les icônes du rock qui n'ont pas encore succombé à leurs années de sex, drugs and rock 'n' roll sont des vieillards. Leur maison de retraite : Evergreen, une gated community du sud de la Floride, ultime rempart de l'éternelle jeunesse et du faux-semblant. Lorsqu'un matin on découvre le cadavre de Jon Lord dans la piscine de Lou Reed, le maire décide de faire appel à un enquêteur : le caractériel Mike Burns. Son mandat ? Démontrer qu'il s'agit d'un accident. Déjà qu'on aime pas mourir à Evergreen, s'il fallait en plus qu'on y soit assassiné... (Extrait de la 4e de couverture)

Ce lecteur-ci n'a pas été capable d'accrocher à cette histoire pourtant prometteuse. Tant à cause du narrateur qui n'a pas emporté mon adhésion que par le ton général du roman qui oscille entre cynisme implacable, petits potins à la Échos Vedettes et une enquête qui n'est pas toujours un modèle de limpidité (à cause de la mémoire défaillante du narrateur et des procédés litotiques employés par Poupart).

Certaines descriptions sont incisives, certaines observations sont bang sur la cible. Il y a un déboulonnage par moments jouissif du culte de la vedette (pour ne pas dire du cul de la vedette, lisez, vous comprendrez, bien que la fesse soit un élément négligeable du roman). Mais ce déboulonnage sombre parfois dans la surenchère cynique, voire dans une espèce de règlement de comptes avec ces immenses icônes populaires, et là, trop c'est comme pas assez. L'auteur aurait été bien inspiré de moduler son registre un tout petit peu.

Et les trips de drogue, la réalité altérée longuement décrite, encore là, trop, c'est trop. Modération, svp. En somme, un roman qui aurait tout eu pour être férocement original et mémorable, et qui finalement se révèle être une gourmandise appétissante mais beaucoup trop acidulée pour qu'on souhaite la partager avec des amis.

Quand même, il y a du bon ici. Recommandé avec réserve.

Cote 6,5 / 10

Toujours vert
Jean-François Poupart
Coups de tête, 2009
109 pages

5 commentaires:

Gen a dit…

Je l'ai lu aussi il y a quelques temps. Pas aimé du tout. Narration éclatée + descriptions de réalité altérée + enquête qui ne fait aucun sens = forte impression que l'auteur a écrit n'importe quoi.

Bien écrit, je précise. Mais n'importe quoi tout de même.

richard tremblay a dit…

Je me demande s'il est le fils de Jean-Marie Poupart, un merveilleux écrivain dont il faudrait que je parle.

C'est vrai que c'est quand même bien écrit, les failles sont ailleurs.

Alamo a dit…

Si ma mémoire fait pas défaut et pour avoir rencontrer le type, c'est un poète qui publie chez "Poète de Brousse"...

D'où peut-être l'impréssion d'absurde et d'une histoire faible?

Vincent a dit…

Personnellement, ça me donnait l'impression de lire un équivalent du film "Fear and loathing in Las Vegas". À un moment donné, ça ne fait plus ni queue ni tête à cause de la dope et de l'état mental du narrateur. Je n'ai pas aimé ni le film ni le livre...

richard tremblay a dit…

Tiens, il semble que Jean-François et Jean-Marie Poupart étaient cousins.

C'est malheureux que Jean-Marie soit tombé dans l'oubli, il a écrit des romans vraiment, vraiment bons. Entre autres, L'incident du rang St-Roch et Bon à tirer.

Vincent : le film m'a donné le goût d'éviter le livre et de ne jamais lire Hunter Thompson...