Elle est belle en sacréfice, cette septième livraison de Clair/Obscur. Quelle splendide couverture ! Allons voir le contenu. À tout saigneur tout honneur, commençons par les trois fictions :
Conversation téléphonique entre George A. Romero et Dario Argento de Robin Aubert. Romero et Argento discute le bout de gras au téléphone. Tout y passe : la progéniture, la postérité, le cinéma, les remakes, les potins... Hé hé, je ne connais ni l'un ni l'autre, sauf de nom, mais je me suis beaucoup amusé à lire les réparties très naturelles, teintées de vernaculaire québécois (on voit que l'auteur est scénariste). 9 / 10
Vidéocom(n) de Jonathan Reynolds. Le narrateur et un acolyte sont en train d'empaqueter le stock d'un club vidéo de quartier en faillite lorsqu'ils sont attaqués par des pourfendeurs de grande chaînes vidéo. Mais l'acolyte se relève de la mort, c'est un zombie qui s'en prend aussi au narrateur... Texte rigolo et parano joliment réussi, si ce n'est des dialogues qui manquent de naturel. Autrement, c'est chouette. 6,5 / 10
Avoir su... d'Émilie C. Lévesque. Véronique a tué son frère parce qu'il a abusé de sa meilleure amie, Brigitte. Mais est-ce vraiment pour cette raison ? Voilà un texte qui aurait bénéficié d'être retravaillé très sérieusement, parce qu'en l'état c'est bâclé. Si l'histoire elle-même a du mérite, la manière de conter est si lourde et maladroite (anglicismes, phrases bancales, répétitions, effets appuyés, dialogues explicatifs, impropriétés) qu'elle risque de décourager même le plus persistant des lecteurs. Ce qui manque surtout, c'est que l'auteure fasse confiance au lecteur et ne lui mâche pas les idées à coups d'effets qui manquent de finesse. 2 / 10
Une très intéressante entrevue avec Éric Bilodeau, réalisateur de Hunting Grounds, film de zombies québécois, ouvre le bal. Un régal. François-Bernard Tremblay est un remarquable intervieweur et les réponses de Bilodeau sont du bonbon tant elles sonnent justes. Seul très léger bémol : à quatre pages largement illustrées, c'est court.
Un gros volet d'excellents commentaires de livres, dont une seule n'est pas totalement originale, puisque repiquée et remaniée du blogue disparu de Lévesque.
Les illustrations intérieures de Gabrielle Leblanc montrent l'étendue de son talent. Pour illustrer chacune des nouvelles elle nous offre successivement un double portrait, un faux dessin horrifique et un autre d'atmosphère. J'ai particulièrement été sensible à la silhouette désarticulée d'Avoir su...
En somme un très bon numéro, bien que ce lecteur-ci maintienne que le texte de Lévesque aurait dû être retravaillé en profondeur et que cette responsabilité incombait à la direction de la revue.
7,5 / 10
Juste une petite chose avant de clore. En français, on ne met pas un croisillon pour signaler un numéro, genre #7. Il s'agit d'un signe numérique américain. On met : n°.

2 commentaires:
Merci de ton commentaire, Richard. Je suis certain que Gabrielle appréciera ton opinion sur ses dessins!
Ah! ça tombe bien: je viens d'aller faire mon magasinage chez Clair-Obscur, et je vais en recevoir plusieurs numéros sous peu.
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