vendredi 12 mars 2010

133. Mamba - Jean Beaudry

Alors que les préparatifs du rassemblement populaire de la St-Jean-Baptiste au Stade olympique vont bon train, un mamba s'échappe du cargo sur lequel il avait été embarqué dans un panier de fruits et va semer la terreur à Montréal. Un journaliste enquête, la police est sur les dents, le maire de la ville ne sait plus où donner de la tête. Un affrontement terrible se prépare...

(Comme tout le monde sait, le mamba est un serpent au venin extrêmement toxique et au comportement territorial agressif. Ce n'est pas le genre de bestiole qu'on garde chez soi avec minet et pitou dans le but de le cajoler sur ses genoux le soir devant la télé.)

Les personnages sont en papier à bricoler. Ils sont animés de réactions consternantes. Les personnages principaux ne laissent pas une forte impression dans l'imaginaire du lecteur. Ce sont des clichés ambulants.

Quant à l'intrigue, elle est cousue de fil blanc. De la première à la dernière ligne. Avec une finale télégraphiée qui ne surprendra personne. 

Ce thriller d'horreur s'embourbe dans de longues scènes inutiles qui exaspèrent le lecteur le plus indulgent plutôt que de faire haleter; c'est donc l'antithèse d'un thriller.

Ce qu'il faut souligner de Mamba, c'est le désir de l'auteur d'insérer une intrigue sociopolitique dans l'histoire. Ce n'est pas réussi (loin de là), mais il se mérite un bon point pour avoir essayer.

En somme, c'est mal écrit et mal foutu. On oublie de le lire.

Note 2 / 10

Mamba
Jean Beaudry
Héritage, 1979
173 pages

12 commentaires:

Pat a dit…

Est-ce une réédition?

Gen a dit…

lol! En partant, la couverture me fait penser à celle des vieux Bob Morane de mon papa, alors faut pas espérer des miracles! hihihihi ;)

richard tremblay a dit…

Pat : Non, c'est l'original de 1979. Mais, repris et réécrit, il y aurait de quoi faire un Coups de tête, avec venin.

Gen : 'Les Bon Morane de mon papa...' Whoa whoa whoa, jeune fille. J'ai été élevé aux Bob Morane. Il fut un temps oû j'avais presque la totalité de la collection. Qu'est-ce que c'était bon ! Surtout la série de l'Ombre Jaune.

claude b. a dit…

Et les Chasseurs de dinosaures!

En fait, c'était l'époque où on apprenait des choses et des mots dans la littérature pour la jeunesse.

Alamo a dit…

Claude, maintenant on apprend à désobéir aux règles, à sortir sous une cape d'invisibilitée la nuit et à sauver le monde à grand coups de sort "expeliarmus".

;)

claude b. a dit…

On peut même se permettre un pas de danse avec une goule.

Anonyme a dit…

Ou une p'tite branlette avec la louve des SS... Ah, non ! là, désolé, j'crois que j'me trompe de collection.

El Kèb E. Coi

Gen a dit…

Hihihi! Ok, j'admets que la série de l'Ombre jaune, c'était quelque chose ;) Mais avouez qu'il y en avait de très moyens! lol! (dans la collection de mon père, ils étaient faciles à remarquer : c'était ceux dont la reliure semblait encore neuve).

Pour ce qui est des modèles présentés et du vocabulaire, je dois admettre que c'était nettement mieux que maintenant (pour les gars à tout le moins).

J'essaie encore de comprendre qui a décidé que les romans pour ados devaient avoir des héros ados... Quand j'étais ado, je voulais devenir une électronicienne et une "martial artist" comme Yoko Tsuno (j'en ai réalisé la moitié ;). Les jeunes filles d'aujourd'hui, elles veulent devenir semblable à qui? Bella? Hermione? Ou la dernière cruche de la téléréalité en vogue?

richard tremblay a dit…

Tous ceux qui ont trente ans et plus ont été élevés aux héros adultes : Bob Morane, le Capitaine Biggles.

Le succès des séries ado modernes, c'est qu'elles s'adressent à des adultes qui ne lisent pas qui achètent des livres pour que leurs enfants lisent. La culture du bon sentiment. Et ces gens-là, qui n'ont jamais lu, qui n'ont jamais éprouvé le plaisir de la découverte et de la projection, s'imaginent qu'il n'y a rien de tel pour l'identification du soi que la littérature qui réduplique soigneusement la réalité des jeunes, et donc ils achètent des romans avec des héros ados qui ont des problèmes d'ados.

C'est aussi un réflexe de protection. Bob Morane, pour prendre cet exemple, nous confrontait à un monde adulte riche en aventures, mais aussi très dur, implacable, noir finalement... C'était des romans qui servaient de mise en garde. De façon générale, avec les romans ados contemporains, on évite cet aspect des choses.

Mon grain de sel.

Gen a dit…

J'aime bien ton explication. La littérature-miroir du moment serait donc un produit de la foutue surprotection des jeunes...

Ça donne l'espoir que ça finira peut-être par changer.

François Bélisle a dit…

J'ai vogué entre Morane (exclusivement des ombres jaunes) et Les six compagnons. Faut croire que j'ai davantage retenu ces derniers dans l'écriture...

Tiens, je vais ajouter un grand roux.

Nous étions des vrais gars en nous donnant des coups dans le plexus! Bob avait ce genre d'influence aussi

richard tremblay a dit…

Un grand roux avec un accent ! Yes sir.