Ce type-là est vraiment convaincu de la justesse de la cause nationale-socialiste. Je dois admettre avoir été un peu ébranlé. C'est une chose de lire un essai sur le nazisme, ou les mémoires édulcorés des commandants d'état-major, mais ici on est dans le vif du sujet, avec un jeune homme véritablement convaincu de la supériorité de la race aryenne sur les Untermenschen bolchéviques et sur les hordes asiatiques. Haine qui va croissante alors que les forces soviétiques, composées en bonne partie de combattants Tatars, Mongols, Kirghizes et autres, refoulent l'armée allemande jusqu'à Berlin avant de lui donner le coup de grâce. La haine est palpable, réelle en même temps qu'irréaliste, et soixante-dix ans après le fait, son intensité donne le frisson. Cela dit, il ne faut pas confondre le Waffen-SS, qui était volontaire et politisé, avec le conscrit de la Wehrmacht, sans toutefois nier la prévalence de l'idéologie raciale dans la psychologie des individus.
Ces mémoires se distinguent aussi sur le plan de la description des combats et de la vie au front. Sur le strict plan militaire, il faut noter la part que l'auteur donne à l'aviation soviétique dans le harcèlement des troupes allemandes. On parle relativement peu du rôle de l'aviation russe dans les livres relatant la guerre sur le front de l'Est, les historiens se concentrant plutôt sur l'inconcevable domination soviétique en troupes, blindés et artillerie et mettant de côté l'omniprésence des Yak et des Chtourmovik et le rôle dominant de la VVS (Armée de l'air soviétique).
Dans un style naïf et ampoulé, plein de romantisme racial, les scènes de combat sur le terrain sont parmi les mieux décrites que j'aie lues. Comme Wallin faisait partie d'un compagnie de reconnaissance (et de harcèlement), la vie au front était trépidante pour le moins, constamment sur la ligne de feu quand ce n'est pas au-delà, toujours au contact de l'ennemi et parmi les dernières troupes à décrocher. Sans répit de décembre 44 à mai 45.
Le livre se termine avec la chute de Berlin et la fuite des SS paniqués, et la chance que l'auteur a de se retrouver à l'ambassade suédoise pour être rapatrié in extremis. Une fois de retour dans son pays d'origine, Wallin sera brièvement jeté en prison pour crimes de guerre.
Cote 9 / 10
Twilight of the Gods
A Swedish Volunteer in the 11th SS Panzergrenadier
"Nordland" on the Eastern Front
A Swedish Volunteer in the 11th SS Panzergrenadier
"Nordland" on the Eastern Front
Erik Wallin; Thorolf Hillblad
Stockpole, 2009 (éd or. 1945)
134 pages
cartes, photos
24,95 $
24,95 $

6 commentaires:
J'ai lu des témoignages semblables durant mes études et je dois dire que ça donne froid dans le dos de constater que l'idéologie nazie avait vraiment été embrassée à coeur joie par certaines personnes.
On a tendance, en Occident, à réhabiliter les survivants de la Deuxième Guerre en présentant Hitler comme un fou et tous les autres comme des pauvres suiveux terrorisés.
Or, comme on doit le voir dans ce livre, les troupes d'élite, elles, étaient convaincues.
Et comme ce livre a été écrit en 45, dans les mois suivants la fin de la guerre, Wallin n'avait pas encore fait son mea culpa, s'il l'a jamais fait. C'est donc un livre très cru, très ardent de la foi nazie.
Wow, effectivement, ça a l'air poigant. Une critique qui me donne envie de lire le livre... Merci !
Si tu l'achètes, commande-le chez Amazon qui le vend 17 $.
Je propose le livre L'ordre du jour de Edlef Köppen. C'est un soldat allemand de la première guerre mondiale qui raconte les péripéties d'un volontaire allemand. Il y a des anecdotes comme le ministères de la propagande qui dit comment l'allemand doit se comporter ou des infos sur la technologie comme le gaz moutarde et les bombes à fragmentations. J'ai dévoré ce livre qui a été banni par les nazis après leur accession au pouvoir.
Merci, Benoît. J'en prends bonne note.
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